Laure du bout du monde

MAGNAN, PIERRE

livre laure du bout du monde
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/09/07
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

« - Qu'est-ce que ça veut dire aimer ? - Je l'ai lu dans un livre, dit Laure. - À la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien ? personne ! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches ! Voici ce qu'on pense du sentiment à Eourres quand Laure naît. Cette phrase du livre est comme une fiche d'état civil pour Laure qui pèse 750 grammes à sa naissance. Pas plus qu'Eourres on ne peut l'inventer parce que seul ce pays
pouvait permettre cette naissance. Il est impossible de concevoir, si on ne les a pas vus, ces montagnes, cette géologie démentielle, ce chaos de la fin des temps ou de leur début. Songez au silence, à l'isolement, mais songez à l'obstination de Laure qui à trois ans demande à apprendre à lire et à six conduit le troupeau. Songez à cette petite fille perdue dans ce pays sans grâce qui veut échapper non pas à sa condition mais à son ignorance de la vie. Songez à tout ce qu'elle va devoir braver si elle y parvient. » Pierre Magnan.
3 personnes en parlent

Laure est institutrice, dans le village dans lequel elle a grandi. Un village de la Drôme provençale, Eourres, dans lequel son enfance a été marquée par les difficultés de la vie paysanne et sa découverte du monde de l'école. Le collège a été pour elle une véritable révélation, et sa plongée dans les livres lui a permis de sortir par le haut de sa situation miséreuse. Tout ceci à la surprise de ses parents qui ne comprenaient pas l'intérêt de se plonger dans le travail scolaire, quand Laure était attendue pour mener les troupeaux.Laure est une enfant volontaire. Dès sa naissance, sa vie était fragile : sa mère a eu du mal à allaiter, et il a fallu recourir à l'ânesse du village pour nourrir la petite. Ce sont ensuite les marques d'un travail éprouvant qui marquent Laure, comme ce coup de faux qu'elle se donne à la jambe en récoltant la lavande. Ou cette cheville tordue pour échapper à une harde de sangliers en forêt. Malgré cela, elle tient plus que tout à continuer à aller à l'école, malgré les brimades d'un de ses camarades. Elle fait ce qui est en son pouvoir pour obtenir l'argent nécessaire et obligatoire à la poursuite de ses études.Mais à travers le personnage de Laure, Pierre Magnan a surtout l'intention de d'écrire le mode de vie de vie des paysans de la Drôme provençale, dans les années 50-60. On y découvre les querelles de voisinage séculaires, dont personne ne connaît plus les raisons et qui empoisonnent la vie quotidienne. On y voit la détresse des producteurs de lavande lorsqu'ils découvrent que les produits importés coûtent moins chers, et que leur production ne vaut plus grand-chose. Ou la difficulté à rembourser les traites du tracteur, engin merveilleux pour ces paysans. On découvre enfin ces paysages, forêts et cols, troupeaux et chemins, qui font l'attrait de ces paysages.Mais, car il y a un mais, je suis resté un peu à côté de cette histoire. Une affaire d'écriture, que j'ai parfois trouvé artificielle, pas très fluide. J'y ai en fait ressenti le travail de l'auteur, et je l'ai vu en train de construire son roman et de fignoler ses phrases. Je pense aussi que j'ai trop lu dernièrement des romans sur l'enfance. Après les romans autobiographiques de Daniel Hébrard et Alain Foix, j'avoue que je suis un peu lassé du genre, et ceci a contribué à ne pas m'enthousiasmer pour cette lecture. Elle reste plaisante et agréable, mais ce n'est vraisemblablement pas un ouvrage qui restera dans mes annales.

Yohan59
29/11/12
 

C'est un faux roman de terroir, qui en reprend certains ingrédients : une nature omniprésente, sublime mais inhospitalière, une famille qui se définit par rapport aux grands-parents, autoritaires chacun à leur manière, une héroïne différente qui paye cette différence tous les jours, l'arrivée de la modernité dans cette vie rude et dure... On ne peut pas ne pas s'attacher à cette petite Laure, qui a pour armes une intelligence inattendue et un goût prononcé pour l'école mais certaines choses m'ont gênée. Au niveau de l'histoire, j'ai eu un peu de mal à croire que l'oisillon maigrelet se transforme d'un coup en plantureuse jeune fille qui excite la convoitise des mâles, j'ai eu l'impression que Magnan ne savait plus quoi inventer comme épreuves pour faire pleurer dans les chaumières, parce qu'on a évidemment droit, ô surprise, à plusieurs épisodes tournant autour de la tentative de viol, bon, une fois aurait suffi... Du coup, le récit acquiert une dimension démonstrative trop appuyée, genre, "ah les paysans sont rudes mais au fond certains ont un coeur et puis cette petite, quel courage quand même et voilà c'est la vie", typiquement le genre de récit qui m'ennuie. Du côté du style, ce n'est pas mal écrit, il y a une certaine fluidité dans la narration mais l'abus de patois en début de roman, qui disparaît après comme s'il faisait partie d'une espèce de "couleur locale" qu'il fallait asseoir lourdement pour donner de la crédibilité au récit, a failli me faire abandonner au bout de quelques pages (même si certains mots et expressions sont similaires à des expressions qu'on utilise dans le sud-ouest). Bof.

fashiongeronimo
11/08/12
 

Laure est né à « l'extrême bord du monde », comprenez à Eourres, petit village de Provence, perdu entre les montagnes sculptées par le vent. Un pays sans grâce, un coin sauvage, reculé, isolé et silencieux, un endroit où la nature ne laisse guère de place à l'humanité. Laure pèse 750 grammes lorsqu'elle naît d'une mère incapable de l'aimer. Elle n'aurait pas du survivre mais elle fut sauvée par l'amour et la prévenance de sa grand-mère et de ses tantes. Laure est une gamine tenace, qui a du caractère et qui tient à la vie. À onze mois, la voilà qui lance un tonitruant « salut la compagnie », reprenant ainsi les mots avec lesquels le facteur salue chaque matin les gens de la ferme. À 3 ans, elle apprend à lire sur le calendrier des postes, et à 6 ans, à conduire le troupeau. Et dans la ferme où chaque jour la tâche, difficile, se répète, personne, jamais, ne prononce le mot aimer.« Qu'est-ce que ça veut dire aimer ?- Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.- A la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien ? personne ! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches ! »Mais Laure sait lire le monde, apprécier les poiriers en fleur et les parterres de muguet, et elle garde, toujours, une indomptable joie de vivre. Et elle ne se résigne pas. Elle sera ainsi sauvée d'un destin tout tracé par sa curiosité du monde, son amour des livres et du savoir, mais restera liée à jamais au pays rude qui l'a vu naître et qu'elle ne renie pas.Pierre Magnan livre avec ce roman le joli portrait d’une petite fille tenace et attachante, une histoire simple où l'on se glisse sans peine. Au fil de la lecture sourd un sentiment de tristesse et de tendresse mêlée pour cette petite fille courage bien malmenée par la vie. Toutefois, la succession de difficultés et de malheurs que rencontre Laure paraît excessive : le procédé, trop démonstratif, alourdit quelque peu le récit.Ce roman est aussi une plongée dans un naguère qui longtemps parut immuable mais qui pourtant actuellement se délite, inexorablement. Et l'on ressent toute la nostalgie de l'auteur pour cette vie rurale qui disparaît peu à peu et à laquelle il rend hommage.

Kara
05/03/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.16 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition