Le coeur cousu

MARTINEZ, CAROLE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 05/03/09
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SYNOPSIS :

« Écoutez, mes soeurs ! Écoutez cette rumeur qui emplit la nuit ! Écoutez... le bruit des mères ! Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recette se côtoient. Les douleurs muettes de nos mères leur ont bâillonné le coeur. Leurs plaintes sont passées dans les soupes : larmes de lait, de sang, larmes épicées, saveurs salées, sucrées. Onctueuses larmes au palais des hommes ! » Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous

le regard jaloux des villageoises ; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre ; le coeur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... Le roman fait alterner les passages lyriques et les anecdotes cocasses ou cruelles. Le merveilleux ici n'est jamais forcé : il s'inscrit naturellement dans le cycle tragique de la vie.

Un sublime, somptueux, magnifique roman, à ne manquer sous aucun prétexte. Coup de cœur pour ce roman inclassable et difficile à décrire, mais qui vous charmera aussi sûrement que le fait l'héroïne elle même. Cette magicienne aux doigts de fée métamorphose les bouts de tissus qu'elle brode, ils prennent vie, comme envoûtés, tissant les destins alors même que le sien et celui de ses enfants, en errance sur les routes d'Espagne, lui échappe... Un moment de poésie rare...

marie-sophie (lille)
Un sublime, somptueux, magnifique roman, à ne manquer sous aucun prétexte. Coup de cœur pour ce roman inclassable et difficile à décrire, mais qui vous charmera aussi sûrement que le fait l'héroïne elle même. Cette magicienne aux doigts de fée métamorphose les bouts de tissus qu'elle brode, ils prennent vie, comme envoûtés, tissant les destins alors même que le sien et celui de ses enfants, en errance sur les routes d'Espagne, lui échappe... Un moment de poésie rare...
Shirley ,
Librairie
(Roubaix)
56 personnes en parlent
Après la pièce de Théâtre découverte au Colysée de Roubaix ,j'ai voulu lire le livre ,bien plus copieux .C'est dense , plein d'émotions et riche en apports historiques ( sur la guerre d'Espagne) Toutes les brodeuses et couturières devraient lire passionnément ce récit d'une fille-femme-amante-mère qui coud de ses fils magiques tous les coeurs qu'elle rencontre .L'écriture est vraiment exceptionnelle , pleine de belles surprises : un plaisir de la vie , un régal !
marie helene Mme

J’ai été émerveillée par ce livre… Soledad m’a racontée la plus belle histoire qu’il soit. Une histoire si belle que j’ai eu l’impression de rêver. Pas une histoire de princesse mais l’histoire de sa famille qui commence par celle de sa mère Frasquita. Doux nom pour cette jeune fille qui en devenant femme se voit confier un coffret et des prières obscures. Le coffret contient son avenir. Magnificence de l’écriture qui donne toute sa puissance à cet héritage transmis de mère en fille. Mais, sous le soleil d’Espagne Frasquita doit être patiente. Ses doigts sont ceux d’une fée, elle coud et elle brode comme personne. Jeune femme remplie d’innocence au grand cœur, elle déploie tout son art quand elle découvre dans le coffret des fils aux couleurs les plus belles et les plus variées. Beauté des mots et beauté de ce qui se transforme sous ses doigts : le chiffon devient papillon convoité qui s’envole. J’ai ressenti toute son émotion le jour où parée de sa robe cousue de ses mains, elle a uni sa vie à celle de José. Cœur qui bat, corps qui frémit et qui donne vie à Anita puis à Angela. Frasquita n’hésitera pas à braver les interdits et offrir son corps selon les cycles de lune pour donner un fils à José. J’ai écouté le chant mélodieux d’Angela, j’ai eu beaucoup de tendresse pour Anita, la silencieuse. j’ai admiré les dessins de Pedro , j’ai aimé comme mon propre enfant la petite Clara qui se nourrit du soleil , j’ai eu mal pour Martirio la fille de la nuit. Mais surtout j’ai suivi Frasquita perdue par son homme au jeu. Avec ses enfants, elle traversera le pays, le désert, elle verra l’océan. Elle rencontrera des révolutionnaires mais aussi des femmes qui l’aideront et sera toujours là pour ses enfants. Mère dévouée qui les protège, femme aimante dont l’aiguille et les fils font des miracles. J’ai vécu chaque mot, chaque phrase de cette lecture… Un livre qui est bien plus qu’un coup de cœur… merveilleux, magnifique. La réalité, les contes, le monde onirique ne forment qu’un et c’est sublime. Un livre qui par son aspect riche en couleurs m’a rappelé Chocolat amer de Laura Esquivel mais en beaucoup plus grandiose.Il s’agit du premier roman de Carole Martinez qui elle aussi possède un don précieux: celui d’écrire… http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
27/07/10
 

Ce roman a tout pour plaire au lecteur qui recherche une histoire originale, attrayante, avec un brin de fantastique, de sorcellerie ou de magie, le tout saupoudré de "saga" familiale. La trame selon laquelle la famille de Fraquista est "touchée" par un don et doit vivre avec, m'a beaucoup fait penser à un livre de Sylvie Germain Le livre des nuits où on retrouve la même ambiance: la réalité imprégnée de fantastique. L'histoire est réussie car du début à la fin, le lecteur est emporté par les scènes qui se succèdent, parfois cocasses, parfois dures, et évolue au sein des personnages qu'il rencontre. Construit comme une légende orale transmise de génération en génération, la saga familiale fait entorse au bon goût et assoit son éternité sur les épreuves qu'elle a du endurer. L'auteur a su trouver des idées fort originales à la fois pour se moquer de la superstition des petites gens et dénoncer le rejet des gens "différents", mais aussi pour saupoudrer ça et là ses pages de magie. Enfin un bon livre facile à lire, super plaisant, très bien écrit, et difficile à lâcher. Attention, auteur à suivre! vivi

vivicroqueusedelivres
19/02/12
 

Ce roman est une véritable épopée empreinte de magie, de passion, de colère, de violence et de déraison dans un paysage aride, sec comme le coeur parfois de cette femme, Frasquita, à la fois envoûtante et mystérieuse. Une écriture envoûtante, forte, colorée. J'ai basculé dans un autre univers, une autre dimension le temps de cette lecture.

floaimelesmots
18/08/11
 

En fait, je ne sais pas comment parler de ce roman. C’est une saga familiale, une fresque, un roman fleuve, l’histoire d’une lignée de femmes possédant un don lié à une boîte mystérieuse. Mais c’est aussi tellement plus ! C’est une danse à trois temps, un voyage en trois étapes de l’Andalousie au Maghreb.J’ai parfois pensé au soleil des Scorta à cause de l’aridité du décor, de la chaleur étouffante, du destin familial douloureux se déployant sur des décennies. J’y ai vu beaucoup de poésie, une imagination débordante, une écriture sensible et belle, pleine de retenue, de souffle et de respiration. J’ai vu l’amour sans borne de l’auteur pour ses personnages féminins et j’ai apprécié leur singularité, la richesse de leurs caractères. J’ai vu l’intrusion du fantastique et étrangement, cela ne m’a pas gêné. Sans doute parce que cette intrusion par petites touches est proche du réalisme magique sud américain que j’aime tant (l’épisode du moulin en est sans doute l’exemple le plus typique). Il y aurait tant d’autres choses à dire mais je veux rester au niveau de mon simple ressenti de lecture et ne pas rentrer dans l’exégèse. Mes deux petits bémols ? J’ai trouvé que le sort réservé aux hommes (lâches, stupides, bornés, défaillants, etc.), certes réaliste, manquait parfois de nuance. Et j’ai ressenti quelques longueurs dans la seconde partie avec les anarchistes. Mais bon, il faut bien que je pinaille un peu.Le cœur cousu, c’est une histoire foisonnante, à la construction ambitieuse révélant un sens aigu de la narration. Je suis sorti totalement bluffé de ce premier roman aussi maîtrisé qu’audacieux. Un roman merveilleux, dans tous les sens du terme. http://litterature-a-blog.blogspot.fr

