Le joueur d'echecs

ZWEIG, STEFAN

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 26/01/00
LES NOTES :

à partir de
7,65 €

SYNOPSIS :

Prisonnier des nazis, Monsieur B., en dérobant un manuel d'échecs, a pu, à travers ce qui est devenu littéralement une folle passion, découvrir le moyen d'échapper à ses bourreaux. Libéré, il se retrouve plus tard sur un bateau où il est amené à disputer une ultime partie contre le champion Czentovic. Une partie à la fois envoûtante et dérisoire... Quand ce texte
paraît à Stockholm en 1943, Stefan Zweig, désespéré par la montée et les victoires du nazisme, s'est donné la mort l'année précédente au Brésil, en compagnie de sa femme. La catastrophe des années quarante lui apparaissait comme la négation de tout son travail d'homme et d'écrivain. Le joueur d'échecs est une confession à peine déguidée de cette désespérance.
21 personnes en parlent

Réquisitoire en faveur de la lutte contre les totalitarismes, hommage rendu à la ténacité de l'opprimé face au bourreau, ce court roman se lit sans qu'on puisse s'en détacher.Tout se passe ici dans des espaces confinés: paquebot, prison, échiquier et pensée du personnage. Le repli sur soi permet de tenir face à l'emprisonnement et à l'aliénation; les espaces intérieurs paraissant ainsi infinis, l'échiquier devient la représentation du labyrinthe qu'est l'âme humaine.Un texte finalement plein d'espoir en celui qui persévère dans son combat face à l'oppresseur. Maltese

Maltese
19/05/09
 

Ah, merveilleux Zweig ! Une fois encore, je suis conquise ! Ici, il ya deux récits enchâssés comme le fait si bien cet auteur. Le narrateur à bord du paquebot apprend que le champion du monde d’échecs est à bord. Czentovic a appris à jouer aux échecs par hasard. Cet homme peu intelligent s’est montré au fil des années particulièrement doué pour ce jeu. Toute la première partie du récit se concentre sur ce champion du monde. La tension s’élève subrepticement quand un homme parmi l’assistance souffle les coups à jouer. Notre narrateur est épaté ! Il veut en savoir davantage sur cet inconnu Mr B. Sa curiosité est à son apogée quand Mr B déclare ne pas avoir joué aux échecs depuis plus de 20 ans. Mais surtout, il refuse d’affronter Czentovic ! Et là, tadam… il y a tout le génie de Zweig ! On découvre l’histoire de Monsieur B. Un homme emprisonné par les Nazis. Non pas dans un camp mais seul dans une chambre d’hôtel. Sans notion de l’heure ou des jours et à subir des interrogatoires. Les armes étant la manipulation et la pression psychologique. En volant un manuel d’échecs à un gardien, il trouvera son salut. Celui de ne pas sombrer dans la folie. Il apprendra toutes les stratégies en visualisant mentalement un échiquier. Gangréné pas la folie du jeu, il se fera la promesse de ne jamais jouer. Sans tout dévoiler de ce livre, la revanche aura lieu opposant la technicité de Czentovic à l’incroyable mémoire de Monsieur B. Dénonçant les manipulations psychologiques, Zweig aborde le thème de la folie sous plusieurs angles. Celle des hommes et celle du jeu. Un livre magistral qui m’a laissée sans voix…C’est Zweig et j’en redemande ! http://fibromaman.blogspot.com/

