La pluie, avant qu'elle tombe

COE, JONATHAN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 08/01/09
LES NOTES :

à partir de
7,49 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une
question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.
32 personnes en parlent

"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille" dit Maxime Leforestier dans une de ses chansons...eh bien cette phrase résume à mon sens tout le poids de l'histoire racontée par Jonathan Coe. La tante Rosamond décide, avant de mourir, de choisir 20 photos qui pour elle symbolisent l'histoire de sa famille. En effet, elle veut léguer cette histoire à Imogen, son arrière petite-cousine, qui pour elle, incarne le sacrifice mais aussi l'élément clé d'une famille gâchée. Le détail le plus futile prend alors toute son importance via le prisme des photos: Rosamond parle et explique comment une famille autrefois soudée a sombré dans l'indifférence et la haine. Non dits, préjugés, rancoeurs....et, l'amour dans tout ça? Comment peut-on faire porter la responsabilité de son échec à son enfant qui n'a pas demandé à venir au monde? Hélas, ce genre de sentiment provoque un "tsunami" sentimental chez ceux qui en sont les victimes. Béatrix, sa fille Théa, et enfin sa petite fille Imogen incarnent cette génération gâchée par la bêtise des adultes et qui, malheureusement, n'ayant pas eu d'autres repères familiaux pendant leur enfance, reproduisent ce désastreux schéma familial... J'avais connu Jonathan Coe plus léger, mais ce roman ci, est plus grave et merveilleusement écrit. On se laisse prendre au jeu de la description photographique, de la description de cette famille banale qui au fil des pages ne l'est plus. Bref, une belle réussite . vivi

vivicroqueusedelivres
21/02/12
 

Mon avis : Tout est réuni dans ce roman pour un excellent moment : le style travaillé mais empreint de simplicité et de poésie, l'émotion, la pudeur malgré l'intimité de l'histoire et de ses personnages. A aucun moment, je n'ai ressenti l'impression de faire preuve de voyeurisme mais bien le témoignage de la dernière heure d'une femme qui ne veut pas son Histoire tombe dans l'oubli.La chronologie est très bien amenée grâce à la description de ces photos qui représentent chacune des morceaux choisis et qui amènent des anecdotes, des rencontres qui toutes revêtent un intérêt particulier dans la vie de Rosamond et d'Imogen.En bref, une jolie histoire, une narration magnifique et une poésie tout en douceur... A lire !!(petit bémol : je me suis trouvée dans l'obligation de réaliser un arbre généalogique afin de pouvoir comprendre le lien entre tous les personnages cités, ce qui ne facilite pas l'entrée dans l'histoire.)

anna44
01/12/11
 

Beaucoup de plaisir à la lecture de ce nouveau roman de Jonathan Coe : la construction est originale et virtuose, le mélange de faits historiques et intimes, la recherche de coïncidences auxquelles on ne croit guère pourtant. Qu'est-ce qui fait basculer nos vies : le hasard ou le destin ? C'est un roman pour une fois sans humour mais qui ne tombe jamais non plus dans le mélo, comme sur un fil. Une écriture maitrisée et une lecture agréable : on s'attache à ces femmes dont la vie est contée par la description de 20 photos, et par le récit enregistré par une vieille dame avant sa mort. laurence

laurence
20/04/11
 

C'est la nièce de Rosamond qui est chargée de retouver Imogen et de lui transmettre cet héritage, ne retrouvant pas celle-ci, elle écoute les cassettes de cette étrange confession.Pourquoi lègue t elle cette confession à Imogen, qui est Imogen ????J'aime bien les livres qui ont quelque chose d'original, celui-ci c'est pour sa façon de décrire la vie de plusieurs femmes à travers vingt photos.Chaque chapitre correspond à la description d'une photo et de ce qui s'est passé à l'époque de celle-ci.On fait donc des petits sauts dans le temps à chaque changement de chapitre et dès la troisième photo j'avais du mal à m'arrêter car je me demandais ce que j'allais découvrir dans le chapitre suivant.Le thème de ce livre qui a été le plus marquant pour moi c'est l'influence du comportement des parents sur la vie de leurs enfants. Quelle responsabilité, et que de dégâts possibles !J'ai beaucoup aimé ce livre et je l'ai lu très rapidement. Sandrine(SD49)

SD49
17/08/10
 

Hasard ou destin Beaucoup de plaisir à la lecture de ce nouveau roman de Jonathan Coe : la construction est originale et virtuose, le mélange de faits historiques et intimes, la recherche de coïncidences auxquelles on ne croit guère pourtant. Qu'est-ce qui fait basculer nos vies : le hasard ou le destin ? C'est un roman pour une fois sans humour mais qui ne tombe jamais non plus dans le mélo, comme sur un fil. Une écriture maitrisée et une lecture agréable : on s'attache à ces femmes dont la vie est contée par la description de 20 photos, et par le récit enregistré par une vieille dame avant sa mort.