jerome60
08/01/16

J’attendais beaucoup de ce premier roman, mais j’étais très loin de m’attendre à un tel coup de cœur ! Ce livre fait partie de ceux qui font vibrer, trembler, pleurer, (sou)rire et écouter, tel un enfant émerveillé par un joli conte. Tout au long du récit, je me suis laissé porter par les mots de Soledad, la cadette destinée à la solitude dès sa naissance par son nom, et par ceux de la conteuse de la famille, celle qui fut mère trop tôt. J’ai tremblé pour les deux sœurs face à l’Ogre, ces deux enfants complémentaires, l’une fille du soleil et l’autre de la lune. J’ai pleuré sur le sort réservé à Angela et Pedro, les deux mal-aimés de la communauté peureuse face à l’inconnu. Je me suis laissé ensorceler par la magie de ce roman, tissé de main de maître par Carole Martinez, et par les gestes de Frasquita, la couturière virtuose.Ce qui rend ce roman si chatoyant, ce sont tous les fils thématiques exploités et mis en valeur par l’auteure : aucun n’est sous-estimé ou n’éclipse les autres, chacun s’insère harmonieusement dans l’ensemble. Le conte se mêle avec justesse au roman, de même que le merveilleux au réalisme. La magie, très présente, apparaît comme naturelle et vraisemblable, liée aux croyances populaires. On pourrait la considérer dédaigneusement comme un tissu de superstitions, mais il est si beau d’y croire et de revenir en enfance, au temps des histoires chuchotées le soir. Sur cette première trame, se superpose l’histoire d’une famille et d’une lignée de femmes, une transmission mystérieuse de bonheurs et de souffrances à travers une mystérieuse boîte. La maternité, la fratrie et les liens familiaux sont donc abondamment évoqués. Mais les hommes interviennent également dans ce récit, brisant les vocations et les destins d’un fil noir rageur, à l’image du rouge, symbole du sang et des guerres, ou de la couleur des peurs ancestrales face à l’inconnu. Enfin, le rapport entre l’écrit et l’oral, le roman et le conte, forme la bordure de cette œuvre : on n’y est pas forcément attentif, mais c’est un élément essentiel et structurant, dont la solidité assure le maintien de l’ensemble.Il y aurait encore tant à dire sur ce magnifique roman, mais je n’ai plus de mots à poser sur toutes mes émotions. Je ne peux que vous en conseiller vivement la lecture.

AmandineMM
16/02/13
 

J'ai été très surprise par ce roman. Tout d'abord, par le rythme de l'histoire qui ressemble plus à un conte qu'à un roman classique.Ensuite, par la façon d'écrire de l'auteur qui est... différente, même si parfois un peu dérangeante, pas désagréable pour autant, mais il faut s'accrocher un peu au début.Cependant, on est très vite happé par l'histoire et personnellement, je n'arrivai pas à lâcher ce livre finalement très agréable.Les personnages sont attachants et même si leur vie n'est pas des plus joyeuse, j'ai été ravie d'en connaitre la fin. Frasquita est une jeune mère très attachée à ses enfants mais qui adore aussi terriblement la couture.Chacun de ses enfants possèdent un don particulier, maléfique ou bénéfique en fonction des interprétations. Vraiment un bon livre que je recommande vivement!

Ally
14/01/13
 

J'y ai retrouvé le talent de conteuse de Carole Martinez que j'avais déjà noté dans son second roman, mais il m'a semblé encore plus magique, encore plus grand... En ne situant pas vraiment son histoire ni géographiquement, ni dans le temps, Carole Martinez nous offre un conte, au sens premier du terme, nous narrant l'histoire d'une femme, Frasquita, et de sa descendance, une histoire magnifiée par le pouvoir des mots... Avec le même talent de brodeuse que Frasquita, Carole Martinez assemble les mots et les tisse pour nous embarquer dans une histoire un poil surnaturelle, complètement magique, et vraiment belle, faite d'amour, de bonté et de tolérance.Je ne sais que vous dire de plus sur ce roman, tant de chose ayant déjà été écrites. Mais je voudrai vraiment vous inviter à l'ouvrir, à vous embarquer dans ce récit qui est un éloge du pouvoir des mots, ces mots qui transforment parfois la réalité pour la rendre plus belle, plus douce, plus mystérieuse, et pourquoi pas un peu magique. Un conte pour adulte où légende et mythologies viennent colorer le quotidien et lui insuffler un peu de poésie et de mystère... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
21/03/12
 

Quelle claque! Cette histoire est tellement loin de ce que j'aurais pu imaginer. Carole Martinez m'a juste envoutée. Vraiment. J'ai été emporté par les personnages qu'elle met en scène, ainsi que les décors qu'elle nous dessine. Je suis encore dans l'histoire, je l'ai lu en une semaine et je suis triste d'avoir déjà fini mais en même temps je voulais tellement savoir ce qui allait arriver à cette famille. Les personnages m'ont touchés. L'histoire mêle miracle, religion, croyances, mort, amour, trahison et malheur dans cette Espagne que je ne connais pas vraiment... Je ne peux que conseiller ce livre!

searchxme
03/03/12
 

De la dentelle... Il est rare qu'un livre arrive si bien à faire basculer son lecteur dans le domaine du sensible mais dans Coeur cousu tous les sens sont mis en éveil. Le destin de cette héroïne hors norme et de sa progéniture m'a enchanté et littéralement fait voyager.

L'auteur met surtout en avant la dure condition féminine des années 30 en Espagne, qui n'avait rien de bien glorieux et le courage exceptionnel de ces femmes osant affronter l'indifférence masculine. Mélangeant poésie et fantastique le récit est à la fois fascinant et déroutant pour qui n'ouvre pas son imaginaire. Les portraits décrits par l'auteur sont inhabituels tantôt obscurs tantôt merveilleux, l'amour qui uni les soeurs et le frère est particulièrement touchant. Pour ceux et celles qui aiment les récits métaphoriques et magiques… Une bibliothécaire du 33

oops
20/01/12
 

La fable est lentement tissée sur le métier. Les fils des vies de la mère et de ses filles soigneusement brodé en couleurs chatoyantes.Dans le silence de la boîte, doucement s'entrouvre et délivre le secret mystérieux de leurs destinées. La voix entremêle peu à peu ses fils dans ce tableau. La voix silencieuse de la soeur Anita qui veille sur ses soeurs cadettes. Et le long poème qui s'échappe de ses lèvres une fois la boîte entrouverte. Puis la voix cristalline d'Angela venue porter le souffle de la révolution, s'élève ensuite, divine dans les hauteurs de l'église après s'être confrontée à celle des oiseaux. La voix du vent qui annonce les mariages, les événements, qui accompagne Frasquita et sa caravane d'enfants dans le désert, et qui renferme les pages de ce coeur cousu. Le silence d'Anita, et le silence du désert. Désert de sable, venu habiter la mère puis accompagner la fille, corps de sable et de solitude. Les robes blanches tissées sur les corps de ces femmes et brodées sur les pages de cette fable. La violence, la douleur et le sang de ces combats de coq, de ce mari imparfait et père obsessif et aveugle, violence de ces dessins rouges vifs déposés à la craie sur le sol et les façades des maisons par ce fils rouquin robuste et sensible qui n'est pas parvenu à toucher son père.La montagne, monstre sacré d'une contrée en révolte, devenue lieu d'assauts, berceau d'un soulèvement et tombeau des hommes parés pour se battre. La jeune soeur, astre solaire, sur le flanc de la montagne irradiant à la tombée de la nuit, doucement s'endort. Son éclat le jour, beauté divine et intouchable. Fable contée à la lueur d'une flamme à la tombée de la nuit. Chant mélodieux. Roman épique et merveilleux, bercé de fantaisie, peuplé de sorcières, de divination, de sorts, prières et prémonitions. Parabole biblique d'un exode vers une terre promise et d'un dialogue avec la figure divine. Cosmogonie où les destinées sont révélées par les récits de la soeur Anita. Long poème tressé de fils d'or, d'argent et de couleurs, s'évanouit en un baiser sur les joues de la narratrice....Pour moi, une merveilleuse découverte avec cette fable et cette auteur.

AnneGaelle
02/01/12
 

Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.

Un bijou littéraire!Une histoire captivante et originale, un style lyrique et enchanteur : Carole Martinez a mérité ses 9 prix littéraires. Le cœur cousu est un livre comme on aimerait en trouver plus souvent chez nos libraires, et qui nous rappelle qu'écrire nécessite un véritable talent au service d'une imagination fertile.Quand l'élève surpasse le maître... On retrouve dans ce roman le style initié par Gabriel Garcia Marquez, empreint de lyrisme et de poésie. Carole Martinez possède un réel talent et nous livre un roman au style impeccable qui sait toutefois se faire oublier pour laisser la part belle à l'intrigue.Ce genre littéraire a ses adeptes et les histoires peuvent sembler déroutantes car les limites entre le réel et le fantastique sont ténues; on s'aperçoit a posteriori qu'on a basculé, l'espace de quelques lignes, dans une autre dimension... Si on parvient à se laisser emporter par la magie du livre, on pénètre un univers coloré, déroutant, dont on ressort revigoré et plein d'allégresse. Littérature et Chocolathttp://litteratureetchocolat.wordpress.com/

Litteratureetchocolat
16/08/11
 

Carole Martinez nous entraîne dans une saga familiale, au Sud de l’Espagne. Dans cette lignée, depuis la nuit des temps, un coffret « mystérieux » se transmet de mère en fille. Dans cette boîte, des fils et des aiguilles, qui font découvrir à Frasquitta la passion pour la couture et la broderie. Elle y excelle, dès ses 13 ans, et brode un cœur pour la Vierge des processions, qui est une simple carcasse de bois qu‘elle découvre avec stupeur. Miracle : le cœur se met à battre !? Elle se marie, devient mère de famille, et même si sa vie d’épouse ne la comble pas, sa passion pour l’art de l’aiguille et l’amour qu’elle porte à ses nombreux enfants l’aident à traverser les pires épreuves.De multiples rebondissements se produiront et son épopée à travers l’Andalousie, avec tous ses enfants qu’elle traîne en charrette au milieu des conflits et des guerres, tient le lecteur en haleine. C’est magique, tendre, cruel et tragique. Un très beau conte où l’irréel se mêle à la vie et nous émerveille.

