La voyeuse interdite

BOURAOUI, NINA

livre la voyeuse interdite
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 04/05/93
LES NOTES :

à partir de
6,60 €
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Elle voit, elle entrevoit, elle aperçoit au travers de la fenêtre les travers de la société dans laquelle elle vit. Elle obderve, à travers les interstices des volets la vie qui s'est arrêtée, dans ces corps vides d'humanité. Elle regarde. Elle n'a pas le droit.Pas le droit d'être vue, non plus. Surtout pas. De l'extérieur, ni de l'intérieur. Surtout pas par son père. Femelle qui saigne, impure, elle ne mérite qu'indifférence, mépris, et même violence.Pas le droit de se découvrir de l'intérieur non plus. Elle, le fruit pourri des entrailles de sa mère, enfant maudite, dont le sexe se cache à l'intérieur d'elle, tant il a honte d'être celui d'une femme. Elle retourne ce mépris contre elle, voudrait se déchirer les viscères, peut-être est-ce ainsi qu'on se purifie ?Sexe vers l'intérieur, comme les racines que l'arbre retourne vers lui-même, privé d'attache, privé d'une place sur terre. L'homme a un tronc, bien ancré, bien attaché ; les hommes dans les rues n'hésitent pas à l'exhiber aux femmes qui osent encore sortir, comme pour leur rappeler que jamais, jamais elles n'auront la chance d'appartenir vraiment à cette Terre, à cette ville, cette rue.Interdit de voir, de se voir, elle se coule dans le temps, s'écoule dans un présent intolérant, qui ne veut pas d'elle. Et son corps trop plein de sang s'écoule le long de ses jambes.Obsédante féminité, cachée, voilée, meurtrie, enfermée à vie dans une destinée déjà finie. Enfermée dans son temps, sa condition, son corps, sa chambre, sa maison, sa vie.Et le portrait d'Alger, Alger la belle, fleur qui se flétrit, de l'intérieur, dont les pétales, fanés, donnent peine à voir. Beauté déshydratée, en manque d'âme ; corps désabusés, femmes accrochées aux fils d'un ciel marionnettiste, obéissant à des lois bien trop masculines.Ecriture dense, touffue, aussi dense que l'observation qu'elle a des choses. Concentrée, comme la vision qu'elle a de sa rue, entre les volets, jetée à notre figure, comme les coups sur son corps meurtri d'avance.

absolu
09/03/09
 

« Le corps est le pire des traitres, sans demander l’avis de l’intéressé, il livre bêtement à des yeux étrangers des indices irréfutables : âge, sexe, féconde pas féconde ? Pubère, il m »a rendue inapprochable, dans le royaume des hommes je suis la souillure, sur l’échiquier des dames, le pion en attente caché derrière une reine hautaine qui choisira seule le bon moment de se déplacer. »« Nous, filles, étions sa douleur, nos visages, nos corps lui rappelaient sa faiblesse, notre sexe, son sexe amputé, et si elle avait toujours l’air triste c’est parce qu’elle savait l’absurdité de notre existence à part qui nous éloignait un peu plus des hommes et de nos semblables »Elle est enfermée, n’a que pour horizon la rue, juste devant sa fenêtre. Elle est pubère depuis peu de temps, doit garder intact son trésor pour celui que son père lui aura choisi. Nous sommes à Alger, début des années 70…Quelle plume, quelle force, quelle rage, quelle violence …..Une langue imagée, incisive, colorée, expressive, charnelleJ’ai été saisie , emportée, par cette écriture hachée, saccadée, irrégulière, rythmée par les pensées de cette jeune fille que j’aurais voulu pouvoir empoigner fermement et la tirer de cette sordide baraque où personne ne considère personne. Le père viole la mère, la rabaisse faute d’avoir eu le mâle tant désiré, et qui vaut tout, alors que les filles ne valent rien. La mère violente la fille. Comment respecter sa fille quand on est soi-même considérée comme un tas de chair ?Un père qui n’adresse plus la parole à dans fille depuis qu’elle est « mariable ».L’enfermement, le rejet, le désespoir, l’implacable destin des filles….tout cela explose dans ce livre court mais lourd de révolte.La révolte hurlée tout au long de ses pages.La révolte étoufféeLa femme engrillagée, emmuréeLa femme prisonnière des siens, prisonnière de sa culture, de ses coutumes….Et aujourd’hui ? Ouvrons les yeux…..Par décence pour cette jeune fille qui aurait pu être moi, si j’avais eu la malchance de naître sous d’autres cieux, c’est un coup de cœur qui ne dira pas son nom.Un livre coup de gueule qui donne envie de l’ouvrir encore plus grande quoi qu’il puisse en coûter.« Il roulait, il rebondissait, se cognait contre les formes qu’il avait lui-même rendues inhumaines, sa tête enfouie sous une aisselle où pendait une dentelle rousse, s’inventait un corps plus désirable et moins fatigant. Plein d’envies inassouvies, il se vengeait sur le ventre de ma mère en lui administrant des coups violents et réguliers avec une arme cachée dont il était le seul détenteur. » http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
27/10/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.10 kg

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