La porte etroite

GIDE, ANDRE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 27/09/72
LES NOTES :

à partir de
5,90 €
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Ebook

SYNOPSIS :

« La porte était close. Le verrou n'opposait toutefois qu'une résistance assez faible et que d'un coup d'épaule j'allais briser... À cet instant j'entendis un bruit de pas ; je me dissimulai dans le retrait du mur. Je ne pus voir qui sortait du jardin ; mais j'entendis, je sentis que c'était Alissa. Elle fit trois pas en
avant, appela faiblement : - Est-ce toi Jérôme ?... Mon coeur, qui battait violemment, s'arrêta, et, comme de ma gorge serrée ne pouvait sortir une parole, elle répéta plus fort : - Jérôme ! Est-ce toi ? À l'entendre ainsi m'appeler, l'émotion qui m'étreignit fut si vive qu'elle me fit tomber à genoux. »
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Mon achat et mon avis ….Je n’ai pas pour habitude d’acheter des livres d’occasion, mais pour «La porte étroite », c’est ce que j’ai fait, sans bien pouvoir expliquer pourquoi.Je me suis retrouvée avec une édition de chez « Mercure de France » datée de 1956, aux pages beiges et épaisses, découpées, comme cela se faisait, au coupe papier. Il était aussi recouvert de ce papier cristal, utilisé autrefois avant le règne du film plastique et du ruban adhésif.L’objet livre était suranné, et finalement, cela était un avantage, je me suis trouvée beaucoup plus vite dans l’ambiance de son contenu et surtout de son vocabulaire, un peu suranné lui aussi. En effet, les verbes conjugués au passé-antérieur ou au subjonctif imparfait sont légion et l’histoire, dès le début a un côté vieillot de par les événements qu’elle évoque, la période où tout cela se déroule mais aussi la façon d’écrire.Est-ce que cela allait me déranger ? Au premier abord, j’ai pensé que oui. Mais très vite, je me suis habituée au style pour ne voir que ce qu’il y avait « derrière » : une profonde réflexion sur les choix de vie des personnages et la place de la religion.Il va m’être difficile de parler de ce livre sans trop en dire sur son contenu et sans me positionner sur la religion.Dans les premières lignes, l’auteur prévient, il ne s’agira pas d’un livre ordinaire mais d’une suite de souvenirs parfois en « lambeaux ». Est-ce que cela signifie que nous n’aurons pas tous les éléments nécessaires à sa compréhension ?Dès le début, nous sommes assaillis par des descriptions qui plantent le décor et les différents protagonistes ainsi que les relations entre eux. Ces quelques pages m’ont semblé longues contrairement aux échanges de courrier et au journal intime qui m’ont beaucoup plus « parlé ».Puis arrivent les événements qui s’enchaînent, s’expliquent les uns par les autres et enfin l échange de lettres et le journal intime.Et, bien entendu, c’est cette dernière partie que j’ai préféré et aimé. J’aime les lettres qui dévoilent un peu, beaucoup, parfois énormément de ce qu’on ne dit pas tout haut … J’aime les journaux intimes qui permettent de faire, par écrit, un retour sur le vécu … J’aime l’écrit dans ces deux cas … Toucher une lettre écrite sur du beau papier, la prendre, la relire, lire entre les lignes, savoir que l’expéditeur a pris soin au choix du papier, de l’écriture, du stylo utilisé …Bien sûr, Alissa se sert parfois de l’écrit comme d’une protection pour transmettre ce qu’elle ne peut pas exprimer à l’oral (parce qu’elle n’y croit pas vraiment ? parce que c’est trop difficile à dire ?)Dans cette partie, je ne voyais plus le côté vieillot de l’histoire, je ne voyais que le contenu, l’analyse des faits et cela m’a beaucoup intéressée.Par choix, je ne m’attarderai pas sur la place de la religion dans ce roman bien qu’elle soit le nerf de l’écriture. C’est quelque chose qui appartient à chacun et je n’en dirai que quelques mots.Le titre « La porte étroite », renvoie à un texte de St Luc, « Efforcez vous de passer par la porte étroite »Pour un prêtre catholique, cela signifie que : « Jésus-Christ invite à choisir la route qui mène à la joie, mais elle passe par ‘la porte étroite’. C’est une route peu empruntée. C’est celle du dévouement, de l’abnégation et du sacrifice... ce n’est pas une route attrayante, elle ne séduit pas les sens….. »« Je quêtais de l’avenir non tant le bonheur que l’effort infini pour l’atteindre, et déjà confondait bonheur et vertu. » écrit le narrateur, Jérôme.« Crois-tu que nous soyons jamais plus près l’un de l’autre que lorsque, chacun de nous oubliant l’autre, nous prions Dieu ? » dit à Alissa à Jérôme.Est-il besoin de commenter, d’en écrire plus pour comprendre la place de la foi dans leur vie, que ce soit par choix ou non ?L’écriture semble parfois « vieille France » (c’est logique si on replace dans le contexte), mais dans certains cas, je n’ai plus vu cet aspect, je l’ai alors trouvé très poétique et profonde, remplie de sensibilité. Cet auteur est assurément un grand écrivain, le vocabulaire est riche, les phrases bien construites. Je ne regrette pas cette lecture mais je choisirai soigneusement les personnes à qui je la recommanderais.Je conclurai sur une très belle phrase extraite d’une lettre d’Alissa à Jérôme :… « J’ai tant à te dire ; j’ai soif d’une si inépuisable causerie ! parfois je ne trouve plus de mots, d’idées distinctes, - ce soir j’écris comme en rêvant – gardant seulement la sensation presque oppressante d’une infinie richesse à donner et à recevoir,…..Depuis que te voilà retrouvé, la vie, la pensée, notre âme, tout me paraît beau, adorable, fertile inépuisablement …