clarac
23/11/10
 

Je prépare actuellement un exposé sur l'Humanisme aujourd'hui, et plus particulièrement, en ce qui me concerne, sur Stefan Zweig. Ainsi, lorsque je suis tombée sur ce fameux livre dans la location que j'occupais la semaine passée, j'ai sauté sur l'occasion de mieux cerner cet auteur pour mon exposé. J'ai bien fait, car je suis tombée sous le charme.Les personnages sont fantastiques. On sait au final assez peu de choses sur le narrateur, qui reste assez effacé et neutre tout au long du texte. Néanmoins, on parvient à comprendre qu'il s'agit d'un homme bon et simple, qui inspire confiance. Czentovic, le champion d'échecs, est, lui, un protagoniste horripilant. Rebutant, grossier, imbu de sa personne, il est tout simplement détestable et antipathique. Quant au dernier personnage important, l'inconnu, je l'ai beaucoup apprécié. Complexe et simple à la fois, il est très intéressant, voire même fascinant. Il dévoile tout au long du texte divers visages, ce que j'ai trouvé très pertinent et enrichissant.Le style de l'auteur est incroyable. Dès les premières lignes, il a su me happer totalement dans son univers. Les mots choisis sont sans prétention, mais très efficaces. On sent d'ailleurs qu'ils sont mûrement réfléchis, que ce texte est lourd de sens. Pourtant, il n'est pas pour autant difficile à lire. J'ai été surprise de voir que son écriture était si accessible. Et j'ai alors dévoré ce roman plus que je ne l'ai lu, grâce à un rythme très bien amené et très entraînant.L'intrigue est très étonnante. Déjà, le principe de mettre ainsi les échecs au coeur de l'histoire est assez surprenant. Avant ma lecture, je me demandais comment tout ceci allait être tourné. En réalité, les échecs ne sont qu'un prétexte pour aborder un sujet bien plus profond. En réalité, la vie de Czentovic n'est qu'un prétexte pour laisser place à l'inconnu. Mais ce prétexte n'est pas choisi au hasard, loin de là. Je reviendrai sur ce point plus tard. Le lecteur apprend donc en premier lieu à découvrir ce célèbre champion international d'échecs, et à le détester. Assez rapidement, le tour est fait, les avis sont tranchés. On se demande donc comment l'histoire va pouvoir décoller. Zweig prend alors les choses en main, très rapidement et très efficacement. Petit à petit, il bascule sur la vie de l'inconnu. C'est ainsi l'occasion de traiter de la Seconde Guerre Mondiale, et de toutes les horreurs liées au nazisme. Je vais ramener ma maigre science, et vous rappeler que Zweig était un humaniste convaincu, et qu'il a fuit l'Autriche pour échapper aux méfaits d'Hitler. Ainsi, avec cet ouvrage, il retrace en quelque sorte son propre parcours. Bien sûr, il y a un grand nombre de disparités. Mais l'idée est là. J'ai trouvé ce principe très pertinent, il permet vraiment de mieux comprendre l'auteur. Revenons à nos moutons. Avec beaucoup de finesse et d'intelligence, ce bouquin met en scène le sadisme et le côté calculateur des nazis. Lorsque l'inconnu commence à narrer sa vie, on est loin de se douter des atrocités qu'il a vécues. Lorsque l'inconnu raconte sa vie, on est loin de faire le rapprochement avec les échecs. Et puis, petit à petit, tout s'éclaire. Le récit de cet homme si étrange se fait plus sombre, plus pressant, mais aussi plus intéressant encore. Je ne m'attendais pas du tout à une telle intrigue, à vrai dire. La véritable histoire ici, c'est celle de l'inconnu. Au tout début du texte, on rapproche le titre à Czentovic. Mais rapidement, on comprend que tout ceci n'est qu'un leurre. Comme si Zweig souhait échapper à une censure qui l'étouffe, il déguise habilement le sujet dont il veut vraiment parler derrière des apparences échéquières. C'est remarquable. Toutefois, rien n'est laissé au hasard dans cet ouvrage. Les échecs sont un jeu compliqué, presque scientifique, qui nécessite réflexion, stratégie, et sacrifice. C'est un jeu de hiérarchie, de pièges tendus. Cela ne vous rappelle rien ? Cherchez un peu. Vous voyez où je veux en venir ? Oui. A mon sens, il y a là un véritable lien avec le nazisme, mais aussi avec le conflit idéologique qui s'annonce, à la veille de la Guerre Froide. Toute la folie, toute la cruauté décrite par l'inconnu à propos des échecs, tout ça, c'est exactement comme si la Guerre était comparé à un jeu. C'est grandiose. Zweig est fort, très fort. Je n'ai jamais aussi bien cerné l'aspect stratégique de la Seconde Guerre Mondiale.La fin m'a beaucoup plu. Plutôt que de tomber dans des choses compliquées, ou dans des éléments bien trop romancés, l'auteur reste simple, et fidèle à lui-même. Il parvient encore à nous surprendre, avec idées toujours plus ingénieuses les unes que les autres. Il soulève de façon implicitement la résonance de la Guerre, dans les esprits, dans les mœurs. A vrai dire, j'ai eu, en quelque sorte, le sentiment que la chute était un condensé de la Seconde Guerre Mondiale. Prémices. Affrontement. Résonance. Encore une fois, c'est très fin, et ça fonctionne très bien. Ce bouquin est porteur d'un très beau message, d'une morale qu'on est obligé de retenir. En effet, on sort de cette lecture marqué. Il est impossible de l'oublier. Il a beau être extrêmement court, cet ouvrage est extrêmement fort. Comme quoi, pas besoin d'en dire des tonnes pour songer à l'essentiel.Le titre est, comme je le disais, trompeur, mais très bien choisi. Car en plus de bien représenter le récit, il en dévoile indirectement toutes les ambiguïtés. La couverture est très simple, pas forcément magnifique, mais elle représente bien divers aspects de l'ouvrage, ce qui est notable, même si on a vu plus esthétique.Au final, je vous recommande très vivement ce petit livre. Accessible et efficace, il saura vous plaire et vous convaincre, j'en suis sûre. Il permet d'ouvrir plus grand les yeux sur la Seconde Guerre Mondiale, et de découvrir l'immense talent de Zweig. En ce qui me concerne, j'ai à présent une irrésistible envie de sortir d'autres livres de lui de ma PAL... En attendant, n'hésitez pas à lire ce bouquin, car vu sa taille, vous serez assuré de ne rien y perdre !

