La place

ERNAUX, ANNIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 16/03/06
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

« Enfant, quand je m'efforçais de m'exprimer dans un langage châtié, j'avais l'impression de me jeter dans le vide. Une de mes frayeurs imaginaires, avoir un père instituteur qui m'aurait obligée à bien parler sans arrêt en détachant les mots. On parlait avec toute la bouche. Puisque la maîtresse me "reprenait", plus tard j'ai voulu reprendre mon père, lui annoncer
que "se parterrer" ou "quart moins d'onze heures" n'existaient pas. Il est entré dans une violente colère. Une autre fois : "Comment voulez-vous que je ne me fasse pas reprendre, si vous parlez mal tout le temps !" Je pleurais. Il était malheureux. Tout ce qui touche au langage est dans mon souvenir motif de rancoeur et de chicanes douloureuses, bien plus que l'argent. »
15 personnes en parlent

Souvenir un peu lointain...Ce livre va au delà de la relation fille/père de famille modeste. C'est un bain sociologique dans une époque. Olivier Adam se réclame de Bourdieu et d'Annie Ernaux, cette grande dame de notre littérature contemporaine. Il y a en effet des similitudes dans le regard porté sur notre société. berthe

afbf
08/04/13
 

Dans La place, Annie Ernaux nous parle de son père. Ce père duquel elle n'a jamais été vraiment proche. Elle analyse leur relation père/fille et de La place que chacun occupait dans cette relation mais aussi dans la vie quotidienne, dans la société. Mais ce roman est bien plus que cela: c'est aussi une étude sociologique; elle scrute à la loupe la société de l'épôque. L'auteur tente également de comprendre son père à travers son passé, son métier. N'ayant pas été scolarisé, il devint ouvrier puis finalement ouvre un commerce avec son épouse . Ce livre , Annie Ernaux l'a écrit bien après le décès de son père comme pour lui rendre hommage et lui montrer que si elle a renier ses habitudes modestes c'est pour mieux répondre à son rêve à lui.

dvan
07/04/13
 

Il aura fallu que « La place » soit au programme du Fiston pour que je lise pour la première fois Annie Ernaux et j’étais réticente. Il me semblait que c’était bien terne, que pour aborder le thème autobiographique il y avait des textes plus actuels, plus à même de séduire sa génération. Je ne présage pas de sa lecture mais la mienne a été intense, et tout sauf tiède. En mettant en mots calmes et précis la vie de son père, telle qu’elle en a eu connaissance, elle aborde tous les sentiments mêlés et bien souvent inextricables que chacun éprouve envers ses parents tout au long de son cheminement, et on referme ce très court récit avec un grand respect. http://cuneipage.wordpress.com

SagnesSy
16/09/15
 

Dans La place, Annie Ernaux évoque la vie de son père, ouvrier devenu petit commerçant. Bien sûr, elle nous parle d'elle à travers lui, de cette vie qui lui a permis, de faire des études, de s'élever et de devenir enseignante puis femme de lettres. Ceci en dépit de son milieu d'origine dans lequel on est obsédé par le fait de devoir toujours tenir sa place comme on dirait tenir son rang. Être à sa place, savoir garder sa place, peur de ne pas être légitime et d'être remis à sa place, "Toujours parler avec précautions, peur indicible du mot de travers, d'aussi mauvais effet que lâcher un pet". L'importance de la place et l'angoisse qui y est liée sont au coeur du récit.Ce qui est le plus touchant pour moi, c'est la façon dont elle fait revivre cette catégorie de gens à travers toutes ces petites expressions du quotidien tantôt désuètes, tantôt décalées et c'est ça qui, au delà du côté personnel, en fait un livre plus universel. En effet, chaque fois qu'elle met l'accent sur ces expressions, en italique dans le texte, ce sont mes grand-parents, modestes eux aussi, et des gens de leur génération que j'entends. Et c'est en ça je pense que ce livre nous parle et nous touche.C'est la mémoire d'une époque qu'Annie Ernaux dépeint à travers la vie de son père grâce à une écriture dont l'apparente simplicité donne encore plus d'intensité au récit. Une écriture simple au service de gens simples.

