Le chanteur de tango

MARTINEZ, TOMAS ELOY

livre le chanteur de tango
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 05/07/07
LES NOTES :

à partir de
8,70 €

SYNOPSIS :

on dit qu'il ne chante plus que dans quelques cabarets malfamés du port. on dit aussi qu'il est très malade mais qu'il chante parfois dans un vieux bar du centre-ville. certains affirment qu'ils l'ont entendu chanter dans un square de palerme, l'ancien quartier italien, et d'autres vont jusqu'à dire qu'il se produit inopinément sur les marchés populaires des faubourgs. bruno cadogan regarde perplexe la carte de buenos aires et essaie de déceler la logique qui commande les dernières apparitions de julia martel. car ce légendaire chanteur de tango à la voix obscure et envoûtante, l'homme qui n'a jamais voulu enregistrer de disques, est bien plus qu'un mythe urbain. martel est un artiste
accompli qui ne laisse rien au hasard et qui dessine par sa présence (et son absence) une autre carte de la ville, les traits d'une énigme. volontaire, résolu, le jeune américain est prêt à tout pour le rencontrer et pour l'entendre chanter ces étranges morceaux dont il est le seul à connaître les paroles et le sens. mais sa quête va le conduire là où il ne l'attend pas : au cour même de l'insurrection populaire de 2001 qui fait chuter les présidents les uns après les autres. bruno cadogan se trouve ainsi emporté par le tourbillon de l'histoire dans un buenos aires rebelle et assoiffé de justice où la voix de julio martel est devenue l'un des symboles de l'espoir.
4 personnes en parlent

Ce roman, c'est un roman de Buenos-Aires, une histoire argentine, l'Histoire de l'Argentine à travers ce labyrinthe multiforme et mouvant de la ville; ville fondatrice, ville fondation, sa fondation, Buenos-Aires populaire, littéraire, politique, tragique et dissidente.Un roman en récits enchâssés, en récits parallèles, en récits individuels, des récits de quêtes, quête de sens et de justice; un roman en dédales humains et historiques, mêlant les temps et les gens, à l'image de ce pays, pays d'immigrants, de violences politiques et de musiques; un roman dense, cruel, émouvant, prenant, dont le foisonnement n'égare pas le lecteur qui ne perd jamais le fil du plaisir de lecture. C'est une immersion totale en Argentine, dans sa culture, dans sa ville personnage à part entière, au son de tous ces noms, de tous ces refrains.Le narrateur, un étudiant américain, grand lecteur, de poésie et de littérature française également, écrit une thèse sur les origines du tango avec pour référence J.L.Borges. C'est son regard d'Américain qui s'accroche à ses lectures, au mythe de Buenos-Aires. C'est la première phrase : " Longtemps, Buenos-Aires n'a été pour moi qu'une ville de littérature. " . L'auteur de ce roman est argentin, et pourtant, il parvient à nous dire ce regard étonné, troublé, fasciné; c'est dans cette véritable découverte de la ville et de l'histoire argentine qu'il nous entraîne. En cherchant à voir et écouter ce chanteur, malade, infirme, cet étudiant nous raconte son histoire à lui aussi, et à travers lui et les lieux, la mémoire argentine ainsi que l'actualité de l'époque du récit, la crise économique, sociale et politique de 2001, la réalité argentine de ces années là.Quelle maîtrise narrative, un kaléidoscope argentin, un hommage, un très beau roman.

