Le chemin des ames

BOYDEN, JOSEPH

livre le chemin des ames
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 12/03/08
LES NOTES :

à partir de
7,90 €

SYNOPSIS :

1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant
trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France...
13 personnes en parlent

Retour à la vie 1919 - sur le quai d'une gare, au nord de l'Ontario, une vieille indienne Cree attend un soldat de retour de France, où il a fait la guerre de 14. Elle attend un ami de son neveu, mort au loin, dans un pays inconnu, pour une cause qui lui est inconnue. Mais c'est justement son neveu qui descend du train, son neveu Xavier qui a pris l'identité de l'ami. Malade, méconnaissable, détruit physiquement et moralement par ce qu'il a vu, vécu, par l'alcool et la drogue qui permettent de tenir et de repartir au combat sans y penser, Xavier a l'enfer en lui. Sa guerre n'en finit pas. Il vit, mais il est déjà mort.Pendant trois jours, le temps de revenir au village natal, il raconte en silence cette horreur. La vieille, en silence, lui raconte son enfance, son pays, sa terre Cree, la nature, jusqu'à ce que Xavier revienne à la paix, à la vie. Le Chemin des âmes est un livre terrible et magnifique, un regard différent sur ce que fut cette guerre dont nous célébrons le centenaire. Ce sont des pages où se succèdent le grondement des batailles, l'horreur des cadavres, et le silence et la beauté de la nature. On pense souvent à Kubrick, aux Sentiers de la gloire.On a la chanson de Craonne dans la tête. Mais on découvre ce puissant antidote qu'est la nature, sa pureté, son silence, la surprise d'un orignal au détour d'un chemin. Un des livres les plus forts et les plus beaux sur la guerre de 14.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Retour à la vie 1919 - sur le quai d'une gare, au nord de l'Ontario, une vieille indienne Cree attend un soldat de retour de France, où il a fait la guerre de 14. Elle attend un ami de son neveu, mort au loin, dans un pays inconnu, pour une cause qui lui est inconnue. Mais c'est justement son neveu qui descend du train, son neveu Xavier qui a pris l'identité de l'ami. Malade, méconnaissable, détruit physiquement et moralement par ce qu'il a vu, vécu, par l'alcool et la drogue qui permettent de tenir et de repartir au combat sans y penser, Xavier a l'enfer en lui. Sa guerre n'en finit pas. Il vit, mais il est déjà mort.Pendant trois jours, le temps de revenir au village natal, il raconte en silence cette horreur. La vieille, en silence, lui raconte son enfance, son pays, sa terre Cree, la nature, jusqu'à ce que Xavier revienne à la paix, à la vie. Le Chemin des âmes est un livre terrible et magnifique, un regard différent sur ce que fut cette guerre dont nous célébrons le centenaire. Ce sont des pages où se succèdent le grondement des batailles, l'horreur des cadavres, et le silence et la beauté de la nature. On pense souvent à Kubrick, aux Sentiers de la gloire.On a la chanson de Craonne dans la tête. Mais on découvre ce puissant antidote qu'est la nature, sa pureté, son silence, la surprise d'un orignal au détour d'un chemin. Un des livres les plus forts et les plus beaux sur la guerre de 14.

"1919. Nord de l'Ontario. Niska, une vieille Indienne, attend sur un quai de gare le retour d'Elijah, un soldat qui a survécu à la guerre. A sa grande surprise, l'homme qui descend du train est son neveu Xavier, qu'elle croyait mort, ou plutôt son ombre, méconnaissable. Pendant trois jours, à bord du canoë qui les ramène chez eux, et tandis que sa tante essaie de le maintenir en vie, Xavier revit les heures sombres de son passé : l'engagement dans l'armée canadienne avec Elijah, son meilleur ami, et l'enfer des champs de bataille en France..."Voilà pour la mise en bouche, écrite en quatrième de couverture. C'est un roman -le premier de Joseph Boyden- lent, sombre, prenant. Je n'ai pu le lire que lentement, moi qui lis plutôt vite d'habitude. L'atmosphère, quand elle parle des tranchées en France et en Belgique est étouffante, pesante, boueuse, oppressante, mais quand elle aborde les grands espaces des Indiens libres du Canada -c'est à dire non parqués en réserve-, elle aère le lecteur lui donne une bonne bouffée d'air, pour lui permettre de se replonger dans l'enfer de la guerre. L'auteur alterne les chapitres parlant de la guerre avec ceux qui racontent l'enfance et la vie de Xavier et Elijah avant la guerre. Ces deux pans de l'histoire des deux hommes sont absolument passionnants. Je suis persuadé que ces deux personnages, ainsi que leurs compagnons d'armes et Niska la tante de Xavier hanteront les lecteurs pendant longtemps, enfin moi, sûrement ! Difficile de les effacer de la mémoire comme cela. C'est un roman qui ne peut laisser indifférent malgré une noiceur certaine. Et même si une telle histoire, décrite de cette manière aurait tendance à vous faire fuir, prenez juste un peu de courage pour emprunter le livre et commencer sa lecture, vous ne regretterez pas. Toutefois, si vous hésitez encore, voici la critique de Jim Harrison (excellent écrivain états-unien : Légendes d'automne, notamment), qui j'espère saura vous donner l'envie de lire ce roman : "Un roman lumineux et sombre à la fois. il vous fera peut-être souffrir, mais ça en vaut véritablement la peine. Irrésistible" Yv

