La part obscure de nous-meme ; une histoire des pervers

ROUDINESCO, ELISABETH

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 17/10/07
LES NOTES :

à partir de
18,25 €

SYNOPSIS :

Historienne, chargée de conférences à l'Ecole pratique des hautes études (IVe section), Elisabeth Roudinesco est l'auteur de plusieurs livres qui ont fait date, notamment Jacques Lacan. Esquisse d'une vie, histoire d'un système de pensée (1993), Histoire de la psychanalyse en France, 2 vol. (rééd. 1994), Dictionnaire de la psychanalyse (en coll. avec Michel Plon, 1997 et 2000), Pourquoi la psychanalyse ? (1999), La Famille en désordre (2002) et, avec Jacques Derrida, De quoi demain... Dialogue (2001). Est réputé pervers, depuis l'apparition du mot au haut Moyen-Age, celui (ou celle) qui jouit du mal et de la destruction (de soi ou de l'autre). Mais si la présence de la perversion dans toutes les sociétés humaines est avérée, chaque époque la considère et la traite à sa façon. L'histoire des pervers est ici racontée à travers ses grandes figures emblématiques, depuis le Moyen-Age (Gilles
de Rais) jusqu'à nos jours (le nazisme au XXe siècle, les types complémentaires du pédophile et du terroriste aujourd'hui), en passant par le XVIIIe siècle (Sade) et le XIXe (l'enfant masturbateur, l'homosexuel(le), la femme hystérique). Notre époque, qui croit de moins en moins à l'émancipation par l'exercice de la liberté humaine et pas davantage au fait que chacun d'entre nous recèle sa part obscure, feint de croire que la science (la génétique notamment) nous permettra bientôt d'en finir avec la perversion. Mais qui ne voit qu'en prétendant éradiquer le mal, dans un geste d'abolition définitive, nous prenons le risque de détruire l'idée même d'une possible distinction entre le bien et le mal, qui est au fondement même de la civilisation ? Comme toujours avec Elisabeth Roudinesco, la démonstration est rigoureuse, alerte, argumentée, et s'adresse d'abord au grand public cultivé.
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Cet essai tente de répondre à la question : Où commence la perversion, et qui sont les pervers ? Pour bien comprendre cette analyse d'Elisabeth Roudinesco, il est utile de rappeler sa définition de la perversion : Forgé à partir du latin "perversio", le substantif "perversion" apparaît entre 1308 et 1444. Quant à l'adjectif "pervers", il est attesté en 1190 et dérive de "perversitas" et de "perversus", participe passé de "pervertere" : retourner, renverser, inverser, mais aussi éroder, dérégler, commettre des extravagances. Est donc pervers - il n'y a qu'un adjectif pour plusieurs substantifs - celui qui est atteint de "perversitas", c'est à dire de perversité (ou de perversion). p.11. La part obscure de nous-mêmes. Une histoire des pervers, revient sur les cas qui ont marqué les civilisations occidentales depuis le Moyen-Age jusqu'à nos jours et livre une étude inédite sur l'histoire des pervers. En effet, si les déviances sexuelles ont maintes fois été analysées (notamment par la psychanalyse), aucune étude transversale n'a encore été faite sur les pervers. Elisabeth Roudinesco tente donc de combler ce vide en soulevant la question suivante : la perversion est-elle propre à la nature humaine ou découle t-elle de la culture ? Par extension, l'historienne et psychanalyste questionne son lecteur sur l'utilité de combattre cette "déviance" : les pervers, classés au banc des marginaux par la société, ne permettent-ils pas paradoxalement aux hommes de différencier le bien du mal, fondement même de la civilisation ?Cette ambitieuse étude, point de départ d'une conférence donnée en 2004 pour l'ouverture du symposium annuel de l'International Federation of Psychoanalytic Societies (IFPS), a le mérite de faire le lien entre les théories et les pratiques qui ont contribué à parfaire l'image du pervers : du Moyen-Age marqué par l'affluence des mystiques et les méfaits de Gilles de Rais, en passant par le libertinage de Sade, l'érotisation de l'acte sexuel du Siècle des Lumières, les barbaries du nazisme et la société perverse de nos jours, l'auteure établit un état des lieux très documenté sur la question. D'après elle, la perversion est nécessaire à l'homme car elle lui permet de faire la part entre ce qui est socialement acceptable et ce qui ne l'est pas d'un pas d'un point de vue moral. Abordant son ouvrage sous un angle historique, Elisabeth Roudinesco l'enrichit de considérations sociologiques, politiques, religieuses et philosophiques, qui confèrent à son analyse un caractère inédit. Ainsi, cette histoire des pervers qui fourmille de références empruntées à la littérature, l'histoire, la psychologie, la philosophie, l'histoire des sciences et de la médecine, constitue une formidable composition où se croisent et s'affrontent de nombreuses disciplines des sciences humaines et sociales. L'auteure réussit d'ailleurs un véritable exploit en donnant une unité à son analyse tant le sujet étudié est vaste. On y glane une foultitude de références remarquables et on y (re)découvre des analyses littéraires plus fouillées les unes que les autres. Bien que certains arguments soient discutables, on ne peut que reconnaître l'énorme travail qu'a exigé cette passionnante analyse. Même si cet essai m'a quelquefois semblé verser dans le dilettantisme, son objet est pertinent et j'y ai trouvé de nombreuses sources à exploiter (à lire, donc). De mon point de vue, les références citées dans cet ouvrage doivent faire partie de la culture littéraire de tous les lecteurs curieux du sujet... Alcapone13

Alcapone
02/02/13
 

Format

  • Hauteur : 22.50 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.34 kg

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