Est-il encore nécessaire de souligner le talent de Jonathan Coe ? Possible, car je pense que parmi vous, certains sont encore passés à travers les mailles du filet littéraire de ce conteur britannique fort talentueux. Lu en quelques heures, La pluie, avant qu'elle tombe révèle une fois de plus un grand talent narratif de cet auteur, tant pour la construction de son intrigue que dans sa maîtrise de la description.Car le roman aurait pu être un pensum indigeste si Jonathan Coe n'avait pas su faire vivre les photos qui servent de base au récit de Rosamund. Des photos qui représentent différentes étapes de sa vie, et de celle de la dite Imogen, des photos qui sont décrites les unes après les autres, prétexte pour la vieille dame à faire ressurgir ses souvenirs personnels et historiques... Or, Coe réussit à ce que ces images prennent forme devant les yeux du lecteurs. Nous aussi, nous tenons dans notre main les rectangle de papier qui retracent une vie...Côté intrigue, rien à redire. Jonathan Coe fait se croiser l'histoire de Rosamund et celle de Gill. Peu à peu, les secrets se dessinent et vont peu à peu sortir de l'ombre, se révéler à l'oeil du lecteur. On se laisse porter par ce roman fort où l'intime et l'Histoire se mêlent pour raconter des femmes marquées par l'amour (ou l'absence d'amour) maternel. Miss Alfie

MissAlfie
17/09/15
 

D'une photo à l'autre, le lecteur se laisse prendre par l'histoire poignante de cette famille. Et de digressions en digressions, les situations se répondent et finissent par s'emboîter. Un roman magnifique, tout en finesse et en sensibilité.

Lors du décès de sa tante, Gill trouve des cassettes que cette dernière, dans un message, lui demande de remettre à une certaine Imogen. Gill se souvient alors d’une enfant aveugle qu’elle avait croisée chez sa tante il y a plus de trente ans.Mais malgré son acharnement, les recherches de Gill restent vaines et elle décide alors d’écouter les cassettes. Commence alors le récit de Rosamonde, qui au travers de la description de vingt photos à l’attention d’Imogen, raconte sa rencontre avec sa cousine Beatrix pendant la guerre. Elle explique alors à Imogen la vie de trois générations de femmes d’une même famille.Rosamond croit devoir la vérité à Imogen et pense que certains événements survenus longtemps avant sa naissance peuvent expliquer les drames de son enfance, qu’une destinée serait inscrite. Gill se rend compte alors que la vie est parfois faite de coïncidences.J’ai découvert Jonathan Coe il y a plus de dix ans avec Testament à l’anglaise. Véritable coup de foudre littéraire qui m’a ensuite poussé à dévorer tous les romans que je trouvais de l’auteur. Il m’a très peu déçu. Seul Une touche d’amour n’a pas trouvé grâce à mes yeux et il me reste à lire Une femme de hasard pour avoir fait le tour de son œuvre traduite en français. Mais j’avoue hésiter sur ce dernier, vu que je l’associe à Une touche d’amour, les deux étant parmi ses premiers écrits.La pluie, avant qu’elle tombe est un roman qui diffère assez des précédents. Il n’est pas question ici de l’histoire politique ou sociale de l’Angleterre. Jonathan Coe livre un roman plus sensible, plus intime et surtout plus féminin. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que cela lui réussit brillamment. J’ai, comme d’habitude, été séduite par la plume du romancier britannique, qui délaisse ici sa verve ironique et caustique au profit d’un récit tantôt nostalgique tantôt douloureux, à la recherche de souvenirs enfouis. Pendant la lecture, l’impression d’entendre la voix de Rosamonde est bien réelle et il est dur de se détacher du roman, dont la construction, même si elle n’est ni neuve ni originale, attache habilement le lecteur au fil du récit. Je l’ai suivi, pleine de sentiments qui s’alternaient, changeaient au fur et à mesure que les événement se dévoilaient, parfois plaignant l’une ou l’autre de ces femmes, parfois les haïssant.Quel plaisir d’avoir retrouvé cet auteur, dont ce roman dormait pourtant dans ma PAL depuis sa sortie en grand format. Encore un que je lis alors que le poche est déjà paru ! Un auteur que je vous conseille.Le titre, La pluie, avant qu’elle tombe, est emprunté à une composition de Michael Gibbs.

Chaplum
02/09/11
 

J'ai beaucoup apprécié le style tout en finesse de l'auteur (que je découvrais pour l'occasion) et son art de si bien décrire les sentiments des héros de son roman : bonheur intense, tristesse, mélancolie, regrets... nous sommes de tout coeur avec Rosamond tout au long du récit et la suivons avec passion pour découvrir ces vingt photos de son passé qui nous donneront enfin la clé du mystère. Car mystère il y a et l'auteur nous tient en haleine au fil des pages...Nous découvrons avec plaisir, ravissement parfois, horreur aussi pour d'autres photos, les moments forts qui ont jalonné la vie de cette vieille femme, de ses 5 ans jusqu'à son cinquantième anniversaire, et chaque photo, même celle qui semble la plus anodine, révèle son secret. Pour moi, une façon d'affirmer que chaque moment d'une vie, même celui qui paraît peu important sur le moment, peut devenir ensuite un souvenir fort, un témoignage d'une époque, de relations avec des gens qu'on a aimés, parfois oubliés ensuite... Que chaque instant vaut la peine d'être vécu comme un instant fort, et que ce sont ces photos de petits moments de vie qui font ensuite un long cheminement dans lequel promener sa mémoire lorsqu'on devient vieux. Dans chaque photographie, Rosamond retrouve les personnes importantes de sa vie, les endroits qui l'ont marquée et revit les sentiments de l'époque, amour, indignation, colère, passion, peur... C'est une vraie plongée dans la mémoire, mais pas seulement visuelle, puisque des souvenirs olfactifs refont surface, et surtout la musique, qui aide la mémoire à se réapproprier les scènes du passé.J'ai beaucoup aimé aussi les relations d'amitié et d'amour de ces générations de femmes, la complicité, le respect et surtout la force de caractère de beaucoup d'entre elles. Quant au poids des secrets de famille... eh bien cela m'affole à chaque fois, le mal que ces non-dits peut faire sur les gens qui ressentent les choses mais ne peuvent les comprendre faute d'informations... Gâchis, gâchis...En bref, une belle lecture, mais j'avais entendu tant de bien de ce roman que j'ai été un petit peu déçue... Liliba