Lyvres
25/03/14
 

L'on savait que la guerre tuait , si , si , mais pas que...Elle possede également la faculté de laminer les amitiés les plus profondes.Lorsque Niska , une vieille indienne , attend sur le quai d'une gare le retour d'Elijah , soldat "rescapé" de la guerre de 14 , c'est avec étonnement qu'elle voit apparaitre à sa place Xavier , son neveu qu'elle croyait disparu . Neveu méconnaissable , amputé d'une jambe et pas loin de lacher prise mais qu'elle se fait fort de ramener chez eux en canoé , periple de trois jours prenant des lors la forme d'un veritable recit initiatique pour Neveu et d'une veritable declaration d'amour empreinte de pudeur et de retenue pour Niska .Je pourrai facilement trouver une quantité d'adjectifs pour qualifier ce superbe roman mais le premier qui me vient à l'esprit est beau , tout simplement beau .A travers ces deux récits croisés , l'on va découvrir les parcours de ces trois indiens Cree , ballotés par la vie , convoités par la mort .Deux récits antagonistes puisque celui de Niska est empreint de lumiere , de vie , son but etant de souffler sur le peu de braises contenues en Neveu afin de raviver ce dernier , de purifier son ame de toutes ces exactions guerrieres . En un mot comme en cent : le faire renaitre ! Les souvenirs de Xavier (X , Neveu ) ne sont que regrets , desespoir , mort . Tout ce que peut charrier une guerre digne de ce nom .Si les souvenirs de Neveu constituent a juste titre un véritable plaidoyer anti-militariste , ceux de Niska sont une véritable ode a la nature , a un certain mode de vie en voie de disparition sous pretexte d'integration forcée !Xavier et Elijah , deux orphelins , se sont tres vite trouvés et ont grandi sous les yeux bienveillants de Niska qui finira par les recueillir . La vie n'est alors que douceur , le temps passé a chasser , s'amuser comme le font tous les indiens de leur age . Le tournant décisif de ces trois existences : l'enrolement volontaire de ces deux graines de soldat dans l'armée Canadienne afin d'aller décimer du teuton en Europe , France et Belgique plus précisement . Niska sera desormais vouée a une vie d'ermite ponctuée çà et là de rencontres plus ou moins heureuses . Quand aux deux amis inséparables , ils feront l'apprentissage de la guerre et de son tombereau inhérent d'horreurs ...Leur spécialité : éclaireur et tireur d'élite ! Ils se livreront au départ a une rivalité bon enfant jusqu'à ce que l'un d'entre eux ne devienne morphinomane , élément déclencheur de cette amitié fusionnelle qui se délitera peu à peu , de ce sentiment d'amour se muant au rythme de ces prises de morphine en jalousie puis en haine .Autre point fort , cette incroyable faculté qu'a l'auteur de nous immerger dans le quotidien de ces soldats déracinés. Avec eux , l'on decouvre la guerre et son quotidien fait d'attente , de faim , de peur , de disparitions aussi soudaines que douloureuses...La couverture de ce déchirant recit est tout a fait evocatrice : ce canoé a moitié englouti , cet homme , desormais seul , n'ayant pour horizon que la grisaille , peut-etre nu , symbole de cette perte d'identité culturelle et sociale .Perdu a jamais ? A vous de le découvrir...Le chemin des ames saura toucher la votre...

