Le desert des tartares

BUZZATI, DINO

EDITEUR : ROBERT LAFFONT
DATE DE PARUTION : 06/03/02
LES NOTES :

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9,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Le monde de Buzzati, comme celui de Kafka, est plein de détours, à la manière des labyrinthes : ce carrefour d'espace et de temps où l'homme est placé et qu'il déplace avec lui, sans pouvoir le laisser derrière lui, univers mobile dont les dimensions sont celles d'une cellule de prison dont on barbouille les murs
aux couleurs de l'infini, c'est le bastion où l'on guette jour après jour l'invasion des Tartares, sans savoir s'il existe réellement des Tartares, ni s'il y en a eu autrefois, ni si le danger existe de les voir surgir, au galop, de ce désert où l'on use ses yeux et sa vie à scruter l'horizon. Marcel Brion
12 personnes en parlent

Je m’appelle Giovanni Drogo. Jeune lieutenant, je rêve de gloire, de batailles et d’actes héroïques. Chevauchant, l’épée dressée devant moi, ma détermination inspire à la terreur. Je suis le fourreau de mon arme, je sens le tranchant et la force du métal sur ma peau. Mes hommes se réfugient derrière ma fougue et mon audace et ensemble nous terrassons l’ennemi. Tels sont mes rêves en ces nuits arides dans cette citadelle de Bastiani, où je viens d’échoir. Mais, ma vie passe inéluctablement, je la vois qui défile à côté de moi. Je ne la maitrise pas, elle m’échappe depuis que je suis ici. Le quotidien m’assaille et m’ennuie. Je suis devenu un figurant, loin de la vie que j’avais imaginé. J’aimerai vivre, mais je ne possède pas cette chance. Je subis de plein fouet la monotonie de cette affection. Combien de fois n’ai-je pas désiré fuir, combattre et mourir face à cet ennemi furtif.Face à moi le désert, salvateur ou mortifère, mystérieux et intrigant m’appelle. Je contemple mon destin dans cette étendue inhabitée, attendant la rencontre avec mon destin. C’est peut-être ce soir ? Un cheval vient de rentrer sans son cavalier. Je frémis, je tremble, je suis prêt à affronter ma gloire, à oublier mes craintes, mes phobies. Je vais devenir acteur de ma vie, je vais vivre. Non, las, fatigué, je me recroqueville dans mes rêves, je m’isole et m’éloigne des autres. Le temps file. Chaque espoir se révèle vain, je suis désormais commandant d’une armée expectante.Depuis combien d’années suis-je ici à errer dans ce fort ? Je suis vieux et usé, je ne réaliserai pas mes ambitions, point de gloire pour moi. Le combat est désormais tout autre, je n’ai point vécu pour guerroyer, non mon ennemi est tout autre, proche de moi. Je sens qu’il se rapproche, me happe, je sens son souffle froid envahir mes membres, mon cœur se pétrifie. Mon adversaire ne viendra pas du désert, monter sur son alezan arme au poing, vociférant pour m’effrayer. Non, il est plus sournois, il tournoie, virevolte, m’enserre dans sa cape noire, me frôlant au passage de sa longue faux… Pasdel

Pasdel
12/05/14
 

Un classique. A lire et relire. L’art de rendre de construire une intrigue haletante, palpitante sur une désespérante attente.

WXYZ
05/07/09
 

Un livre conseillé par ami lorsque j'etais en periode de doute sur ma vie, bercée entre me lancer ou attendre.. ce livre etait effectivement celui qu'il me fallait a ce moment la.Je me suis beaucoup reconnue dans ce bouquin, et je pense que chacun pourra en faire de meme. On passe parfois trop de temps a attendre que les choses arrivent alors qu'il faut aller de l'avant et se lancer pour que parfois elles se realisent.ce livre offre une tres belle reflexion sur ce que nous voulons faire de notre vie je conseille tres chaudement !

swircz
03/01/15
 

J’avais ce livre depuis des années dans ma bibliothèque, mais je ne me suis décidé à le lire que cet été. Cette attente a été fructueuse, puisqu’à l’époque je n’en aurais peut-être pas autant profité. J’ai toujours aimé Dino Buzzati, et Le désert des Tartares n’échappe pas à la règle : c’est un des meilleurs romans que j’ai lus cette année. Le protagoniste est un jeune soldat affecté à un fort à la frontière, isolé de tout, qui fait face au Désert des Tartares. Bien qu’aucun ennemi ne se soit jamais présenté sur la plaine depuis des siècles, les soldats finissent par se retrouver englués dans une attente qui n’en finira jamais : une attente de gloire, de batailles victorieuses, qui n’est finalement qu’illusion. Même si à plusieurs reprises l’alerte est donnée, le lecteur s’interroge : les vagues formes qui bougent à l’horizon et qui inquiètent les soldats sont-elles réelles, ou bien ne sont-elles que des hallucinations liées à leur désir de combattre, de servir à quelque chose ? Le Désert des Tartares est une longue métaphore sur le temps qui passe et qui ne reviendra pas, rédigée dans un style magnifique et remarquablement traduit. Bref, un petit chef-d’œuvre à mettre entre toutes les mains.