Le roman est raconté par Soledad, une jeune fille qui n'a presque pas connu sa mère et qui pourtant tente de nous ranconter son histoire. Une histoire tantôt belle et poétique, tantôt dure et cruelle, mais toujours une magnifique écriture... un très agréable moment de lecture !

feedoll
07/07/11
 

Une très jolie fable que ce roman très féminin. Carole Martinez nous emmène aux confins de l' Espagne, entre l'Andalousie puis l'Afrique du Nord et dresse le portrait d'une famille de magiciennes, portée par une maman très couturière (quelle métaphore que le tissu cousu en même temps que les corps et les âmes). Cette saga très bien écrite (beaucoup de lyrisme et de poésie dans l'écriture) et rondement menée raconte la vie de cette femme et celle de ses six enfants, à l'avenir parfois tragique. Le destin s'en mêle. A lire pour s'évader, pour enfin lire une très belle histoire. Quelques longueurs au début mais on est complètement happé ensuite par cette mère courage (et devenue folle !) et sa progéniture fantastique. Les hommes n'ont pas trop de beaux rôles là-dedans.Vraiment un très bon roman.

Cave
13/03/11
 

Dans un village reculé du sud de l'Espagne, vit une famille considérée comme diabolique. Chaque femme de cette lignée est, telle une sorcière, dotée d'un don particulier, transmis symboliquement sous la forme d'un coffret qu'elle devra garder clos durant neuf mois... Frasquita, qui manie l'aiguille avec talent, se verra accorder une grâce inouïe : ses broderies deviendront oeuvres de chair. Fiancée à un jeune homme qu'elle n'a pas le droit de regarder, même à l'église, sous peine de passer pour une fille perdue, la jeune fille, dans l'attente innocente et fébrile de sa nuit de noces, décide de confectionner elle-même sa robe de mariée.Plus tard, le fil dont Frasquita use pour coudre, broder et tisser de merveilleux ouvrages, ce fil qui la relie symboliquement au monde, lui servira à raccommoder les êtres déchirés, à recoudre l'ombre vagabonde d'un personnage déraciné, à ressusciter un coq moribond... Et les enfants qu'elle met au monde ont tous un petit quelque chose de pas très catholique, de bizarre, de dérangeant... Il n'en faudra pas beaucoup plus pour que le village, un temps apaisé, ne revienne à la charge.Un jour, à la suite d'un combat de coqs, elle est vendue par son mari au seigneur local pour payer une dette d'honneur. Par obligation, mais aussi par amour, Frasquita se donne au jeune Heredia, au su de tout le village... Et la voilà mise au ban, répudiée par les bonnes gens du voisinage. Elle part donc, traînant avec elle ses enfants entassés dans une charrette à bras - cinq mouflets, tous affligés de dons plus improbables et farfelus les uns que les autres...

Schlabaya
17/08/10

D'ordinaire je me méfie des bandeaux sur les livres, encore plus lorsqu'il remporte plusieurs prix littéraire, alors 9, imaginez ! Mais bref après quelques conseils, je l'ai pris et me suis lança dans la lecture et là ... A lire cette histoire vous entendez plus que d'ordinaire la voix d'une conteuse, vous êtes transporté, vous revenez presque aux origines du récit ! A lire à haute voix pour en faire profiter aux alentours ! Virgule,...

Meandnothim
09/07/10

Un immense coup de coeur pour moi ! Je l'ai lu en 2 jours -et nuits ! (décidément, en ce moment, je suis une mère et épouse indigne, plongée que je suis dans mes lectures et abandonnant la maisonnée à elle-même tant que je n'ai pas terminé ces livres passionnants qui me suivent partout...).Grâce à l'écriture ciselée de Carole Martinez, qui déroule cette histoire magique et envoûtante à petits points, à petites touches, j'ai voyagé moi aussi aux cotés de Frasquita et de ses enfants sur les routes d'Espagne et d'Afrique du Nord. Magicienne ou sorcière, cette femme au destin terrible et merveilleux à la fois est terriblement attachante. Ses enfants, héritiers d'un don mystérieux et magique adapté à la personnalité de chacun, devront suivre leur propre chemin pour grandir aux cotés de cette mère étrange. Bénédiction ou malédiction, c'est en donnant un sens à sa vie que chacun pourra faire évoluer le cadeau reçu de la boite mystérieuse, et décider par ses actions s'il en résultera des bonheurs pour eux et leur entourage ou bien un malheur renouvelé, encerclant cette famille bien particulière dans une spirale sans fin.Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
21/12/09
 

Une odyssée magique Même si on peut ne pas se laisser pleinement emporter par l'histoire et l'aventure des personnages, on ne peut, en revanche, qu'être époustouflé par le style de ce roman construit comme un conte. Richesse du langage, descriptions imagées, imagination foisonnante, situations incroyables voire magiques, présence du fantastique et du fabuleux..., l'auteur (premier roman!) réussit un véritable tour de force qui fascine.

Le cœur poursuit ses raisonsEvidemment dans une profusion.Calfeutrées dans une trousse de coutureŒillades d’histoires dans cette famille,Ut et quelques clés poétiques pour nousRaconter une saga palpitante, une belle écriture s’invite.COUSUVéronique DuboisExtrait du livre – page 399 – Le cœur cousu – Carole MartinezMais quelques boutons n’auraient pas suffi. As-tu vu ce regard qu’elle porte sur moi ? Elle n’aime comme jamais personne ne m’a aimé. Clara n’est pas une idiote. C’est une poésie. Sache que j’ai moi-même la nuit en horreur. Elle m’a toujours fait peur. Lien www.veronique-dubois.com – rubrique livres sur la droite de l’écran

veroniquedubois
26/08/09
 

Farouche et indomptable, ce roman l'est totalement. D'ailleurs, son contenu va au-delà du romanesque, c'est plus flamboyant, grandiloquent. Une fresque familiale avec ses joies et ses peines, des chapitres courts mais magiques, car on ne m'enlevera pas l'idée qu'un petit génie a mis sa touche dans ce livre-là... Chaque personnage aurait mérité un livre à lui tout seul, tant leur destinée est à chaque fois époustouflante.Il y a aussi du conte, de la fable, des légendes... On y croise un ogre, un homme qui sent l'olive, un bébé lumineux (ou solaire), des femmes qui aident, une prostituée au grand coeur, un chien jaune et un coq rouge (j'en oublie). C'est aussi un livre qui parle des mères (et des filles), de la transmission, du sang, des prières. C'est fou, sensuel, pittoresque, paré de mille couleurs, éclatant de poésie, violent. C'est long, mais bon.

Clarabel
20/02/09

Cette histoire est magnifique, magique. J’ai trouvé quelques longueurs, que j’avoue avoir lues parfois en diagonales (notamment la partie sur la révolution). Cependant, l’histoire est unique, voire irréelle, je dirais presque aérienne. Frasquita nous enchaîne dès les premières lignes, elle nous lie par un fil à son histoire. Comme elle, j’ai attendu de savoir ce que contenait cette mystérieuse boîte. Sa vie de femme se déroule sous nos yeux ébahis ensuite, l’amenant à croiser des personnages tendres, comme Lucia, ou plus cruels comme Eugenio. Ses enfants ont tous un « don » ou un « maléfice ». Chacun l’exploitera à sa façon. Il n’est pas difficile de comprendre ce que contient la boîte d’Anita, mais la magie opère quand même.Je me suis attachée à cette femme et à ses enfants. J’ai eu de la compassion pour son mari, puis une incompréhension totale, qui est devenue presque une aversion. J’ai aimé l’homme de l’oliveraie, cet homme décousu que Frasquita a reprisé.