TurnThePage
10/11/13
 

14/18. La grande boucherie.Chaque mère, chaque épouse de partout dans le monde attend le retour des siens sans aucune idée de l'enfer d'où ils reviendront, s'ils reviennent... Et même s'il a cette chance, aucun pourtant ne rentrera chez lui indemne, soit physiquement soit mentalement voire les deux à la fois.Niska la vieille Indienne qui elle le sait, son neveu est mort, attend sur le quai de la gare Elijah son ami de misère qui lui apportera peut-être un peu de réconfort. Pourtant divine surprise, c'est Xavier son neveu qui descend du train mais comme tant d'autre pas indemne non, mutilé pour le restant de ses jours.Mais lui au moins est revenu, pas Elijah qui a perdu la vie dans des conditions effroyables que Xavier révélera inconsciemment à Niska.Alors que tous les deux engagés en 1914 étaient partis certains qu'ils allaient vivre une grande aventure.Un magnifique et poignant roman dans lequel Joseph Boyden sait tantôt nous promener dans les paysages superbes du pays de Niska et Xavier tantôt nous plonger dans les abîmes de l'horreur dont les hommes sont capables.

isabelleisapure
30/09/13
 

Xavier et Elijah, deux indiens Crees pris dans la tourmente de la Grande Guerre. En 1919, seul Xavier reviendra au Canada ou l’attend sa vieille tante Niska, mais, meurtri, ce n’est plus le même homme. Sa tante va alors tenter de le ramener à la vie en l’amenant à renouer avec ses racines, à retrouver son identité. Deux voix se croisent ici, celle de Xavier qui revient sur l’enfer de la guerre en France et celle de Niska, qui retrace un passé plus lointain, celle de l’enfance des 2 garçons dans les forêts de l’Ontario. Sa parole, sage, paisible, offre un contraste saisissant avec celle de son neveu. Elle permet au lecteur une détente bienvenue après les scènes effroyables qui s’enchaînent dans le récit de Xavier, mais c’est surtout une immersion au cœur du peuple Cree, ses rites, sa spiritualité, ses coutumes qui accordent bien-sûr une large place à la nature. Ce roman est bouleversant, sublime, l’un de ces livres qui rendent fades ce qui viennent ensuite… Une histoire de guerre mais aussi une histoire d’amitié profonde, tragique. Au plaisir de l’histoire s’ajoute le sentiment d’avoir appris beaucoup : j’ignorais à peu près tout de l’engagement des indiens dans la guerre 14/18 et du traitement qui leur était réservé, je ne savais rien non plus de l’usage abusif que l’on faisait de la morphine pour pousser les hommes au combat (à la mort) : édifiant...

fabula
23/08/12
 

J'ai terminé cette lecture il y a deux jours, mais le roman m'a tellement ému et habité, que je n'ai pas pu écrire mon avis, ou même lire un autre livre avant aujourd'hui. Tout d'abord, je tiens à dire que ce livre est mon premier coup de coeur de l'année 2010. Dès les premières lignes j'ai pénétré un monde que je ne connaissais pas : celui des indiens Crees et celui des canadiens pendant la première gerre mondiale en France. La plume, magnifique, intense de l'auteur, Joseph Boyden m'a tout simplement ému au plus au point. Je tremblais, j'avais peur, je pleurais, je rêvais...Parlons d'abord des moments se déroulant au Canada, en compagnie de Niska, la tante de Xavier, Elijah et Xavier lui-même. J'ai été éblouïe par la manière de vivre de Niska, par son courage, sa force, sa gentillesse. Niska vit comme le faisait ses ancêtres, au contact de la nature, en totale respect avec elle. Beaucoup de scène m'ont touchées et certaines m'ont mise mal à l'aise, notament le racisme des "blancs" envers les amérindiens... Je n'arrive pas à comprendre le mépris de ces personnes urbanisées, pour un peuple passionnant. Ensuite vint les épisodes se passant en France, en compagnie de Xavier et d'Elijah. Ces passages sont horriblement difficile car l'auteur colle au plus près de l'horreur que vivaient les soldats dans les tranchées. J'entendais dans mes oreilles siffler les balles, les obus, je sentais l'odeur de la mort, de la souffrance, la morsure des poux. J'ai découvert que beaucoup de soldat, pour supporter l'enfer dans lequel ils étaient plongés, étaient devenus morphinomane. Certains malgré cela, ne pouvait échapper à une certaine folie, qui nous guette, nous aussi, dans ces pages.Ce qui m'a beaucoup intéressé dans ce roman magnifique, c'est le fait de voir, de sentir, de vivre la première guerre mondiale, les tranchées du regard d'amériendiens et aussi de connaitre un peu plus la culture de ce peuple passionnant. J'ai été émue par la vie de Niska. Et la scène dans l'internat, quand elle est jeune fille, avec le moment où elle se coupe les cheveux m'a vraiment touchée, j'en ai pleuré, j'ai été écoeuré de la manière dont ces femmes, traitaient les jeunes amérindiens... Joseph Boyden nous montre effectivement les choses, sans montrer de jugement, c'est important. Son roman est tout simplement passionnant.Le chemin des âmes est donc un livre difficile mais magnifiquement écrit. Passionnant pour ce qu'il nous montre ou nous apprend. Je peux vous assurer que ce livre est beau, très beau. Je vous en supplie, lisez-le, vous ne regretterez pas !

