La vie devant soi

GARY, ROMAIN

livre la vie devant soi
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 16/03/82
LES NOTES :

à partir de
7,70 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu'il n'est « pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir
peur ». Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d'eux-mêmes » qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.
9 personnes en parlent

Qu’il est difficile d’écrire un résumé pour ce livre. Évidemment, cette histoire entre Momo et Madame Rosa est la trame principale du livre mais “La vie devant soi” est bien plus que ça. A travers le regard du petit Momo, Romain Gary a fait passer de nombreux messages au sujet de la religion, de la politique, de l’argent, du bonheur ou encore des rapports humains. C’est un livre qui touche mais qui fait aussi beaucoup rire car il faut bien avouer que Momo a des expressions parfois étranges. Cette façon de parler est un peu inconfortable quand on commence la lecture mais elle devient très vite agréable et amusante. J’ai adoré ce livre que je recommande à tous.Critique complète disponible sur http://art.souilleurs.free.fr

Artsouilleurs
18/01/09
 

Quatre-vingt-quinze kilos de souvenirs, d’amour et de chagrin, un corps déclinant ; Madame Rosa était tout cela et bien plus encore. Jeune, elle arpentait les trottoirs pour vendre son corps puis elle a choisi d’offrir son cœur et son accueil aux enfants d'autres gagneuses contraintes de se fourvoyer sur le béton pour survivre. Son appartement niché au sixième étage d'un immeuble sans ascenseur est devenu un refuge, une tour de Babel où ethnies, religions et couleurs se mélangent en un désordre fantasque. Parmi eux, il y a Momo, âgé d'une dizaine d'années. S'il ignore d'où il vient, il sait quelle place a pris cette nourrice juive dans son cœur. Momo la soutient dans la maladie. Il voit que son embonpoint ne lui permet plus de gravir les marches séparant le monde extérieur de leur foyer. Il sent que la fin est proche et, pour lui, cela mettra un terme brutal à sa prime enfance. Il est présent, prêt à la choyer, la laver ou la changer de la même façon qu’elle a pu le faire pour lui autrefois. Aujourd’hui Madame Rosa se fane. Son corps part en décrépitude et sa mémoire se fissure. En cette année de 1970, elle n’est plus une ancienne déportée ayant subi la rafle du Vel' d’Hiv. Elle n’est plus une ancienne prostituée. Elle est une vieille femme rattrapée par la sénilité. Les absences se font plus envahissantes. Pareilles à d’infranchissables falaises, elles rompent le flux rassurant du quotidien et voilent de zones d’ombre ses souvenirs. Romain Gary sous le pseudonyme d’Emile Ajar livre ici un écrit poignant et profondément ancré dans le réel. Si la fin de ce roman est sans appel, la force qui émane des liens unissant Madame Rosa et cet enfant dote cette œuvre d'un caractère profondément humain . Momo, narrateur à la fois facétieux et lucide , grandit au fil des pages et livre ses pensées avec toute la candeur de l'enfance. Privé de ses racines dès sa naissance, l’herbe folle qu’il était croît et se transforme en jeune arbre au contact de cette femme et des habitants du quartier; une foule loufoque et colorée devenue sa famille de fortune. Les réflexions d’adulte entrecoupées d'expressions maladroites se mêlent habilement dans son discours bigarré. Ces mots sont un joyeux foutoir à l’image de l’appartement de Madame Rosa converti en havre singulier. Au-delà de l'adversité, de la misère, de la maladie et des coups durs de la vie, la gaieté et la solidarité émanant de cet immeuble de Belleville et de ses occupants colorent ce roman de notes tendres et jubilatoires. La sincérité s’exprime sans fards à travers le portrait d’une femme qui n’attend plus que la mort et celui d' un enfant forcé de devenir adulte avant l’âge. Tous deux savent que le temps de la séparation est venu. Chacun accompagne l’autre sans fausse pudeur ni atermoiements. Chacun prend la mesure de ce qui est en train de se produire. Chacun regarde défiler La vie devant soi. Une vie qui s'échappe de ces pages, débordante, irrévérencieuse, cruelle ou tranquille dans le regard humide d'un enfant ou les yeux presque éteints d'une femme. Rebelde

