Le cheval soleil

SIGURDARDOTTIR S

livre le cheval soleil
EDITEUR : HELOISE D'ORMESSON
DATE DE PARUTION : 23/10/08
LES NOTES :

à partir de
18,00 €

SYNOPSIS :

Le chagrin d'amour est-il une maladie ? L'épidémie aura-t-elle raison de toute la famille de Li ? Avec son frère Mummi, Li est perdue dans une demeure de trois cent soixante mètres carrés où les câlins n'existent pas. Ses parents médecins sont trop préoccupés par leurs petites malades pour se soucier d'elle. Aussi sa vie ne commence-t-elle
pour de bon qu'avec le grand amour. Pourtant Li refuse le bonheur et rompt trop vite. Impossible pour elle d'échapper à une existence faite d'attente et d'amertume. Jusqu'au retour, tardif, de l'être aimé. La résurgence des souvenirs revêt une forme inattendue dans ce roman où le dépaysement vous saisit d'emblée et ne vous làche plus.
3 personnes en parlent

Je viens de finir ce livre qui m'aura tenu en haleine peu de temps. J'ai eu le "malheur" d'engloutir le début, de le poser quelques jours et de le reprendre en étant complétement perdue, mal m'en a pris. En reprenant le cours de l'action, on est tout de suite absorbé par cette plume tout à fait authentique, tout à fait poétique et quant à moi, elle m'a tout de suite interpellée. J'ai même été jusqu'à presque louper mon arrêt de train tellement je suivais avec palpitation la narration. Et d'ailleurs, quelle est-elle?Nous sommes à Sjafnargata, bourgade islandaise pareille à toutes autres. Lilla c'est la narratrice mais son nom est très peu évoqué. C'est son surnom, Li, qui est chuchoté dans le creux des oreilles, car c'est le petit nom que lui a donné son amoureux. Nous la suivons de l'enfance jusqu'à sa vie adulte, elle qui est un peu perdue dans son quotidien peu banal. Car ses parents sont médecins et n'ont d'intérêt que pour les petits corps malades. Raghnildur, la mère, est impitoyable dans ses diagnostics, elle a le don de reconnaître la maladie à sa base. Haraldur, le père, est plus coulant mais non moins tout autant absent à son devoir paternel. C'est ainsi que grandissent Li et son petit frère Mummi, comme des mauvaises herbes. Étaient-ils désirés? Leurs parents, qu'ils appellent entre eux "Les Époux", les évitent et semblent toujours extrêmement étonnés lorsqu'ils les croisent dans une pièce.Heureusement la maison est grande, les rencontres sont donc rares et chacun respecte donc l'espace de l'autre comme un colocataire imposé. Les parents entre eux adoptent la théorie de l'autruche en s'enfermant dans des rôles de conjoints ordinaires : "où sont passés mes lunettes?" sont le lot quotidien de ces deux-là qui se sont retrouvés liés presque malgré eux (c'est du moins la sensation qu'on en a). D'ailleurs, l'hypothèse se confirme puisque Raghnildur garde en secret le poème d'un de ses amants de jeunesse et Haraldur lui, conserve une photo d'une ancienne petite amie décédée. Mais qu'est-ce que c'est que cette famille me direz-vous? C'est exactement la question que je me suis posée car on a tout à fait l'impression d'être tombé dans un milieu de fous où tous les gens se côtoient presque forcés (sauf les enfants qui grandissent ligués contre les adultes).Voilà pour le schéma familial de Li ! Sauf que Li n'est pas seulement une enfant non choyée par des parents, elle est aussi une femme qui a connu l'amour. C'est d'ailleurs cet homme, qui l'a fait vibrer par le passé, qui est le fil conducteur du livre. En effet, ils se sont connus adolescents, se sont aimés très sérieusement (l'amour peut-il être sérieux?) et se sont séparés, comme par la force des choses. Sauf que l'homme est de retour en Islande après un long périple en Italie et que c'est toute une histoire qui ressurgit. Les retrouvailles sans doute sont fortes car il y a tant à raconter...Je me suis couchée dans le lit cadeau-de-communion, sur la couette aux anges usés, et j'ai pleuré comme si c'était moi qui avais inventé les larmes, avec toutes sortes de variantes dans les sanglots, - moi qui n'ai même pas dit ouf quand j'ai accouché de mes filles, je trouvais invraisemblable que tu aies importé d'Italie cette bétonnière orange. (p. 16)J'ai l'impression d'avoir raconté beaucoup mais j'ai malgré tout omis des éléments importants qui ponctuent la vie de cette petite Li. Elle marche dans les traces de sa mère, se lie d'amitié pour l'"herbivrogne" du village, succombe à un homme, part et revient. C'est en somme une histoire loufoque où se mêlent les poèmes et une narration subtilement menée. Il y a les flash-backs, les apartés pour l'amoureux, les réflexions sur l'amour et la vie, enfin il y a cette famille autant un poids qu'un indestructible attachement.Un livre fort et que j'ai aimé ! Beaucoup ! "Aux âme bien nées la valeur n'attend pas le nombre des années" (Rabelais)