liliba
11/03/11
 

Avertissement : une fois qu’on commence ce livre, c’est trop tard… on ne peut plus s’arrêter.Je n‘ai pas lu ce livre, non, j’ai écouté Rosamond me parler comme si j’étais Imogen. Rosamond décrit avec précision et minutie chaque photo. Sans les voir sous les yeux, je les ai imaginées. La trame de ce livre est inhabituelle car la narratrice est la voix d’une défunte qui choisit des photos pour expliquer à Imogen, aveugle, l’histoire de sa famille. Et bingo, j’ai été captivée par les vies de ces femmes liées à celles de Rosamond. On remonte le fil du temps et on suit Rosamond enfant et sa cousine Beatrix. Mariée, Béatrix aura une première fille Théa qui elle-même donnera naissance à Imogen. Souvent l’histoire se répète d’une génération à l’autre, une hérédité plus lourde à porter et à assumer ou comme si le destin s’acharnait toujours sur les mêmes. La vie de Rosamond sera mêlée à celle de chacune de ces trois femmes : amour, malheur, … Femme sensible, elle « portera » ces vies comme la sienne. Je vous rassure ce n’est pas une lecture larmoyante ! Non, elle est juste très bien racontée car l’écriture est limpide et accroche le lecteur . Seules les coïncidences racontées par Gill, la nièce de Rosamond, me sont apparues tirées par les cheveux. Mais, la vie est souvent un amalgame de circonstances, de coïncidences et de gênes…( pour ce dernier point, la passionnée de généalogie que je suis en est convaincue)Une belle lecture qui m’a donnée envie de lire d’autres livres de cet auteur ! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
31/08/10

Par une journée de fin octobre, Gill et son mari ramassent et brûlent les feuilles mortes du jardin. Un coup de téléphone vient bousculer l'existence morose et mélancolique de Gill. Sa tante, Rosamond, une vieille dame malade qui vivait recluse depuis des années dans sa maison vient de mettre fin à sa vie. Après l'enterrement de Rosamond, Gill est chargée par la défunte de retrouver Imogen et de lui remettre une confession enregistrée dans laquelle Rosamond prenait soin de raconter la vie familiale et les origines d'Imogen à travers vingt photographies minutieusement choisies."La pluie avant qu'elle tombe" est un roman extrêmement poétique et lyrique. Les émotions, bien que contenues dans cette voix d'outre-tombe égrenant les sourdes souffrances des femmes, possèdent une intensité dramatique sans conteste. Le roman a les couleurs de l'automne. Les regrets, les fautes commises, les violences données et reçues sont ici mis en exergue avec des termes subtilement choisis. Comme la destinataire de ce legs est aveugle, Rosamond s'efforce de décrire les photographies de familles et extirpe les zones d'ombre, les sourires forcés et les bonheurs factices pour qu'Imogen puisse à son tour pénétrer les affres de la passion des femmes qui l'ont précédée:"Mais le plus important, et je ne dois jamais l'oublier, c'est de te décrire la photo, pour t'aider à la voir. Alors, une fois de plus, je vais me contenter."Cette description minutieuse et fidèle fait de la narratrice et par la même occasion de l'auteur des peintres de la nature et de l'âme humaine. Les choix des adjectifs qualificatifs, des nuances de couleurs du ciel et de la terre sont abondants et revêtent le récit d'une teinte impressionniste.Mais le plus intéressant dans ce roman n'est pas seulement la virtuosité de son style sobre et riche mais aussi le traitement du destin selon Jonathan Coe. L'échec de la vie de ces femmes, Béatrix, Théa et Rosamond elle-même est selon l'auteur lié à une volonté qui les dépasse. Quelqu'un ou une force extérieure (le Destin?, le Hasard?) tire les ficelles et dévient ces personnages féminines de la voie du bonheur. Dans ce roman, le libre arbitre n'a pas sa place. Béatrix tout comme Théa ou Rosamond n'ont pas réellement de volonté propre. Leurs gestes suivent un schéma répété et ce, jusqu'à l'instant fatal qui fait basculer les vies."La pluie, avant qu'elle tombe" est un roman sombre et pessimiste car les êtres ne peuvent influer sur leur destin et que le libre arbitre est un leurre. Ainsi, Gill a beau essayer de détourner le cours des choses, elle n'y parvient pas. Un génie efface de sa mémoire le chemin sinueux pour y arriver:"La réponse était là, à portée de main. On lui offrait une chose précieuse entre toutes, une révélation suprême. Il y a un sens à tout ça... (...) et dans cet instant qu'elle prolongeait elle sentit la révélation se dérober, s'évaporer, disparaître; désespérée, elle vit cette promesse lui glisser à tout jamais entre les doigts." L'histoire est en train de se répéter. Ce que Gill n'a pas su se défaire, sa fille va peut-être devoir le payer. Mais ça, c'est une histoire... Victoire