manUB
26/07/14
 

Ce roman est en premier lieu un vibrant et pudique hommage d'une fille ayant fait de brillantes études à un père fils de paysan et lui même petit commerçant dans un village normand. Mais je vois surtout dans ce bref livre le récit d'une marginalisation. Celle de l'auteur qui grâce à son parcours scolaire a accédé à une classe sociale supérieure à celle de ses aïeux et du sentiment de culpabilité qui en découle. Annie Ernaux dévoile -grâce à sa célèbre écriture " blanche "- les problèmes de communication qu'elle a vécu avec son père dont elle ne partageait plus ni les valeurs ni les rêves.Ce texte apparemment si simple est devenu un classique de la littérature française régulièrement conseillé par l'éducation nationale pour sa qualité littéraire et sociologique. emerance (lili M)

emerance
20/05/13
 

Dès les premières pages, la narratrice perd son père. Sa mort lui permet d'évoquer dans ce livre la vie de celui-ci : comment il a voulu échapper à sa condition de paysan piuis d'ouvrier en accédant au statut de commerçant, comment elle a vécu son adolescence, tiraillée entre l'amour qu'elle a pour ses parents et les milieux bourgeois qu'elle côtoie. Car pour elle, il est très difficile de concilier les deux, et ce fossé est difficilement surmontable. Les conventions, les habitudes de ses compagnons sont en effet très différents de celles de la cellule familiale.Dans ce livre, Annie Ernaux évoque sa propre histoire : comment, fille de commerçant, elle accède au monde de la culture et du savoir à travers l'école. Et ce passage d'un monde à l'autre, cette évolution n'est pas sans tourment : elle peine à écrire son roman, en fait part au cours du récit.J'apprécie beaucoup l'écriture d'Annie Ernaux, en particulier dans ses œuvres plus intimes. Je l'ai découvert par hasard grâce à son ouvrage L'Événement, puis j'ai poursuivi avec La place et Une femme (où elle parle de sa mère). Je me suis replongé dans La Place pour des raisons personnelles, ayant en ce moment le même ressenti qu'Annie Ernaux vis à vis de son père : un écart se crée, qu'il est de plus en plus difficile de combler, car chacun des protagonistes a du mal à comprendre comment l'autre a évolué. Mais je pense que tout ceci est au final assez universel, et que beaucoup de lecteurs peuvent retrouver un peu de leur histoire dans ce livre.J'apprécie également cette intimité qu'elle crée entre elle et son lecteur. elle utilise une écriture simple, qu'elle revendique d'ailleurs, et nous fait part de ses difficultés d'auteur. On partage ses sentiments de doute, de désarroi. Mais au final, cette lecture n’est pas triste : elle est tout simplement forte, émouvante et touchante, comme si la mort de son père lui faisait comprendre qu'elle était passée à côté d'une relation, mais qu'elle gardera toujours quelque chose de son père. D'ailleurs ce livre est un hommage à celui-ci, en dépit de leur distance. Distance qui se crée souvent de manière naturelle et inconsciente, mais qui a des impacts sur ces relations qu'on souhaiterait souvent privilégiées.

Yohan59
26/10/12
 

Livre autobio de Ernaux qui plaît encore une fois car l'auteur y met toute son émotion pour faire parvenir aux lecteurs ce qu'elle ressent. Elle nous parle de son passé, de son enfance à sa vie de femme.. Mandy.

Mandy05
23/09/12
 

Très bon livre autobiographique, l'auteur raconte sa jeunesse puis sa vie de femme. Elle fait ressentir aux lecteurs ses sentiments ses émotions. très bon livre, l'un des meilleurs d'Annie Ernaux. Candy.

candym
20/09/12
 

Ce roman autobiographique (on va l'appeler comme ça faute de mieux) m'a laissée perplexe. J'ai beau avoir lu ici ou là qu'il s'agissait d'une déclaration d'amour à son père, je n'ai à aucun moment dans le récit senti une quelconque affection pour cet homme, mais plutôt une analyse, intellectuelle et détachée, de sa condition sociale et de ses "symptômes" : langage, habillement, gestuelle, fréquentations, habitudes... Cet aspect est très réussi mais dans quel but, cela reste un mystère. L'écriture, volontairement plate (et là encore, cela fait l'objet d'une longue justification de la part de l'auteur), ne m'a pas plu : est-elle là pour empêcher l'émotion d'entrer ou pour signifier que d'émotion, il n'y en eut jamais ? Je n'arrive pas à percevoir la place exacte que son père a tenu dans sa vie et ce qui est sûr c'est que je n'ai pas trouvé ma place de lectrice dans cet ouvrage...