Rebelde
13/01/15
 

Mohammed, dit Momo, revient sur son enfance chez Madame Rosa, ex-prostituée reconvertie en « nounou » pour enfants de prostituées.Plusieurs problèmes s’accumulent d’office : le business de Madame Rosa n’est pas franchement légal ; Madame Rosa étant obèse et vieille, elle est de moins en moins mobile ; à cela s’ajoute le fait qu’elle perd de plus en plus la tête. Enfin, Madame Rosa ayant été déportée dans sa jeunesse a gardé de l’expérience certaines angoisses, voire une véritable paranoïa dès que quelqu’un frappe à la porte.Momo n’est pas scolarisé, notamment parce qu’il n’a pas de véritable acte de naissance. Il apprend donc la vie sur le tas. Cette méthode a une double-conséquence paradoxale : Momo fait preuve d’une grande maturité et, en même temps, sa vision du monde est un mélange de tout et n’importe quoi, ce qui l’empêche parfois de comprendre correctement certaines situations. On devine dès lors que sa façon de raconter les événements est pittoresque. J’ai d’ailleurs été partagée sur ce style. D’une façon générale, je n’aime pas le style oral, qui plus est quand il massacre la langue française (ce que fait allègrement Momo dans tous les domaines : syntaxe, orthographe lexicale et grammaticale, conjugaison, rien n’est épargné !). Or Gary gère bien cet aspect parce qu’il y a de la vie dans ses lignes.Il n’en reste pas moins que sur la distance, il est parfois difficile de suivre Momo. Et pourtant, l’auteur arrive à faire se tenir l’histoire ; ça m’a pas mal impressionnée. J’ai été sensible également à l’humour qui nous fait oublier qu’en réalité cette histoire n’a rien de réjouissant.Quant à l’histoire, justement, je ne suis pas très amatrice de ce genre-là et ce livre n’a pas fait pas exception à la règle. Cependant, il est difficile de ne pas être séduit par les idées qui sous-tendent la narration : les valeurs d’amitié, de solidarité, l’amour inconditionnel que porte Momo à Madame Rosa au-delà de tous les préjugés (c’est justement parce qu’elle est vieille et moche qu’il faut s’occuper d’elle, dira-t-il à plusieurs reprises), une vision humaniste qui ne peut que me séduire, un traitement de la détresse sans pathos mais sans tabou non plus, etc. Gary réussit tout cela sans nous infliger des sentences cucul (le style de Momo, c’est plutôt : « Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude. », ce qui est tout à fait vrai, à mon sens). J’imagine que le regard que semblait porter l’auteur sur la vie n’est pas étranger à cette réussite : parler du quotidien avec ses joies et ses peines, tout en pensant que la vie n’est pas un cadeau …

mycupoftea
03/04/13
 

Sous le pseudo d'Emile Ajar qu'il prit pour retrouver une certaine virginité littéraire , Romain Gary , ce petit cachottier , fut le seul à se voir décerner un second prix Goncourt ( Les Racines du Ciel : 1956 ) pour La Vie Devant Soi . Mohammed a 10 ans , bientot 14 . Mohammed préfère qu'on l'appelle Momo , les Inconnus n'ont rien inventé ; ) . Recueilli des son plus jeune age par madame Rosa qui s'est spécialisée dans " l'adoption " d'enfants de **** , il crèche à Belleville , au sixième , sans ascenseur . Madame Rosa , ancienne gagneuse qui se défendait avec son cul , juive , déportée , n'est plus que l'ombre d'elle-même . Laide , grosse , 36 cheveux au compteur , elle se rend bien compte qu'elle n'a plus la lumière à tous les étages . Elle "s'absente " de plus en plus fréquemment , sentant bien que ses jours de pleine lucidité sont désormais comptés . Finir la bave aux lèvres avec le regard du veau qui tête , très peu pour elle ! N'est pas Ribéry qui veut....Ses cauchemars récurrents , Hitler et le cancer : l'un étant éradiqué , l'autre , aux aguets , attendant son heure selon ses dires...Une femme ayant échappé au terrible système concentrationnaire d'Auschwitz ne peut s'imaginer entrer dans le livre des records en pulvérisant un coma végétatif de 17 ans , alors détenu par un Amerloque ( trop fort ces Ricains ! ) . Elle fera promettre à son petit Momo de " l'avorter " si l'on devait en arriver là . Du haut de ses 10 ans , bientôt 14 , Momo fera bien plus que cela...Le tour de force de ce roman , c'est d'évoquer un sujet résolument grave sur le ton de la légèreté . La grande faucheuse est omniprésente , on la sent se rapprocher inexorablement jusqu'à vous submerger de sa noirceur et pourtant , par le biais de ce jeune héros au phrasé si particulier , la lecture s'accompagne d'un petit sourire en coin qui ne vous quitte jamais . Les personnages découverts sont hétéroclites au possible . Cela va de Monsieur N'da Amédée , " proxynete " illettré le mieux sapé de Paname et de sa proche banlieue à Monsieur Hamil , ancien vendeur de tapis ambulant et néo philosophe sans oublier Madame Lola qui d'ancien champion de boxe au Sénégal s'est reconvertie en travestie au Bois de Boulogne . Autant d'acteurs truculents gravitant autour de ce petit monde fusionnel qu'est l'univers Rosa-Momo . L'auteur vous prend aux tripes en conférant à ce jeune narrateur une gravité anormalement conscientisée pour un gamin de son age . Un vocabulaire fait d'amalgames aussi amusants que profonds et c'est la mort qu'on appréhende à un age ou l'innocence devrait faire loi . Momo découvre que rien ne dure jamais . Qu'il devra devenir un acteur majeur dans l'inéluctable disparition de sa maman d'adoption . Une mère de substitution qui le fait se questionner sur son age et ses origines mais qu'il aime par dessus tout . Un gamin innocent projeté et ballotté dans un monde d'adultes bien avant l'heure . S'il maitrise de façon plus qu'aléatoire la définition de la majorité des mots de son vocabulaire , il saisit cependant parfaitement le sens de la vie qui s'écoule et s'achève parfois tragiquement . Ce roman écrit par un sexagénaire que la mort effrayait au plus haut point ( et qu'il devancera pourtant en 1980 ) est tour à tour lyrique , naif , sombre et violent mais baigne , paradoxalement , dans une perpétuelle bonne humeur contagieuse . Sa causticité décalée vous emportera de la première à la dernière page ! La Vie Devant Soi : atypique et jubilatoire...