tran
30/07/14
 

Voilà un roman comme je les aime, simple et émouvant. Il m'a beaucoup fait pensé à "L'étrange disparition d'Esmée Lennox" de Maggie O'Farrell. J'aime ces histoires de femmes, de volonté, de destin.Il s'agit là du premier livre de Jonathan Coe que je lis, et j'ai apprécié son écriture, sa capacité à faire vivre Rosamond. Le lecteur traverse la vie de Rosamond au travers de la description de vingt photos. Et ces photos, on les voit ! Elles sont parfaitement décrites. C'est une approche originale qui rend ce roman si particulier. Ce livre pourrait faire l'objet d'une belle adaptation cinématographique. Tout à la fin, certains éléments se recoupent, ferment la boucle.Alors, la vie est-elle seulement une succession de hasards, ou bien y a-t-il un destin tout tracé pour chacun d'entre nous ?... CaroMleslivres

CaroMleslivres
14/05/14
 

Une voix enregistrée sur cassettes décrivant vingt photos, voilà l'héritage de Rosamond pour une mystérieuse Imogen, pour que cette inconnue découvre son histoire, sache et comprenne d'où elle vient et quel est son passé.Mais pour l'instant Imogen n'est pas là, c'est Gill, exécutrice testamentaire de sa tante, accompagnée de ses deux filles qui écoutent cet enregistrement, perçoivent avec émotion la voix de Rosamond et découvrent les secrets les plus enfouis autour de cette Imogen qu'elles doivent retrouver.Le procédé narratif employé par Jonathan Coe est original et extrêmement bien construit.En travaillant par ellipses, il réussit à donner au lecteur une vision complète de l'histoire de trois générations de femmes des années 40 à aujourd'hui via le travail effectué par Rosamond à partir de photographies : "Elles sont la preuve que les choses que je me rappelle - certaines des choses que je me rappelle - ce sont vraiment produites, qu'elles ne sont pas des souvenirs fantômes ou des chimères, des fantasmes. Mais qu'en est-il des souvenirs pour lesquels il n'y a pas de photos, pas de corroboration, pas de preuve ?".Rosamond ne cherche pas à tout raconter, elle a sélectionné les photographies lui apparaissant comme importantes et a dû faire appel à sa mémoire pour les faire revivre, opposant ainsi le papier aux souvenirs : "Pourquoi les photos - les photos de famille - donnaient-elles toujours aux gens un air si insondable ?".Mais elle se raconte aussi, beaucoup, laissant ainsi découvrir une femme sensible qui a beaucoup aimé dans sa vie et qui a aussi beaucoup souffert, qui aujourd'hui au seuil de la mort a suffisamment de recul pour comprendre que toute sa vie ne tient qu'à un moment ayant conduit au paroxysme du bonheur et qu'ensuite rien ne fut plus jamais pareil : "Tout a découlé de cette nuit-là, mais le chemin qu'elle a ouvert ... Il menait, je m'en rends compte à présent, à cette journée au bord du lac : c'était ça, le point culminant ... Tout ce qui a suivi était une aberration.", et qu'il n'est pas possible qu'une chose annule toutes les erreurs du passé et les répare, ce qu'elle a longtemps pensé concernant la naissance d'Imogen : "L'idée que tu aurais pu ne pas exister, que tu aurais pu ne jamais naître, me paraît si injuste, si monstrueuse et contre nature ... Ça ne veut pas dire que ton existence corrige ou annule toutes ces erreurs. Elle ne justifie rien. Ce que ça signifie - je l'ai peut-être déjà dit ? Je crois que oui, même si c'est en d'autres termes - ou plutôt ce que ça me fait comprendre, c'est ceci : la vie ne commence à avoir un sens qu'en admettant que parfois, souvent, toujours, deux idées absolument contradictoires peuvent être vraies en même temps.".A travers la voix de Rosamond, l'auteur soulève des questions liées au hasard, aux coïncidences, au destin qui frapperait une famille et à une forme de fatalité qui ne pourrait finalement jamais être rompue; pour conclure avec celle de Gill qui réalise brusquement que ce chacun cherche dans la vie n'est finalement qu'une chimère à jamais inaccessible : "Le sens qu'elle cherchait était perdu. Pire encore : il n'avait jamais existé. C'était impossible. Ce qu'elle espérait trouver n'était qu'une chimère, un rêve, une chose irréelle : comme la pluie avant qu'elle tombe.".Ce roman est sombre, poignant, extrêmement bien écrit.Il aborde l'intime sans tomber dans le pathos ou l'impudeur ou encore même le voyeurisme.J'ai vécu la narration de Rosamond comme une forme d'accouchement qui aboutit à la transmission d'une forme de philosophie familiale : "Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux.".Je n'ai qu'un seul bémol à mettre à ce magnifique récit, la fin trop abrupte qui tranche de façon trop nette et trop précise le fil narratif déployé jusque là."La pluie, avant qu'elle tombe" est un roman puissant en émotion, qui décrit une touchante histoire familiale de trois femmes sur plusieurs décennies, avec lequel je découvrais Jonathan Coe dont je vais continuer à explorer l'oeuvre tant ce roman m'a plu et ému.

