La pitie dangereuse

ZWEIG, STEFAN

EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 18/04/02
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

{La Pitié dangereuse }(1939) est l'unique roman de Zweig. C'est l'histoire d'un jeune officier de cavalerie ému par la paralysie d'une jeune
femme. Par pitié, il multiplie ses visites, alors qu'Edith a de plus en plus de mal à cacher l'amour que lui inspire le beau soldat.
5 personnes en parlent

Je n'avais pas lu de roman d'amour depuis très, très, très longtemps...souvent creux, vides de message....mais quand il s'agit d'un roman de Stefan Zweig...Quel plaisir!!Le narrateur, Anton Hofmiller lieutenant uhlan, dans un régiment de cavalerie autrichienne, est invité à la veille de la première guerre mondiale, dans une famille bourgeoise. Après le repas, il invite à danser la fille de la maison...il n'avait pas vu qu'elle était paralysée des deux jambes...Elle s'effondre en larmes. Tétanisé par cette faute impardonnable, il quitte honteux ses hôtes sans les saluer. Afin de faire pardonner cette faute, il fait envoyer des fleurs le lendemain et reçoit en retour une invitation..Poussé jour après jour, par sa pitié pour cette jeune fille, et accepté par le père richissime, il va se sentir obligé de multiplier les visites et rencontrer cette jeune fille tous les jours et se sentira coupable quand il ne pourra pas venir la voir. Pitié d'un coté et amour naissant de l'autre, Promesses, espoirs...mensonges pitoyables.....Spirale infernale..Chacun de nous pourra s'y reconnaitre, retrouver une situation de sa vie..Zweig nous montre tout son talent à décortiquer l'âme humaine, de la naïveté des uns à la noirceur voire la lâcheté de son lieutenant "Même si j'avais promis plus que je n'aurais dû le faire, ce mensonge par pitié l'avait rendue heureuse. Et rendre quelqu'un heureux n'est jamais un mal ou une faute"Il nous pose cette question à laquelle chacun de nous peut être confronté un jour à l'autre : Peut-on et doit-on faire espérer une guérison à un malade qu'on sait incurable pour améliorer son état moral et physique? mais aussi nous oblige à réfléchir sur la condition des malades qui veulent être considérés comme des êtres humains normaux, et pas comme des malades, mis à l'écart.Il nous interroge surtout sur le sentiment de pitié qui peut guider certains de nous actes, certaines de nos décisions : Quand on agit, face à un malade, face à un handicapé, poussé par un sentiment de pitié n'est-on pas contraint de "continuer à porter sur ses épaules, comme son destin" le malade, la personne handicapée. Doit-on sacrifier sa vie pour alléger celle des autres ?On est bien loin des romans d'amour "classiques"...tout le talent de Zweig JPV

JPV11
17/08/15
 

Stefan Zweig est surtout l’auteur de nouvelles et de biographies, il n’a écrit qu’un seul roman, La pitié dangereuse.Ce roman raconte l’histoire d’un jeune lieutenant de cavalerie qui se prend de pitié pour une jeune femme paraplégique, fille d’un riche personnage. Dans cette petite ville de garnison où tout se sait, le piège va se refermer sur lui car la jeune femme ne peut que tomber amoureuse de ce bel officier plein de prévenance et d’attentions qui devient un familier de la maison. Zweig nous emporte dans une aventure qui nous passionne du début à la fin, tant il excelle à décrire la psychologie de ses personnages et leurs relations. Les relations du médecin avec ses malades, la barrière entre valides et handicapés, l’amour d’un vieux père pour sa fille malade, tout cela est magnifiquement décrit.Très beau roman sur la pitié et l'amour, très dense où chaque mot est important. On se prend à le lire avec beaucoup d’attention, j’allais dire d’application, tant le style parfait nous entraine sans qu’on ait d’effort à faire.Quelle belle plume que celle de Stefan Zweig !

