Le bruit et la fureur

FAULKNER, WILLIAM

livre le bruit et la fureur
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/07/72
LES NOTES :

à partir de
8,80 €

SYNOPSIS :

« oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit... Pauvre Quentin elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas fait quoi ce que j'ai
fait si si bien des fois avec bien des femmes puis je me suis mis à pleurer sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau. »
5 personnes en parlent

Bon, je ne me suis pas attaquée à l’oeuvre la plus simple de l’histoire littéraire américaine… J’ai découvert Faulkner en première année de fac, ce qui remonte maintenant à plus de 10 ans (hé oui, ça ne nous rajeunit pas !). Son roman Sanctuaire était au programme de littérature comparée. La première fois que je l’ai lu, je n’ai quasiment rien compris. Ce n’est qu’au bout de plusieurs relectures, cours et lectures de commentaires que le jour avait pu commencer à se faire. Vous devez vous demander pourquoi diable, après avoir tant souffert pour tenter de comprendre un livre choisir consciemment de risquer de se remettre dans une position si critique… Hé bien, parce que Faulkner, malgré l’opacité de son oeuvre est sans doute l’un des auteurs de prose les plus poétiques de ma connaissance malgré la violence de ses thèmes et que ce n’est pas pour rien qu’il a obtenu le Nobel. Et parce que, depuis plus de 10 ans, je me demandais ce qui se cachais derrière ce si merveilleux titre Le bruit et la fureur.Je dois ma compréhension partielle de l’oeuvre à la préface fort éclairante de Maurice-Edgar Coindreau, le traducteur, qui réalise un résumé plutôt clair de cette oeuvre si complexe. Je crois que sans ce résumé initial, j’aurais sans doute abandonné au bout de quelques pages. Mais j’ai persévéré et en suis très heureuse.Alors, pour tenter de faire simple… L’action se déroule dans le Mississippi, entre les membres d’une vieille famille jadis prospère et désormais quasi misérable. Trois générations vont se déchirer. Jasons Compson et sa femme Caroline ; leur fille Candace (ou Caddy) et leur trois fils, Quentin, Jason et Maury (qui sera appelé Benjamin ou Benjy pour ne pas souiller le nom de Maury Bascomb, son oncle); et Quentin, la fille de Candace. Il y a donc deux Jason (le père et le fils) et deux Quentin (l’oncle et la nièce). Autour d’eux, se succèdent trois générations de nègres : Dilsey et son mari Roskus, leurs enfants Versh, T.P et Frony et plus tard, Luster, le fils de Frony.Candace va tomber enceinte d’un amant de passage et trouvera un mari qui la chassera un an plus tard. Elle abandonnera sa fille, Quentin, à sa mère qui lui refusera la permission de la voir.Quentin voue une passion incestueuse pour sa soeur. Il se suicidera par jalousie quelques jours après le mariage de celle-ci à Harvard où il faisait ses études.Jason, le père, mourra quelques temps plus tard après avoir sombré dans l’alcoolisme. Il laisse derrière lui sa femme ruinée et perpétuellement malade et ses deux fils, Jason et Benjy et Quentin, la petite fille que Candace a abandonnée. Benjamin est très attardé mentalement. A la suite d’une tentative de viol sur une fillette, ses parents l’ont fait castrer. Depuis, il ne s’exprime plus que par des cris et des gémissements. Jason lui est complétement sadique. Il ne cesse de persécuter les nègres qui le servent et sa nièce qui a 17 ans au moment où se déroule l’intrigue. Comme l’a fait sa mère à son âge, elle ne cesse de se donner à tous les hommes de passage dans la ville, ce qui rend fou de rage Jason.Voilà pour le résumé. Maintenant, prenez tous ces éléments et mettez-les dans un shaker, agitez bien pour que tout se mélange et vous obtiendrez encore quelque chose de plus simple que ce qui vous est donné à lire. Effectivement, la chronologie va être complètement brouillée. Le livre est divisé en 4 parties. La première se passe le 7 avril 1928, la deuxième le 2 juin 1910, la troisième le 6 avril 1928 et la dernière le 8 avril 1928. La narration est également très complexe. Les trois premières parties sont des monologues intérieur des trois frères: d’abord Benjy, puis Quentin et Jason. Seule la dernière partie est un récit direct, bien plus simple d’accès que les deux premières surtout. Effectivement, les monologues intérieurs nous permettent de suivre les flux de pensées des personnages qui s’entrechoquent et se mélangent. L’écriture est très fragmentaire Ainsi, une même phrase dépourvue de ponctuation peut commencer à évoquer une époque pour dévier sur une autre provoquant une sérieuse confusion pour le lecteur. Mais des thèmes réapparaissent, et l’ on voit peu à peu se dessiner un portrait de chaque personnage.J’arrête ici mais il y aurait encore tant à dire tellement cette oeuvre est riche. Malgré la difficulté d’accès, j’ai vraiment aimé ce livre, se faire violence a parfois du bon,

