La promesse de l'aube

GARY, ROMAIN

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/04/73
LES NOTES :

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7,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

« - Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D'Annunzio, Ambassadeur de France - tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! Je crois que jamais un fils n'a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j'essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu'elle me compromettait irrémédiablement aux yeux
de l'Armée de l'Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j'entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : - Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »
11 personnes en parlent

Un livre qui attendait depuis longtemps dans ma bibliothèque et dont la lecture d’un extrait dans le film La tête en friche m’a convaincu d’aller y mettre mon nez. Ça a été une très belle découverte, et moi qui avais adoré Les enchanteurs et La vie devant soi, je dois reconnaître que j’ai là encore été séduite. Romain Gary a une plume extraordinaire, il sait nous faire osciller sans cesse entre le rire et les larmes, il donne l’impression de mener son lecteur en bateau tout en faisant preuve d’un regard critique sur les choses à la fois très plaisant et très touchant. C’est avec un talent incroyable qu’il mêle la réalité et la fiction et je ne crois pas qu’on ait écrit de livres aussi beaux sur ce thème. Si je prends Le livre de ma mère d’Albert Cohen par exemple, c’est un ouvrage de facture plus classique et d’une certaine manière beaucoup plus banal ; alors que Romain Gary n’hésite sans doute pas à forcer le trait à de nombreuses reprises, mais on mesure alors toute l’influence que sa mère a pu avoir sur son existence de façon beaucoup plus subtile et poignante. Et puis le style de Gary reste empreint d’un optimisme communicatif : la naïveté assumée du propos le dispute à tout le recul nécessaire qu’il a dû prendre pour rendre possible un tel récit. Le résultat atteint un équilibre parfait et une qualité d’écriture qui fait mouche. Mises à part quelques longueurs que j’ai ressenties au cours de la troisième partie, je ne peux que vous conseiller cette très belle lecture.

Artsouilleurs
03/07/10
 

Romain naît en Lituanie et grandit avec sa mère qui conçoit très tôt pour lui de grandes ambitions politiques. Elle vit de multiples métiers et se retrouve ruinée par un train de vie excessif. Tous deux quittent Wilno pour la Pologne où sa mère continue à le pousser pour qu'il devienne célèbre. En proie aux moqueries de ses camarades, ils partent pour la France que sa mère a toujours tenu en très haute estime. Ils s'établissent alors à Nice où elle va tenir un hôtel. Le narrateur continue ses études à Aix en Provence puis à Paris où il s'essaie sans grand succès à l'écriture avant que la guerre n'éclate. Simple soldat, il loupe son avancement à cause d'un problème de nationalité. Il se retrouve à Bordeaux où il cherche à rejoindre l'Angleterre et le Général de Gaulle. Après de multiples aventures rocambolesques, il circule entre l'Afrique du Nord, l'Angleterre et le Sud de la France en tant qu'aviateur jusqu'à la fin de la guerre où il est enfin publié. Il rentre en France où il cherche sa mère qui n'a cessé de lui écrire pendant tout ce temps mais une grande surprise l'attend...Tout d'abord je remercie les éditions Folio qui m'ont fait gagner ce roman autobiographique par le biais d'un concours. J'ai pu découvrir ce roman de Romain Gary, auteur que je ne connaissais pas. Je n'ai pas été très sensible à ce livre en revanche, le côté autobiographique m'a semblé souvent ennuyeux. Le personnage principal est d'une grande naïveté envers les femmes mais il fait souvent preuve d'hypocrisie et de mauvaise foi pour justifier ses écarts de conduite, notamment à la guerre où il m'a paru souvent pleutre et égoïste. Je trouve que ce roman vante un peu trop les mérites de l'auteur d'une manière pas très honnête. Il en ressort une image imbue de lui-même du personnage.

