Le bruit des trousseaux

CLAUDEL, PHILIPPE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 26/11/03
LES NOTES :

à partir de
4,30 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Philippe Claudel Le Bruit des trousseaux « Le regard des gens qui apprenaient que j'allais en prison. Surprise, étonnement, compassion. « Vous êtes bien courageux d'aller là-bas ! » Il n'y avait rien à répondre à cela. Le regard me désignait comme quelqu'un d'étrange,
et presque, oui, presque, quelqu'un d'étranger. J'étais celui qui chaque semaine allait dans un autre monde. Je pensais alors au regard qui se pose sur celui qui dit : « Je sors de prison. » Si moi, déjà, j'étais l'étranger, lui, qui était-il pour eux ? » P.C.
5 personnes en parlent

"Le bruit des trousseaux" m'a rappelé "Médecin-chef à la prison de la Santé" de Véronique Vasseur. le livre est un recueil de prises de notes, de petits moments de l'auteur, des prisonniers, des surveillants, des familles. Philippe Claudel, toujours sans voyeurisme et avec une pudeur appréciable, nous conte sa vision de professeur en maison d'arrêt, son désarroi face, notamment, à l'ennui subit par les prisonniers. Une bonne lecture, un peu courte, en complément du célèbre livre de Véronique Vasseur.

MarionF
13/01/16
 

« Il y a beaucoup de mensonges en prison, mais ils sont moins grave qu’ailleurs car ils sont essentiels. On ment pour exister un peu plus, on se ment pour continuer à se supporter »Enseignant de formation, Philippe Claudel a durant11 ans, pris 3 fois par semaine le chemin de la prison pour y exercer son art. Pas n’importe quelle prison…la mienne…enfin celle de ma ville, Charles III….. Un nom qui raisonne en moi comme le stade ultime si je n’étais pas sage. « Si tu ne veux pas finir à Charles III, tiens- toi à carreaux, me disait-on souvent » Un endroit devant lequel je suis passée chaque jour, parce que sur mon chemin, tout simplement ; un endroit qui n’est plus, mais dont le fantôme est encore bien présent….Bref un endroit où personne ne rêve d’aller (sauf une de mes copines, mais ça c’est une autre histoire !!!) La prison, lieu de toutes les misères, lieux où se croisent petits malfrats, comme les assassins, ou les trafiquants, lieux où vivent des hommes et des femmes, et même enfants, lieux de vie, tout simplement.Philippe Claudel livre de manière libre, et dispersée réflexions, expériences et anecdotes de ses années où il allait à prison apporter un peu d’autre chose, écouter, aider.« Je sais qu’en moi, profondément, je n’ai jamis pu me persuader de la réalité des crimes commis par les détenus que je rencontrais chaque semaine. Peut-être moi aussi avais-je besoin de m’arranger avec cette réalité pour continuer à vivre, à venir en prison, à être dans ce lieu, à y passer des heures. Tout était ainsi amorti par une distance quasi cinématographique. Je rejetais l’horreur de l’autre sur un écran. »C’est avec une certaine distanciation qu’il y va, sans juger, mais conscient de ses limites. Le côté brouillon de ce récit laisse penser à une sorte d’urgence d’écrire et de se souvenir des hommes croisés durant ses années.Cette expérience humaine au milieu de l’inhumanité carcérale se lit rapidement, mais s’imprime durablement dans la mémoire.Je laisse à Philippe Claudel le dernier mot…. « Ce peut être un témoignage ou, plus exactement, un faux témoignage, car il me manque quelque chose d’essentiel pour parler de la prison, c’est d’y avoir passé une nuit. Je ne sais pas au fond si l’on peut parler de la prison quand on y a jamais dormi. » http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
26/03/13
 