Shirayukihime
29/08/14
 

Si l'attente et l'inaction avait un nom elles s'appelleraient Drogo. Attente d'une menace, d'un espoir, être le héros, mais finalement voir sa vie s'effiler, s'étirer comme une immense clepsydre. Et si finalement le véritable ennemi était la mort, le temps qui passe.Buzzati nous livre une oeuvre fixe, un personnage acteur de sa vie.

walkerreader
04/08/14
 

Un très bon classique, lu il y a tellement longtemps que je ne saurai en parler correctement. Que cela peut être long d'attendre...de voir ses ambitions s'étioler, de se sentir inutile... berthe

afbf
25/03/14
 

Ce qui est épatant dans cette œuvre, c’est que Buzzati écrit un roman sur l’attente. Il se passe très peu de choses, mais aucune des pages n’est superflue. On y sent le temps qui passe, inexorablement, et avec lui les rêves et les espoirs de Giovanni.Le début du roman marque d’emblée cette attente : il faut en effet deux jours à Giovanni pour rejoindre le fort, situé aux confins du pays, à travers la montagne. Et dès ce voyage, on pressent que le héros y restera longtemps, beaucoup plus longtemps qu’il ne l’a prévu. Cette scène est d’ailleurs reprise en écho à la fin du roman, avec Giovanni qui accompagne un jeune soldat affecté au fort, comme si le temps avait passé sans que rien ne change.Deux scènes du livre, qui se répondent d’ailleurs, m’ont particulièrement marqué. La première est le rêve que fait Giovanni, dans lequel il pressent la mort d’Angustina. La description de ce chariot aérien qui vient prendre le camarade de Giovanni est très réussie et évocatrice. Par la suite, la scène de la mort d’Angustina m’a également interpellé.L’aspect le plus étonnant, finalement, est qu’on assiste à une multitude d’épisodes de la vie du fort (l’affaire du cheval apparu dans le désert, la lumière et la construction de la route, les visites de Giovanni en ville), et que Buzzati parvient à transmettre l’unité qui régit toutes ces situations distinctes : l’attente de l’élément perturbateur, qui va enfin sortir le fort de sa torpeur. Avec un sentiment de frustration très fort pour Giovanni, qui quitte le fort au moment où cette attente pourrait enfin être comblée.

Yohan59
15/10/12
 

J’aurais lu ce livre il y a dix ans, je n’y aurais rien compris. On me l’aurait fait lire à l’école, je l’aurais trouvé absolument mortel (en plus de n’y rien comprendre…). Il y a des livres qui nécessitent une maturation pour les apprécier, un bon moment, Le bon moment. J’ai lu ce roman parce que "Le rivage des Syrtes" de Julien Gracq y avait été comparé. Je n’ai pas été déçue ; il est même plus abouti que le Gracq, bien que le style m’ait moins plu. C’est un roman sur le temps qui passe, qui nous alerte sur la brièveté de la vie, sur l’inattention portée au temps qui fait qu’un matin on a cinquante ans, quand la veille on en avait vingt. La vie de Drogo repose toute entière sur l’espoir, sur un fantasme. Il ne fait pas attention aux signes. Demain, plus tard… il aura toujours le temps de … Le dernier tiers du livre est terrible. Une scène de jeunesse se rejoue et, cette fois, c’est Drogo qui joue le rôle du vieux militaire ; or il n’a pas vu le temps passer. Le final est cruel. Je tremble encore de tout ce gâchis, de la lucidité tardive du héros auquel on a envie de dire : « Giovanni Drogo, mon frère ». C’est vraiment un livre inoubliable qui réussit le pari de parler de l’immobilité, de l’attente, sans ennuyer une seule seconde ; un exemple de ce que la littérature peut nous offrir de meilleur.