fashiongeronimo
12/08/12
 

Le livre le plus connu d’Annie Ernaux (il a obtenu le prix Renaudot en 1984 et c’est celui qu’on étudie en général au lycée dans le thème sur l’autobiographie), mais à mon avis pas le plus réussi. Il est quand même très bien, il rend parfaitement compte de la déchirure sociale vécue par l’auteur (thème récurrent dans son oeuvre), de la difficulté à ne pas se sentir coupable du passage à un milieu social plus aisé. La cristallisation de ces sentiments contradictoires sur la figure du père rend cette expérience d’autant plus accessible au lecteur.

Artsouilleurs
05/08/11
 

La mort de son père est l'occasion pour Annie Ernaux de relater les conditions de vie de ce papa si incompris, si taciturne mais tant aimé : enfance en garçon de ferme (enlevé de l'école à 12 ans à peine), puis ouvrier (après la guerre) et enfin commerçant-épicier (qui ne compte pas ses heures, profite du dimanche après-midi et d'un jour dans l'été pour des ballades en voiture). Une vie de dur labeur, de recherche d'ascension sociale, puis l'avènement d'une fille (après l'horreur de la perte d'une autre) agrégée de lettres avec le choc culturel que cela entraîne (belle-famille plus prout-prout, gendre plus distant, catégories sociales antagonistes). Un portrait magnifique où l'émotion et l'amour tout court affleurent dans cette belle écriture, épurée mais qui va à l'essentiel : l"écriture plate" d'après l'auteure...tout simplement splendide

Cave
29/04/11
 

Deux mois après sa réussite au CAPES de lettres modernes, son père meurt, à l’âge de soixante-sept ans. Il faut à la narratrice écrire, expliquer cette distance qui s’est inscrite entre son père et elle, non désirée mais inéluctable, celle entre un esprit éveillé par des études longues, et des gens simples, ses parents. Raconter la vie de son père, c’est retranscrire toute une vie de labeur, un mariage, la perte d’une fille, la naissance d’une seconde, la tenue d’un commerce avec la hantise de la concurrence ; mais c’est aussi le faire revivre par le biais de ses paroles, de ses expressions courantes, en italique dans le texte, qui se révèlent être autant de façons de voir l’existence, des pensées toutes faites comme « personne pour leur faire du tort », « des gens pas fiers », « je n’ai pas quatre bras », ou encore « il ne faut pas péter plus haut qu’on l’a ».

CarnetsdeSeL
04/04/11
 

Un livre tout en pudeur où Annie Ernaux parle de son père. Après son décès, elle a voulu relater sa vie sans chercher à provoquer chez le lecteur de la pitié ou un autre sentiment. Juste raconter les faits, les événements et dire que oui, elle a eu honte de son père.Son père travaillait aux champs puis il est devenu ouvrier. Une rencontre et le mariage mais toujours faire attention à l’argent, économiser « au cas où ». Ses parents ont pu ouvrir un café-épicerie comme il en florissait à l’époque. Ce n’est pas pour autant qu’ils ont changé leurs habitudes. Toujours la peur au ventre de perdre le commerce et de se retrouver sur la paille. A l’âge de l’adolescence, Annie Ernaux a commencé à fréquenter des amies issues de milieux sociaux plus aisés. Poussée par ses parents à réussir dans ses études, le sentiment de honte a germé vis-à-vis de ce père qui n’avait pas d’instruction. C’était un français modeste qui faisait partie de cette classe des « braves gens ». On ne se mélangeait pas ou très peu, chacun à sa place …Avec les années, le respect remplacera la honte. Comme dans « la femme gelée », j’ai retrouvé ce style épuré sans fioritures inutiles et où les sentiments apparaissent en toute simplicité. Un livre intemporel où elle rend hommage à son père en toute franchise. Accepter ses origines et ses parents tels qu’ils sont permet de se construire. « Pour rendre compte d’une vie soumise à la nécessité, je n’ai pas le droit de prendre le parti de l’art, ni de chercher à faire quelque chose de « passionnant », ou « d’émouvant ». « On avait tout ce qu’il faut, c'est-à-dire qu’on mangeait à notre faim (preuve, l’achat de viande à la boucherie quatre fois par semaine, on avait chaud dans la cuisine et le café, seules pièces où l’on vivait ».