Melopee
04/06/11
 

C'est vraiment un très très beau roman. L'écriture est très poétique avec de très nombreuse hyperbole faisant ressortir les sentiments. Les relations entre les personnages surtout celle parent enfant sont parfois surprenante voir désarçonnante. J'ai trouvé qu' il y avait dans ce roman beaucoup de tristesse, l'histoire est assez sombre, désabusée. Nous et Li sommes heureusement préserver par l'innocence donné par l'enfance puis par l'humour salvateur de l'adulte. Li ne se plaint pas, elle observe et constate :"Les gens comme elle ne devraient sans doute pas avoir d'enfants, surtout quand ils sont marqués pour la vie par un chagrin d'amour universel (...)Une très belle lecture

Lacazavent
24/05/13
 

J'ai oubli de poser ma chronique pour ce bon livre, je répare de suite !!Lilla, bien que son prénom sente le printemps, n’est pas une femme épanouie. Depuis le départ de Magda, elle assure l’intendance de la maison et s’occupe de son petit frère alors qu’elle n’est, elle-même, qu’une enfant. Petit à petit elle se renferme sur elle-même. Ses parents, docteurs, vivent pour les enfants de l’hôpital, et leur chagrin d’amour respectif, d’ailleurs son frère et elle les nomment « les époux ». Elle n’a jamais eu, depuis le départ de Magda, de câlins. Jeune femme, Li rencontre l’amour, connait la joie et le bonheur, jusqu’à ce qu’elle mette fin à cette relation, comme si tout bonheur lui était refusé. Mariée à un autre parce qu’il le voulait, elle vit une vie triste et morne d’infirmière au service des mourants. Enfant, elle allait voir « l’herbivrogne » une pauvre femme trop portée sur la bouteille dont la petite fille adorée a été confiée à une autre famille. Elle se trouvait bien avec elle, qui lui préparait des crêpes, lui parlait de sa fille jusqu’au jour où Li la trouve pendue, sans comprendre ce qu’elle avait vu. La fille d’herbivrogne deviendra son amie virtuelle puisque elle est toute seule.Une fois divorcée, elle revient dans la maison de son enfance et là, elle voit une silhouette connue : celle de son ancien et toujours amoureux. Tout repart, peut-être que l’épidémie de chagrin d’amour à vie touchant sa famille et beaucoup d’islandais ne la touchera plus, qu’elle va pouvoir s’ouvrir à la vie. La chaleur, le désir de couleurs reviennent en elle, mais…. L’écriture de Steinunn Sigurdardottir est toute en demi-teinte, emprunte de poésie. J’ai beaucoup aimé ce livre mélancolique où tout arrive trop tard où la mort est omniprésente, même la « petite mort » qu’est la vie de Lilla.

zazy
11/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.70 cm
  • Largeur : 14.10 cm
  • Poids : 0.24 kg
  • Langage original : ISLANDAIS
  • Traducteur : CATHERINE EYJOLFSSON