MaMalleauxLivres
22/01/16
 

Alors qu’il effectue une croisière, un homme apprend qu’un champion d’échecs se trouve à bord du bateau. Le narrateur met tout en œuvre pour parvenir à jouer une partie avec le Joueur. Contre toute attente, ce dernier accepte de participer à une partie d’échecs mais plutôt que de jouer à un contre un, et vu son niveau de maîtrise du jeu, il propose de jouer seul contre les mateurs intéressés pur relever ce défi.Durant la partie, un inconnu se joint au groupe et observe le déroulement de la partie. Lorsqu’il intervient soudainement, c’est pour arrêter un déplacement de pion et proposer un autre mouvement, expliquant par la finalité de ce nouvel enjeu stratégique. Quoiqu’il en soit, l’intervention de cet individu attire l’attention du narrateur. Ce dernier va chercher à faire sa connaissance. Lors d’une après-midi ensoleillée, et profitant des transats disposés sur le pont, les deux hommes sympathisent. Et l’inconnu va expliquer comment le jeu d’échecs est entré dans sa vie.–Je doute qu’il soit encore nécessaire de présenter ce roman. Je doute aussi qu’il soit nécessaire de présenter Stefan Zweig. Si je me fie à la connaissance que j’ai des lecteurs qui me suivent par l’intermédiaire du blog, je sais que « j’ai à faire » à de grands lecteurs, de « gros lecteurs »… pour qui le seul fait de prononcer le nom de cet auteur autrichien évoque bien des choses…Je me contenterais donc humblement de dire que je me suis laissée porter par le récit, fascinée par cette fascination décrite pour le jeu, les stratégies, les déplacements… alors qu’en temps ordinaire, je ne suis pas en mesure de rester concentrée plus d’une demi-heure sur une partie d’échecs. Superbe voyage dans des huis-clos qui s’imbriquent : l’huis-clos du bateau, l’huis-clos de la rencontre entre le narrateur et l’inconnu, huis-clos mental de l’inconnu lorsqu’il partage ses souvenirs, l’huis-clos (la relation privilégiée devrais-je dire) entre le livre et son lecteur. Mo'

