La strategie des antilopes

HATZFELD, JEAN

EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 03/08/07
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Le troisième volet, époustouflant, de Jean Hatzfeld sur le Rwanda à travers le prisme de Nyamata et de ses environs. Il était question, dans les deux premiers, de ce qui s'était passé dans les marais, avec la voix des victimes (Dans le nu de la vie), puis celle des bourreaux (Une saison de machettes). Mais il y a eu aussi la forêt, avec seulement vingt survivants sur les six mille Tutsis qui y cherchèrent refuge. On découvre, hébétés, le récit de ces journées passées à courir dans
tous les sens pour fuir les machettes. Mais le centre de gravité du livre se trouve dans une décision prise par la présidence rwandaise en janvier 2003 : la libération de dizaines de milliers de Hutus, en vue de procès en réconciliation. C'est dès lors la question du pardon et plus simplement de la coexistence dans un même lieu qui se pose, à la fois pour les bourreaux et les victimes, hantés par leurs mémoires mais poussés par la nécessité de continuer de vivre, malgré tout.
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Ce livre est le troisième de Jean Hatzfeld sur le génocide au Rwanda. Le premier " Dans le nu de la vie " donnait la parole aux rescapés ( les Tutsies) de ce massacre de 1994. Le second "Une saison de machettes" nous livrait le témoignage des meurtriers (les Hutus) alors qu'ils sont en prison. La genèse du troisième part de la libération du pénitencier de Rilma en 2003 quand Ils reviennent s'installer sur leurs parcelles de terre a coté de leurs anciennes victimes. Le livre entremêle les témoignages des victimes et des tueurs douze ans après le génocide. Le Rwanda est lancé dans une politique de réconciliation car sans la force de travail des Hutus que deviendrait le Rwanda? Mais si cette réconciliation est souhaitable économiquement pour le pays , elle est impossible car qui pourrait imaginer que les rescapés peuvent voisiner avec ceux qu'ils ont vus dans les marais ou les forêts tuer leurs parents, leurs femmes, leurs maris, leurs enfants ? La politique les obligent a vivre en bonne entente mais on sent sous cette contrainte poindre des deux cotés l'envie et la jalousie. La question que l'on se pose a la fin de la lecture c'est :"Et si tout recommençait ?" car on sent que l'équilibre est précaire. On sent que la rancune et la colère sont toujours là et que les Tutsies et les Hutus ont beau cohabités , il suffit d'une étincelle pour que tout cela s'embrase de nouveau.Quand on pose ce livre , on se dit que le problème du Rwanda ne sera pas réglé rapidement, il faudra attendre qu'une nouvelle génération arrive et qu'elle arrive a faire table rase de ce passé sanglant mais cela sera difficile.Très beau livre a la fois touchant , bouleversant et très dure http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
30/10/13
 

Ce livre est saisissant sur bien des points car sans juger les uns et les autres, l'auteur propose les témoignages des tueurs (Hutus) et des victimes rescapées (Tutsis) . Aux détours de leurs phrases, on est saisi par la violence du génocide, même si violence et génocide sonnent comme un pléonasme. Ce qui m'a beaucoup frappée, c'est la dignité de ceux qui restent: ils tentent de revivre normalement, coûte que coûte, quitte à croiser ceux qui les coursaient avec une machette quinze ans auparavant.Ils ont parfois un tempérament de renoncement, et proposent une réflexion sur ce qu'ils ont vécu. Un chapitre pose le problème de la religion. En effet, le lecteur peut se demander: "et la religion dans tout ça?", surtout lorsqu'on sait que beaucoup se sont réfugiés à l'église pendant que les prêtres prenaient la fuite, et ont été coupés à l'intérieur. Eh bien, la croyance est toujours présente, même si elle est peut être moins chaleureuse. Le génocide du Rwanda est une plongée dans l'enfer, et nous Occidentaux, nous avons vu et nous avons laissé faire, car ce petit pays aux mille collines n'a pas de richesses à exploiter. Alors, proposer une justice après toutes ces souffrances qui dépassent l'entendement humain, est une attitude un peu désinvolte. Une rescapée, Berthe, dit: "la justice ne trouve pas place après un génocide, parce qu'il dépasse l'intelligence humaine." Dès lors, après avoir connu l'horreur, le chemin de la justice et du pardon devient délicat, car comment justifier et excuser ce qui nous dépasse. vivi

vivicroqueusedelivres
18/02/12
 

Format

  • Hauteur : 20.70 cm
  • Largeur : 14.20 cm
  • Poids : 0.30 kg