malorie
19/07/12
 

En refermant le livre, je me suis demandée si j’allais lui attribuer la mention « coup de cœur » ou pas. Et finalement j’ai décidé que non. Il n’y aura pas de coup de cœur, cependant je le mets dans la catégorie « très bon livre à conseiller à son entourage ». Bref, j’ai beaucoup aimé ce livre. Dans ce roman, nous suivons deux jeunes indiens qui vont se retrouver à combattre dans les tranchées lors de la Première Guerre Mondiale. Le réalisme avec lequel sont décrites les scènes, la vie dans les tranchées ou encore les états d’âme des soldats est absolument stupéfiante ! Souvent, j’avais l’impression de voir les bombes arriver, je ressentais les peurs de ces gens, je retenais ma respiration lorsqu’un tireur d’élite ajustait son tir. Je ne dirais pas que j’avais l’impression d’y être (surtout que je n’y tiens pas), mais le récit raconte parfaitement toute l’horreur de cette guerre dans les tranchées. En parallèle, ce livre relate l’histoire de Niska, une indienne crée. Elle est la tante de Xavier, l’un des deux indiens partis au front. Elle parle de son enfance, de cette période où les indiens ont été forcés de se « civiliser » en allant dans des écoles catholiques. Et puis de sa vie d’adulte, de ces traditions perdues et retrouvées…Le récit est intéressant et à travers les mots, on ressent comme une sorte de grande sagesse de la part de Niska. Cependant, je n’ai pas ressenti la même émotion qu’en lisant les passages concernant les tranchées. Peut-être parce que je suis plus informée sur la Guerre que sur la culture indienne ? Je ne sais pas. J’avoue que certains passages m’ont semblés traîner en longueur. J’ai trouvé passionnant l’histoire d’amitié qui lie Xavier et Elijah, deux hommes semblables et ne même temps si différents. A travers cette guerre, nous voyons leurs caractères s’affirmer, se différencier. J’ai trouvé très intéressant de découvrir cette vie de soldats à travers les yeux de Xavier, tout d’abord innocent, puis dans lesquels ont devine au fur et à mesure du récit toute l’évolution de son personnage, de ce qui l’entoure, et de son regard sur ce monde.