Mobd
31/10/15

Bon... Tout est dans le résumé! Le narrateur commence par raconté l'histoire du champion du monde puis celui-ci se fait battre par un inconnu. Quand on en apprend plus sur celui-ci, on apprend qu'il a vécut des choses vraiment pas facile lors de la seconde guerre mondiale avec l'occupation des allemands. Après je m'attendais à ce que ça aille plus loin... Je suis resté un peu sur ma faim j'avoue. Le livre est court donc pas assez développé à mon goût...

naramaya
29/04/14
 

Découvert dans la bibliothèque de ma soeur, j'ai lu cette nouvelle de Stephan Zweig quasiment d'une traite. Accessible, elle est également incontournable à mes yeux. Le lecteur se perd d'abord dans le récit de la vie d'un champion du monde des échecs, qui voyage à bord d'un navire transatlantique pour participer à un tournoi. Le sujet de la nouvelle semble alors être la question : Comment fait-il pour être si doué aux échecs alors que c'est un paysan dénué de toute autre forme d'intelligence ? Mais la nouvelle dérive vite vers un autre récit, celui de la vie de M. B... qui est bien plus passionnant. Avec un style littéraire parfait et une précision à la limite du morbide, Zweig décrit les interrogatoires de la Gestapo, l'isolement qui rend fou et qui condamne M. B... à se battre contre lui-même aux échecs, l'entraînant de plus en plus vers la folie. Toutefois, si j'ai été impressionné par ce récit, j'ai été un peu déçu par la chute, un peu trop abrupte à mon goût, et qui m'a laissé sur ma fin. Je lirai peut-être d'autres ouvrages de Zweig à l'occasion.

Shirayukihime
19/03/14
 

Stefan Zweig nous délivre ici une nouvelle posthume courte mais intense !Même si les échecs prennent une place prépondérante dans ce récit ( pourquoi l'intituler ainsi sinon ? ) . Même si l'affrontement entre Czentovic , champion du monde en titre , inculte , arrogant , imbu de sa personne et M.B. , etre refléchi et patient , est des plus intéréssant , ce qui m'a véritablement fasciné , c'est le récit de ce dernier remontant à ses vertes années et expliquant cette faculté à mettre en échec Czentovic ! En effet , les circonstances furent tragiques car jeune adulte , à l'accession au pouvoir d'hitler , M.B. fut non pas emprisonné mais assigné à résidence dans la chambre d'un hotel qu'il lui était désormais interdit de quitter ! Les jours se suivent et se ressemblent , l'ennui gagne , la torture psychologique y est dévastatrice . La " découverte " d'un livre traitant , hélas pour lui au tout début , des échecs bouleversera à jamais son quotidien présent et futur ! Il lui sera des lors impossible de penser à autre chose qu'à cela ! Ce jeu tournant des lors à l'obsession ! D'équilibré , il deviendra monomaniaque ! Sa vie n'ayant pour seul et unique but que pratiquer tout seul encore et encore , rejouant à l'envie les parties de grand maitres...c3 , b4 , f5 tel fut son quotidien , de jour comme de nuit ! Echappatoire salvateur au harèelement nazi mais le confinant à la folie .Autre point fascinant , le parfait antagonisme entre Czentovic et M.B. Tout les oppose , que ce soit humainement ou intellectuellement...Czentovic est un ignare reconnu qui ne brille dans la vie que par les échecs , don qu'il a cultivé des son plus jeune age .Cet homme est vénal , asocial , ignorant , laborieux ; la parfaite antithese de M.B. qui lui semble des plus civilisé ,subtil et instinctif .Le Joueur d'Echecs vous mettra mat en un peu moins de 100 pages !

TurnThePage
04/11/13
 

A peine 100 pages pour ce livre intéressant, qui se lire donc très vite. Dommage qu'il ne soit pas plus long.Comme il est dit dans la préface, il s'agit d'une histoire imbriquée dans une autre histoire, celle des conditions d'emprisonnement de Mr B. dans la narration du voyage en paquebot. Accrobiblio

un flyer
07/08/13

Nouvelle publiée à titre posthume, le joueur d’échecs est le dernier écrit de Stefan Zweig avant son suicide.J’ai été subjuguée par cette lecture, une nouvelle fois la question des limites de l’être humain est au devant de la scène dans ce récit.Stefan Zweig décrit magnifiquement la captivité durant la guerre dans la deuxième partie de cette nouvelle, expliquant le rapport du personnage au jeu d’échecs. Ici le lien addictif au jeu est né de la nécessité de penser des stratégies pour survivre, combler le vide qui le poussait dans la folie. Mais en réussissant à tenir durant l’enfermement, cette béquille va devenir une raison de vivre et petit à petit prendre toute place en son esprit dans une omnipotence désastreuse.Un livre que je recommande, comme les autres, par son style et la richesse de la psychologie des personnages.