MissG
22/12/13
 

Le ton qui règne dans La pluie, avant qu'elle tombe déconcerte un peu lorsque l'on a lu peu de temps auparavant Testament à l'anglaise [clic] (du même auteur), dont j'avais personnellement beaucoup goûté l'humour et la vivacité. Je dois avouer que les premières pages de ce roman-ci, plus sensible, ne m'ont pas emportées. J'ai eu le sentiment de ne rien lire de très nouveau, ni de très original. La description systématique des photos que Rosamond entreprend avec méthode m'a même un peu lassée. Et puis, je me suis laissée cueillir peu à peu par le thème, troublée par sa résonnance manifeste. Le désamour maternel est-il donc une émotion que l'on reçoit en héritage ? Y-a-t'il un moyen d'en arrêter le processus héréditaire ? Jonathan Coe tente des réponses et surprend encore une fois par sa propension à dénouer en fin de roman les fils d'une trame construite habilement au fil des chapitres précédents. Ses personnages - pour la plupart féminins - sont attachants, vrais, poignants. Les lieux, les demeures et les paysages, toujours grandioses (comme dans Testament à l'anglaise), jouent un rôle certain sur des destinés, sur lesquelles il apparaît très vite que personne n'a prise. Etonnante, par ailleurs, cette fin en mode pirouette !Un très bon moment de lecture. Blog : Les lectures d'Antigone

antigonehc
13/10/13
 

Une vie racontée en photosA la mort de Rosamond, Gill entre dans son appartement et trouve des cassettes enregistrées qui retracent sur trois générations, la vie de la famille d'Imogen qui a été adoptée depuis.On retrouve les thèmes chers à Monsieur Coe, la famille, l'Angleterre, et les petits riens qui font une vie.Tout en étant plongé dans cette histoire familiale d'un point de vue chronologique, l'histoire de la grand-mère, de la mère et enfin de la fille, on suit cette histoire pleine de rebondissements, qui entremêlent les complexes liens familiaux, amicaux et amoureux de femmes.Que ce soit un homme qui ai inventé ce parcours est d'autant plus intéressant car la complexité des liens tissés sont emprunts d'une touche vraiment féminine.Vraie réussite et plaisir de lecture assurée par un maître incontesté de la nature humaine en général. Sophie

lamamandelena
22/08/13
 

Un sentiment de tristesse émane de ce récit, de ses circonstances, de son contenu.La vie de Rosamond a manqué de gaieté.Seules deux années lui paraissent merveilleuses, le reste ayant été gâché ou sacrifié.Elle a observé le silence et les incompréhensions chez les autres et chez elle, mais l’absence d’amour est ce qui fait le plus mal.Elle a elle-même aimé Beatrix sans recevoir autre chose qu’un plaisir sadique à la torturer, plaisir qui s’est apparemment prolongé pendant 40 ans.Comme l’avait fait sa mère avant elle, Beatrix a utilisé sa fille comme un souffre-douleur, un objet de rejet dont elle se débarrassait facilement.Il n’y a pas de rachat ou de pardon dans ce livre.Rosamond constate simplement le mal qui a été fait, sans accuser ou blâmer, ce qui renforce encore le malaise ressenti à la lecture.

Estellecalim
09/06/13
 

Oui, j’ai aimé être conviée à écouter ces cassettes : le témoignage de Rosamond. Elle raconte l’intime de l’histoire familiale à travers plusieurs générations de femmes. Comment l’horreur peut toucher une famille. Il s’agit de non-dit, d’amour, d’abandon dans un récit touchant.Dans une description de photos choisies, la narratrice explique les tenants et les aboutissants de ce qui s’est joué afin qu’Imogen comprenne d’où elle vient et ce qui a pu la construire.Comme Gill et ses filles, nous écoutons sans en avoir vraiment le droit, amenant le lecteur au voyeurisme. Cette particularité créé une lecture excitante par l’attrait que représente la curiosité afin de connaitre une vérité qui ne nous appartient pas. Une lecture émouvante et bouleversante …

Metaphore
25/05/13
 

C'était le premier livre que je lisais de cet auteur.C'est un petit livre tranquille et fort agréable à lire. Sa trame parfaite se déroule lentement mais surement. Pas de coup de théâtre dans ses destins de femme, l'écriture, elle se confond en simplicité, elle est fluide tissant des émotions fugaces. Je l'ai lu, j'ai bien aimé cependant je suis restée relativement en dehors de cette histoire. Une très bonne et sympathique lecture mais sans plus...