Naurile
14/12/13
 

Le moins que l'on puisse dire, c'est que Faulkner a parfaitement illustré la citation de "Hamlet" dont il s'est inspiré ! Cette histoire est effectivement racontée par un idiot et démontre combien la vie n'a aucun sens. C'est proprement incompréhensible et indigeste. Je n'ai rien contre le fait de retenter Faulkner un jour mais avec un bouquin lisible...

mycupoftea
11/09/12
 

Un peu perdue les cinquante premières pages, il m'a fallu lire la préface du traducteur pour bien me situer le contexte, les personnages, et surtout appréhender la technique littéraire du "courant de conscience" dont j'ignorais tout jusque là. Puis, je suis véritablement entrée dans ce roman complexe, déroutant, rempli de fulgurances littéraires, et écrit tel un monologue intérieur retranscrivant les fils achevés ou inachevés de la pensée. L'histoire de la famille Compson est pleine de bruits: elle est remplie à longueur de journées des gémissements de Benjy, l'idiot de la famille, "Benjy se mit à gémir longuement, désespérément. Ce n'était rien. Juste un son." Ces plaintes s'accompagnent des appels incessant de la mère, cloîtrée dans sa chambre, des menaces du frère Jason qui veut l'envoyer à l'asile, des prises de bec entre les domestiques noirs. Le bruit, c'est aussi le tic tac incessant des horloges qui hante l'esprit de Quentin, le fils, étudiant à Harvard, et amoureux de sa sœur. Enfin, le bruit c'est aussi la rumeur qui court sur les mœurs de la sœur, Caddie, et plus tard sur celles de sa propre fille. Par le choix de trois monologues intérieurs et un récit objectif à la fin, l'auteur décrit la déliquescence d'une famille sudiste au début du siècle. De mauvaises décisions en malchance, les Compson deviennent l'ombre d'eux mêmes. Dès lors, en filigrane, le lecteur comprend qu'un de ses membres, involontairement, sera mis de côté. Jason va grandir avec "la fureur" en lui. Il devient un homme en colère, "au sang froid", hargneux. pourtant, sa mère dit de lui qu'il est "sa joie et son salut", mais n'est-il pas aussi celui qu'on a sacrifié pour permettre au restant de la fratrie de pouvoir vivre leur vie? Ainsi, Jason devient l'incarnation de la fureur à un point tel qu'elle lui donne d'horribles migraines. Et, au milieu de cette famille de Blancs, les domestiques noirs (nègres selon l'expression bien sudiste), dont la doyenne, Dilsey, témoins impuissants de ce carnage. Dilsey peut dire; "j'ai vu le commencement et la fin"; en effet, elle a vu cette famille heureuse et prospère malgré le handicap de Benjy, et elle voit ce qu'il en reste. Malgré les brimades, la méchanceté gratuite de Jason,le dénuement, elle reste dévouée et attachée aux Compson, berçant encore le grand corps bestial de Benjy tel un bébé. Le père Compson aimait à dire qu'"un homme est la somme de ses malheurs". Il a laissé une famille à l'agonie, dépassée par ses enfants et sa rancœur, incapable de tourner la page. Le style employé déroute au début puis imprègne le lecteur au point de faire corps avec le récit. Il symbolise à lui seul les déraillements de l'esprit, les non-dits, les vitesses de la pensée. Et même si quelques passages restent obscurs, on ne peut que convenir que ce n'est que le choix de Faulkner de garder une part de mystère. Néanmoins, cette œuvre est la preuve que la prose peut être au service du récit. vivi

vivicroqueusedelivres
11/02/12
 

Très déroutant. Chacun des monologues permet au lecteur de se mettre à la place du lecteur. Il est difficile d'entrer dans le livre mais la curiosité est plus forte. Je ne peux pas dire que je suis particulièrement fan de cette forme d'écriture. La partie 2 est difficile à lire : le monologue de Quentin, le personnage tourmenté et suicidaire du roman est souvent composé de phrases sans ponctuation, et de mots les uns à la suite des autres qui paraissent n'avoir aucun sens. Pour l'originalité d'écriture, je conseille de le lire.

vtourrel
06/01/12
 

Un roman magnifique qui porte bien son titre. Attention : lecteur inattentif et adepte des lectures faciles et divertissantes où l'auteur te prend par la main en surlignant les actions d'un coup de violon et qui fait régulièrement un rappel des épisodes précédents, passe ton chemin. Avec Faulkner, on n'est pas sur l'auto-route balisée menant au fast-food de la littérature à emporter. Il faut s'accrocher pour gravir à mains nues cette montagne mais quand on arrive au sommet, on est récompensé au centuple par la profondeur du champs de vision qui s'offre à nous. Un conseil de lecture : faites vous un petit arbre généalogique avec repères chronologiques dès le début, ça vous aidera par la suite à vous y retrouver.

Marianne33
21/09/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.20 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : MAURICE-EDGAR COINDREAU