Metaphore
25/05/13
 

Le joueur d’échecs est un roman court mais dense. Zweig réussit à surprendre son lecteur dans cette nouvelle. Alors qu’il pense que le joueur d’échecs du titre est Czentovic, vedette mondiale, on découvre relativement tardivement que tout ceci n’est que prétexte à introduire le véritable héros de l’histoire, M. B., autrichien et ancien prisonnier des nazis. Heureusement que ce basculement se produit car Czentovic, sûr de sa force et de sa supériorité, est un être froid et antipathique, qui fera tout pour exploiter les failles de son adversaire contre qui il acceptera de jouer. A l’inverse, M. B. apparaît comme humain, notamment par son statut de victime des expériences nazies. La punition que lui inflige les nazis (et que je ne dévoilerai pas totalement, pour ne déflorer une partie de l’intérêt de l’œuvre) est inhumaine, et finalement bien plus lourde de conséquences qu’une peine classique. On réalise à quel point le fait de parler et d’échanger avec autrui est important. La tombée dans la monomanie des échecs, effet secondaire de la punition infligée, et la dépendance permanente à laquelle doit faire face M. B. illustre les limites du psychisme humain. C’est parce que le narrateur prend soin de lui qu’il ne perd finalement pas totalement pied dans cette histoire.Zweig, avec une écriture très fluide, signe avec Le joueur d’échecs une œuvre importante sur la soumission et la folie. Il est à préciser que ce roman a été rédigé lorsqu’il était en exil au Brésil pour fuir l’Allemagne nazie, et qu’il constitue sa dernière œuvre avant son suicide. Zweig, lucide, signe une œuvre qui témoigne de la folie de l’époque qu’il n’a pas pu supporter. Vraiment un ouvrage à lire !

Yohan59
08/02/13
 

Fascinant ! Brillant ! Voilà les premiers mots qui viennent à l’esprit au moment de parler de ce livre. Dès les premières lignes, j’ai aimé le style élégant et discret, où avec une économie de moyens, Zweig évoque beaucoup. L'histoire est maîtrisée de bout en bout, son suspense savamment distillé. J’en ai aimé chaque mot, chaque idée. Tout le génie de Zweig réside dans ce livre et nous montre qu'il n'est pas nécessaire de remplir 500 pages pour dire l'essentiel.

mycupoftea
03/01/13
 

Le plus grand joueur d'échecs au monde, Mirko Czentovic, embarque sur un paquebot pour se rendre à une compétition. Les passagers, tous intrigués par ce personnage à propos duquel beaucoup de rumeurs circulent décident de le défier. Et même à plusieurs contre un, tous perdent. C'est au moment où un certain Mr B. s'immisce dans leur jeu qu'ils entraperçoient la défaite du champion.La nouvelle est, par définition, une oeuvre assez courte (ici, 95 pages). Je m'attendais donc à une histoire légère et brève, comme je les aime. Après une trentaine de pages et une histoire déjà bien lancée, quelle ne fut pas ma surprise lorsque je me suis retrouvée en plein coeur de la 2nde guerre mondiale ! Je ne m'attendais pas du tout à cela. "Le Joueur d'échecs" n'est pas une nouvelle légère, au contraire, l'auteur écrit ici un pamphlet contre la privation de liberté et la manipulation.Surprise, donc, mais très agréablement par cette nouvelle percutante et saisissante. La curiosité qui nous anime lorsque l'on découvre le don de Mr B. pour les échecs est vite balayée pour laisser place à de l'empathie envers cet homme livré à lui même.J'ai beaucoup apprécié la psychologie des personnages. le narrateur est assez vite gommé pour laisser place à Mr B. grâce à une mise en abyme. Procédé très judicieux qui nous fait partager le quotidien effroyable de cet homme désemparé. Zweig maîtrise totalement son histoire et sa plume. On est emportés d'un bout à l'autre, allant de surprises en stupéfactions.