Marilire
25/08/15

Je crois bien que c’est la première fois que je mets le pied en littérature argentine et à Buenos Aires… et si l’auteur Tomas Eloy Martinez est bien argentin, il m’a fait entrer dans son univers par la médiation de Bruno Cadogan, étudiant américain venu pour quelques mois écrire sa thèse sur Borges grâce à une bourse. Ce n’est qu’après lecture que je me suis rendu compte de la subtilité et de la richesse du procédé littéraire. Partir avec Bruno sur les traces de Julio Martel, c’est accepter que le sol tangue sous vos pieds de lecteur, que vous vous perdiez dans le dédale des rues, que vous soyez attentif aux détails insoupçonnés du décor, points d’entrée dans les histoires qui font l’Histoire du pays et de la ville, accepter aussi de ne pas tout maîtriser et toujours revenir à votre point d’ancrage pour relancer votre quête. Un peu comme la musique et les pas, un peu comme les valeurs du tango, abandon et retenue, que Marilyne vous présente ici.Le chanteur de tango, c’est Julio Martel, chanteur inconnu, mystérieux, fuyant, une voix d’or sortant d’un corps difforme, malade, une voix jamais enregistrée mais captée ici et là au hasard des rues et des maisons qu’il choisit pour rendre hommage à des hommes et des femmes qui ont marqué l’histoire de Buenos Aires, comme Catalina Godel ou le Mocho, victimes de la dictature. Chaque lieu de mémoire est prétexte à évoquer des histoires, des destins, à évoquer le temps où Peron et Evita galvanisaient le peuple, à raconter comment Buenos Aires s’est bâtie. Un roman où la ville est un personnage à part entière, un personnage avec lequel fait corps le personnage (humain) principal, Julio Martel, épousant ses contours labyrinthiques ou plutôt se situant au milieu des lignes du labyrinthe mouvant des rues en courbe, et émouvant indiciblement ses auditeurs, les touchant au plus profond de leur mémoire. Les extraits en parlent bien sûr bien mieux que moi :« Buenos Aires est ainsi, pensa alors Grete, et elle nous l’a répété plus tard : un faisceau de villes réunies en une seule ville, de petites villes anorexiques à l’intérieur de cette unique majesté obèse qui s’autorise des avenues madrilènes et des cafés catalans, à côté de volières napolitaines, de temples doriques et d’hôtels particuliers Rive Droite, et derrière tout cela – avait insisté le taxi – il y a malgré tout le marché au bétail, le mugissement des troupeaux avant le sacrifice et l’odeur de bouse, c’est-à-dire les relents de la plaine, et aussi une mélancolie qui ne vient pas d’ailleurs mais d’ici, de la sensation de fin du monde qu’on a quand on regarde les cartes et qu’on constate combien Buenos Aires est seule, à l’écart de tout. » (p. 75-76)« Ce devait être un tango antédiluvien, car il le chantait avec des paroles encore moins compréhensibles que celles des autres morceaux de son répertoire ; c’étaient plutôt des salves phonétiques, des sons à la volée dans lesquels on pouvait reconnaître des sentiments comme la peine, l’abandon, le regret du bonheur perdu, la nostalgie du foyer, auxquels seule la voix de Martel donnait un sens. Que voulaient dire brenai, ayauu, panisola, car c’était plus ou moins ce qu’il chantait ? Je sentis que sur cette musique s’abattait non un seul passé mais tous ceux que la ville avait connus depuis des temps immémoriaux, quand elle n’était encore qu’une inutile volière. » (p. 93)Si Le chanteur de tango est un homme aussi insaisissable que le labyrinthe de Buenos Aires, il est aussi la figure de l’Aleph, nouvelle emblématique de Borges, une référence énigmatique et récurrente du roman (je précise que, autre lacune, je n’ai jamais lu Borges mais qu’il ne me semble pas nécessaire de l’avoir fait pour comprendre ce roman – toujours le principe d’accepter de se perdre…)« J’aurais voulu dire à mon avis qu’en tant qu’étrangers à Buenos Aires, lui et moi étions peut-être plus sensibles à sa beauté que ceux qui y étaient nés. La ville avait été construite aux confins d’une plaine sans nuances, entre des étendues de foin aussi peu utiles à l’alimentation qu’à la fabrication des paniers sur les rives d’un fleuve dont l’unique charme est son exceptionnelle largeur. Bien que Borges ait essayé de lui forger un passé, celui qu’elle a à présent est lui aussi plat, sans autres faits héroïques que ceux imaginés par ses poètes et ses peintres, et chaque fois que l’on prend dans ses mains un quelconque fragment de passé, on le voit se dissoudre en un présent monotone. » (p. 178)C’est cette « fusion » mouvante entre passé et présent qui fait le charme vénéneux de ce roman qui se termine au milieu de la révolte populaire de fin 2001, au paroxysme de la crise économique (impossible de ne pas penser à la Grèce aujourd’hui). Dans cette atmosphère de chaos, Bruno Cadogan arrive au bout de sa quête, dans la rencontre si émouvante avec Alcira et Martel, il rentre chez lui, où il commence à raconter cette histoire. Il m’a laissée avec un goût inimitable d’Argentine. Anne

Anne7500
24/08/15
 

E lis très peu de littérature sud-américaine… elle ne m’attire pas spécialement, et le peu que j’ai lu ne m’a pas laissé de souvenir impérissable….Cet ouvrage ne fera pas exception….j’en ai lu péniblement la moitié ; je n’y ai rien compris. J’ai ensuite picoré au-delà, histoire de voir si je ne ratais pas quelque chose….J’y ai trouvé ceci, p 263 :« Je n’avais rien trouvé de ce que j’étais venu chercher à Buenos Aires, et à présent je me sentais étranger à cette ville, étranger au monde, étranger à moi-même »Que le narrateur se rassure, moi non plus je n’ai rien trouvé dans ce livre, si ce n’est l’ennui, et une profonde répulsion à mettre les pieds dans cette ville qui pourtant , aux dires de beaucoup,vaut le coup d’être visitée. Je n’ai rien entendu du tango, rien…. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
12/09/12
 

Bruno Cadogan, jeune universitaire américain, se rend à Buenos Aires, sur les traces de Julio Martel, un chanteur de tango dont on dit qu'il est meilleur que Carlos Gardel. Mais l'homme est malade et ne se produit plus guère que selon son envie et dans les endroits les plus insolites de la ville. Bruno Cadogan doit mener ses recherches dans une ville immense, dans un labyrinthe de rues où il est facile de se perdre, dans un pays où souffle le vent de l'insurrection. Le chanteur reste insaisissable et iol n'est pas certain que l'étudiant fasse partie des élus qui ont eu le bonheur d'entendre cette voix unique qui n'a jamais été enregistrée...Avec ce chanteur de tango, je m'attendais à de la chaleur, de la passion, des frissons...pour finalement me retrouver à errer dans Buenos Aires, ville tentaculaire et désincarnée, à la suite d'un jeune américain poursuivant deux mirages: Julio Martel, d'une part, et l'aleph de Borges, d'autre part. Et même si je comprends la comparaison, la métaphore, j'ai trouvé tout cela trop "intello" à mon goût. Je me suis perdue dans ce livre que j'ai finalement trouvé très hermétique. Peut-être aurait-il fallu lire Borges précédemment?Bruno Cadogan, héros et narrateur de l'histoire est, quant à lui, assez terne et peu attachant. Sans doute parce que le véritable personnage de l'histoire est Buenos Aires, belle, effrayante, flamboyante, rebelle, misérable....comme un tango! Pourtant, la ville ne suffit à sauver un roman, au final, assez ennuyeux. Dommage.

un flyer
20/03/12

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.60 cm
  • Poids : 0.16 kg
  • Langage original : ESPAGNOL (ARGENTINE)
  • Traducteur : VINCENT RAYNAUD

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