Le chemin des ames

BOYDEN, JOSEPH

livre le chemin des ames
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 12/03/08
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7,90 €

SYNOPSIS :

1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant
trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France...
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Cent ans après la boucherie du Chemin des Dames, j'ai relu ce roman, somptueux, sombre et sans concession de Joseph Boyden. Il y une dizaine d'année je découvrais cet auteur amérindien à la suite de ma passion aussi bien pour Louise Erdrich que Jim Harrison. L'univers dans lequel évolue les personnages est noir, Boyden avec son style riche met en parallèle, l'enfer des tranchées de la 1° guerre mondiale et la vie rude des indiens de la baie d'Hudson. La nature est grandiose mais aussi impitoyable, comme la nature humaine. Cette dernière est du même ordre entre l'amitié indéfectible des deux héros, la compassion de Niska, une vielle tante shaman et la solidarité des combattants mais aussi les froideurs des snipers et l'autorité imbécile des gradés. Un récit prenant, fort et qui ne peut laisser indifférent, Boyden est un auteur sachant raconter une histoire dense et tragique.
Pascale Mme

Voilà un livre dont j'avais certes lu la quatrième de couverture (eh oui, je suis atteinte de cette pratique honteuse...) mais je ne m'attendais pas du tout à tout ce que j'ai trouvé dans ce roman (preuve que la quatrième est bien faite !) Je savais qu'il serait question de la Première guerre mondiale, du retour d'un soldat canadien au pays. Et j'ai découvert l'histoire des Canadiens partis combattre en Europe sous le commandement britannique (pays du Commonwealth oblige). J'ai découvert en particulier le destin singulier de deux Indiens parmi d'autres qui se sont enrôlés dans cette armée : l'un s'appelle Elijah, l'autre Xavier. Tous deux ont été élevés au pensionnat, par des religieuses trop contentes de casser du païen à travers des enfants indiens innocents, mais ils ont fini par rejoindre Niska, la tante de Xavier, pour mener la vie traditionnelle des Indiens Cree, dans la forêt. Bien plus tard, ils ont rejoint Toronto, se sont entraînés, ont traversé l'Atlantique et sont arrivés au front, où ils ont connu les batailles les plus terribles de la guerre 14-18. Quand le livre commence, Xavier rentre seul au pays. Il a perdu une jambe, il est devenu dépendant de la morphine et ne tient plus guère à la vie. Niska va le ramener chez eux en canoé et durant les trois jours que dure le voyage, tandis que Xavier se souvient et revit la guerre, la vieille Indienne lui raconte les histoires de sa propre enfance, comment elle a hérité du don de magie de son père, pourquoi elle a choisi de continuer à vivre la vie traditionnelle des Cree plutôt que de sédentariser dans une réserve comme la majorité de ses congénères. Les souvenirs de l'un et les récits de l'autre se croisent, pour tisser une sorte d'opéra où les forces de la nature, les passions humaines, les horreurs de la guerre se conjuguent, se déchaînent jusqu'au paroxysme et finissent par s'apaiser dans un exorcisme salvateur. J'ai aimé cette évocation de la vie indienne, pour guérir le soldat perdu, et j'ai retrouvé avec beaucoup d'intérêt les lieux chargés d'histoire où Elijah et Xavier ont combattu : le saillant d'Ypres, la Somme, la crête de Vimy, Passchendaele. Ils n'étaient pas sans me rappeler des livres lus il y a longtemps et très aimés : Derrière la colline, de Xavier Hanotte, Les amants de pierre, de Jane Urquhart. Le premier se passe dans la Somme, du côté de Thiepval, lors de la fameuse bataille de juillet 1916 (et le dénouement du Chemin des âmes m'a rappelé avec bonheur l'élément pivot du roman de Hanotte) ; le second raconte notamment la