beroune
21/12/12
 

Ce texte a été écrit en 1941 et nous montre comment un homme arrêté par les nazis, subissant ce qu'on appellerait de nos jours une expérience de privation sensorielle, parvient à s'emparer d'un livre qui , ô déception, n'est qu'un manuel d'échecs, manuel d'échecs qui lui permettra pourtant de tenir tête à ses geôliers...Stefan Zweig en 95 pages réussit à nous montrer la double souffrance d'un homme : celle due à sa captivité sans violence physique est tout aussi redoutable que s'il avait été envoyé dans un camp de travail mais aussi les ravages que peuvent causer les monomanies, c'est à dire l’obsession d'une seule idée.Les passages consacrés à la découverte et à la lecture du livre dérobé 'ont fait penser aux propos tenus par Jean-Paul Kaufman qui lors de sa captivité, quand il parvenait à obtenir un livre faisait durer le plaisir en lisant l'ouvrage dans tous les sens, y compris à l'envers, se régalant même à la lecture d'Harlequinades...La même fièvre à l'idée de lire..."Je voulus d'abord savourer toute la joie que me donnait la seule présence de ce livre, et je retardai à dessein le moment de le voir, pour le plaisir excitant de rêver en me demandant quelle sorte de livre je voulais que ce fût : surtout , imprimé très serré, avec le plus de texte possible, des feuillets très, très fins, afin que j'aie plus longtemps à le lire. J'espérais aussi que ce serait une œuvre difficile, qui demanderait un gros effort intellectuel, rien de médiocre, quelque chose qui puisse s'apprendre, qui se puisse apprendre par cœur, de la poésie , et de préférence- quel rêve téméraire!-Goethe ou Homère."...Une œuvre dense et puissante , profondément humaine. cathulu

cathulu
06/08/12
 

Cette nouvelle publiée après la mort de son auteur, Stefan Zweig, est un pamphlet contre le nazisme et ses tortures psychologiques. Ecrite entre novembre 1941 et 1942, elle fut éditée en 1943 à Stockholm, soit un an après le suicide de l'auteur (février 1942).Ce texte est très célèbre du fait que Stefan Zweig livre son désarroi face au nazisme. Il montre derrière l'histoire de Monsieur B., l'inconnu joueur d'échecs, à quel point le nazisme l'a détruit en tant qu'homme mais aussi en tant qu'écrivain.Monsieur B. représente un homme d'envergure qui subit des pressions de la part de la Gestapo. Comme il le dit, les nazis n'ont pas créés que des camps de concentration où la déchéance était physique, annihilant l'être humain. Pour les hommes dont il fallait soustraire des informations, les nazis avaient prévu des prisons dorées. Monsieur B. se retrouve ainsi enfermé dans une chambre d'hôtel dont la description nous fait penser à une cellule de prison. Dans cette cellule, il n'y aucun moyen de distraction. Ni télévision, ni livre. Personne ne doit lui adresser la parole. La torture psychologique devient absolue. L'évènement majeur va être la découverte et le vol d'un petit livre, un manuel d'échecs, par lequel Monsieur B. va penser échapper à ces tortures. Au début cela se passe ainsi. L'auteur nous montre à quel point un livre, un instrument de savoir, d'évasion, de réflexion, peut être salvateur. Le problème est que ce petit objet et le savoir qu'il contient ; la pratique et la technique des échecs ; va tourner à l'obsession et à la folie. Je l'ai perçu de la façon suivante : Monsieur B. n'ayant plus que cela sur quoi se reposer, il va se laisser emporter et absorber par cette nouvelle passion. Qui le conduira à une torture mentale similaire à celle produite par la Gestapo.Ainsi, un être humain a besoin de liberté pour s'accomplir. Si une bride trop forte et injuste le retient, il aura beau trouver des occupations, cela n'arrangera rien à sa condition. Le travail d'écrivain de Stefan Zweig s'est trouvé annihilé par le nazisme.Un livre que j'aurais aimé étudier en classe tant sa portée semble universelle. Marylin