Ludeca
08/09/14
 

L’intrigue du seul roman de l’auteur autrichien est simple. A la veille de la première Guerre Mondiale, un jeune officier, Anton Hofmiller, est invité au château du riche Kekesfalva par le biais d’un ami. Impressionné par tant de faste, Anton profite pleinement de la soirée quand il s’aperçoit qu’il a oublié d’inviter la fille de son hôte à danser. Il convie donc la jeune femme mais celle-ci ne peut répondre à son invitation pour la simple et bonne raison qu’elle est paralysée ! Anton, honteux de sa « gaffe » et pris de pitié pour la jeune infirme, Edith, va tenter de se faire pardonner en envoyant des fleurs et en multipliant les visites à la demoiselle. Il tombe bien vite dans un terrible engrenage en se retrouvant prisonnier du père et du médecin de la malade qui lui recommandent de lui mentir sur son état afin de lui éviter des souffrances inutiles.Bientôt, Edith ne peut plus cacher son amour pour Anton. Mais celui-ci n’a pour elle que pitié car comment aimer une fille si peu faible et si riche sans passer pour un profiteur ? Pendant longtemps, il ne s’aperçoit de rien ou préfère ne rien remarquer et ne découvrira l’ampleur des sentiments de l’infirme que bien trop tard…Je ne le répéterai jamais assez, Zweig est l’un des meilleurs peintres des sentiments de toute la littérature mondiale. Dans ce roman, l’auteur nous entraîne au cœur d’une histoire d’amour aux airs de tragédie antique puisque le destin de notre jeune lieutenant se décide dès les toutes premières pages. A peine a-t-il mis les pieds dans la demeure Kekesfalva que son sort se retrouve inextricablement mêlé à celui de la famille. D’ailleurs, par trois fois il tentera de fuir la maison mais à chaque fois une force extérieure à sa volonté le contraindra à y retourner. Cette force suprême, c’est la pitié, une pitié dangereuse, « mouvement instinctif de défense de l’âme contre la souffrance étrangère » et qui peut, dans certains cas « persévérer jusqu’à l’extrême limite des forces humaines ». Le personnage principal passe son temps à analyser son comportement et à balancer entre la volonté de dire la vérité à la malade et la faire souffrir ou continuer à lui mentir quitte à détruire le peu d’estime qui lui reste de lui-même. Prisonnier des conventions, de l’ordre établi, il ne pourra jamais vraiment se défaire de cette prison et de ces questionnements. Questions d’ailleurs toujours d’actualité : comment parler à un malade ? Doit-on lui cacher une partir de la vérité pour le préserver ou bien tout lui dire sous peine de le faire souffrir davantage ? Le drame d’Anton revêt un problème d’ordre éthique universel.Par la peinture de ce drame familial, Zweig donne aussi à voir la société viennoise et ses valeurs en perdition à l’aube de la première Guerre Mondiale. Ce n’est pas seulement Edith qui est infirme mais la nation même. En effet, le personnage de Kekesfalva qui cache ses origines juives pour établir sa fortune montre à quel point l’auteur a pu souffrir de la montée de l’anti-sémitisme dans son pays.Je ne m’étendrai pas davantage dans l’analyse tant il y a de choses à dire. Vous l’aurez compris, ce roman est à classer parmi les monuments de la littérature tant il suscite de pistes de réflexion toujours d’actualité. A lire absolument une fois dans sa vie !

Naurile
31/07/14
 

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge ABC 2014 organisé par Nanet mais il me permet également de participer à la session GN + Adjectif du challenge Lire sous la contrainte de Philippe et à la session café du challenge Gourmand de Titepomme.J'avais choisi ce livre parce que j'apprécie beaucoup l'auteur et que j'ai bon espoir d'arriver à lire tous ses écrits. J'apprécie toujours la force de ses mots et toute l'émotion sous-jacente, à fleur de peau, que l'on ressent en le lisant mais là... rien. Niet. Quedalle. J'ai apprécié l'histoire et l'écriture mais je suis déçue de ne pas avoir retrouver l'âme de mon nouvelliste préféré. Remarque, maintenant, je comprends mieux pourquoi La pitié dangereuse est son seul roman et, même si l'histoire est top, je pense que c'est une bonne chose qu'il se soit abstenu si l'émotion de ses nouvelles se retrouve diluée dans les romans...Pourtant, j'ai vraiment adoré cette histoire : j'ai aimé cette idée de la spirale infernale qui entoure Toni. On sent qu'il ne veut pas faire mal les choses mais il se retrouve entrainer dans quelque chose qu'il ne maitrise plus et qui va de plus en plus loin. J'ai trouvé intéressant la façon dont l'on ressent les émotions du jeune homme : tantôt mal à l'aise, tantôt heureux, tantôt effrayé... C'est difficile de s'imaginer à sa place vu les choix qu'il fait et leurs conséquences plutôt terribles.Edith est un personnage qui m'a beaucoup plu : la première fois que l'on l'a rencontre elle est assez effacée, triste et au fil de ses rencontres avec Toni, elle s'affirme de plus en plus et commence à espérer. Elle change totalement de visage ce que j'ai trouvé très intéressant et bien décrit. Par contre, la fin m'a mis profondément mal à l'aise : à force de suivre Toni, de m'identifier plus ou moins à lui, je me suis sentie mal pour lui à la fin du bouquin mais, à aucun moment, je n'ai pensé à la jeune fille. Je ne sais pas si c'est une volonté de l'auteur de l'oublier à la fin du livre, mais la prise de conscience a été assez difficile pour moi...Ce n'est pas que ce roman est mauvais, au contraire ! C'est juste que certains auteurs sont plus doués pour écrire des romans que des nouvelles et vice-versa, ce qui est visiblement le cas de Stefen Zweig. Je pense que quelqu'un qui connait mal l'univers de l'auteur appréciera cette histoire à sa juste valeur alors qu'un amateur sera certainement déçu... Après, je ne suis peut-être qu'un cas isolé !Une histoire très intéressante.

MademoiselleLuna
06/04/14
 

La pitié dangereuse apparaît au final comme une sorte de roman initiatique, le parcours d'un jeune homme militaire, à la veille de bouleversements mondiaux, un homme qui découvre ses sentiments, ses émotions, son pouvoir envers les autres, pouvoir dont il se servira plus ou moins volontairement, pouvoir qu'il apprendra à dompter au risque de provoquer quelques drames... Miss Alfie

MissAlfie
04/01/13
 

Format

  • Poids : 0.32 kg
  • Langage original : ALLEMAND