TurnThePage
02/11/13
 

Effectivement, ce livre ne peut laisser indifférent. Lu à l'adolescence, il m'a donné envie de découvrir l'énigmatique Ajar- Gary. La vie devant soi était pour moi, jeune lectrice, le premier pas vers une littérature de héros cabossé. Je l'ai conseillé mille fois, offert plus rarement. C'est un indispensable de ma bibliothèque.

nanettevitamines
13/08/12
 

La vie devant soi est un roman qui nous touche dès les premières pages de par l'émotion, le rire, la tendresse que nous inspire ce personnage de Momo, un enfant qui jette un regard ingénu sur le monde qui l'entoure et qui, sans en comprendre toutes les difficultés et les cruautés, essaie simplement de répandre un peu de bien autour de lui et ce au delà de toute croyance ou bienséance.C'est tout simplement le regard rafraichissant d'un enfant sur un monde d'adultes qui va lui permettre de prendre sous son aile celle qui est comme sa mère,pour qui il ressent la plus grande affection afin de lui offrir une fin de vie digne et heureuse, loin des affres de l'existence qu'elle a menée entre la déportation et la prostitution.C'est un livre qui m'a beaucoup touché dès la première lecture et je pense qu'il fait partie des livres qui peuvent faire aimer la lecture à beaucoup de personnes.

moinsun
29/07/12
 

Mouais.Je ne suis pas certaine que La vie devant soi reste un souvenir considérable pour moi. J'ai bien aimé l'histoire et son rythme, l'écriture d'Emile Ajar aussi... Mais ce n'est pas un coup de cœur pour moi, dommage !Par contre je n'ai pas du tout apprécié la forme du texte : des faux chapitres (changement de pages, mais pas plus de précisions...), pas de paragraphes, pas d'airs et d'espaces dans les pages : c'est condensé, un vrai "gros tas" à lire. Ça ne donne pas envie du tout...Momo est vraiment un personnage très attachant : du haut de ses sept ans, il sait ce qui veut et à déjà un avis sur tout ! C'est parfois assez drôle et étonnant : un gamin de primaire qui parle de la prostitution d'une manière aussi détaché c'est assez "perturbant", surtout dans le fait de savoir que c'est probablement vrai pour certain. C'est un personnage crédible et très éveillé.J'ai mis plus de temps à cerner Mme Rosa : elle fait un drôle de métier, on ne sait pas si elle aime vraiment les enfants ou si elle fait semblant... C'est une femme très haute en couleur, avec beaucoup de caractère (et de voix aussi, visiblement...). Et pourtant elle aussi est crédible, mais ça existe aussi dans la vraie vie, les gens dont on se sait pas quoi penser au premier regard... C'est vraiment au moment ou j'ai appris son "secret" que j'ai arrêté de me poser des questions sur elle.C'est une histoire qui est très émouvante, avec des mots volontairement plus durs que tendres, mais je crois qu'ils restent tout aussi justes, si ce n'est plus.

MademoiselleLuna
12/06/12
 

La Belleville du petit Momo est tendre et enchantée, pleine de bizarres personnages que son regard enfantin transforme en créatures de conte. L'histoire de l'affection du petit bâtard arabe pour sa nounou juive, et de la fidélité qu'il lui porte jusqu'au bout est vraiment émouvante et bien écrite.

Valeria82
22/01/12
 

Génial ce môme qui voit si juste, et géniale l'idée qu'il soit le narrateur de l'histoire, avec son style spontané, à la fois brut et d'une finesse incroyable. L'histoire est magnifique.

Cla7
23/07/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.70 cm
  • Poids : 0.18 kg