mycupoftea
10/09/12
 

« Il faudra bien qu'advienne quelque chose de différent, se disaient-ils, quelque chose de vraiment digne, qui permette de dire : maintenant, même si c'est fini, tant pis. "L’absence de femmes, outre la mère de Drogo et quelques autres parfois nommée de façon fugitive, en fait un livre d’hommes et de "taiseux". Peu de mots échangés, peu d’actions et en même temps une ambiance.La fuite du temps, l’existence réduite à l’attente, l’attente improbable ….Ce désert si vide, où la poussière joue des tours car on croit y voir, on y voit, ce qu’on attend …Drogo qui est allé dans ce fort, persuadé de ne pas y rester, spectateur de ceux qui y vivaient et qui va y rester comme si le fort se refermait sur lui … et l’éloignait de ses projets, de ce qu’il pensait être la vie, de ce qu’il voulait faire de sa vie…Ce n’est pas un livre épais et c’est mieux ainsi car je me serai peut-être lassée par manque d’actions.L’écriture est belle, dépouillée, des descriptions si bien faites qu’on a parfois l’impression d’être dans un film, on sent la chaleur écrasante de ce désert, les yeux nous brûlent de ne rien voir à l’horizon…Un livre que je recommande pour la découverte, il est vite lu, ne prenez pas peur …

Cassiopea
16/02/12
 

Voilà un livre dont j’ai entendu parler depuis longtemps mais dont je retardais la lecture, sans doute pour le savourer pleinement quand le moment me semblerait venu. J’en sors pourtant mitigée. J’ai beaucoup apprécié les passages ouvrant à la réflexion dans lesquels l’auteur évoque la fuite du temps et l’incapacité de Giovanni à en prendre conscience. Mais j’ai aussi regretté le manque de complexité de l’intrigue et l’impossibilité inéluctable de l’auteur à aller au-delà de cette sinistre vision de l’existence. En fait, la première évocation du temps qui passe est très réussie, elle est à la fois pertinente et poétique ; malheureusement, elle revient comme une litanie à intervalles réguliers, ce qui lui fait perdre de son relief. Dès le début, Giovanni paraît condamné à vivre cette vie, mais aussi très vite résigné. C’est peut-être ça qui m’a semblé le plus déprimant : ce regard pessimiste et désabusé sur la destinée humaine et aussi le fait que rien ne vient contrebalancer le désenchantement de plus en plus présent.

Artsouilleurs
16/08/11
 

" Ainsi se déroulait à son insu la fuite du temps" p75" L’existence de Drogo, au contraire s’était comme arrêtée. La même journée, avec ses évènements identiques, s’était répétée des centaines de fois sans faire un pas en avant. Le fleuve du temps passait sur le fort, lézardait les murs, charriait de la poussière et des fragments de pierres, li !ait les marches et les chaines, mais sur Drogo il passait en vain, ; il n’avait pas encore réussi à l’entrainer dans sa fuite." P 80"Quatre années s’étaient écoulées depuis lors, une respectable fraction de vie, et rien, absolument rien n’était arrivé qui pût justifier tant d’espoirs." p144Ainsi le temps, qui passe, qui court, qui fuit, est le maître mot de ce roman. Et pourtant cela n’a rien d’évident au début.Hormis le fait que l’action se situe au somment d’une montagne, dans un fort, le lecteur ne sait rien de plus quand au lieu, et au temps. Dès le début, il règne une intemporalité que j’ai trouvée assez particulière. Seules les saisons rythment le récit.L’attente est l’occupation principale, unique même de Drogo et ses camarades militaires. Ils sont à l’affut d’un ennemi hypothétique, qui tarde à venir. Viendra, viendra pas ?Et si l’ennemi n’était finalement pas ailleurs, plus intime aussi ?L’absurdité est poussée à l’extrême ; passer une vie à attendre. Mais quoi ? Tout est là.L’espoir dans son expression la plus noire."Effectivement s’avançait contre Giovanni Drogo l’ultime ennemi .Non point des hommes semblables à lui, (…), mais un être tout puissant et méchant." P 229L’écriture de Dino Buzzati, est belle, et son style est soigné. La lenteur du démarrage m’a un peu décontenancée. J’avais peine à avancer, mais paradoxalement, je me sentais intriguée au fur et à mesure.

mimipinson
10/06/11
 

A priori, il ne se passe rien. A priori, on devrait s'ennuyer à mourir en lisant ce récit. Et pourtant, je ne saurais expliquer comment, mais c'est un livre qui vous happe et ne vous lâche pas, longtemps après sa lecure.

cbarbaz
18/07/10
 

Format

  • Hauteur : 21.60 cm
  • Largeur : 13.80 cm
  • Poids : 0.28 kg
  • Langage original : ITALIEN

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