Virg054
28/01/16

Une odyssée magique Même si on peut ne pas se laisser pleinement emporter par l'histoire et l'aventure des personnages, on ne peut, en revanche, qu'être époustouflé par le style de ce roman construit comme un conte. Richesse du langage, descriptions imagées, imagination foisonnante, situations incroyables voire magiques, présence du fantastique et du fabuleux..., l'auteur (premier roman!) réussit un véritable tour de force qui fascine.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Même si les sujets traités sont complètements différents, j'ai retrouvé le côté conte et merveilleux qui m'avait charmé dans Du domaine des Murmures. Et cette fois, j'ai été complètement emportée dans cette aventure, dans cette lignée de femmes, fortes, atypiques, à la marge, mais extraordinaires, dotées d'un quelque chose en plus (don exceptionnel, magique pour la couture, le chant, le dessin, l'art de raconter). J'aime les héroïnes douées (cf l'héroïne du roman de Tracy Chevalier La dernière fugitive, quilteuse émérite). Cela m'a évoqué les romans de Véronique Ovaldé (Ce que je sais de Vera Candida) ou encore (surtout) La maison aux esprits d'Isabel Allende. On est en plein dans le "réalisme magique" des romans sud-américains. Racontée comme une légende, à la veillée, cette histoire nous transporte, et on se laisse emporter sans aucune résistance. (juillet 2015)

Pitchoubinou
03/08/15
 

Petit rappel sur l'histoire: Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels. Carole Martinez construit son roman en forme de conte: les scènes, cruelles ou cocasses, témoignent du bonheur d'imaginer. Le merveilleux ici n'est jamais forcé: il s'inscrit naturellement dans le cycle de la vie.Entre magie et pauvreté, petits bonheurs et grandes tragédies, Carole Martinez nous emmène aux côtés de Frasquita dans un univers à part. Dans un univers de femmes, filles, soeurs qui doivent batailler contre les préjugés, contre la misère. Dans ce roman, on trouve des hommes qui se prennent pour des poules, d'autres qui sentent l'olive, des ogres. On trouve des robes de mariées qui se fanent, des visages recousus. On baigne dans la magie, du début à la fin. De l'Espagne à l'Afrique. De la naissance à la mort.Servi par une langue magnifique, poétique, lyrique souvent, douloureuse parfois, Le coeur cousu est un beau roman qui souffre pour moi, du destin même de ses personnages. Arrivée aux 3/4 du livre, après une énième tragédie qu'a eu à subir la famille de Frasquita, je me suis dit "encore!". Eh oui. Encore une tragédie. Du coup, ce nouveau coup du sort, coup du destin, qui frappe ces femmes, m'a paru de trop. J'avais l'impression que l'on s'acharnait sur cette famille. Alors, forcément, je ne fais pas de ce roman un de mes préférés de la terre de l'univers. Mais je l'ai lu très vite, une fois commencé, ce qui prouve bien que j'ai aimé!En conclusion( oh la la, on croirait une dissert!), un beau roman servi par une très belle langue, mais qui m'a paru peut-être un peu "too much" pour être totalement et entièrement emballée. Vu que je ne voudrais pas vous perdre avec ce "oui, mais", je donne une note: 4/5.

Choupchoup
27/04/15
 

Coup de coeur Il sagit d'un récit plein de sensibilité et on sent bien que les émotions de chacun sont développées avec passion.

Résumé de l'éditeur : Dans un village du sud de l'Espagne, une lignée de femmes se transmet depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse... Frasquita y découvre des fils et des aiguilles et s'initie à la couture. Elle sublime les chiffons, coud les êtres ensemble, reprise les hommes effilochés. Mais ce talent lui donne vite une réputation de magicienne, ou de sorcière. Jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs, elle est condamnée à l'errance à travers une Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang. Elle traîne avec elle sa caravane d'enfants, eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels.C'est rare pour moi de donner le résumé de l'éditeur au lieu de décrire l'histoire en quelques lignes avec mes propres mots. Mais ici, je trouve que l'histoire est plutôt bien résumé. En même temps, il faut dire que ce livre regorge tellement de détails et part un peu dans tous les sens, qu'il en devient difficile d'y trouver un fil conducteur !Dans un premier temps, il est nécessaire de préciser que l'auteure nous écrit une sorte de conte. Rien de terre à terre, ne serait ce que par l'existence d'une boite que les femmes de la famille de Frasquita ne peuvent ouvrir qu'au bout de 9 mois ! Frasquita a reçu le "don" de sublimer le tissu, d'y apporter la vie et les sentiments. Etrange me direz-vous ? Et oui et c'est à peu près ça tout au long de la lecture !J'ai trouvé cette histoire longue et je n'ai pas du tout réussi à accrocher à l'histoire de Frasquita et ses enfants. Il faut d'ailleurs préciser que c'est Soledad la petite dernière de Frasquita qui raconte l'histoire de sa mère.Concernant le style de l'auteur, je dois avouer que c'est un livre très bien écrit et qu'il peut charmer par les belles descriptions et les métaphores utilisées. Néanmoins j'ai mis pas mal de temps à le lire et je ne comprends pas l'enthousiasme qu'a pu suscité ce livre... Dommage !

lizou59
05/01/14
 

La jeune Frasquita reçoit de sa mère une boite mystérieuse que toutes les femmes de sa famille se transmettent depuis plusieurs générations. Elle y découvre des fils et des aiguilles qui lui permettent de sublimer le moindre chiffon mais aussi de recoudre les hommes blessés et les êtres entre eux. Ce talent lui donne une réputation de sorcière qui la marginalise. Elle sera jouée et perdue pour un combat de coq par son mari et elle s'enfuira avec tout ses enfants a travers une Andalousie en pleine révolution.Indéniablement ce livre est une grande réussite tant par le style (quelle écriture!) , par l'imagination et le souffle épique qui traverse ce livre . On pense nécessairement à Gabriel Garcia Marquez ( surtout à "cent ans de solitude" et "l'amour au temps du choléra") pour le côté fantastique de ce roman sans pour autant crier au plagiat car l'auteure a son style propre qui nous emporte dans cette aventure pleine de bruit et de fureur. Ce sont des portraits de femmes inoubliables qu'elle nous trace en nous montrant leurs parcours dans un monde machiste, les hommes étant montré sous un jour peu flatteur. C'est un conte cruel où la tragédie côtoie le cocasse et où les dons surnaturelles ne sont pas toujours des bénédictions. On ne s'ennuie pas une seule seconde dans ce roman où la finesse est de mise et les sentiments ne sont jamais mièvres.Ma note sera de 9/10 pour ce livre magique empreint d'une grande poésie. Pour un premier roman c'est un coup de maître.A noter que ce livre a reçu beaucoup de prix littéraire dont notamment le prix Ouest France Étonnants Voyageurs, le prix Renaudot des lycéens, le prix Ulysse du premier roman. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
08/12/13
 

Et c'est un premier roman ! On espère que depuis 2009 l'auteure a de nouveau publié !Quel joli livre, à la fois conte et histoire réaliste, dans l'Andalousie franquiste où les oliviers assurent la richesse des gros propriétaires fonciers. Frasquita, jeune femme sensible et douce, a des doigts de fée, quand elle coud un papillon sur une robe, le papillon prend son vol ; quand elle coud des fleurs, les fleurs s 'animent et vivent doucement. Mais on croise aussi des méchants dans ce conte, l'ogre-pédophile, protégé par sa propre mère. Et des êtres de lumière aussi : Clara, l'enfant-lumière, l'enfant-merveille qui luit doucement d'une lumière dorée.Et en arrière-plan de ce conte joli en apparence, il y a de dures réalités : Frasquita, jouée et perdue par son propre mari lors d'un combat de coqs, le combat des rebelles républicains contre les troupes de Franco.Tout cela fait un joli (mais très sérieux) livre, héritier du roman picaresque et de Lorca à la fois, dont sans doute s'est nourrie l'auteure.