Un homme, dans une prison. Il n’est pas enfermé, il donne des cours de littérature aux prisonniers. Cet homme, c’est Philippe Claudel qui narre son expérience de professeur en prison. Sous formes de courts passages (de quelques lignes à deux pages), il raconte les anecdotes, les impressions, les souvenirs qu’il a de cette période, révolue au moment de l’écriture.Sur la forme, cela m’a beaucoup fait pensé à Journal du dehors, d’Annie Ernaux. Sur le fond, il y a une différence, qui est le cadre restreint que se donne Claudel : il ne parle que de la prison et de ce qui s’y passe. Au maximum s'aventure-t-il dans le troquet en face de la porte. Il parle de la situation des détenus, des histoires de ces individus qu’il voit de temps à autre, jusqu’à leur prochain transfert, subitement, parfois au milieu d’un cours.La première partie de ce petit ouvrage est une description du milieu carcéral vu par un intervenant extérieur. La surprise face à la découverte de ce monde si particulier, la vie en groupe imposée, une intimité perdue, l'invasion subie de la télévision. Puis, peu à peu, le narrateur s’immisce dans la description et apparaît de plus en plus proche de ce qu’il vit. L’ouvrage gagne en intensité au fil des pages, par l’implication progressive de l’auteur dans l’écriture. Implication dans la narration qui traduit la difficulté croissante à prendre ses distances avec cette activité.Le lecteur y sent la détresse d’un individu face à un monde inconnu et parfois hostile. Détresse qui peut aller jusqu’au refus de donner son cours pour rester dans sa voiture, à la porte de la prison. Ou comment une activité que je présume bénévole peut avoir des conséquences visibles sur la santé d’un individu.En moins de cent pages, Philippe Claudel parvient donc à rendre l’ambiance de ce lieu, qui a été à la fois source d’enrichissement personnel et apprentissage de la peur. Lieu qu’il finit par quitter définitivement, pour ne pas souffrir plus longtemps…

Yohan59
17/10/12
 

Dans ce court essai, Philippe Claudel nous raconte son expérience en tant qu'enseignant dans une prison. C'est un rôle qui m'a toujours fascinée mais que je me sens incapable d'assumer, surtout après avoir lu ce livre mais aussi après avoir entendu le témoignage d'une collègue qui l'a fait pendant des années. On sent de la part de l'auteur autant d'empathie pour les gardiens que pour les prisonniers qui vivent dans une atmosphère où il n'est pas facile d'étudier:[...] la télévision marchait du matin au soir, une bonne partie de la nuit, et ils ne pouvaient que la subir. "Même avec des boules de papier mouillé dans les oreilles et un mouchoir noué sur les yeux, je n'arrive pas à l'oublier", m'avait dit un jour un détenu.Philippe Claudel égratine au passage ceux qui pensent pouvoir parler de la prison parce qu'ils ont fait un film sur le sujet mais il sait aussi rendre hommage à ces grands qui donnent un peu de leur temps pour un moment de bonheur:Souvent, des comédiens et chanteurs sans talent proposaient bénévolement leurs spectacles insipides, ennuyeux, que les détenus étaient obligés de subir. Comme si la prison était le dernier lieu où tout, même le pire, pouvait advenir. Comme si là, on ne pouvait rien refuser sous pretexte que c'était déjà bien qu'il sa passât quelque chose. Et puis parfois, il y avait un miracle, la visite de Michael Lonsdale, par exemple qui venait lire des textes, avec sa voix étrange et sa bonté barbue.Et puis, il y a cette fierté des examens et cette envie d'avancer:La fierté des détenus qui réussissaient à un examen. Je me souviens de la joie de l'un d'eux qui attendait le prochain parloir pour annoncer à sa fille de sept ans u'il venait d'avoir le baccalauréat. Continuer à être. Redevenir.Cet essai est constitué de moments qui ne s'articulent pas entre eux. J'aurais peut-être préféré que Philippe Claudel en fasse un roman ou qu'il développe davantage mais ça reste un témoignage très intéressant de ce que ressent celui qui ne fait que passer en prison sans jamais y dormir.

cocalight
30/06/12
 

Un livre qui m’a beaucoup touchée. Loin de se poser en moralisateur ou en défenseur de la cause des prisonniers, Philippe Claudel nous présente avec beaucoup d’humilité des fragments de vie, qu’il a partagés ou dont il a été témoin. Ces anecdotes couchées sans organisation particulière nous offrent une mosaïque d’impressions visant à nous faire appréhender plus justement les conditions de vie en prison.Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
25/05/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.11 kg

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