marylinm
07/12/11
 

Le Joueur d'échecs : Alors qu'il quitte voyage vers l'Argentine, le narrateur apprend que se trouve à bord du bateau le champion mondial d'échecs, Mirko Czentovic. Amateur de psychologie, il souhaite observer et comprendre Czentovic qui, bien que champion d'échecs, a une réputation d'homme lent et peu intelligent. S'ensuit alors une partie d'échecs commune contre Czentovic dans laquelle un certain "M. B..." va réussir à faire partie nulle ! Et surprise, ce dernier avoue ne pas avoir touché un échiquier depuis une vingtaine d'années...Dans cette nouvelle, Zweig imbrique plusieurs récits :- celui de l'enfance de Czentovic et comment il est devenu champion du monde d'échecs- celui de M. B... et comment il est devenu un expert capable de battre un champion - et enfin, le récit de leur rencontre sur le bateau. On a donc un effet de surprise car l'on ne s'attend pas au long récit de M.B.... et c'est pourtant le centre de la nouvelle.Ce récit va d'ailleurs permettre d'aborder le thème de la répression et des tortures (psychologiques) nazies. En effet, avocat en Autriche, M. B... a été arrêté et emprisonné dans une chambre d'hôtel, sans contact extérieur, seul et sans aucune distraction. Interrogé à plusieurs reprises par les nazis, il perd peu à peu le contrôle de son esprit jusqu'à ce qu'un petit livre sur les plus grandes parties d'échec parvienne à le sauver...J'ai bien aimé cette nouvelle plaisante à lire, surprenante et extrêmement bien construite.

chroniquesassidues
16/11/11
 

Le Joueur d'Echecs est une réelle découverte, bonne même. Cependant, je n'ai pas aimé l'histoire. J'ai aimé le livre car l'auteur à su me captiver et m'emmener jusqu'au bout de son réçit. L'histoire est captivante, inquiétante et anormale.Mais bon, ça parle d'échec, et moi les échecs... ben, c'est pas ça... Les personnages sont vraiment hors du commun : on peut facilement croire qu'ils puissent exister dans la réalité, pourtant ils semble hors du temps, impalpable.Ils restent cependant fascinant de par leurs histoires mais aussi de par leurs actions. Au début, on ne sait pas vraiment ou Le Joueurs D'echecs va nous emmener, à la fin non plus d'ailleurs. On subit le livre d'un bout à l'autre et les évènements sont tellement inattendu qu'on ne peut poser le livre. Tout dans ce livre est une surprise, jusqu'à présent je n'avais jamais rien lu de tel, surtout sur un sujet qui ne me passionne pas. L'auteur à vraiment un style bien à lui, différent des autres, personnels. Il sait parfaitement rendre son récit palpitant pour un sujet pas vraiment folichon. Il sait parfaitement amener les mots pour créer un suspense. Stefan Zweig écrit vraiment très bien, comme un poète. Rien que ses mots nous envoutent et ça devient rapidement un plaisir de le lire !A lire pour la beauté des mots.

