Le joueur

DOSTOIEVSKI, FEDOR

EDITEUR : J'AI LU
DATE DE PARUTION : 20/12/03
LES NOTES :

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Ebook

SYNOPSIS :

Le jeu brûle tout. Il est la passion. il est le rêve. l'enfer et la démesure. le révélateur des abîmes de l'âme et l'ignoble concentré de la comédie bourgeoise. il est l'argent ! autour de ses tapis, le général déchu se fait l'esclave du marquis et attend le décès de la richissime baboulinka, sa tante. hypothèques... héritages... intrigues... corruption morale sur fond de bonnes manières. qui donc résistera à
ce tourbillon de folie ? dans ce désordre furieux, alexis succombe à son tour au cancer du jeu. Le jeune précepteur veut séduire l'intraitable pauline, belle-fille de son employeur. il est pauvre et doit devenir riche. il veut surprendre et se tuerait pour ça. sur roulettenbourg, ville d'eau paisible, souffle le vent du gâchis. une tempête frénétique emportant les derniers fétus d'une vieille europe en lambeaux...
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Alexeï Ivanovitch est employé comme précepteur par un général russe en villégiature à Roulettenburg, cité thermale allemande imaginaire manifestement plus attrayante pour son casino que pour ses bains. Alexeï est désespérément épris de Paulina Alexandrovna mais la jeune femme passe ses journées à la persécuter en témoignant des marques d’amour à l’obscure marquis Des Grieux, un français vivant aux crochets du général.Ce dernier, proche de la ruine, vit, comme tous ceux qui l’entourent – Melle Blanche, une intrigante parisienne, dont il est follement amoureux en tête -, dans l’attente de la mort de sa tante, la Baboulinka, une vieille femme fortunée de laquelle il compte bien hériter. Mais cette dernière, loin d’être mourante, débarque à l’improviste provoquant la stupeur générale au milieu du roman.Alexeï, qui va d’abord effectuer quelques parties de roulette pour Paulina, va ensuite jouer pour la Baboulinka mais contre son gré puisqu’il est convaincu qu’il ne parviendra à gagner que s’il joue pour lui. Tandis que la vieille femme dévorée par la folie du jeu dépense tout son argent au grand désespoir de sa famille, Alexeï va tenter sa chance pour son propre compte et, pour son malheur, va se mettre à gagner. Après avoir offert à Paulina ses gains, celle-ci le rejette. Il part alors à Paris avec Melle Blanche qui dépense son argent en un temps record. Alexeï ne voit qu’une solution pour se refaire une santé financière : retourner jouer à la roulette…Outre une satire croustillante des sociétés européennes de la fin du 19ème siècle qui ne jurent que par l’argent, Le Joueur offre une description enfiévrée et méticuleuse de l’addiction au jeu. On sent que Dostoievski lui-même a été frappé par ce mal et c’est bien parce qu’il a lui-même connu les affres de la roulette qu’il en donne une vision si juste. Le lecteur est à la fois happé comme le personnage par le suspens et l’adrénaline que procure cette roulette tout en ayant la prescience que tout finira certainement très mal. Un texte d’autant plus magistral qu’il a été dicté en moins d’un mois pour répondre à une commande d’un éditeur crapuleux en pleine rédaction de Crime et Châtiment.