Nelcie
26/06/12
 

Voilà un livre dont j'avais certes lu la quatrième de couverture (eh oui, je suis atteinte de cette pratique honteuse...) mais je ne m'attendais pas du tout à tout ce que j'ai trouvé dans ce roman (preuve que la quatrième est bien faite !) Je savais qu'il serait question de la Première guerre mondiale, du retour d'un soldat canadien au pays. Et j'ai découvert l'histoire des Canadiens partis combattre en Europe sous le commandement britannique (pays du Commonwealth oblige). J'ai découvert en particulier le destin singulier de deux Indiens parmi d'autres qui se sont enrôlés dans cette armée : l'un s'appelle Elijah, l'autre Xavier. Tous deux ont été élevés au pensionnat, par des religieuses trop contentes de casser du païen à travers des enfants indiens innocents, mais ils ont fini par rejoindre Niska, la tante de Xavier, pour mener la vie traditionnelle des Indiens Cree, dans la forêt. Bien plus tard, ils ont rejoint Toronto, se sont entraînés, ont traversé l'Atlantique et sont arrivés au front, où ils ont connu les batailles les plus terribles de la guerre 14-18. Quand le livre commence, Xavier rentre seul au pays. Il a perdu une jambe, il est devenu dépendant de la morphine et ne tient plus guère à la vie. Niska va le ramener chez eux en canoé et durant les trois jours que dure le voyage, tandis que Xavier se souvient et revit la guerre, la vieille Indienne lui raconte les histoires de sa propre enfance, comment elle a hérité du don de magie de son père, pourquoi elle a choisi de continuer à vivre la vie traditionnelle des Cree plutôt que de sédentariser dans une réserve comme la majorité de ses congénères. Les souvenirs de l'un et les récits de l'autre se croisent, pour tisser une sorte d'opéra où les forces de la nature, les passions humaines, les horreurs de la guerre se conjuguent, se déchaînent jusqu'au paroxysme et finissent par s'apaiser dans un exorcisme salvateur. J'ai aimé cette évocation de la vie indienne, pour guérir le soldat perdu, et j'ai retrouvé avec beaucoup d'intérêt les lieux chargés d'histoire où Elijah et Xavier ont combattu : le saillant d'Ypres, la Somme, la crête de Vimy, Passchendaele. Ils n'étaient pas sans me rappeler des livres lus il y a longtemps et très aimés : Derrière la colline, de Xavier Hanotte, Les amants de pierre, de Jane Urquhart. Le premier se passe dans la Somme, du côté de Thiepval, lors de la fameuse bataille de juillet 1916 (et le dénouement du Chemin des âmes m'a rappelé avec bonheur l'élément pivot du roman de Hanotte) ; le second raconte notamment la construction du Mémorial de Vimy, où les Canadiens se sont particulièrement distingués en 1917. Mais dans le roman qui nous intéresse ici, cette guerre d'abord européenne est vue à travers les yeux innocents de Xavier, qui ne maîtrise pas la langue anglaise et doit donc suivre en tout son ami d'enfance, Elijah. Tous deux mènent les raids, les reconnaissances de terrain, comme des chasseurs dans la forêt, et deviennent petit à petit des tireurs d'élite, capables de "dégommer les Fritz" à grande échelle. Mais les Canadiens, et en particulier les Indiens, ne sont pas traités à l'égal des autres soldats au sein de l'armée britannique. Et Xaver voit Elijah s'éloigner de lui petit à petit et sombrer dans la folie de la guerre. Le jeune Indien observe les combats, les ordres absurdes, les exactions des militaires, les boucheries répétées auxquelles il va survivre comme par miracle. Il voit ce que les hommes - et lui-même - deviennent dans la guerre. "Chacun se bat sur deux fronts à la fois, l'un contre l'ennemi, l'autre contre ce que nous faisons à l'ennemi." (p. 407) Je ne suis pas encore lassée de lire des romans sur cette première guerre mondiale, et je dois dire que le roman de Joseph Boyden a réussi à me passionner de bout en bout, grâce à ce personnage tellement attachant qu'est Xavier, et à son double fascinant, Elijah, grâce à sa vieille tante Niska qui tente de le ramener à la vie malgré tout. Ce Chemin des âmes, pour les Indiens, ce sont les trois jours que met l'âme d'un mort à rejoindre le royaume des morts. Trois jours de canoé qui se terminent par une scène très forte et tellement étrange à mes yeux d'Européenne cérébrale du 21e siècle... Un livre magnifique, prenant, un coup de maître pour un premier roman, un coup de coeur qui appelle à grands cris la lecture du deuxième roman de Boyden, Les saisons de la solitude. "Il était le dernier grand conteur de notre clan. Mon père contait à voix basse : il fallait venir tout près pour entendre, si bien que l'on sentait, dans ses cheveux, l'odeur fumée des lacets avec lesquels ma mère lui nouait ses nattes. L'odeur de son cou était comme le vent qui souffle au large de la Grande Baie Salée. Moi, j'imaginais qu'il tressait des histoires tout l'été, formant avec ses mots d'invisibles filets qu'il jetterait sur nous les longues nuits d'hiver, pour nous attraper, nous rassembler au fond de cette nasse où l'on se tiendrait chaud. Et parfois, il n'y avait que ses histoires pour nous rattacher à la vie." (p. 53) "Je rêve du pays. On dort mal par ici, mais j'ai appris à rêver les yeux ouverts. Là où j'habite, la rivière est aussi vaste qu'un lac et c'est à ce moment de l'année, le printemps, que la pêche est la meilleure. C'est aussi l'époque où nous quuittons tous nos campements d'hiver pour nous rassembler et, l'espace de quelques semaines, partager la bonne vie. On chasse l'oie sur la baie : on bâtit des caches et l'on pose les appelants. Le soir, on plume les prises que l'ont met à boucaner jusque tard dans la nuit, tout en mangeant à satiété. Ce serait intéressant d'y emmener Gilberto, Zyeux gris, Sean Patrick et Graves. Je me demande ce qu'ils penseraient d'un tel endroit : la grande forêt, la grande eau et si peu de gens, à la différence des lieux que j'ai connus depuis. Avec son corps velu et son drôle d'accent, Gilberto épaterait les gosses. Les filles trouveraient sûrement Sean Patrick très joli garçon. Graves impressionnerait nos anciens par le récit de toutes ces guerres où il a combattu. Zyeux gris volerait sûrement quelque chose." (p. 108-109) Anne

