Le journal d'un fou ; le nez ; le manteau

GOGOL, NIKOLAJ VASIL EVIC

livre le journal d'un fou ; le nez ; le manteau
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/09/90
LES NOTES :

à partir de
11,00 €
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Dans "Le journal d'un fou", nous faisons la connaissance de Poprichtchine, un jeune fonctionnaire russe d'un rang peu élevé, épris de la fille de son patron, et insatisfait de son sort, dont les ambitions déçues et la frustration causeront la déchéance. Son univers mental bascule : il croit déjouer un complot ourdi par des chiens, les entrées de son journal s'ornent de dates imaginaires, il se prend pur l'héritier du trône d'Espagne... La déraison, qui s'empare de lui chaque jour un peu plus, lui permet d'assouvir en rêve sa soif de puissance et de gloire, mais lui vaudra bientôt de se trouver aux prises avec une autre espèce de folie, bien plus cruelle, celle des institutions supposées soigner les aliénés."Le portrait" nous raconte l'histoire d'un jeune peintre aussi désargenté que passionné, Tchartkov, qui, fasciné par un portrait de vieillard, l'achète avec ses derniers deniers, et trouve une petite fortune cachée au dos du tableau... Une chance incroyable lui est alors offerte. Va-t-il profiter de cet argent pour se consacrer à son art et se transcender lui-même, ou bien se cèdera-t-il aux sirènes de la mode et y perdra-t-il son âme ?"La perspective Nevski" est une avenue emblématique de Saint-Pétersbourg, un peu l'équivalent des Champs-Élysées à Paris; et, pour Gogol, le lieu de toutes les illusions et de tous les maléfices. Un soir, deux jeunes gens très différents s'y promènent ensemble : le peintre Piskariov, naïf et idéaliste, et l'officier Pirogov, sûr de lui et plus prosaïque. Ils croisent deux jolies femmes, et, éblouis, décident de les suivre jusqu'à leurs domiciles respectifs. Mais aucune des jeunes beautés n'est ce qu'elle paraît être. L'un des hommes s'attirera quelques ennuis et oubliera bien vite l'aventure; pour l'autre, cette rencontre revêtira un tout autre sens, et l'histoire se terminera tragiquement...

Schlabaya
19/08/10

Comment un auteur russe a-t-il pu distiller la folie d'un personnage à travers son journal ? J'ai toujours aimé lire des journaux intimes, et encore plus lorsque son propriétaire a tendance à dérailler... Bon, ok, je l'ai aussi choisi parce qu'il faisait moins de 150 pages (toujours aussi traumatisée par Anna Karénine).Pour la 1ère nouvelle, Poprichtchine (5 mins pour écrire son nom) commence fort : son boulot, c'est de tailler les plumes de son boss, dont il aime la fille. Le jour où il entend le chien de celle-ci parler à un autre, il décide de voler la correspondance canine pour en savoir plus sur sa dulcinée. Dépitée par le manque d'intérêt de son entourage, il découvre alors qu'il n'est autre que le roi d'Espagne, et que la Terre va s'écraser sur la Lune. Donc, il est fou.J'ai adoré cette nouvelle. Le personnage est complètement barré, sa logique, même si elle part dans la mauvaise direction, est assez correcte, et il fait partie des fous que l'on affectionne : vous savez, celui qui pourrait se prendre pour Napoléon !L'écriture colle tout à fait au thème du journal intime, de la folie : il n'y a qu'à voir les dates notées, qui changent de plus en plus, jusqu'à déclencher des rires.Pour le portrait, je l'ai un peu moins appréciée. C'est l'histoire d'un peintre désargenté qui achète un vieux tableau représentant un homme inquiétant, particulièrement bien rendu. Le portrait lui fourni alors de l'or, et à partir du moment où le jeune peintre va l'utiliser, il va perdre tout ce qui faisait de lui un véritable artiste.Le thème n'est pas franchement original, déjà vu, traité d'une autre manière, dans beaucoup de nouvelles (manque de pot, ce n'est que maintenant que je lis Gogol !) Ensuite, le personnage m'était moins sympathique que le premier. Et la fin, légèrement banale.La dernière histoire du recueil est une ode à la Perspective Nevsky, composée à 80 % d'une description parfaite, mais interminable ! Une promenade le long de ses bâtiments peut être vécue de plusieurs manières, le matin, en milieu de journée, ou le soir : ses occupants changent selon les heures, les plus riches cèdent la place aux classes moyennes, aux ouvriers, etc.On va suivre deux personnages, l'un peintre (encore), l'autre lieutenant, qui vont suivre chacun une femme, jusqu'à leur perte ou leur déshonneur.Ces textes sont magistralement inquiétants, on ne lâche pas le bouquin avant de savoir ce qui arrive à ses hommes qui se sont laissés avoir par une illusion.Bref, un excellent recueil pour aborder la littérature russe, sans avoir besoin de retenir une cinquantaine de noms !