hebelin
15/08/13
 

Soledad, une jeune femme espagnole vouée à une solitude morne et terne trouve dans une boite magique, héritage de toutes les femmes de la lignée, un cahier. Elle décide alors de coucher sur le papier l’histoire de sa famille, en commençant par l’enfance de sa mère, et en retraçant toutes les péripéties de celle-ci et de ses enfants jusqu’à ce moment précis où Soledad prend sa plume pour la première fois. C’est alors une immense fresque familiale qui est décrite : Frasquita, la mère, découvre dans la boite magique des fils et des aiguilles. Avec son matériel de couture, elle recoud le monde, les hommes, les amoureux. Elle lie les âmes entre elles, elle coud le futur et le passé, sa main comme bercée par le destin lui-même. De fil en aiguille, elle se fait un nom, une réputation. Bienfaitrice ou sorcière ? La rumeur hésite…Il est difficile de résumer ce roman sans trop en dire. Le résumé que je viens de faire brièvement n’est que le tout début de cette épopée fantasque. En quatre cents pages, l’auteur nous emporte dans une aventure de cinquante ans je dirais, mais qui finalement pourrait durer des siècles, tant le récit n’est qu’une boucle sans fin, un éternel recommencement, un tout petit bout de l'histoire des femmes.Le style de l’auteur est sans aucun doute le point d’orgue de ce roman hors norme. Poétique et très portée sur la sensibilité et l’amour, cette plume talentueuse immerge le lecteur dans un univers où magie et réalité s’entremêlent dans une parfaite symbiose. La beauté est partout, la beauté est mystère, la beauté est ailleurs. La couleur joue un rôle, au même titre que les personnages. La couleur n’est pas un simple décor, mais bel et bien une entité propre : c’est elle qui décrit les hommes, elle qui inspire les femmes, elle qui lie les êtres entre eux. Les fils colorés de Frasquita, la couturière, lui inspirent les plus beaux tissus, les plus belles broderies. La couleur rouge du sang, des cheveux de son fils, des plumes du coq… La couleur verte des feuilles, des olives, de l’homme à l’oliveraie… Toutes les couleurs forment un arc-en-ciel de sentiments, de la peine à l’amour, de l’amitié à la haine. La magie naît des couleurs, la magie est une couleur ou bien les couleurs sont magiques, comme vous le sentez.Bien plus qu’un récit de bonne femme sur la magie et l’amour, ce roman est un tout. Quand l’histoire réinvente l’Histoire, cela donne un récit profond et sincère. La seconde partie du roman, est celle qui s’immisce le plus dans l’Histoire avec un grand H : les révoltes espagnoles, la pauvreté des campagnes, les croyances, la religion. L’auteur nous initie à cette Espagne mystérieuse et secrète, cette Espagne du Sud qui vit de mythes et de légendes, cette Espagne bercée par les récits de héros et de révolutions.Pourtant, l’aventure de Frasquita et de ses enfants, au cœur de l’Histoire et des révoltes, n’est que la trame de fond du roman. La thématique principale n’est autre que la place des femmes dans la société. Le nerf de la guerre : les femmes, leur sensualité, leur pouvoir sur les hommes, leur faiblesse face à eux. Elles ne servent qu’à enfanter et cuisiner. S’occuper de leurs hommes. Toujours avec discrétion : ne jamais ébruiter la peine, la folie, le malheur. Se protéger du mauvais œil. Prier souvent. Croire en Dieu et en la Vierge. Ne pas pratiquer la magie noire… Tant de règles, tant de préjugés, tant de non-dits. Les femmes pourtant ont un pouvoir, le pouvoir de soigner les autres, de transmettre le savoir.L’auteur amorce ainsi un combat millénaire : comment la femme peut-elle survivre dans un monde d’hommes ? Frasquita est perdue par son mari lors d’un pari. Dès lors, elle part sur les routes avec ses enfants. Mais elle se rend bien compte que cette procession dénote du décor, qu’elle fait tâche. Une tâche de couleurs dans le décor noirâtre de la pauvreté.Par extension, la thématique des femmes amène un autre thème : le sexe, étroitement lié à la mort. Les deux sont liés malgré ce que l’on peut penser. Le sexe est une nécessité pour enfanter (mais apporte désir, perversion, infidélité), la mort est une suite logique de la vie. Cette mort qui suit Frasquita comme son ombre, qui lui colle au train comme un serpent à sa proie. La mort de ses proches, la mort des révolutionnaires, sa propre mort est inévitable. Sauf en usant de la magie, à ses risques et périls…Toute cette fresque magique et familiale voit ainsi naître des personnages merveilleux, des personnages qui éclosent dans ce livre comme de magnifiques fleurs. Anita, la Blanca, Angela, Clara, José, Martirio, Adélaïde, Salvador… Tous accomplissent un bout du chemin aux côtés de Frasquita, tous la mène à son destin, l’accomplissement de toutes ces années de travail et de marche.En bref, un roman magique et coloré, une épopée fantastique, une aventure familiale à dévorer, une vie à contempler.Sans doute le coup de cœur de l’année.

SEcriture
28/07/13
 

Ce livre a un petit côté magique. Il me fait penser à un conte - un peu cruel - mais tout de sensibilité. Un livre de femmes, pour les femmes, puissant et enchanteur. J'ai fini par trouver quelques longueurs néanmoins et la fin "dégénère" un peu. Mais à lire assurément.

Lisons
30/05/13
 

Le monde de Frasquita est empreint de magie et ce merveilleux auréole sa vie d’un halo presque divin. Son don de couturière la lie irrémédiablement avec le monde et quoi qu’il arrive, elle continue d’avancer sur un chemin chaotique, illuminée par ses enfants aux dons tout aussi singuliers. Carole Martinez a réussi à créer un univers inimitable : « Le fil. La broderie. Des enfants comme des perles taillées dans sa chair, des sourires brodés et tant de couleurs sur les tissus pour exprimer sa joie ou sa douleur. Toutes ces couleurs ! Alors pourquoi le blanc la fascinait-il tant ? Elle devait comprendre et, pour comprendre, broder de nouveau, se remettre à l’ouvrage… Recoudre les bords du monde, empêcher qu’il ne s’effilochât, qu’il ne se défît. (p. 135) - Cette auteur a un talent indéniable de conteuse, le lecteur ne peut que l’écouter, envoûté par ces récits venus d’un autre temps, du temps où l’on croyait encore aux fables et aux légendes et où le monde n’était pas aussi désespérément rationnel : « A l’heure où le soleil occupe le centre du ciel dardant le monde de rayons verticaux, à cette heure sans ombre, l’homme à l’oliveraie traversait l’espace des hommes dans une solitude que ne venait dissiper aucun double. Il avait égaré son ombre sans que personne ne s’en aperçût et elle errait seule, comptant les oliviers depuis ce triste soir où l’enfant était rentré sans réponse.Seuls les damnés errent ainsi sans compagnie de par le monde, seuls les damnés connaissent cette solitude.Un de ces après-midi, au plus fort de l’été, alors qu’il marchait la bride de son cheval à la main dans les rues étroites inondées de soleil, à cette heure où les choses les plus profondes donnent prise à la lumière, une grille en fer forgé arrêta son habit. » (p. 145) -Un premier roman envoûtant... Lecturissime

Lecturissime
29/05/13
 

Quelle écriture ! J’ai aimé son deuxième roman, mais j’avoue que j’ai préféré celui-ci ! Une histoire de femmes qui se transmettent une boite mystérieuse capable de révéler le don de chacune. Au-delà de l’histoire familiale relatée par la petite dernière, Soledad, Carole Martinez décrit un périple au cœur de l’Espagne permettant un témoignage des mœurs et de la culture hispanique. C’est un conte qui n’en finit plus pour notre bonheur, une histoire que l’on ne peut quitter. Je me suis attachée à ses personnages, la mère qui devient « petite main », un don proche de la magie où la couture devient splendeur ; tous ses enfants qui la suivent dans cette marche forcée, sont espiègles, intelligents, aventuriers, braves, courageux et tant d’autres qualificatifs !Ce roman est une véritable odyssée, d’aventure en aventure nous rencontrons l’amour, la cruauté, la surprise, des coqs, la maternité, un ogre, la douceur, des couleurs lumineuses, le désir, la magie, l’honneur, la folie, la fratrie, la révolution, la chaleur, les mystères, la jalousie… tout en poésie. Un étonnant récit incroyablement riche.Je crois que vous l’avez compris, j’ai adoré, un seul conseil : LISEZ LE !!