Lacazavent
19/04/13
 

Portraits de femmes, ce roman triste nous montre que l'on n'évite pas le destin, de mère en fille, les situations se répètent. Celles qui ont souffert ne font pas de bonnes mères, martèle Jonathan Coe. Si l'idée de la description des photos m'a tout d'abord paru originale, j'ai vite trouvé que ce procédé mettait de la distance entre les personnages et moi-même et l'histoire, censée être tragique, m'a laissée de marbre. J'ai aimé le début du parcours de Rosamund qui découvre et accepte son homosexualité, s'installe à Londres mais ensuite, je l'ai trouvé très attentiste et je n'ai pas compris pourquoi elle se sentait à ce point liée à la famille de Beatrix. Je n'ai jamais ressenti d'empathie pour Beatrix et ces decendantes. Et puis, je reste perplexe sur la double scène du chien (que je ne peux vous expliquer si vous n'avez pas lu le roman), je ne comprends pas ce que l'auteur veut prouver. Ceci-dit, c'est un roman qui se laisse écouter mais que je vais très vite oublier, je le sens. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
27/02/13
 

Poétique, pleine d'émotion mais sans sensiblerie, cette histoire de famille sait tenir en haleine le lecteur. Idéal pour ceux qui aiment les histoires du genre secrets de familles. Plusieurs générations, plusieurs histoires qui s'imbriquent...

PetitePrincesse
05/01/13
 

Rosamond vient de mourir mais a laissé à une mystérieuse Imogen, jeune femme aveugle,une série de cassettes enregistrées où, s'appuyant sur vingt photos dûment sélectionnées, elle révèle un secret de famille courant sur trois générations de femmes.Plus que tout cela peut être, l'objectif est de lui laisser "la conscience de [son] histoire, de (son )identité, la conscience de [ses]origines, et des forces qui [l]'ont façonnée."Traversée par des coïncidences qui réapparaissent par delà les années, par des scènes qui semblent se rejouer, La pluie, avant qu'elle tombe est sous-tendu par le thème de l'amour maternel déficient et des conséquences qu'il peut entraîner sur plusieurs générations.Tissant avec virtuosité l'histoire de cette lignée de femmes à celle de l'Histoire, Jonathan Coe nous livre ici une oeuvre sombre mais fluide, qui se lit sans déplaisir, mais qui laisse un peu sur sa faim. le style et la construction sont impeccables mais il manque cette petite étincelle de folie qui faisait tout le charme de la maison du sommeil. cathulu

cathulu
31/12/12
 

Un roman qui s'écoute..."Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai?"La vieille tante Rosamond est décédée. A Gil, sa nièce, revient la charge de nettoyer la maison. Elle y découvre des cassettes et, dans l'une d'elle un bout de papier qui lui indique que ces dernières sont pour Imogen (sa petite cousine aveugle "disparue"). Si elle ne la retrouve pas, elle devra les écouter elle-même. Les recherches de Gil n'aboutissant à rien, elle décidera un soir, accompagnée de ses 2 filles, d'écouter les dites cassettes qui viennent commenter 20 photographies.Ces 20 photographies soigneusement choisies par Rosamond retracent l'histoire de 3 femmes qui l'ont marquée au fer rouge. 3 destins intimement liés à elle, 3 générations : Beatrix, sa fille Théa et sa petite-fille Imogen (vous suivez ?). 3 descendances qui traînent le même désamour familial de mère en fille, ce même rendez-vous manqué entre mères et filles que Rosamond avait déjà constaté entre Béatrix et sa mère Ivy. A l'époque du Blitz ses parents l'avaient confié à cette tante "distante et inaccessible" habitant Warden Farm. Rosamond soulignera l'importance de cette non-relation par ces mots :"Il me paraît essentiel de ne pas sous-estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sait mal-aimé par sa mère. Par sa mère, celle qui vous a donné le jour ! C'est un sentiment qui ronge toute estime de soi et détruit les fondements mêmes d'un être. Après ça, il est difficile de devenir une personne à part entière."Si Rosamond s'est évertuée dans ses dernières heures à retracer cette saga, l'histoire de ces femmes qu'elle a jalonné de la sienne, c'est pour léguer - elle l'espère - à Imogen son histoire, l'histoire de ses origines, de sa famille. Pour qu'elle comprenne que son existence était "profondément juste" dans ce chaos maternel.De Coe, c'est le premier roman que je lis (jusqu'au bout devrais-je dire puisque j'ai mis en pause depuis un certain temps Testament à l'anglaise). Ce monsieur a un vrai talent pour rendre les sentiments, pour nous faire vivre l'histoire de ces femmes. C'est une écriture grave, un récit emprunt de mélancolie, de nostalgie, emprunt de regrets (ceux de Rosamond bien souvent qui porte en elle la culpabilité de ne pas s'être suffisamment battue pour garder Théa et la sauver de la relation destructrice avec sa mère). Le procédé de la narration par le commentaire détaillé de photographies est très prenant, addictif. Il rend l'histoire vivante, bouleversante. On "écoute" et on voit.Mais retenez bien ces mots de Rosamond : "Comme c'est trompeur, une photo. On dit que la mémoire nous joue des tours. Mais pas autant qu'une photo, selon moi."Je repense à la fin et mon cœur se serre... J'aurais voulu encore, encore plus de photos, encore plus de cette voix de Rosamond mêlant sa propre histoire à celle de Beatrix, Théa et Imogen, j'aurais voulu que ça ne s'arrête pas comme ça.C'est un coup de cœur... il s'en ressent d'ailleurs encore.

