Le grand dereglement ; sur le roman libertin du xviii siecle

WALD-LASOWSKI, PATRICK

livre le grand dereglement ; sur le roman libertin du xviii siecle
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 20/03/08
LES NOTES :

à partir de
16,50 €

SYNOPSIS :

En 1680, dans son Dictionnaire français contenant les mots et les choses, Pierre Richelet définit le libertinage comme " dérèglement de vie. Désordre ". Dérèglement est le mot. C'est à travers lui, c'est à travers cette rencontre du libertinage et du dérèglement que le roman libertin du XVIIIe siècle s'approprie la peinture des plaisirs. La littérature romanesque n'est-elle pas la zone franche de la littérature - comme le sexe est la zone franche du corps ? Licence effrénée du roman. Il dérange les codes, renverse les usages, provoque les censeurs. Il est par excellence
l'Irrégulier. Femmes et filles plongées dans le désordre, il est impossible de garder " un silence profond sur vos dérèglements " écrit Diderot, qui fait parler les bijoux pour faire entendre au monde son dérèglement. Chaque roman libertin rejoue à sa manière le jugement porté sur Le Portier des Chartreux : " Enfin toutes les règles du roman sont violées dans celui-ci : religion, moeurs, honnêteté, vérité, vraisemblance, rien n'est ménagé. " Si le roman a jamais eu des règles, s'il a souhaité s'en donner, les voici réduites à rien. Le libertinage vient.
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Dans cet essai de vulgarisation scientifique, Patrick Wald Lasowski se propose de retracer l’histoire du libertinage et plus particulièrement du roman libertin au 18e siècle. Il commence pour cela par un bref historique du terme même dans le chapitre intitulé Affranchi ! : à l’origine, le terme est utilisé pour désigner le fils de l’esclave affranchi dans la Rome antique. Par la suite, le mot s’enrichit de nouveaux sens et de nouvelles connotations, tout en restant lié à l’idée de liberté : le libertin est celui qui en prend trop et s’affranchit des règles, qu’elles soient religieuses ou morales. L’explication de Patrick Wald Lasowski, très complète, s’appuie sur plusieurs dictionnaires et encyclopédies de la Renaissance au 18e siècle, dont des extraits sont parfois cités.Après l’évolution lexicale du terme « libertin », sont étudiées les grandes étapes de l’inscription du libertinage dans la société, de la Régence à l’après-Révolution, sous la Terreur, en passant bien sûr par le règne de Louis XV et de ses « roués ». La fin de la vie de Louis XIV a été très austère pour la cour qui s’est jetée dans le plaisir et les fêtes galantes à sa mort. S’y mêlent les roués débauchés et les élégants petits-maîtres. La jouissance devient une sociabilité, le libertinage un art de vivre en société. Pour narrer cette époque de l’Histoire de France, Patrick Wald Lasowski convoque les grandes figures politiques, ainsi que les écrivains et certaines œuvres littéraires.Enfin, la majeure partie de cet essai est consacrée à ce que l’auteur appelle le « libertinage de plume » : ce phénomène s’est en effet rapidement transformé en une source d’inspiration pour les auteurs. Le choix de la forme romanesque par ceux-ci n’est pas innocent comme cela est très bien expliqué dans cet ouvrage : le roman était à l’époque la forme la plus libre, car non codée par les Anciens et Aristote. Sans règles, elle était la plus indiquée pour exprimer le « grand dérèglement » du siècle et des mœurs. À travers un grand nombre d’œuvres et d’auteurs, Patrick Wald Lasowski retrace l’Histoire de cette littérature, sa langue, son statut clandestin, ses thèmes de prédilection par-delà les différences et sa fin avec celle d’un monde à la Révolution.L’ensemble de cet essai est très plaisant à lire : on sent l’auteur spécialiste et passionné par son sujet, avec l’envie de le raconter. Cela se marque par un style très fluide et narratif, ainsi que par des petites anecdotes ou récits amusants pour étayer le propos. Je ne résiste pas à l’envie d’en insérer une ici, mettant en scène le jeune Casanova en tant que professeur d’italien : À la nièce de Mme Préodot, son élève, âgée de quatorze ans, studieuse et appliquée, il rappelle qu'en italien « pour rendre de vous voir il faut dire di vedervi : « Je croyais, monsieur, qu'il fallait mettre le vi devant. – Non, mademoiselle, nous le mettons derrière. » [p. 69]Si j’ai personnellement regretté de n’avoir rien appris de nouveau dans cet essai, ainsi que l’absence d’une bibliographie en fin d’ouvrage, je le conseille néanmoins à ceux qui connaissent peu ou pas du tout le libertinage et sa littérature : c’est une introduction au sujet plutôt complète, très intéressante et tout à fait accessible.

AmandineMM
18/02/13
 

Format

  • Hauteur : 20.60 cm
  • Largeur : 14.10 cm
  • Poids : 0.22 kg

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