Anne7500
02/06/12
 

C'est un livre que j' ai vraiment beaucoup beaucoup aimé et si j'ai aimé c'est justement que Joseph Boyden ne se limite à un récit qui aurait pu déjà être maint et maint fois lu sur les combats dans les tranchées.La voix de Xavier se mêle à celle de la vieille Niska comme un rappel à un monde éloigné des combats et de la folie des hommes, comme un retour au tradition. Sous le regard de ses indiens c'est une approche différente des combats, plus proche de la nature, plus éloignée de nos considérations morales. Certains aspects mis en valeur, je pense particulièrement à la dépendance à la morphine de Xavier, s' ils sont original au début finissent par créer des répétitions qui en deviendraient presque lassante. C'est pour moi un livre justement doser et surtout qui se termine à temps pour rester un coup de cœur.

Lacazavent
06/05/12
 

En effet, ce roman parle des champs de bataille de la Première Guerre Mondiale ; en effet, ce livre parle de l'amitié entre deux garçons indiens du Canada. Mais ce que le résumé ne dit pas, c'est qu'il est également question de l'addiction à la morphine, et comment Xavier, pourtant un esprit fort, y succombe lui aussi. Il est encore question des traditions des Indiens du Canada, et c'est en cela que ce roman m'a touché. Comment certains individus se sont peu à peu fondus dans l'immigration anglaise et son alcool, et comment d'autres y ont résisté, perpétuant les traditions ancestrales : dialogues avec les esprits, hutte de suddation, animal totem... J'ai passé allègrement les paragraphes décrivant les batailles : un carnage inutile que la guerre. Ce qui m'a, en revanche, passionné, c'est l'amitié entre les deux hommes, enfants si semblables, mais dont l'un chasse pour se nourrir et l'autre pour le plaisir. Toutefois, l'auteur nous raconte les batailles en France dont les canadiens occupaient les tranchées, point de vue que l'on connait peu. Des hommes bons, des hommes obnubilés par le pouvoir, des hommes sous l'emprise de la morphine et d'autres encore lucides, l'humanité décrite par un oeil observateur et jamais lassant. C'est le premier roman de l'auteur, et j'ai été charmé par sa narration. Voici un écrivain qui sait raconter des histoires, un conteur. Pas un coup de coeur, malgré tout : trop de récit de guerre, mais qui n'altèrent en rien le plaisir de lire cette histoire de vies et d'âmes. L'image que je retiendrai : Celle de Niska, la Tante, qui ramène Neveu à la vie avec ses histoires. Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
24/08/11
 

C'est passionnant. A lire de préférence avant son 2ième livre les saisons de solitude. J'ai fait le contraire...

cfons
30/01/10
 

Le chemin des âmes S'inspirant de faits historiques - l'engagement d'Indiens dans l'armée canadienne lors de la Première Guerre mondiale - Joseph Boyden nous donne un très beau premier roman sur l'amitié et les horreurs de la guerre. Ponctué de longs retours en arrière - récits du front et souvenirs d'une vieille Indienne Cree - ce roman nous rappelle aussi le sort réservé à un peuple devenu minoritaire dans son propre pays.

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.25 kg
  • Langage original : ANGLAIS (CANADA)

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