Le chat du rabbin t.4 ; le paradis terrestre

SFAR, JOANN

livre le chat du rabbin t.4 ; le paradis terrestre
EDITEUR : DARGAUD
DATE DE PARUTION : 02/03/05
LES NOTES :

à partir de
11,99 €

SYNOPSIS :

Nous avions quitté le chat perplexe, à Paris, sous la pluie. Le voici de retour en Algérie, aux alentours d'Oran plus précisément. Lâ, il va passer quelques jours avec le Malka des lions, véritable légende vivante, mais légende qui vieillit et s'interroge
sur le sens de la vie. Savoureuse aventure philosophique, brillante digression théologique, ce quatrième tome du Chat du Rabbin est une pure merveille qui confirme le statut particulier de l'une des oeuvres majeures de la Bande Dessinée contemporaine.
6 personnes en parlent

Le rabbin et son chat sont de retour en Algérie, après leur escapade à Paris. Le chat passe le temps auprès du Malka des lions, et écoute les histoires fabuleuses qu'il raconte contre menue monnaie. Pendant ce temps, l'antisémitisme semble prendre de l'ampleur...Décidément, je suis de plus en plus charmée par cette série. Déjà, j'adore le début de ce tome, qui exprime avec malice le point de vue très particulier du chat : "Je suis le chat du rabbin. Il m'arrive des tas de choses. Par exemple, une fois, je suis allé à Paris et il a plu. Alors je suis rentré chez moi, en Algérie." Savoureux, non ? Et puis il y a dans ce volume une certaine mélancolie et beaucoup de poésie, puisqu'il est question de la vieillesse, de la mort, de la trace qu'on laisse derrière soi au moment de partir, de dignité aussi. Le personnage du serpent m'a rappelé celui du Petit Prince (d'ailleurs, Joann Sfar a également réinterprété ce roman en bande dessinée), et le "cadeau" qu'il veut donner via sa mortelle morsure a quelque chose d'émouvant. Comme d'habitude, il y a aussi des dialogues incisifs et drôles, et, comme le chat n'a toujours pas retrouvé la parole, l'auteur nous fait lire ce qu'il pense, tandis que les interlocuteurs du chat n'entendent que ses miaulements...ce qui est très frustrant pour le petit félin ! Bref, un joli tome, riche en contenu, qui conclut sur une critique de la course à l'armement et à la guerre, dérisoire rempart contre l'antisémitisme : "Tu auras ton armée, ton pays, comme les autres peuples. Et ceux qui ne t'aiment pas seront toujours plus nombreux. Tu ne seras pas plus avancé. Et si tu vas au désert et que tu cherches la tombe du Malka des Lions, je ne sais pas si tu la trouveras." (Joli clin d'oeil au récit principal de ce volume, qui explique que seuls les coeurs purs trouveront la tombe du Malka.) Lili Marylène

lilimarylene
06/04/12
 

Joann Sfar parvient encore à nous surprendre en changeant une nouvelle fois de contexte, de registre. le Rabbin Abraham, parti "égorger des poulets", sera peu présent ici. le chat suit le vieux cousin Malka et son lion, accompagnés d'un serpent, traversant le désert, rencontrant des bédouins, entretenant la légende du vieil homme. On apprend à connaître Malka, qui se révèle finalement cabotin et peut de ce fait décevoir... Les thématiques sont plutôt sombres : il est question de vieillesse, de déchéance, de mort salvatrice. Les dialogues entre animaux restent savoureux, le chat n'a pas perdu son sens de la repartie. Par contre, le contexte géo-politico-historico-religieux de l'Algérie du début du XXème siècle m'étant totalement inconnu, et trop complexe à appréhender d'un seul clic sur Wiki ou autre, je n'ai pas tout saisi sur les dernières pages. J'y reviendrai ultérieurement. En attendant, j'espère que cela ne m'empêchera pas de savourer la suite... Canel