construction du Mémorial de Vimy, où les Canadiens se sont particulièrement distingués en 1917. Mais dans le roman qui nous intéresse ici, cette guerre d'abord européenne est vue à travers les yeux innocents de Xavier, qui ne maîtrise pas la langue anglaise et doit donc suivre en tout son ami d'enfance, Elijah. Tous deux mènent les raids, les reconnaissances de terrain, comme des chasseurs dans la forêt, et deviennent petit à petit des tireurs d'élite, capables de "dégommer les Fritz" à grande échelle. Mais les Canadiens, et en particulier les Indiens, ne sont pas traités à l'égal des autres soldats au sein de l'armée britannique. Et Xaver voit Elijah s'éloigner de lui petit à petit et sombrer dans la folie de la guerre. Le jeune Indien observe les combats, les ordres absurdes, les exactions des militaires, les boucheries répétées auxquelles il va survivre comme par miracle. Il voit ce que les hommes - et lui-même - deviennent dans la guerre. "Chacun se bat sur deux fronts à la fois, l'un contre l'ennemi, l'autre contre ce que nous faisons à l'ennemi." (p. 407) Je ne suis pas encore lassée de lire des romans sur cette première guerre mondiale, et je dois dire que le roman de Joseph Boyden a réussi à me passionner de bout en bout, grâce à ce personnage tellement attachant qu'est Xavier, et à son double fascinant, Elijah, grâce à sa vieille tante Niska qui tente de le ramener à la vie malgré tout. Ce Chemin des âmes, pour les Indiens, ce sont les trois jours que met l'âme d'un mort à rejoindre le royaume des morts. Trois jours de canoé qui se terminent par une scène très forte et tellement étrange à mes yeux d'Européenne cérébrale du 21e siècle... Un livre magnifique, prenant, un coup de maître pour un premier roman, un coup de coeur qui appelle à grands cris la lecture du deuxième roman de Boyden, Les saisons de la solitude. "Il était le dernier grand conteur de notre clan. Mon père contait à voix basse : il fallait venir tout près pour entendre, si bien que l'on sentait, dans ses cheveux, l'odeur fumée des lacets avec lesquels ma mère lui nouait ses nattes. L'odeur de son cou était comme le vent qui souffle au large de la Grande Baie Salée. Moi, j'imaginais qu'il tressait des histoires tout l'été, formant avec ses mots d'invisibles filets qu'il jetterait sur nous les longues nuits d'hiver, pour nous attraper, nous rassembler au fond de cette nasse où l'on se tiendrait chaud. Et parfois, il n'y avait que ses histoires pour nous rattacher à la vie." (p. 53) "Je rêve du pays. On dort mal par ici, mais j'ai appris à rêver les yeux ouverts. Là où j'habite, la rivière est aussi vaste qu'un lac et c'est à ce moment de l'année, le printemps, que la pêche est la meilleure. C'est aussi l'époque où nous quuittons tous nos campements d'hiver pour nous rassembler et, l'espace de quelques semaines, partager la bonne vie. On chasse l'oie sur la baie : on bâtit des caches et l'on pose les appelants. Le soir, on plume les prises que l'ont met à boucaner jusque tard dans la nuit, tout en mangeant à satiété. Ce serait intéressant d'y emmener Gilberto, Zyeux gris, Sean Patrick et Graves. Je me demande ce qu'ils penseraient d'un tel endroit : la grande forêt, la grande eau et si peu de gens, à la différence des lieux que j'ai connus depuis. Avec son corps velu et son drôle d'accent, Gilberto épaterait les gosses. Les filles trouveraient sûrement Sean Patrick très joli garçon. Graves impressionnerait nos anciens par le récit de toutes ces guerres où il a combattu. Zyeux gris volerait sûrement quelque chose." (p. 108-109) Anne

Anne7500
02/06/12
 

C'est passionnant. A lire de préférence avant son 2ième livre les saisons de solitude. J'ai fait le contraire...

cfons
30/01/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.25 kg
  • Langage original : ANGLAIS (CANADA)