La pleurante des rues de prague

GERMAIN, SYLVIE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 11/05/94
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

" cette inconnue, qui donc est-elle ? une vision, elle-même porteuse, semeuse de visions. Une vision avare de ses apparitions. elle ne s'est montrée que peu de fois, et toujours très brièvement. mais chaque fois sa présence fut extrême. Une vision liée à un lieu, émanée des pierres d'une ville.
sa ville - prague. jamais elle n'a paru ailleurs, bien que certainement elle en ait le pouvoir. Cette femme n'a ni nom, ni âge ni visage. peut-être en a-t-elle, mais elle les tient cachés. Son corps est majestueux, et inquiétant. Elle est immense, une géante. et elle boite fortement. "
4 personnes en parlent

Elle verse ses rivières de larmes pour toutes les douleurs du monde, les injustices, les déshérités de la terre, les tourmentés de l'histoire, les années sombres de la ville de Prague, les disparus des camps. Elle porte en elle toute la honte de l'humanité, fragile, géante, évanescente, le pas lourd de tous les poids qu'elle traîne, mendiante, et rappelle au monde ses oubliés, ses morts. Elle pleure toutes les pertes, anonymes et universelles ou personnelles et intimes, celles d'un père, d'un amant perdu à jamais, celles qui jamais ne s'effacent.

michouk
16/10/14
 

Sylvie Germain a une façon magistrale de mêler beauté de l'écriture et horreurs du monde. Le style de l'auteur est absolument magnifique, il sublime les pires choses de l'histoire de l'humanité qui se sont cristallisées à Prague. La figure même de la Pleurante est une excellente idée : la compassion incarnée, rien de moins.

mycupoftea
16/01/13
 

Un des plus beaux écrits sur la Ville. Une ville : Prague, que Sylvie Germain parcourt, arpente, découvre. Une ville dont elle est tombée amoureuse. Ce n'est pas Prague tel qu'on nous la vend. Ce sont les entrailles de Prague, sa peau, son souffle, ses ombres. Une ville où mystérieusement ses habitants se seraient assoupis.Et les mots de Sylvie Germain.., cette façon particulière de rechercher dans l'inerte une trace, une empreinte de nous. Un soulier oublié reposant dans la boue devient vivant, palpable, audible. Alors ne rien oublier de ce qui a été, ne rien oublier pour accepter l'instant et rejoindre demain.Prague la ville seuil. La ville du passage. Ainsi nous traversons les espaces dès que la pleurante apparaît. 12 fois, comme les 12 coups de minuit. Hasard? Une femme qui ouvre les portes du temps. Une femme qui porte toute la douleur du monde et qui traverse le présent. Pas une ombre, une présence.La pleurante. Celle qui pleure en dedans. Un livre espoir . Il est des mots- passage ,des mots seuils, merci Sylvie Germain pour nous avoir transmis un très joli mot dont on oublie parfois le sens, l'élan. Le mot-premier pas, le mot second souffle: DÉSORMAIS. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
04/05/11
 

Elle est entrée dans le livre. Elle est entrée dans les pages du livre comme un vagabond pénètre dans une maison vide, dans un jardin à l'abandon. Elle est entrée, soudain. Mais cela faisait des années déjà qu'elle rôdait autour du livre. Elle frôlait le livre qui cependant n'existait pas encore, elle en feuilletait les pages non écrites et certains jours, même, elle a fait bruire imperceptiblement ces pages blanches en attente de mots.Le goût de l'encre se levait sur ses pas.A la lecture de ces premières lignes, j’ai su que j’allais aimer ce livre. La narratrice nous dépeint les apparitions de cette femme. La Pleurante est l’image évanescente d’une femme sans nom, ni âge, ni visage. Corps immense dissimulés sous des vêtements sans forme et dont la claudication se voit mais ne s’entend pas. Elle marche sans bruit ne laissant aucune trace de son passage : Cette femme ne fait aucun bruit en marchant. Ses pas sont silencieux , mais son corps, lui, est chuchotant. Un chuchotement de vent tremble dans les plis de sa robe, un discret chuchotis de l‘encre y frémit ou bien est ce larmes .Car son corps tout entier charrie des pleurs :Son corps était un lieu de confluence d’innombrables souffles, larmes et chuchotements échappés d’autres corps. Qui donc pleurait ainsi en elle ?.On ne la voit qu’à Prague dont elle est la mémoire depuis des siècles :Elle est ainsi la géante au pied boiteux, la Pleurant des rues de Prague, elle porte dans les plis de ses hardes couleur de terre et de muraille des noms, des visages et des voix par milliers et par milliers.(…)Elle est la peau du temps. Elle porte la douleur des vivants et des morts, les plaintes et les souffrances de vies. Vision fugitive emplie des cris d’horreur des victimes de la seconde guerre mondiale, elle porte la misère, les injustices. Mémoire des hommes, la narratrice revoit son père à travers elle, mémoires des gens humbles et pauvres : Elle est la mémoire mendiante, la mémoire souffrante, mais qui jamais ne renonce, ne trahit son passé, n'abandonne son peuple. Elle est la mémoire qui marche, qui marche, glanant et ramassant tous les déchets jetés par la mémoire belle, sélective et hautaine. Elle recueille les vies infimes, les destins minuscules des gens de rien. Je ne sais pas comment parler de ce livre tellement il m’a touchée … Un très bel hommage à Prague, à son histoire, à la mémoire des Hommes et à l’écriture. Une fois de plus, j’ai été envoutée par la plume de Sylvie Germain et j’ai terminé ma lecture la gorge serrée d’émotions… On ressent ce livre. Beauté des mots dont la puissance est portée tout en grâce en un texte sublime.Tout reste à dire, tout reste à faire. A récrire. Ou peut-être, plutôt, tout reste à lire, car ce sont les autres, les vivants et les morts, qui constituent déjà le livre, tout livre.Tout reste à lire, à travers les larmes, de ses yeux. A travers ce prisme de pitié. Pitié qui est aussi, surtout, fierté pour les autres, et exigence de dignité.Un coup de cœur dont je parle maladroitement… http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
05/08/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.09 kg

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