Canel
31/01/16
 

Le chat et le rabbin ont quitté Paris et sa grisaille et reviennent dans leur Afrique du Nord...un album différent plus "noir", plus profond....un personnage s'invite dans de 4ème tome, c'est la mort, représentée par un serpent, qui suit en permanence le Malka des lions.La rabbin est moins présent, l'histoire est centrée autour du Malka des lions, qui, en vieillissant, s'interroge sur le sens de la vie...Moins de sourires, mais toujours un plaisir dans cette lecture.....un plaisir différentLes différentes religions ont cohabité pendant des siècles "Les synagogues sont les plus vieux temples monothéisme du Maghreb" (P. 28) mais ce temps est révolu. : le racisme contre les musulmans, le colonialisme, font des dégâts dans les esprits, les juifs sont de plus en plus menacés, il leur faut vivre avec cette menace et s'armer. La bêtise humaine personnifiée par le maire d'Oran, un curé, nous interpelle.Le rabbin toujours sage revient dans les dernières pages, un rabbin pacifiste, confronté aux vautours belliqueux "Mon rabbin il est gentil, mais il ne comprend pas les choses. C'est la vieille génération, ils sont trop tendres". (P. 54)Le paradis terrestre n'est plus celui qu'a connu l'Afrique du Nord pendant des siècles, un paradis d'amour et de tolérance entre les religions, la violence et le mort entrent au Paradis.Un album plus grave, les sourires des premiers ont disparu, les images, les textes et les dialogues toujours profonds, nous invitent à une réflexion sur la tolérance.La BD peut elle aussi faire passer des messages graves. JPV

JPV11
25/01/16
 

J'ai un peu moins aimé ce 4ème tome, mais cette série qui nous fait découvrir le judaïsme au travers des yeux du chat d'un rabbin reste très intéressante.

fdm77
21/06/12
 

Le lion domestique de Malka devient trop vieux et édenté pour effrayer les badauds. Le chat suit les deux vagabonds dans leur périple, ils sont accompagnés par un serpent, chargé de donner le baiser de la mort. Ils rencontrent d'autres voyageurs mais les récits légendaires du vieil homme n'impressionnent plus les jeunes générations. A Oran les français attisent la haine entre juifs et arabes.

sovane
14/02/12
 

Dans Le Paradis terrestre, quatrième tome de cette série, le Malka raconte des histoires de villes en villes en compagnie du chat du rabbin et de son lion. Mais, on apprend peu à peu que le Malka n’est pas celui que l’on croit : alors que notre félin le pensait séducteur, il découvre qu’il n’est en fait l’homme que d’une seule femme. On s’aperçoit aussi que le lion est très attaché à son maître, et que celui-ci préfèrerait mourir plutôt que d’assister à la déchéance de son maître. C’est ainsi qu’il est devenu l’ami d’un serpent qui lui promet de l’empoisonner avant que le Malka ne soit trop vieux afin de lui épargner la vision de la dégénérescence de celui qu’il accompagne partout… Mais notre chat n’est pas de cet avis ! Par ailleurs, ce Malka raconte beaucoup d’histoires à droite et à gauche, alors on a finalement du mal à démêler le vrai du faux. Mais c’est aussi cela qui fait son charme. Des légendes circulent même sur sa personne. Prêt à tout pour l’honneur de celle qu’il aime, il n’hésitera pas à se battre pour elle. Cependant, à la fin de l’ouvrage, on voit que les temps changent, qu’une guerre contre les Juifs se met en place…L’amour et l’amitié priment dans cet ouvrage. La relation entre le lion et le Malka est particulièrement touchante. En effet, l’animal préfère encore perdre la vie que de voir celui qu’il aime dépérir peu à peu. Alors qu’il passait pour un coureur de jupons, on découvre également que le Malka est très amoureux de son épouse, même si celle-ci n’est pas toujours présente à ses côtés. Malgré son âge avancé, il garde confiance en la vie. A la fin de l’ouvrage, on retrouve notre rabbin. Toujours fervent croyant, il espère que la guerre sous-jacente n’arrivera pas, et continue de prêcher la foi aux hommes. C’est donc beaucoup d’espoir qui se dégage de ce livre, même si l’on sait que les Juifs ne seront pas épargnés par l’Histoire.La plume de Joann Sfar est toujours aussi efficace pour mettre en avant les travers des hommes, et les remarques de notre matou sont pertinentes de bon sens. Tantôt risibles, tantôt plus sérieuses, elles ne manquent pas de faire tilt et de pousser le lecteur à la réflexion. Je me suis délectée en lisant cette bande dessinée, tout comme ce fut le cas pour les trois volumes précédents. Les dessins sont un peu grossiers, mais peu importe, ce n’est pas ça l’objectif principal de cet ouvrage. En effet, de profonds questionnements se dégagent donc de cet ouvrage, philosophique par certains aspects. Et puis finalement, on s’y attache à ce chat qui ressemble un peu à un rat. C’est dommage que le chat du rabbin n’ait toujours pas retrouvé la parole, ou tout du moins qu’il ne parvienne pas à communiquer avec les hommes… Peut-être cela sera-t-il le cas dans un prochain tome ?

AnneSophieDL
23/11/11
 

Format

  • Hauteur : 29.80 cm
  • Largeur : 22.70 cm
  • Poids : 0.46 kg