prune42
29/08/15
 

Découvrir Romain Gary, c'est pénétrer dans un univers où les mots sont magnifiquement agencés les uns avec les autres pour former des phrases pleines de poésies, d'humour, de tendresse, de cynisme, d'ironie et d'émotions. Peut-être que tous les ouvrages de Gary ne sont pas ainsi, peut-être que ceux publiés sous le pseudonyme d'Emile Ajar m'offriront des perspectives différentes, mais La promesse de l'aube en tout cas est un petit bijou de littérature, un plaisir de lecture qu'on voudrait prolonger par instant, relisant sans fin certains passages.Il faut dire que Gary évoque un sujet que l'on sent extrêmement important pour lui : sa relation avec sa mère, celle qu'elle fut, les sacrifices qu'elle dut consentir pour que lui puisse devenir un homme brillant. Elle voulait faire de lui un ambassadeur de France, un être connu de tous et reconnu. Et elle réussit son pari : Gary devint un militaire, puis un diplomate français, avant de se consacrer à sa carrière littéraire. Et pour raconter cet amour filial d'une intensité profonde, Romain Gary manie la tendresse et l'ironie pour créer un univers où seul sa mère semble diriger le monde d'un claquement de doigt.Premier ouvrage de cet auteur, La promesse de l'aube m'ouvre les bras de l’œuvre de Gary, homme survivant, rescapé, levant un coin de voile sur un personnage qui m'intrigue de plus en plus ! Miss Alfie

MissAlfie
02/06/15
 

De Romain Gary, je n'avais jamais lu que Lady L., et la perspective de lire La promesse de l'aube me disait donc bien pour découvrir un des classiques de la littérature française du vingtième siècle.Le début du roman m'a vraiment touchée : ce fils qui rend hommage à sa mère qui l'a tellement aimé, au point de rêver pour lui les plus grands honneurs, de construire son destin en se sacrifiant, ce fils qui veut faire honneur à sa mère en réparant ses souffrances et en combattant toutes les injustices, c'était vraiment très émouvant, d'autant que les pages sont baignées d'un humour d'auto-dérision très fin. J'ai souvent souri et même ri : les "comédies" de la mère m'ont fait penser à la mère de Tom Lanoye dans La langue de ma mère : il faut dire qu'elles sont toutes deux comédiennes de théâtre !Mais la dernière partie m'a fait un peu déchanter : Romain Gary, qui fait sans cesse des effets de prolepse (d'anticipation) en se disant de nombreuses fois compagnon de la Libération, a de fait été aviateur et a réussi à s'enfuir en Afrique du Nord d'abord puis en Angleterre pendant la deuxième guerre mondiale, mais en réalité il n'a pas vraiment été un héros à cause ou grâce à des circonstances atténuantes. Et je dois dire que le récit de ses velléités récurrentes, accompagné des listes de tous ses compagnons morts pour la France, m'a lassée à la longue, même si l'humour était toujours présent. Ceci dit, l'influence, l'ambition maternelle, qui prend vraiment chair dans la tête, dans le coeur et même le corps du fils, c'est à la fois impressionnant et... profondément agaçant (de mon point de vue) (je ne suis pas mère de famille et je ne suis pas enfant unique élevé par sa mère comme le héros, mais cet amour si exclusif, si possessif, ça en devenait un peu étouffant pour moi).Je suis quand même très contente d'avoir lu ce roman, j'ai vraiment apprécié l'art de Romain Gary de transformer sa propre histoire en roman universel (et non en petite auto-fiction nombriliste), ses souvenirs d'enfance, son récit de l'exil sont mémorables et attachants et son écriture est superbe. Anne

Anne7500
19/12/14
 

Quel plaisir de redécouvrir ce beau texte très bien lu! Gary est vraiment un grand écrivain et sa mère un sacré personnage! La force de cet amour est incroyable: témoin cette ruse pour faire parvenir des lettres à son fils alors qu'elle est morte depuis trois ans...cela me donne une énorme envie de relire une Education européenne! je crois bien avoir lu tous les livres de cet auteur rencontré peu avant sa mort mais c'est déjà ancien et je ne sais pas où sont "rangés" les livres...@holly: on ne rit pas! berthe

afbf
20/09/14
 

Loin de mes habitudes de lecture, ce roman m'a néanmoins séduite. Romain Gary est un conteur, il raconte sa vie mais on sent bien qu'il enjolive, qu'il passe vite sur certains épisodes, qu'il revient plusieurs fois sur d'autres. L'humour et la distance dont il fait preuve pour parler d'évènements tragiques me l'ont rendu très sympathique. La relation avec sa mère me semble incroyable et totalement abusive. Mais la foi qu'il avait en ses rêves à elle, son désir de lui permettre de s'accomplir à travers lui l'ont poussé à faire des miracles. Ca a un petit côté Forrest Gump, du style : "j'ai fait ceci, j'ai rencontré le Général de Gaulle, j'ai failli assassiner Hitler (mon épisode préféré !), mais je n'y suis pour rien". J'ai quand trouvé certaines répétitions un peu lassantes et j'avoue avoir survolé certains passages. Mais dans l'ensemble, ça a été pour moi une excellente découverte. (Septembre 2014)