Cera1volta
11/11/12
 

Il va m'être difficile de vous résumer ce magnifique roman, tant la peur de ne pas lui rendre justice me tenaille. Il s'agit du premier roman de l'auteur anglais que je lis et, une chose est certaine, ce ne sera pas le dernier.Rosamond vient de mourir. A côté d'elle, un magnétophone qui enregistre encore (la vieille femme tient encore le micro entre ses mains), des cassettes (quatre au total) et des photos. Le tourne-disque est encore en marche, bien que les "Chants d'Auvergne" de Canteloube ce soient tu. Les cassettes enregistrées par Rosamond sont adressées à sa petite cousine aveugle, Imogen. Avec l'aide de vingt photos qu'elle a sélectionné pour elle, la vieille femme va tenter de raconter l'histoire de la famille de cette jeune cousine (et en même temps son histoire). L'histoire de quatre générations de femmes, avec ses joies, ses doutes, ses peines, ses chagrins...En me relisant, je me rends compte que je n'arriverai pas, en essayant de vous résumé le livre, à lui rendre toute sa beauté et l'émotion qui se dégage de ces magnifiques pages.L'auteur, dont la plume m'a vraiment marqué par sa beauté, parle tour à tour du Blitz, du premier amour, de l'après-guerre, de l'homosexualité dans une époque de censure et de gène, la mort, l'oublie, le chagrin, les secrets de famille... Jonathan Coe écrit brillament des pages sur la mélancolie, le regret, le bonheur, la souffrance, l'indifférence. Certains passages m'ont vraiment bouleversés mais tout le roman m'a ému au plus haut point.A mon oreille, il me semblait entendre la voix de Rosamond et, la description des photos (n'oublions pas qu'Imogen est aveugle) rend vraiment réel le tout. J'avais l'impression d'avoir les photos dans mes mains et de sentir tout le poids qu'elles contenaient. Jonathan Coe écrit avec sobriété, retenue mais de façon admirable et intense, en même temps. Pour tout vous dire, bien que ma lecture se soit achevée hier soir, le roman est toujours là, en moi ; la voix de Rosamond chante encore à mes oreilles et, la plume de l'auteur fait toujours partie de moi, de mon être. Ce roman m'a véritablement marqué pour longtemps et je vous invite à découvrir ce texte, qui vaut vraiment la peine d'être lu. Première lecture de Jonathan Coe et premier coup de coeur. Merci monsieur l'écrivain !

malorie
19/07/12
 

Voici un magnifique portrait de femmes sur 3 générations. Je me suis attachée aux personnages et à leurs destinées. J’ai aimé ce très beau roman à la construction originale.

Une très belle surprise que ce livre, ce portrait de famille raconté par Rosamond la veille de sa mort à Imogen, qu'elle a connue enfant et dont on apprend peu à peu le passé familial.J'ai trouvé son personnage extrêmement touchant, souvent spectatrice finalement de ces scènes qu'elle raconte, de cette histoire familiale dramatique.Un livre pudique et un beau portrait de femme, aussi délicat que son titre le laisse supposer.

PandoraBlack
14/04/11
 

A la mort de sa tante, femme énergique et énigmatique, une femme découvre des bandes son : la vieille dame a souhaité les confier à une jeune fille aveugle dont elle a perdu la trace. Sur ces enregistrement, elle raconte et décrit 20 photos qui résument sa vie et lèvent le voile sur sa personnalité complexe.C'est tendre, passionnant, très habilement construit. Un très joli livre, qui réfléchit à la transmission : que souhaitons-nous donner de nous -mêmes ? Des impressions, une meilleure compréhension du monde ?

Globx8
01/11/10
 

La Pluie avant qu’elle tombe est un roman paru l’an dernier, je l’ai souvent croisé en librairie, lu la 4ème de couv. et pourtant, je ne sais pas pourquoi, je ne parvenais jamais à me souvenir du sujet de ce roman. La couverture me poussait à imaginer une histoire totalement différente de ce qu’elle est…aussi je fus saisie dès les premières pages. J’ai retrouvé le style fluide de Jonathan Coe, cette façon de plonger le lecteur dans son univers.L’histoire met en scène plusieurs femmes, les hommes sont quasiment absents, ou quand ils sont présents n’ont pas le meilleur rôle. C’est un roman de femmes écrit par un homme, et c’est magique.http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2010/09/09/la-pluie-avant-quelle-tombe-jonathan-coe/

George72
14/09/10
 

Style d'écriture assez plaisant. Malgré une quatrième de couverture qui ne me tentait pas plus que ça, ce fut une lecture agréable ... Sans plus. Peut-être qu'un scénario plus développé aurait été plus intéressant.

lebonsai
02/08/10
 

Le roman le plus grave de Jonathan Coe. Une écriture juste, une trame narrative originale qui s’appuie sur la décortication de vingt photographies permettant ainsi de tisser l’histoire d’une famille sur trois générations. Coe s’accommode de tous les registres (comédie, récits où l’Histoire et les petites histoires s’entremêlent, saga familiale…) et ajoute à son arc, le drame, avec ce roman le plus poignant et le plus abouti de sa carrière. C’est aujourd’hui l’un des auteurs majeurs de la littérature anglaise actuelle et ce livre le confirme.