Metaphore
25/05/13
 

Beau conte féministe et fantastique, poème en prose sur le rôle de l'imagination et de la narration.Publié en 2007, le premier roman de Carole Martinez réussissait le pari un peu fou de construire un ample conte intemporel, en 440 pages nourries de sources puissantes, traité d’une façon bien personnelle en une construction subtile de récits directs et d’échos déformés.Dans une campagne d’Andalousie écrasée sous le soleil et la pauvreté, où seules les oliveraies des grands propriétaires terriens et les églises pourtant loin d’être rutilantes échappent à la misère et au résigné désespoir quotidien d’une paysannerie fourbue dès la naissance, Frasquita Carasco, à l’arrivée de ses règles, prend place aux côtés de sa mère au sein d’une mystérieuse lignée de femmes peut-être (rien n’est vraiment sûr) dotées (ou affligées) de pouvoirs particuliers – femmes que sous d’autres cieux et en d’autres temps on désignerait sans doute comme sorcières, celles décrites par les études historiques et ethnographiques, depuis le bocage mayennais de Jeanne Favret-Saada jusqu’à la Vénétie de Carlo Ginzburg, en passant par celles « simplement » détentrices des savoirs de la femme-qui-aide, de la couturière et de la cuisinière, dans le Châtillonnais d’Yvonne Verdier.Désormais détentrice du pouvoir de coudre, de recoudre et de broder, et pas uniquement les étoffes, Frasquita Carasco doit vivre sa vie, entre ses nombreuses grossesses, soutenues par l’accoucheuse, l’avorteuse et la prostituée, les trois seules au village, justement, pouvant saisir ce qui est en jeu, en proie aux médisances et à l’opprobre du corps social, dès que chaque individu qui le compose, oubliant son humanité naturelle, ne songe plus qu’à se conformer et à « faire foule », et en proie aussi aux obsessions des hommes qui peuvent si aisément glisser de l’amusant et du ludique à l’aliénant et au mortifère… Perdue au jeu par son mari à l’issue de l’une de ces emblématiques crises obsessionnelles, crises énormes comme la tournure fantastique et épico-comique que prend peu à peu la narration, elle s’enfuira dans la nuit avec sa charrette et ses enfants, pour un deuxième chant, celui de la route, du calvaire de la marche et de la fuite, des rencontres sans issue, de la lutte sociale sans lendemain – mais qui contient pourtant les germes de futurs combats – avant de pouvoir, dans un troisième et dernier chant, s’installer presque paisiblement en Afrique du Nord française…La réussite toute particulière du livre tient aussi au point de vue adopté, celui de la toute dernière fille de Frasquita, qui ne connaît de tout ce périple que le récit fait par sa sœur aînée, mère de remplacement le moment venu. Ainsi, le doute persiste joliment chez le lecteur : dans ce jeu de miroirs éblouissants aux résonances rapidement mythiques, quelle est la part d’invention, de confusion, d’incompréhension et de déformation qui a pu se glisser ?C’est bien qu’au-delà du conte féministe et fantastique, « Le cœur cousu » nous parle sans doute avant tout, dans une langue poétique qui ne se permet que quelques rares affèteries, du rôle et du pouvoir de l’imagination et de la narration.Et de grands remerciements donc à mes collègues Charybde 1 et Charybde 3 pour avoir su me donner envie de lire Carole Martinez !

Charybde2
22/05/13
 

Halala, un livre pareil ne devrait pas être autoriser ! Mon histoire avec ce livre pourrait se rapprocher de celle du poisson trop curieux qui se fait prendre à l'hameçon du pécheur.Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas accroché au début, pourtant j'ai persévéré et lorsque le coq rouge a fait son apparition, tout d'un coup ma vision et l'avis que je me faisais sur ce livre c'est transformé. Dès lors, le texte a pris une tout autre ampleur, les mots et l'histoire se sont faits plus profonds, poétiques et simples à la fois. À partir delà, je ne l'ai plus lâché et lu quasi d'une traite.J'ai vraiment beaucoup aimé cette écriture à cheval entre le roman traditionnel et le conte, il a une délicatesse qui se dégage des pages. Cela fait un petit moment que je l'ai terminé et je suis toujours sous le charme. Depuis, il me reste des bribes des passages des courtes histoire de cette grande histoire.Par contre, par contre, la fin m'a déçu trop facile et prévisible à mon goût. Si je faisais abstraction des premières et dernières pages je vous dirais que ce fut pour moi un immense immense coup de cœur, seulement voilà ces pages existent, je lui mettrai donc un cœur simple après tout c'est l'une des meilleurs lectures que j'ai pu faire en 2009 du moins pour le moment.Un bémol, j'ai comme l'impression que ce livre est susceptible de ne pas plaire à tous, si vous avez une âme un peu rêveuse lisez-le autrement …

Lacazavent
22/05/13
 

Je ne suis pas grand fan des contes mêlant le fantastique au merveilleux. J'apprécie plus particulièrement des livres me faisant découvrir des époques des pays. Il m'a fallu attendre presque le milieu du livre pour dater l'histoire, l'auteur faisant référence à la découverte du vaccin de la rage par Pasteur. Je reconnais la qualité d'écriture de Carole Martinez, surtout pour sa premier œuvre. Mais je n'ai malheureusement pas pris le plaisir que beaucoup ont pris. Uniquement car ce n'est pas le genre de livre, que j'affectionne. JPV

JPV11
02/04/13
 

Voilà un beau roman très difficile à résumer, tellement il est foisonnant. L’histoire est racontée en trois livres. Le premier raconte la vie de Frasquita Carasco et de son mari, José. Frasquita est la mère de Soledad, et a plein d’autres enfants : Angela, Anita, Martirio et Clara, les filles, et Pedro El Rojo, le fils aux cheveux roux. José, obnubilé par un coq, Dragon Rouge, joue toute sa fortune dans les combats qu’il lui fait disputer, et va même jusqu’à perdre sa femme. Frasquita revient donc à Heredia propriétaire du coq vainqueur. Le deuxième livre est le départ de Frasquita, et sa vie avec les anarchistes dans les grottes. Le troisième livre raconte la traversée de la Méditerranée, et la vie en Afrique, avec notamment la naissance de Soledad. Ce qui frappe immédiatement dans ce roman est la dimension merveilleuse du récit (il paraît qu’il ne faut pas confondre merveilleux et fantastique). Frasquita est une couturière hors pair, qui répare tout : un homme à son ombre, des robes de mariée qui assurent pérennité au mariage, un coq à l’agonie… Elle arrive meme à deviner la dimension précise des robes que porteront ses filles le jour de leur mariage. Chacun des enfants aura lui aussi un don : Clara brille telle une luciole,… Il y a également l’image de l’ogre, celle des deux vieilles femmes du village qui aident les femmes à accoucher, ou à enterrer les morts. Tout le roman est truffé de scènes merveilleuses, où la peur se joint à l’étonnement.Mais il y a également une dimension historique au récit. Outre la plongée dans l’Espagne rurale du début du XXeme Siècle, on assiste à distance aux combats entre anarchistes et troupes militaires, dont on peut supposer qu’ils sont les prémices de la guerre d’Espagne. Ce combat donne d’ailleurs lieu à une terrible scène dans les entrailles de la montagne, avec une course-poursuite démoniaque.Si j’ai apprécié l’ensemble du roman, c’est le deuxième livre, plus historique, qui m’a le plus emballé. En discutant avec une blogueuse, elle a insisté sur l’aspect très féminin du texte : les femmes, silencieuses, dirigent finalement toute la famille, de gré ou de force. Si cet aspect de la lecture ne m’a pas sauté aux yeux sur le coup, il est vrai que ce roman est un hommage aux femmes, à leur arrivée dans l’ âge adulte, mais il est tout à fait lisible par les hommes (je dis cela car je sais que c’est parfois une question qui se pose, même si je ne suis pas du tout persuadé qu’il y ait un sexe à la littérature).

Yohan59
14/12/12
 

On pense à Cent ans de solitude. Chaque phrase est cousue avec le plus grand soin et on se prend à en ralentir la lecture pour ne pas que ce long ouvrage ne se détricote trop vite. Le merveilleux devient l'ordinaire dans ce récit très féminin.

pybaubry
17/11/12
 

Voilà un roman merveilleux, dans tous les sens du terme : il est à la fois magique et incroyable. Le coeur cousu, c'est celui que la petite Frasquita offre à la Vierge bleue, première manifestation de son talent hors du commun, mais c'est aussi le symbole de l'amour filial et maternel qui irrigue ce roman. Dans le sud de l'Espagne à la fin du XIXè siècle, dans un village plein de poussière et de superstitions, Frasquita, jeune fille, puis femme, trace son chemin comme elle peut, aux côtés d'un homme qui perd la raison facilement, avec pour toutes armes ses fils, ses bobines, ses couleurs et son amour pour ses enfants, Anita la muette, Angela à la voix céleste, Martirio qui fraye avec la mort, Clara la lumineuse, Soldedad l'enfant mal-aimée et Pedro le garçon aux cheveux rouges. Il y a de la magie dans ce roman où les prières venues d'outre-tombe donnent le pouvoir de guérir, de rendre le sommeil et de réveiller les morts, où les dons jaillissent des boîtes fermées pendant neuf mois et se transforment parfois en malédictions, où les mots créent des chemins que les pères peuvent suivre ; il y a aussi des traits qui empruntent au conte et à la fable avec la présence d'ogres, de révolutionnaires, d'hommes au parfum d'olive, d'autres qui se prennent pour des poules, de paris risqués et de femmes qui marchent pour oublier la douleur. C'est un roman sur les femmes et leurs secrets, sur les rapports entre les mères, les filles et les soeurs, magnifiquement tissé, dans un style incroyablement poétique qui rend palpable la morsure du sable et du soleil et la douleur des âmes, aux couleurs chatoyantes et irisées comme les rires des enfants qui vire parfois rouge sombre comme la violence de certains destins et comme la robe de bal de la Mort, qui s'invite le temps d'un baiser. On y sourit et on y pleure, ému par les destinées de ces femmes si proches et si lointaines, à la fois femmes du peuple et femmes de légendes. Magistral.