Pitchoubinou
20/09/14
 

Voilà trois mois que j'avais disparu dans la nature et que je me contentais d'observer de loin vos activités bloguesques. Quelques anniversaires, critiques, coups de gueule et voyages plus tard, j'ai enfin repris la route qui me mène jusqu'à vous qui me manquiez. Pour mon retour, j'ai décidé de frapper fort avec un énorme coup de cœur (celui-là fera parti de mon top ten des livres qui m'ont le plus touché). J'ai déjà commencé un second livre du même auteur ... La promesse de l'aube de Romain Gary illustré par Joann Sfar, un pavé de 527 pages qui m'a tout simplement effrayé par sa taille et son poids lorsque je l'ai vu sorti de son emballage (oui Evelyne il m'arrive d'être effrayé par tes livres mais merci pour ce magnifique présent !).Dans ce roman qui se veut autobiographique, Romain Gary retrace son enfance auprès de sa mère après l'abandon d'un père qu'il n'aura pas connu. Un hommage à celle qui rêvait de tous les honneurs pour lui et avait les plus grandes ambitions. Une personnalité hors du commun qui le conduira de Vilnius, à Varsovie puis à Nice. Elle le rêve danseur étoile, violoniste virtuose ou mieux ambassadeur, général et écrivain. "... Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele d'Annunzio, ambassadeur de France !"Il ne peut décevoir cette femme extraordinaire et se doit de réaliser tous ses désirs. Lorsque la guerre éclate il part combattre auprès de la France Libre, laissant sa mère au pays seule et malade. Ce sont ses lettres qui lui permettront de tenir dans les pires moments. Il se rendra compte en revenant qu'elle était morte déjà depuis trois ans mais avait chargé une amie de lui faire parvenir les centaines de lettres qu'elle avait écrite par avance. "Il n'est pas bon d'être tellement aimé, si jeune, si tôt. Ca vous donne de mauvaises habitudes. On croit que c'est arrivé. On croit que ça existe ailleurs, que ça peut se retrouver ... Partout où vous allez, vous portez en vous le poison des comparaisons et vous passez votre temps à attendre ce que vous avez déjà reçu. Je ne dis pas qu'il faille empêcher les mères d'aimer leurs petits. Je dis simplement qu'il vaut mieux que les mères et encore quelqu'un d'autre à aimer. Si ma mère avait eu un amant, je n'aurais pas passé ma vie à mourir de soif auprès de chaque fontaine."Ce sont des flèches d'émotion qu'il décoche avec art en plein coeur. Des moments d'arrêt, de révélation, de mise en lumière qui vont au delà de l'amour filiale. Il y a des pans entiers de ce roman qui m'ont interrogé ; des réflexions sur les croyances, la confiance, l'amour sans compter sur sa vision de la guerre, du racisme, de la littérature, ... Des passages entiers à entourer, souligner, surligner ! Un livre que je ne me lasserai pas de relire encore et encore.Les illustrations de Joann Sfar sont quant à elle magnifiquement adaptées permettant une mise à distance à certains moments de l'histoire. Elles ne viennent pas illustrer le propos dont il est question nécessairement mais offre parfois un autre moment de vie de l'auteur ce qui nous permet une mise à distance et une plus grande vision d'ensemble de cet auteur prodigieux. Merci à lui ! Cristie

cristie
15/08/14
 

Une redécouverte de Romain Gary à l'occasion du centenaire de sa naissance. Je l'avais approché dans ma jeunesse. Un livre autobiographique du gamin demi-juif à l'ambassadeur en passant par le combattant de la France libre. Un livre sur l'amour, l'amour de sa mère, qui l'éleva seule de galère en galère, en partant de la Lituanie jusqu'à Nice, l'amour de la France que sa mère idéalisait, et qu'il aima plus que tout, l'amour de la liberté, de la vie. Deux personnages essentiels : sa mère et lui . Un amour toujours présent, l'un s'appuyant sur l'autre, un amour partagé, sur lequel il s'interroge : *_"La funeste physionomie d'un certain physicien illustre recommandant au monde civilisé de poursuivre les explosions nucléaires m'est incomparablement plus odieuse que l'idée d'un fils couchant avec sa mère"_*....Un livre essentiel pour connaitre la personnalité de Romain Gary. JPV