Emmab666
29/01/16
 

Ces trois nouvelles (Le journal d'un fou, Le portrait et La perspective Nevsky), toutes extraites du recueil Arabesques, inspirent un sentiment étrange. Le lecteur est rapidement absorbé dans des dimensions troublantes où la frontière entre réalité et imaginaire s'efface. Cette ingéniosité avec laquelle Nicolas Gogol envisage la folie, a fait de lui, l'un des maîtres de la littérature fantastique russe. A lire sa biographie, on est évidemment tenté de se demander si ce talent ne lui est pas inspiré par les troubles psychologiques dont il souffre lui-même ? Toujours est-il qu'il sonde à merveille l'esprit humain et les parts sombres qu'il recèle. Les personnages qui animent ces récits, souvent attachants mais néanmoins névrosés, révèlent ce que nous cachons tous un peu en nous. Et Gogol sait si bien le mettre en scène, qu'il s'en dégage une ambiance inquiétante digne des plus remarquables plumes de la littérature fantastique telles que celle d'Allan Edgar Poe, Prosper Mérimée ou encore Théophile Gauthier. C'est un peu comme si Gogol étalait au grand jour, la part de folie et de pensées absurdes qui ne manquent pas parfois, de traverser nos esprits (en tous cas, le mien). Cette acuité avec laquelle il le fait, me fait dire qu'il n'y a pas de fous. Seuls existent les malades... ou les génies.Le journal d'un fouPopritchine est un fonctionnaire, dont le travail est de tailler des plumes pour le Directeur du Ministère. Amoureux de Sophie, la fille dudit Directeur, notre héros tient un journal intime. Jusqu'au jour où, en proie à des violentes hallucinations, il s'imagine entendre le chien de la jeune fille parler. Voilà, il a sombré dans la folie. Et son journal en devient à juste titre, celui d'un fou. Il se prend pour Avksenty Ivanovitch, conseiller titulaire puis devient carrément Ferdinand VIII, Roi d'Espagne, torturé par l'Inquisition... Excellent, je ne trouve pas d'autre mots pour qualifier ce Journal d'un fou. Gogol, en une trentaine de pages seulement, plonge son lecteur dans un monde où "demain, à sept heures, il se produira un événement étrange : la terre se posera sur la lune."p.31 Et Popritchine de déclarer que : "La lune, d'ordinaire, se fabrique à Hambourg, et fort mal (...) p.31. C'est un tonnelier bancal qui l'a faite, et l'on voit bien que cet imbécile n'a aucune idée de la lune. Il y a mis un cordage goudronné et de l'huile de bois ; c'est de là que provient sur toute la terre cette puanteur terrible qui nous oblige à nous boucher le nez. C'est pour cela aussi que la lune est une sphère si délicate que les hommes n'y peuvent vivre et que maintenant elle est habitée uniquement par des nez. Voilà pourquoi nous ne pouvons apercevoir notre propre nez car tous les nez sont dans la lune."p.32 Si bien qu'il déboule dans la salle du Conseil en s'écriant : "Messieurs, sauvons la lune car la terre veut s'asseoir dessus."p.32 Ce texte est tout simplement génial.Le portraitTcharkov, jeune peintre pauvre mais prometteur, achète par hasard, un tableau fascinant représentant un Moudjik au regard troublant. Cette acquisition fera à son insu sa fortune et sa célébrité. Mais à quel prix ? Le thème du portrait "aux pouvoirs magiques" a parfaitement été exploité par de nombreux auteurs (voir par exemple Le Portrait Ovale, Le portrait de Dorian Gray). Mais la version proposée par Gogol est maîtrisée et le tableau parfaitement envoûtant.La perspective NevskyPiskariov et Pirogov suivent deux jeunes femmes dans la rue. Ce récit est celui de leur troublante rencontre avec les dames en question sur la célèbre artère piétonne de Saint-Pétersbourg que représente la perspective Nevsky, avec sa faume et toutes ses particlarités.Texte étrange, La perspective Nevsky, ce texte n'est pas dénué d'intérêt même s'il reste celui que j'ai le moins aimé.Je n'avais jamais lu d'oeuvre de Gogol et me voilà conquise. Non seulement, la littérature fantastique m'intéresse, mais en plus, les thèmes traités m'ont passionnée (folie, art, notamment). Je me lancerai donc volontiers dans la lecture d'autres textes de l'auteur. Alcapone13

Alcapone
02/02/13
 

Je neeeeeeeeeee suis qu'un fouuuuuuuuuuuuuu, un fouuuuuuuuuuuu d'aaaaaaaaaaaamouuuuuuuuuuuuuur... Voilà la chanson que j'ai dans la tête depuis que j'ai commencé ce bouquin. Et pas la version originale, hein? la version Johnny/Lara Fabian. C'est dire si je suis content d'en finir!Blague à part, j'appréhendais franchement la littérature russe. Jusque-là, je n'avais lu que La Mouette, de Tchékhov. C'est une excellente pièce de théâtre naturaliste, La Mouette, hein? "Si un jour tu as besoin de mon coeur, viens et prends-le". J'adore. Mais il m'a fallu un sacré moment pour m'y retrouver dans les personnages, et donc pour l'apprécier. Parce qu'ils n'ont pas des noms comme nous les russes. Y a une logique que je n'ai jamais comprise. Non seulement ils ont des noms difficilement prononçables quand on est habitué à des Jean Dupont mais en plus ils ont l'air d'en avoir plein, des noms, avec des diminutifs qui ne ressemblent pas à des diminutifs... Bref, il faut une initiation aux noms russes pour pouvoir suivre. Et comme je n'en ai jamais eu, j'avais peur. http://marcanciel.over-blog.fr

marcanciel
09/09/11
 

Format

  • Hauteur : 17.70 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.17 kg
  • Traducteur : HENRI MONGAULT

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