fashiongeronimo
11/08/12
 

Voici mon avis :Tout d’abord, on fait connaissance avec les filles de Frasquita adultes puis Soledad, la petite dernière explique qu’elle prend la plume et va raconter l’histoire si extraordinaire de sa mère et de sa ribambelle de gamins. On assiste tout d’abord à son mariage avec un homme qu’elle désire mais qui ne se préoccupe pas d’elle, à part pour lui faire des enfants qui ont le malheur de n’être que des filles. Jusqu’au jour où naît Pedro, l’unique garçon aux cheveux roux. Rejeté par ce père qui ne le pense pas sien, Pedro n’aura de cesse de lui prouver sa valeur. C’est donc la vie de Frasquita et de sa famille que nous suivons pendant tout le roman, tout d’abord en Espagne puis plus tard, quand viendra le temps de l’errance, des rencontres insolites et d’un nouveau pays. J’ai trouvé l’histoire de toutes ces femmes poignante. D’abord la mère de Frasquita qui éduque sa fille, lui offre son « don » et la marie. Puis la vie de Frasquita, la naissance de ses filles et de son unique fils, son combat contre un mari étrange, peu aimant, peu présent et torturé. Son combat contre les autres villageois qui voient dans cette famille quelque malédiction. C’est le récit de filles puis femmes résolues, fortes, travailleuses, unies, c’est aussi pendant plusieurs pages le récit de l’insurrection des villageois espagnols contre les riches exploitants. C’est l’histoire d’une errance dans un pays désertique, rurale, jusqu’à un autre pays, tout aussi exotique qui verra enfin le bonheur poindre son nez sur la fraterie. Il y a beaucoup de personnage, d’abord Frasquita, ses filles, son fils, son mari, les deux accoucheuses, l’ogre, le révolutionnaire…et pourtant même si j’ai beaucoup aimé cette lecture, je ne me suis attachée à aucun personnage pas même la narratrice qui finalement se dévoile très peu. Celle qu’on connait le plus c’est Frasquita, la mère mais on discerne mal ses sentiments envers son mari, les deux autres hommes qu’elle rencontrera. On sent qu’elle aime ses enfants mais jamais l’auteure n’y fait allusion explicitement. Et pourtant tous à leur façon ont une magie en eux, même ce mari, entêté, difficile à cerner, brutal… Je crois qu’on aime le personnage « famille » plus que l’un ou l’une d’entre eux. Je ne connaissais pas du tout Carole Martinez et je ne suis pas déçue car son écriture est travaillée, elle a les mots justes pour décrire les situations, pour faire passer les choses sans pour autant exposer des sentiments débordants. Son vocabulaire est suffisamment riche pour en faire une lecture passionnante sans être rébarbative. Grâce à sa plume, elle a su sublimer la vie pauvre de cette famille, de ces femmes ; C’est une ode à la féminité, à sa force, j’ai trouvé que les femmes étaient à l’honneur et se montraient bien plus courageuses, même physiquement, surtout à l’époque, que beaucoup d’hommes. En conclusion, c’est vraiment un livre à découvrir, une époque, des personnalités, une histoire.17/20Le prix : 8.17 en poche à la FNAC et 0.90 ctms d'euros d'occasion sur Priceminister Mon blog culturel : http://lartenvrac.eklablog.com

Ayma
24/07/12
 

En bref, une très bonne lecture mêlant histoire familiale et fantastique, malheureusement gâchée par une deuxième partie aux détails longuets dont on aurait, à mon avis, pu se passer. Cependant, le style de l'auteur nous emporte au plus profond des terres espagnoles et nous fait rêver !

RizDeuxZzZ
18/07/12
 

Après avoir découvert cet auteur avec Du domaine des murmures que j'ai adoré, lire Le coeur cousu m'a paru être une évidence. Et je n'ai pas été déçue.C'est un roman magnifique qui se dévore d'un bout à l'autre. L'écriture est douce et poétique, les mots glissent tous seuls et du coups les pages défilent (trop) rapidement. Les chapitres sont très courts, comme des petites scénettes, ce qui rend la lecture très fluide et très agréable.Ce roman ressemble à un conte. Bien ancré dans la réalité de l'époque mais avec des éléments de surnaturel qui sont savamment intégrés dans l'histoire pour happer le lecteur dans ce roman qui fait passer du rire aux larmes en quelques pages.L'histoire nous est contée par Soledad, la dernière des filles de Frasquita. Elle nous fait vivre tout d'abord la vie de sa maman, à partir du moment où cette boîte mystérieuse lui est confiée et changera sa vie à jamais, avant de terminer elle même l'histoire.Les personnages sont tous très attachants : Frasquita cette femme extrêmement courageuse, qui, malgré les épreuves, a toujours tout fait pour ses enfants, tous ses enfants qui, chacun à leur tour, découvriront quel don leur a été donné.C'est une très belle histoire, avec de magnifiques scènes d'amour, avec des moments très drôle et d'autres moins, le tout porté par une qualité d'écriture exceptionnelle.Bref c'est un énorme coup de coeur qui va me faire suivre Carole Martinez avec beaucoup d'attention.http://www.tigrou4145chroniques.fr/article-2012-18-le-coeur-cousu-de-carole-martinez-103490075.html Tigrou4145

Tigrou4145
18/04/12
 

C'est grâce à un congé parental que nous devons ce livre ... il faut croire que le talent de cet auteur attendait sagement le moment opportun pour prendre vie.Et si Frasquita Carasco dans ce roman donne vie à ses tissus, alors la narratrice donne vie à ses mots. D'ailleurs écrire des textes ressemble fortement au travail de la couturière. L'étymologie de "texte" ne vient-elle pas du latin "textus" : le tissu ? Ce roman a déjà reçu plusieurs prix, comme l'indique l'ignoble bandeau rouge qui l'encercle chez le libraire.Le Prix Renaudot des Lycéens, le Prix Ouest-France Etonnants Voyageurs, la Bourse de la découverte-Prix découverte Prince Pierre de Monaco, la Bourse Thyde Monnier, le Prix Emmanuel Roblès-Prix des lecteurs de la ville de Blois.Et ce n'est que rendre grâce à cette histoire ...Maintenant, il ne me reste plus qu'à refermer ce livre et à espérer que d'autres lecteurs tomberont dans cette toile d'histoires inventées par Carole Martinez.Kundera dans l'Art du roman déplorait le manque d'imagination des nouveaux auteurs, je crois que là nous sommes face à un joli contre-exemple.

leiloona
04/07/11
 

Le cœur cousu fait partie de ces romans qui vous transportent et vous envoûtent. On y retrouve dans cette ambiance à mi-chemin entre le réel et le surnaturel, toute la magie des contes. Ce roman aurait pu être pour moi un véritable coup de cœur car il est d’une qualité littéraire que je trouve rare aujourd’hui néanmoins, je lui reproche une deuxième partie un peu moins palpitante que les autres. Certains passages m’ont semblé très longs et l’intérêt moindre vis-à-vis de cette fresque familiale. Il faudra aussi que je pardonne certaines scènes un peu trop répétitives à mon goût pour vous dire que malgré tout, Le Cœur Cousu, est un bien joli roman et une belle découverte tout de même !

MarieFleur
04/07/11
 

Cette fresque sous le soleil espagnol puis africain est gorgée de soleil, de mirages. L'écriture à la fois très neutre, poétique et très précise donne à ce livre une identité à part. Il y a de la magie là dedans, du conte et des traditions anciennes... Enchantée !