JPV11
28/06/14
 

La promesse de l'aube est certainement a classer parmi les plus belles autobiographies. Romain Gary y décrit l'amour filial fusionnel qui l'a uni à sa mère. Il analyse le cheminement qui l'a conduit, pour réaliser les rêves et les ambitions de cette mère assoiffée de réussite pour son fils, à devenir un héros de la France libre, un écrivain admiré, un diplomate de la France. Né à Vilnius, en 1914, Romain Kacew alias Gary est élevé dans l'amour immodéré de sa mère, pour la France, après une première émigration vers la Pologne, il arrive à 14 ans en France, à Nice. Il met tout en œuvre pour atteindre les objectifs ambitieux que sa mère lui a fixés, sa réussite sera celle de sa mère. Romain Gary nous entraîne dans ses aventures scolaires, faites de travail, de bagarres, dans ces aventures amoureuses (parfois drôles), militaires, (engagé dans l'aviation de la France libre), qui vont le conduire à obtenir tous les honneurs. Le lecteur perçoit, en permanence, un homme en proie aux doutes, souvent au bord de la dépression, avec un esprit suicidaire, sous-jacent. Il parle de la religion , de la mort (la sienne, celle des autres), de la grandeur du pays, il démontre combien un étranger peut avoir l'amour de son pays d'adoption, il aborde merveilleusement sa recherche de la perfection dans son art (avec la métaphore de la septième balle du jongleur). Il explique son engagement dans la France Libre, il montre ce que sont " Les compagnons de la libération " mais il fait également preuve d'une grande tolérance à l'égard des hommes de la défaite de 40. Il arrive à entraîner le lecteur dans sa peine, lorsqu'il apprend que, sa mère décédée depuis 3 ans avait écrit à l'avance des centaines de lettres qu'une amie lui adressait. Malgré ce climat que l'on peut croire lourd, le livre n'est pas triste. Il faut absolument le lire ou l'avoir lu, je suis heureux que cela soit mon cas.

JoelC17
29/01/13
 

Dans cette autobiographie, Romain Gary raconte son enfance et sa jeunesse de 1914 à 1945.Dans une première partie il raconte ses premières années à Wilno en Pologne avec sa mère, femme à l’âme russe exacerbée, qui l’élève seule. Elle vit d’expédients, mais rêve du plus brillant avenir pour son fils. Il deviendra célèbre, elle en est certaine : successivement elle l’imagine chanteur d’opéra, danseur, musicien, écrivain, aviateur, diplomate. L’avenir de son fils sera brillant et elle l’entretient dans cette idée.Dans la deuxième partie, le narrateur évoque leur vie à Nice où sa mère finit par trouver une situation stable. Romain se consacre alors pleinement à ses études à Paris.En 1938, il devient élève-officier. Lorsque la guerre éclate, il part comme simple caporal, la laissant à Nice très souffrante.La troisième partie est consacrée aux années de guerre que Romain Gary passent dans l’aviation de la France libre, il combat en Grande-Bretagne et en Afrique. Il est fait Compagnon de la Libération et se voit proposer d’entrer dans la diplomatie.Gary est accompagné par sa mère tout au long du livre. Il est auprès d’elle pendant les périodes polonaise et niçoise. Puis pendant la guerre, elle est près de lui en pensée et on assiste dans la troisième partie à un dialogue imaginaire permanent entre le jeune aviateur et sa mère. Ce fils est l’homme de sa vie. Il ne peut pas la décevoir et fera tout pour satisfaire les rêves qu'elle a fait pour lui, mais malheureusement lorsqu’il aura réussi, écrivain reconnu, compagnon de la Libération puis diplomate, il sera trop tard elle n’assistera pas cette réussite.On a rarement vu évoquée une telle piété filiale. C’est un formidable hommage à cette mère, plein de tendresse, de sensibilité et d’humour mais aussi de plein de clairvoyance.

Ludeca
04/05/12
 

Cette autobiographie est tout simplement envoûtante. On se laisse porter par l’écriture de Gary, à la fois fluide et pleine d’humour, où il nous conte ses aventures, sa promesse faite à sa mère, qui voyait pour lui le meilleur. Un tel recul sur ses années de sa vie, où planaient sans cesse au-dessus de lui l’âme de sa vieille mère, toujours prête à le soutenir et à le pousser au plus haut. On se prend d’affection pour lui, tentant au fur et à mesure, de faire toujours le meilleur pour qu’elle soit fière de lui. Ce livre est un témoignage sincère et touchant.

Loach
13/06/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.24 kg

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