Naurile
09/02/14
 

Il y a beaucoup de choses à, si ce n'est détester, du moins à ne pas aimer, dans ce très court roman (d'un point de vue "dostoievskien" en tout cas) d'à peine 190 pages (dans mon édition Livre de poche). Oui, beaucoup de choses qui m'ont fait dire que j'avais envie de frapper le narrateur, Alexis Ivanovitch, voire carrément d'abandonner cette lecture languissante et par moments franchement exaspérante. Mais, chers lecteurs, ne vous arrêtez pas en bon chemin. Ne vous dites pas, "vu le début du billet, je passe mon tour". Non, car finalement, même si ce fut laborieux, c'est une lecture très intéressante que celle du Joueur.(Bon, OK, j'avoue, intéressant après-coup. Car pendant...)Alexis Ivanovitch est précepteur pour les enfants d'un général Russe qui réside avec sa suite dans une ville d'eau Allemande Roulettenbourg (!!). Il y a Pauline, la belle-fille du général (la fille de sa défunte femme), que le "héros" aime et déteste tout à la fois. Il y a Des Grieux (oui, comme dans Manon Lescaut), un Français dont on ne sait si il est vraiment marquis comme il le prétend, mais qui en tout cas tient le général par les ***: il lui a prêté de très grosses sommes d'argent pour lesquelles les domaines du Russe ont été entièrement hypothéqués. Il y a également Mademoiselle Blanche de Cominges et sa mère, prétendument riches, au passé un peu trouble, et dont le général est follement amoureux (de Blanche, pas de la vieille rombière, hein). Il y a aussi Mr Astley, un riche Anglais, qui est dans le sucre. Et puis, il y a un personnage remarquable, qui même absent pendant la première partie du roman est d'une importance capitale pour tous ces personnages: la tante du général, richissime, dont on attent - espère - la mort rapide. Question d'héritage, vous comprenez.Et dans cette ville, il y a ... un casino, et la roulette. Cette roulette qui fascine et obsède.Deux thèmes sont centraux dans ce roman: l'amour et le jeu. Et ils en commun une chose: le fait pour Alexis de s'en remettre au hasard ou au bon vouloir d'une femme (Pauline) pour décider de son destin.Pendant les 100 premières pages, il faut bien le dire, j'ai eu du mal. Parce qu'Alexis est un personnage qui n'a rien d'aimable, d'attachant, qui se perd dans un amour de type maître-esclave avec la jeune et belle Pauline, femme orgueilleuse, méprisante et mystérieuse. Une femme qui cache un secret que le narrateur veut à tout prix découvrir. Et pendant cette première partie du roman, le narrateur ne joue en fait qu'une fois. Pour Pauline. On sent bien qu'il a en lui cette fascination pour le jeu, mais elle ne se manifeste pas réellement. Le seul personnage qui va se perdre dans la roulette, c'est la tante, Antonida, vieille femme excentrique dont l'avenir de toute la famille dépend. Elle prend goût au jeu et perd des sommes colossales sous les yeux du général qui voit son héritage réduit d'autant. Avec Antonida Vassilievna, on assiste à la spirale infernale du jeu, de la folie qu'il crée; jouer pour gagner, le frisson du risque, puis jouer "pour se refaire".Alexis lui aussi finira par jouer, pour se sentir un homme, pour aider Pauline aussi. Et il gagnera une somme colossale. Qu'il jettera par la fenêtre, ou plutôt dans les mains de Mademoiselle Blanche, qui une fois la fortune du générale partie en fumée, se rabattra sans un battement de cil sur le "nouveau riche" Alexis. En 3 semaines, deux cent mille francs sont ainsi utilisés par Blanche la vénale, la profiteuse pour s'établir à Paris.Finalement, le gain fabuleux n'aura donné lieu qu'à de l'ennui et de la mélancolie pour Alexis. Qui repartira bien vite dans les villes allemandes, où ils sera réduit à l'état de domestique pour pouvoir manger... et retourner jouer.Dans ce roman aux personnages a peu près tous pathétiques, l'enjeu est une certaine idée de la vie et de l'amour. Et la capacité d'un être pourtant intelligent comme Alexis à se laisser prendre dans l'engrenage du jeu jusqu'à la frénésie, l'oubli total de soi, des autres et du monde extérieur. Le jeu a tout prix. Et finalement, l'argent n'est pas le but. Le frisson, la gloire, la sensation d'être autre, supérieur sont essentiels. Le moteur de l'obsession. Il reste difficile à comprendre, ce besoin (?) de laisser au hasard (ou à un autre individu) le pouvoir sur votre vie. C'est pourtant ce que fait Alexis. C'est ce qui me l'a rendu antipathique. Et en même temps, intriguant.Le style de Dostoïevski en lui-même ne me plaît pas plus que cela, mais il faut bien le dire: cela se lit bien. C'est vraiment Alexis qui rend la lecture laborieuse avec ces sempiternels atermoiements et larmoiements. Son exaltation, et ses interrogations désespérées sur sa relation avec Pauline. Il est vraiment exaspérant.Un livre intéressant , malgré tout cela, car, pour qui sait que Dostoïevski fut lui aussi esclave du jeu dès sa jeunesse, on sent du vécu, l'angoisse et l'exaltation, la misère, l'espoir fou et inutile qu'avec ce dernier florin, au fond de sa poche, peut-être...Mais il ya aussi du vécu dans la (pseudo?) relation qu'Alexis entretien avec l'orgueilleuse Pauline: Dostoïevski a aimé une femme semblable, nommée Apollinaria Souslova (surnom...Paulina). Même rapport de soumis/dominant, mélange d'amour et de mépris.Finalement, c'est un livre très intéressant, une fois qu'on l'a lu et qu'on revient sur sa lecture. Moi qui croyais encore à la page 100 faire un billet négatif, je me rends compte que j'ai finalement bien aimé cette lecture. Etrange ,non?

Choupchoup
09/04/13
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.12 kg

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