Praline
15/06/11
 

Ce livre est sans cesse à la frontière du réel et du fantastique ; et c’est ce qui en fait sa richesse, sa magie.L’écriture de Carole Martinez est un régal à lire : fine, émouvante, ciselée, précise. Tout comme son héroïne, elle réussi à faire avec les mots, ce que Frasquita réalise avec ses fils précieux : un récit à la fois émouvant, difficile et fantastique.Il n’est pas aisé de résumé ce livre. La narratrice, Soledad, met en scène, bien avant sa naissance, sa famille dont le pivot est Frasquita Carasco sa mère, dans une Espagne archaïque, ancrée dans ses traditions et ses croyances.Les trois parties du livre constituent 3 périodes de sa vie bien distinctes :- De son entrée dans sa vie de femme et son « initiation » par sa mère Francisca avec une boite à couture et des prières que l’on se transmet durant la Semaine Sainte, à son mariage avec José et la naissance de 4 de ses enfants.- Sa longue traversée du désert, à travers l’Espagne après qu’elle eût été jouée et perdue par un mari rustre.- La naissance de la narratrice en Afrique du NordJ’ai trouvé assez orignal cette narration « ante- natale, puisque Soledad n’apparaît pas avant les deux tiers du livre ; comme pour mieux souligner cette phrase :« Ma vie s’est jouée avant que je ne vienne au monde. N’est-ce finalement pas le cas de tout un chacun. Notre vie n’est le fruit d’un passé qu’on ne maîtrise absolument pas » p321 (édition brochée)Quelle vie difficile que celle de ces femmes du 19ème siècle dans une Espagne ancrée dans ses traditions et son catholicisme. Le destin des femmes y est tout tracé : les rites d’initiation, le mariage auquel on n’échappe pas, les naissances qui sont plus de ressort de la bestialité que de la maternité. Carole Martinez a le mérite de l’écrire avec élégance et finesse sans rien n’enjoliver pour autant.Malgré cette vie pleine de difficulté, Frasquita, accepte telle une fatalité cette vie et ses avatars sans mot dire.Le thème de l’héritage, est omniprésent dans ce roman .Pour preuve :« N’est-ce pas la douleur de nos mères que nous léguons depuis la nuit des temps dans cette boite en bois ? » p 323Au-delà du symbole de cette boite à couture, l’auteur nous interpelle sur ce le fait que tout individu, inconsciemment, reproduit, génération après génération, un certain nombre de choses, de faits qui font nos difficultés profondes.Merci à Grain de sel pour m’avoir permis de découvrir ce livre à l’occasion d’une lecture commune

mimipinson
09/06/11
 

Carole Martinez, couturière de la littératureLe coeur cousu. Un titre envoûtant, mystérieux et curieux. Ce titre est le reflet du récit que Carole Martinez nous offre avec ce premier roman....

constance93
22/04/11
 

Ce roman m'a été recommandé par plusieurs amies et j'ai eu la chance de rencontrer l'auteure lors d'une séance de dédicaces en juin dernier.Carole Martinez, jeune femme dynamique et charmante, parle avec beaucoup de modestie de ce 1er roman qui a raflé quantité de prix.J'avais donc mis ce livre de côté, attendant un moment propice pour cette lecture qui me ravissait par avance mais que je redoutais (car on est si souvent déçu par un roman qui est porté aux nues de toutes parts).J'ai commencé tout doucement ce conte, m'attendant à chaque instant à trouver ce "bémol" qui me chagrinerait. Et là, la magie a opéré. Dès la 3ème page, j'ai été happée par cette histoire qui fait la part belle aux femmes.L'écriture est tout simplement majestueuse, avançant par petites touches précises et délicates, décrivant avec talent et ampleur cette Espagne emplie de traditions et de magies, ces femmes mystérieuses, rêveuses qui doivent faire face au qu'en-dira-t-on.J'ai adoré ces personnalités multiples, denses, aimantes, pleines de poésie.Ce livre est tellement de choses à la fois : conte poétique et initiatique, ode à la famille, récit d'une Espagne en pleine évolution, plaidoyer pour la différence, ...Je n'aurais qu'une chose à dire : lisez-le, c'est un petit bijou !

Argantel
02/04/11
 

Une lecture qui ne laisse pas indifférente. Le destin d'une famille particulière que qui le sort s'acharne continuellement, de mauvais dons en aventures tragiques. Un voyage dans une Espagne pauvre, superstitieuse, et aride. Carole Martinez envoûte son lecteur, l'attrape dès la première page et l'éjecte à la dernière, après un tourbillon d'évènements forts.

un flyer
30/03/11

Auteur: Carole Martinez, son premier livre. Un roman en forme de conte. Une lignée de femmes se transmettent depuis la nuit des temps une boîte mystérieuse...Frasquita y découvre des fils et des aiguilles qui transformeront sa vie. Elle sublime des chiffons, reprise des... hommes...Un beau livre, plein de poésie, de sensualité. De belles histoires à se raconter en veillée au coin du feu, on est transporté dans un monde imaginaire comme dans les contes...A découvrir. Nena

nena1
11/03/11
 

Bien plus qu'un roman fleuve, "Le coeur cousu" est un conte qui nous enchante par ces milles histoires (l'homme au parfum d'olive...), une fresque qui renferme une multitudes de couleurs. C'est aussi une saga familiale où l'on pénètre dans le cœur décousu d'une femme.

Cyan
07/03/11
 

Dernière descendante de la lignée Carasco, Soledad entreprend de raconter le récit de l’histoire de sa famille. De mère en filles, un secret se transmet au fil des générations : une mystérieuse boîte qu’il ne faut pas ouvrir avant de l’avoir eue neuf mois en sa possession. Lorsque sa mère, Frasquita, l’ouvre, elle y découvre un trésor de fils multicolores. Elle devient alors une couturière si talentueuse que ses créations paraissent relever du surnaturel. Mais le don qui lui a été transmis semble aussi avoir scellé son destin et celui de ses enfants. Sur fond de contes et de légendes, on suit à travers l’Andalousie l’errance de cette famille dont les aventures forment un canevas chatoyant et envoûtant.J’ai acheté ce roman avec le souvenir de critiques élogieuses lues ça et là au fil des blogs, une impression renforcée par l’appétissante quatrième de couverture et le nombre impressionnant de récompenses glanées par ce livre. J’ai été véritablement émerveillée par la virtuosité de l’écriture de Carole Martinez. C’est tout simplement incroyable de penser que ce livre est un premier roman. Le style n’est semblable à nul autre, et ne cesse de flirter avec le surnaturel, mais un surnaturel ambivalent, comme celui des contes, qui ne fait que rendre les épreuves plus difficiles à surmonter. Le talent de conteuse de Carole Martinez ressemble au pouvoir de ses personnages féminins : subtil, mystérieux, sensuel et envoûtant. Tout comme lorsqu’elle évoque cette Andalousie rêvée qu’elle nous fait traverser - sans pour autant nous épargner la cruauté et la violence d’un monde en révolution -, elle nous donne à voir le monde à travers le prisme d’une magie sans cesse renouvelée , un art précieux et de moins en moins répandu : celui de savoir raconter les histoires.

Artsouilleurs
03/01/11
 

Récit de vie, Le cœur cousu relate le destin de Frasquita Carasco, jeune fille dont l'existence est conditionnée par ses dons de couturière qui confinent à la magie...Tour à tour enviée, désirée ou soumise à l'opprobre et au rejet, elle sera poussée sur les routes avec ses enfants, eux-aussi doués de talents hors du commun...Entremêlant les registres du roman et du conte, le récit est fait d'un tissu qui mêle inextricablement réalité triviale et onirisme fantastique. Ce surnaturel est celui des fables et figure ici une invitation à une lecture métaphorique, engagée et pleine de finesse du destin des femmes, de la transmission des savoirs à la difficulté de naître exceptionnelle. Il est surtout affirmation de la nature intrinsèquement magique de la langue; la parole est toujours incantation secrète et la prière ou plainte ont partie liée avec la vie et la mort....La capacité à en user est le fait des femmes, qui telle Frasquita, portent le fardeau secret de raccommoder à l'infini les fragments d'un monde soumis à la violence et à la folie des hommes. On sent à chaque page Carole Martinez véritablement habitée par la nécessité et l'ambition de faire plus que « raconter une histoire ». La fiction pure est ainsi en permanence sous-tendue d'un propos ambitieux et profond qui l'enrichit en retour. Affirmant avec une conviction et une empathie saisissante que le tragique et la souffrance les plus universels sont toujours incarnés dans la chair des individus, le texte trouve dans ses meilleurs passages un souffle et une intensité dramatique rares.Si le charme pourtant au final n'opère pas totalement, faute à une langue peut-être trop appliquée, Le cœur cousu reste un livre puissant et singulier, d'un intérêt littéraire certain et par ailleurs porteur d'un discours sincère et digne.

Maynard
02/12/10
 

Une petite merveille que ce premier roman récompensé de neuf prix littéraires, une histoire de "bonne femme" racontée de façon magistrale, une histoire de famille dans la veine picaresque, épopée familiale dont le quotidien est brodé de merveilleux. C'est l'histoire de Frasquita qui, comme sa mère et ses aïeules, se voit transmettre un mystérieux coffret, qui recèle un don et sa malédiction : devenue couturière, elle raccommode les êtres ; jouée et perdue par son mari, elle entraine dans sa fuite une ribambelle d'enfants plus étranges les uns que les autres.

sovane
10/10/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.22 kg

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