clarac
06/03/10
 

Bref, Annie Ernaux, suite à la mort de son père, avait tenté d'inclure son personnage dans un de ses romans. Vaines tentatives. Et puis finalement, c'est en décidant de parler de lui crûment, sans pathos, "d'une écriture plate" pour dire les nouvelles essentielles. Rassembler les paroles, les gestes, les goûts du père, les faits marquants de sa vie. "Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante." Le pari est moitié réussi : Annie Ernaux parvient à retracer les traits d'un père très honnêtement, avec une pudeur non affectée. Pour parler d'un homme qui savait à peine lire et écrire, devenu ouvrier avant de s'élever au rang de commerçant, toute la fierté des gens de peu, avec leur mode de vie et leurs expressions de tous les jours. Annie Ernaux les copie en fille modèle dans son livre, un peu honteuse d'avoir tourné le dos à ce monde où elle a grandi heureuse, et puis rejeté lors de son entrée dans le monde bourgeois. Le résultat est juste, touchant. Car l'auteur a manqué à produire un texte plat, dans son état brut : l'émotion est présente du début à la fin, poignante, et vous noue l'estomac devant le récit de la mort du père. La disparition de cet être cher, bourru dans son genre, mais aimant et aimé pour ce qu'il était. "La place" lui en délivre un terrible et bouleversant hommage. Un très beau témoignage d'une fille pour son père. A lire, le mouchoir à portée de main.

Clarabel
23/02/09
 

Après l'obtention de son capès et la mort de son père quelques temps plus tard, la narratrice plonge dans ses souvenirs d'enfance et notamment le souvenir et les liens qui l'unissait à cet homme qui fut si proche mais dont elle se sentait depuis quelques années si différente. Nous entrons ainsi dans le quotidien de cette famille. Fils d'ouvrier agricole, le père a refusé de suivre la voie familiale et est devenu ouvrier en usine. Mais un accident l'empêcha de poursuivre ce métier et les parents de la narratrice s'installèrent bientôt en tant que commerçants, en ouvrant un café-épicerie. Annie Ernaux décrit les habitudes, mode de vie et surtout mode de pensée de cette famille qui vit chichement, comptant chaque sou à économiser pour donner à leur fille unique une bonne éducation, concept un peu abstrait, mais dont ils sont persuadés qu'il en découlera pour elle une meilleure vie que la leur, et le bonheur. Le manque d'argent, le manque de culture, d'éducation, de fantaisie, tout cela fait que la jeune fille, en grandissant, a honte de cette famille, si différente de celle de ses amies et qu'elle continuera ses études et fera tout pour arriver à changer de milieu. Elle accomplira enfin le rêve de plusieurs générations en accédant enfin au monde bourgeois grâce à son mariage. Bien évidement, les parents, bien que simples ne sont pas idiots et se rendent compte de cet éloignement, sans toutefois jamais aborder le sujet avec leur fille. C'est un roman sur les relations père-fille, mais aussi sur la fracture sociale, l'accès à un "monde meilleur" par la culture et le travail, intéressant parce que les portraits des grands-parents et parents sont criants de vérité. Mais je n'ai senti aucune émotion dans ce récit, pourtant dédié à la mémoire du père, et je suis donc restée comme en observation, lectrice impassible de cette histoire qui n'a pas réussi à me toucher ou m'émouvoir un seul instant. C'était le deuxième roman que je lisais de cette auteur, et autant je lui reconnais un vrai talent de description et de narration pour faire vivre ses personnages et en disséquer la personnalité, autant elle ne me fait pas vibrer et ne trouve aucune résonance en moi... Dommage. Liliba

liliba
18/08/11
 

Format

  • Hauteur : 17.50 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.10 kg

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