SophieC
09/03/10
 

Rosamond vient de mourir. A sa nièce Gill, elle lègue la mission de retrouver Imogen afin de lui remettre une vingtaine de photographies ainsi qu'une série de cassettes audio. Ne retrouvant pas Imogen, Gill va écouter les cassettes sur lesquelles sa tante raconte, à partir des photographies, et des années 40 à aujourd'hui, son histoire familiale. L'histoire de quatre générations de femmes maltraitées par leur mère : Ivy qui préféra son caniche Bonaparte à sa fille Beatrix, laquelle vit dans sa fille Thea la source de tous ses errements, laquelle fut contrainte de confier sa petite Imogen, aveugle, à une famille d'adoption. Rosamond dévoile ainsi, cliché après cliché, anecdotes après souvenirs, l'envers des sourires affichés : des mères égarées, des filles perdues, des femmes au-delà de toute consolation, et le désamour maternel dont on ne guérit jamais.Je connaissais Jonathan Coe pour ses romans réalistes et satiriques, critiques sociales ou politiques relevées d'un humour caustique empreint de cynisme. Des romans à la construction complexe, avec une intrigue sophistiquée, un décor social très détaillé, une multiplicité de personnages liés les uns aux autres par un écheveau dense de relations. Avec "La pluie, avant qu'elle tombe", il change radicalement de registre. Il propose ici un roman court, à la construction simple (20 photos, 20 chapitres), au style épuré. Il nous livre un mélodrame méditatif, une épopée intimiste, le portrait touchant d'une lignée de femmes marquées par le désamour et qui, de mères à filles, semblent se léguer le malheur en héritage.Les critiques ont presque unanimement salué la "virtuosité" de ce livre "poignant" : j'ose à peine écrire que j'ai été un peu déçue... Certes, Jonathan Coe est un bon écrivain, ses personnages sont dessinés avec finesse, mais le procédé narratif, très rigide, cette succession de photos dont la description structure le roman, m'est apparu comme un "exercice de style" qui alourdit le récit. De plus la révélation finale est un peu décevante puisqu'on la devine en amont. Et alors que cette histoire est de bout en bout tragique, elle ne m'a finalement que peu touchée. Peut-être trop "bluette" ? Et à aucun moment je n'ai retrouvé cet humour sarcastique que j'aime tant chez Coe...Reste qu'il se dégage de cette histoire douce-amère une certaine atmosphère, mélancolique, désenchantée, une douceur sous la grisaille, presque confortable, et en même temps nimbée de chagrin. Le tout lié à une réflexion sur le temps qui passe, sur les occasions manquées : au fil de la narration, au fil des générations, se pose la question des hasards, de la destinée, des coïncidences, des drames à répétition. Hasard ou destin, qu'est-ce qui régit nos vies ? Le destin a-t-il un sens ou n'est-ce qu'une chimère, comme la pluie, avant qu'elle tombe : « Il faut qu'elle tombe, sinon ce n'est pas de la pluie », explique Rosamond à Thea, enfant. « Bien sûr que ça n'existe pas, elle a dit. C'est bien pour ça que c'est ma préférée. Une chose n'a pas besoin d'exister pour rendre les gens heureux, pas vrai ? »

Kara
04/01/10
 

Entre Jonathan Coe et moi, c'est une longue histoire de je t'aime, moi non plus. J'ai tenté de lire pratiquement tous ses romans, parce que l'histoire me plaisait ou parce que les louanges ne manquaient pas. Manque de bol, je reste hermétique à son univers. Je ne sais pas du tout pourquoi. Preuve m'en a été encore une fois donnée avec La pluie, avant qu'elle tombe. Je ne suis vraiment pas sensible à l'écriture de ce monsieur, et ça pourrait presque me frustrer tant je lis un concert de louanges sur cet "époustouflant" roman... Tant pis. Pourquoi trois étoiles ? Pour la qualité indéniable de l'écriture, même si je reste imperméable à l'univers, cela n'empêche pas...

Clarabel
23/07/09
 

La pluie, avant qu'elle tombe Ce roman est un écheveau familial qui tisse la vie de 3 naufragées, 3 âmes perdues qui tomberont tour à tour dans les mêmes pièges et se transmettront les mêmes souffrances, le même désamour. Comme si, de génération en génération, la vie était une machine infernale, qui contraint les victimes à devenir des bourreaux...Je l'ai vraiment adoré, tant du point de vue de la construction littéraire très intéressante (le passé est déroulé pour une personne aveugle par le commentaire de cartes postales), que de l'histoire magnifique, émouvante, sensible... un vrai moment de bonheur.

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.33 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : SERGE CHAUVIN

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