Le desert des tartares

BUZZATI, DINO

EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 21/03/02
LES NOTES :

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9,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Le monde de Buzzati, comme celui de Kafka, est plein de détours, à la manière des labyrinthes : ce carrefour d'espace et de temps où l'homme est placé et qu'il déplace avec lui, sans pouvoir le laisser derrière lui, univers mobile dont les dimensions sont celles d'une cellule de prison dont on barbouille les murs
aux couleurs de l'infini, c'est le bastion où l'on guette jour après jour l'invasion des Tartares, sans savoir s'il existe réellement des Tartares, ni s'il y en a eu autrefois, ni si le danger existe de les voir surgir, au galop, de ce désert où l'on use ses yeux et sa vie à scruter l'horizon. Marcel Brion
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Je m’appelle Giovanni Drogo. Jeune lieutenant, je rêve de gloire, de batailles et d’actes héroïques. Chevauchant, l’épée dressée devant moi, ma détermination inspire à la terreur. Je suis le fourreau de mon arme, je sens le tranchant et la force du métal sur ma peau. Mes hommes se réfugient derrière ma fougue et mon audace et ensemble nous terrassons l’ennemi. Tels sont mes rêves en ces nuits arides dans cette citadelle de Bastiani, où je viens d’échoir. Mais, ma vie passe inéluctablement, je la vois qui défile à côté de moi. Je ne la maitrise pas, elle m’échappe depuis que je suis ici. Le quotidien m’assaille et m’ennuie. Je suis devenu un figurant, loin de la vie que j’avais imaginé. J’aimerai vivre, mais je ne possède pas cette chance. Je subis de plein fouet la monotonie de cette affection. Combien de fois n’ai-je pas désiré fuir, combattre et mourir face à cet ennemi furtif.Face à moi le désert, salvateur ou mortifère, mystérieux et intrigant m’appelle. Je contemple mon destin dans cette étendue inhabitée, attendant la rencontre avec mon destin. C’est peut-être ce soir ? Un cheval vient de rentrer sans son cavalier. Je frémis, je tremble, je suis prêt à affronter ma gloire, à oublier mes craintes, mes phobies. Je vais devenir acteur de ma vie, je vais vivre. Non, las, fatigué, je me recroqueville dans mes rêves, je m’isole et m’éloigne des autres. Le temps file. Chaque espoir se révèle vain, je suis désormais commandant d’une armée expectante.Depuis combien d’années suis-je ici à errer dans ce fort ? Je suis vieux et usé, je ne réaliserai pas mes ambitions, point de gloire pour moi. Le combat est désormais tout autre, je n’ai point vécu pour guerroyer, non mon ennemi est tout autre, proche de moi. Je sens qu’il se rapproche, me happe, je sens son souffle froid envahir mes membres, mon cœur se pétrifie. Mon adversaire ne viendra pas du désert, monter sur son alezan arme au poing, vociférant pour m’effrayer. Non, il est plus sournois, il tournoie, virevolte, m’enserre dans sa cape noire, me frôlant au passage de sa longue faux… Pasdel

Pasdel
12/05/14
 

« Il faudra bien qu'advienne quelque chose de différent, se disaient-ils, quelque chose de vraiment digne, qui permette de dire : maintenant, même si c'est fini, tant pis. "L’absence de femmes, outre la mère de Drogo et quelques autres parfois nommée de façon fugitive, en fait un livre d’hommes et de "taiseux". Peu de mots échangés, peu d’actions et en même temps une ambiance.La fuite du temps, l’existence réduite à l’attente, l’attente improbable ….Ce désert si vide, où la poussière joue des tours car on croit y voir, on y voit, ce qu’on attend …Drogo qui est allé dans ce fort, persuadé de ne pas y rester, spectateur de ceux qui y vivaient et qui va y rester comme si le fort se refermait sur lui … et l’éloignait de ses projets, de ce qu’il pensait être la vie, de ce qu’il voulait faire de sa vie…Ce n’est pas un livre épais et c’est mieux ainsi car je me serai peut-être lassée par manque d’actions.L’écriture est belle, dépouillée, des descriptions si bien faites qu’on a parfois l’impression d’être dans un film, on sent la chaleur écrasante de ce désert, les yeux nous brûlent de ne rien voir à l’horizon…Un livre que je recommande pour la découverte, il est vite lu, ne prenez pas peur …

Cassiopea
16/02/12
 

" Ainsi se déroulait à son insu la fuite du temps" p75" L’existence de Drogo, au contraire s’était comme arrêtée. La même journée, avec ses évènements identiques, s’était répétée des centaines de fois sans faire un pas en avant. Le fleuve du temps passait sur le fort, lézardait les murs, charriait de la poussière et des fragments de pierres, li !ait les marches et les chaines, mais sur Drogo il passait en vain, ; il n’avait pas encore réussi à l’entrainer dans sa fuite." P 80"Quatre années s’étaient écoulées depuis lors, une respectable fraction de vie, et rien, absolument rien n’était arrivé qui pût justifier tant d’espoirs." p144Ainsi le temps, qui passe, qui court, qui fuit, est le maître mot de ce roman. Et pourtant cela n’a rien d’évident au début.Hormis le fait que l’action se situe au somment d’une montagne, dans un fort, le lecteur ne sait rien de plus quand au lieu, et au temps. Dès le début, il règne une intemporalité que j’ai trouvée assez particulière. Seules les saisons rythment le récit.L’attente est l’occupation principale, unique même de Drogo et ses camarades militaires. Ils sont à l’affut d’un ennemi hypothétique, qui tarde à venir. Viendra, viendra pas ?Et si l’ennemi n’était finalement pas ailleurs, plus intime aussi ?L’absurdité est poussée à l’extrême ; passer une vie à attendre. Mais quoi ? Tout est là.L’espoir dans son expression la plus noire."Effectivement s’avançait contre Giovanni Drogo l’ultime ennemi .Non point des hommes semblables à lui, (…), mais un être tout puissant et méchant." P 229L’écriture de Dino Buzzati, est belle, et son style est soigné. La lenteur du démarrage m’a un peu décontenancée. J’avais peine à avancer, mais paradoxalement, je me sentais intriguée au fur et à mesure.

mimipinson
10/06/11
 

Format

  • Hauteur : 21.60 cm
  • Largeur : 13.80 cm
  • Poids : 0.28 kg
  • Langage original : ITALIEN