MademoiselleLuna
26/10/11
 

Il s'agit (encore une énième fois) du premier livre de cet auteur que je lis sur les conseils de beaucoup de monde. Cela faisait longtemps que je voulais lire une des ces œuvres tant encensés par la critique, mais à l’origine je voulais les lire en allemand, j'ai quand même eu une licence d'allemand ! Mais une amie allemande m'a conseillé de le lire tout d'abord dans ma langue, au cas ou... Et maintenant, je n'ai qu'une envie c'est d'en acheter d'autres mais en allemand !!Mince, moi qui voulais faire une brève introduction, c'est bigrement loupé !Bref, comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce court roman, un véritable coup de cœur, une révélation littéraire... Que dire ? Une beauté, et j'en passe !L'histoire est pourtant assez simple : nous sommes sur un paquebot bien après la seconde guerre mondiale (environ 20 ans) et notre narrateur, dont nous ne saurons jamais rien, est un grand amateur d'échecs. Il rencontre sur le pont du bateau d'autres amateurs avec lesquels ils commencent à jouer mais il voudrait surtout se mesurer au champion en la matière qui est également sur le bateau, ô heureuse coïncidence ! Celui-ci accepte, c'est un véritable pro dans cette petite compétition amateur et personne n'est à sa hauteur. Là se présente alors un homme timide, fuyant qui donne des conseils aux amateurs pour battre le champion et cela marche !! Le narrateur va donc lui demander de jouer aux noms des non-amateurs et de battre ce champion. L'homme hésite et finit par raconter pourquoi il ne veut plus toucher à ce jeu depuis près de 20 ans...Et à ce moment commence un récit bouleversant raconté d'une manière sobre et pudique, qui met mal à l'aise sans pour autant faire pleurer. Je ne vais pas tout vous raconter, ça gâcherait le plaisir à lire cette merveille... Mais une question vous viendra en tête : comment tenir quand on a pour seule compagnie soi-même durant des mois, voire des années ? Quand le mobilier de votre chambre ne tient qu'au stricte minimum : table, chaise, armoire et lit ? Quand l'unique fenêtre est murée ?? Ce livre nous plonge aux tréfonds d'une âme humaine torturée par la plus profonde solitude qui soit, celle qui pousse l'homme que nous sommes dans les derniers retranchements de sa conscience pour ne pas sombrer dans la folie.Ce qui est sublime dans cette œuvre est la volonté de ce personnage de s'en sortir malgré tout, de se battre avec ses armes, bien qu'elles soient dérisoires. L'écriture de Zweig est juste magnifique de sobriété et de justesse.En un mot, lisez-le, vous en sortirez transformé et vous ne saurez être déçu ! <a href="http://www.libfly.com/feedoll-bibliotheque-2675.html"><img src="http://www.libfly.com/goodies_forum.jpg?id=2675&po=1&ps=FFB300&li=F21173&st=FFB300&fo=F0F0F0"></a>

feedoll
17/10/11
 

Superbe nouvelle sur la folie, l'humanité et les limites de l'homme.Dans un bateau, deux joueurs d'échecs s'affrontent. Le premier a pour lui la renommée et la gloire mais il est aussi mécanique qu'un robot. Le second, plus obscur, a des années d"entrainement et une faculté à prévoir les coups. Mais aussi une sensibilité qui confine à la faiblesse.

Praline
30/05/11
 

Un livre sympathique, tant par sa brièveté que par son contenu. La mystérieuse énigme autour des échecs éveille l’intérêt ; puis la plongée dans l’abîme de solitude expérimentée par le protagoniste rend compte avec précision de la proximité de la folie. L’histoire est prenante et se lit bien mais elle a à mes yeux un goût de déjà vu. Peut-être aussi que les personnages manquent un peu d’étoffe, sans doute est-ce volontaire de la part de l’auteur afin de leur laisser une aura de mystère, mais à mes yeux, c’est un peu gênant car ça n’aide pas à rentrer complètement dans l’histoire.A noter aussi que cette nouvelle est le dernier écrit de Zweig qui se donna la mort en 1942.

Artsouilleurs
23/10/10
 

Un superbe livre dont on ne peut se détacher tant l'intensité dramatique y est à son comble. On y suit les ravages de l'enfermement sur l'âme humaine avec les conséquences irrémédiables qui en découlent.Un plaidoyer contre le nazisme et le jusqu'au-boutisme des techniques de torture psychologique qui ne peut laisser indifférent le tout sur fond de ce qui ne devrait rester qu'un jeu, mais devient ici le personnage central de ce drame.

moinsun
21/02/10
 

Le joueur d'échecs Zweig nous entraîne dans une description psychologique de 2 personnages intriguants, des joueurs d'échecs. Livre court, précis et captivant. Aucune raison de se priver de lire ce petit chef d'oeuvre.

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.12 kg

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