Cassiopea
26/08/11
 

Je ne garderai pas de cette lecture un souvenir impérissable, bien au contraire. Elle s’est faite dans un climat de révolte quasi permanent. En outre je l’ai trouvée terriblement ennuyeuse, austère, et en tout cas plus efficace que n’importe quel somnifère.Je n’ai pas aimé le style qui m’est paru immédiatement ampoulé, austère, tarabiscoté. Tout cela est désuet, vieillot, démodé. Il m’a fallu lutter pour lire les 30 pages que je m’assignais à chaque fois que j’ouvrais ce livre pour ne pas dormir.Que dire de l’histoire ?Jérôme aime Alissa, sa cousine, qui l’aime également. Pour l’instant tout va bien, il suffirait qu’ils se marient, qu’ils eurent beaucoup d’enfants, comme le prescrit la religion Chrétienne, et l’affaire serait entendue en on en reparlerait plus….. Et bien non, la sœur d’Alissa, Juliette, aime aussi Jérôme (quel succès !!), et Alissa s’en rend compte. Et c’est là que l’affaire tourne au vinaigre. Alissa se laisse aller, aspire à la sainteté, et, sublime un amour jusqu’au renoncement, au sacrifice.D’emblée l’austérité protestante est palpable, et le moindre bout de chair visible, ou couleur inappropriée provoquent scandale et indignation.« Et vous appelez aussi de deuil ce châle rouge qu’elle a mis sur ses épaules ? Flora, vous me révoltez ! S’écriait ma mère »Au sein de cette famille, personne ne sait ce qu’il veut ; On hésite, se pose des questions, se tourmente, se déchire……« Tout, en elle, n’était que question et qu’attente…Je vous dirais comment cette interrogation s’empara de moi, fit ma vie »Alissa est versatile : quand elle est seule, elle écrit des lettres enflammées (dans la limite de la morale, tout de même !!!) à Jérôme, et quand ce dernier est dans les parages, elle ne veut pas le voir, et veut souffrir vertueusement……Elle aurait mérité d’être secouée un bon coup.La clé de ce livre, se situe dans les Evangiles « Efforcez vous d’entrer par la porte étroite, car la porte large et le chemin spacieux mènent à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent » C’est cette voix du sacrifice, de la recherche de la difficulté suprême qui guident les personnages dans la conduite de leur vie…..Cette vie de rigueur leur plait ; ils la recherchent. Alors Alissa souffre, c’est un fait, mais je reste impassible devant tout cela. C’est son choix, qu’elle assume. Qu’ils assument, car Jérôme est tout autant illuminé, endoctriné. Ils prennent tout pour vérité absolue ; il n’y a aucune place pour le libre arbitre, et le sens critique…..J’ai été, malgré moi, imprégnée de religion, et d’histoires de ce genre, et je me suis battue pour imposer mon propre chemin ; alors j’ai du mal à comprendre cette résignation, ce manque de combativité.Toute idée de sacrifice, de vie excluant tout plaisir, le refus du bonheur, de culpabilité permanente m’est insupportable. Ce sont des notions très Chrétiennes auxquelles ne n’adhère pas du tout.C’est pourquoi, je suis persuadée qu’il faut être infiniment croyant pour apprécier ce livre. Un chef d’œuvre pour certain, une histoire sans intérêt pour moi. Je n’ai pas aimé du tout. Je l’ai lu, presque en intégralité, puisque j’ai survolé de très haut je journal d’Alissa, parce qu’il était court. Sinon, il aurait connu le même sort que ses camarades plus copieux : retour au placard.

mimipinson
07/06/11
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.12 kg

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