La vendetta ; la bourse

BALZAC, HONORE DE

livre la vendetta ; la bourse
EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 05/09/05
LES NOTES :

à partir de
2,00 €

SYNOPSIS :

Ginevra est corse. Elle vit une passion dévorante avec Luigi Porta, seul rescapé d'une famille entièrement décimée par le propre père de Ginevra quinze

ans plus tôt. Rejetée par sa famille, dépourvue de ressources et mise au ban de la société, parviendra-t-elle à faire triompher son amour ?

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Louise et Renée étaient amies au couvent. A dix-huit ans, elles en sortent et empoignent la vie, chacune à sa manière. L'une s'investit toute dans un mariage de raison tandis que l'autre se consume en vivant pleinement le sentiment amoureux. Sur douze années nous est offerte leur correspondance (roman épistolaire), dans laquelle elles se livrent l'une à l'autre avec une honnêteté et une liberté de parole réellement pénétrantes (elles ne s'envoient vraiment pas dire de sacrées remontrances, parfois), mais surtout une pénétration de points de vue, une analyse de ce qu'elles vivent d'une profondeur incontestable.Louise ouvre le roman, et c'est par elle qu'on les découvre toutes deux. Sa plume est vive, à son image, et la jeune demoiselle est amusante :"J'ai eu des plaisirs infinis en faisant ma connaissance. (...) Voici, Renée, le portrait de ta soeur autrefois déguisée en carmélite et ressuscitée en fille légère et mondaine. La Provence exceptée, je suis une des plus belles personnes de France. Ceci me paraît le vrai sommaire de cet agréable chapitre. J'ai des défauts; mais, si j'étais homme, je les aimerais. Ces défauts viennent des espérances que je donne."(Et quand elle fait un flop pour sa première sortie, elle s'exclame "Ma mère a été prodigieusement admirée. Cette énigme a un mot, et je le chercherai."Elle est très vite attachante, sa prose, ce qu'elle vit, ce qu'elle aspire à vivre, tout en elle est sympathique et souvent plein de sens, au contraire de Renée qui semble immédiatement plutôt fausse et en perpétuelle négociation avec elle-même et avec la vie ("Laisse-moi te répéter encore, du fond de ma vallée, que le viatique du mariage est dans ces mots : résignation et dévouement !"). Mais tout le talent de Balzac est de parvenir à faire évoluer l'avis de son lecteur en même temps que ses personnages.Dans l'édition de la Pléiade, Roger Pierrot signe une introduction passionnante, qui, en plus de nous éclairer sur les influences et les hommages directs de ce roman à ses prédécesseurs, nous explique que Balzac expose dans ce roman deux conceptions du mariage auxquelles il a tour à tour adhéré."Le Balzac des années 30, sans jamais cesser de considérer le mariage comme une grave affaire et de proclamer les devoirs de l'épouse, juge encore normal et légitime, pour la femme, la recherche d'un épanouissement dans l'amour. (...) Il montre beaucoup de respect pour l'authenticité d'un sentiment ardent et pur. (...) Mais l'année 1840 marque déjà une orientation idéologique différente. (...) Il désigne la famille, et non l'individu, comme le véritable élément social."Et il faut reconnaître qu'il dote Renée, au fur et à mesure qu'elle avance dans les années de mariage, d'une exemplarité à laquelle on ne reste pas indifférent. Les pages où elle parle de la maternité, de l'allaitement et de ce qu'elle ressent pour ses enfants sont d'une beauté totale, et elle devient touchante. Là où on ne voyait que résignation hypocrite, on peut alors comprendre la différence qu'elle établit entre aimer et chérir.La plume de Balzac m'a épatée, sa façon de rendre à la perfection les pensées d'une femme à différentes périodes de sa vie me semble éminemment moderne. Les affres de la jalousie, la vraie, l'irraisonnée sont elles aussi très communicatives. Sans parler des petits tacles incessants entre les deux copines, cette sorte de rivalité souterraine qui est très bien rendue. Tout m'a semblé juste, dans ce roman, sauf peut-être la méthode que Louise choisit pour prendre congé (tellement... romantique pour mes yeux du XXI° siècle :)).Alors, Louise ou Renée ? Qui a raison, au fond du fond ? La réponse est en chacune de nous, et nulle part ailleurs, d'ailleurs l'auteur, lui-même, ne savait finalement pas réellement trancher :(Dédicataire du roman) "George Sand a évidemment senti combien, dans "Les mémoires de deux jeunes mariées", les préoccupations de son ami demeuraient proches des siennes, même s'il ne résolvait pas de la même manière les problèmes posés. Elle écrivit à Balzac, en le remerciant pour l'envoi du livre : "J'admire celle qui procrée, mais j'adore celle qui meurt d'amour. Voilà tout ce que vous avez prouvé et c'est plus que vous n'avez voulu." Et Balzac lui répondit : "J'aimerais mieux être tué par Louise que de vivre longtemps avec Renée."("Cette réponse ne saurait sans doute être prise à la lettre", nous précise Roger Pierrot :))

SagnesSy
12/12/12
 

Format

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