Le maitre des illusions

TARTT, DONNA

EDITEUR : POCKET
DATE DE PARUTION : 04/09/12
LES NOTES :

à partir de
8,50 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

Fuyant sa Californie natale, bourse en poche, Richard doit son entrée à l'université de Hampden, dans le Vermont, à son opportunisme bien plus qu'à son talent. Prêt à tout pour arriver haut, et vite, le voilà introduit dans la classe du professeur Julian, vouée à l'étude des Anciens, grecs
et latins. Bastion de savoir et de snobisme, la petite communauté vit en vase clos, avec deux mots d'ordre : discipline et secret. Très vite, Richard devine sous le vernis des apparences une tache indélébile, du rouge le plus sombre. Tout ici n'est que vice, secret, trahison, manipulation...
22 personnes en parlent

Soit...Soit, il s'agit bien d'un suspens.Soit, on a bien un groupe d'étudiants, à la psychologie assez développée, qui forment une petite communauté (à peine) particulière.Soit, je ne me suis pas ennuyé à la lecture de ce roman.Mais, comme pour Mme Charlotte, ce livre a été pour moi une vraie déception. Et pourtant il figure parmi les "1001 livres qu'il faut avoir lus dans sa vie" (preuve supplémentaire que cet ouvrage n'est pas, loin s'en faut, une référence sûre) et les critiques en général étaient bonnes à sa sortie !Non, décidément, on attends je ne sais quelle révélation, chute, intrigue... mais rien ne décolle et très vite on tourne en rond. Très, très plat...Des rebondissements, une "plume précieuse", une exploration psychologique poussée des personnages, laissez-moi rire !Je me suis dit que finalement le maître des illusions en question n'était pas Dionysos mais Donna Tartt elle-même. Maltese

Maltese
19/02/09
 

Tout ça pour ça ?704 pages, 8 ans d’écriture, pour une histoire simpliste, déjà vue, au suspens qui ne décolle qu’à de très rares moments pour retomber aussitôt dans une banalité affligeante, des personnages et des situations prévisibles. À mi-chemin entre le thriller, et une histoire d’étudiants, paumés chacun à leur manière. Niveau histoire, on se croirait devant le téléfilm du dimanche sur M6.Ce qui sauve le livre et m’a permis de le finir sans trop d’ennui, c’est l’ambiance malsaine, le style de l’auteur, l’univers élitiste qu’elle décrit.J’aurais aimé des personnages plus fouillés, plus de tension, un vrai fil conducteur (rites dionysiaques survolés, alors que tout part de là, le prof de grec qui finalement tient lieu de figurant mais dont le comportement détermine le dénouement…) des tas de fausses pistes destinées, je pense, à entretenir le suspens, mais qui donnent en fait l’impression que l’auteur ne savait pas trop où aller.Déçue donc, mais j’essaierai tout de même de lire son deuxième roman, Le petit copain.

un flyer
13/02/09

Une critique dithyrambique de Anna Gavalda m'a incitée à lire cette histoire qui s'est révélée ...sans aucun intérêt !!!L'intrique n'avance pas, tout est cousu de fil blanc, après plus de 200 pages de lecture, on n'en est toujours au point mort.Je me suis fait violence pour le lire jusqu'au bout car j'étais curieuse de savoir ce qui avait pu susciter un tel enthousiasme chez l'auteur de "Ensemble, c'est tout".Manifestement, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas.En résumé, un livre à oublier.

Puppy
01/03/10
 

Un excellent roman découvert complètement par hasard (et donc qui ne pouvait pas être source de déception) et dans lequel je me replonge depuis régulièrement. L'histoire d'une petite classe d'étudiants en grec, dans une université américaine. Les élèves, peu nombreux, se retrouvent régulièrement en dehors des cours et constituent une petite société érudite qui bascule un jour dans le meurtre.

sovane
16/11/10
 

Contrairement aux deux précédents commentaires, j'ai beaucoup apprécié ce livre. L'ambiance et les personnages m'ont intéressé dès le début et je l'ai lu d'une traite. J'aime l'écriture de Donna Tartt et le fait que malgré des rebondissements prévisibles, on ait quand même l'envie de savoir comment cela va se passer pour ces jeunes originaux mais un peu déconnectés du monde réel. Seul bémol, le personnage principal, Richard : moins riche, à l'apparence moins intelligent et qui continue de faire la fête avec les autres élèves du campus, en gros plus "normal". On a l'impression qu'il n'est là que pour que le lecteur ai un personnage auquel s'identifier plus facilement. Malgré tout, cela reste un roman que j'ai plaisir à relire de temps en temps.

Evghenya
03/05/10
 

J'ai adoré la première partie, l'atmosphère toujours sous tension, le cadre de l'université américaine, la découverte des personnages tous assez mystérieux. J'ai eu peur que les leçons de grec prennent trop de place et finalement à part un passage un peu lourd au début, il n'y a que des références par ci par là.La deuxième partie à quelques longueurs mais reste intéressante, je me suis tout le long demandée comment ça allait finir.Ils sont certes assez portés sur la boisson et les cachets mais je peux les comprendre quand je me met à leur place.Quant à la fin, j'ai été un peu déçue

Cyrgd
16/09/15
 

Si je me retrouve à lire Le maître des illusions, ce n''est pas grâce à sa magnifique couverture, ni au résumé, mais grâce à Valentin Musso, auteur de Les cendres froides, un roman où cette citation ouvre l'histoire : Certaines choses sont trop pénibles pour être appréhendées sur le coup. D'autres encore - nues, grésillantes, d'une horreur indélébile - sont trop terribles pour être admises. Ce n'est que plus tard, dans la solitude, le souvenir, que pointe la compréhension ; quand les cendres sont froides, que les affligés se sont retirés, qu'on regarde autour de soi pour se retrouver - à sa grande surprise - dans un monde entièrement différent.Valentin Musso paraphe, mais cette citation vient tout droit de ce roman. En tout cas, elle m'a plus d'emblée ! J'ai donc ajouté ce livre à ma wishlist, et le hasard faisant bien les choses, les éditions Pocket ont sorti peu de temps après une édition collector du maître des illusions. La couverture est superbe, et la quatrième de couverture n'a pas été oubliée, en tout cas j'ai craqué et je suis l'heureuse propriétaire de ce livre magnifique :[photo de la 4è de couverture à voir sur le blog]Mais revenons à l'histoire. Richard s'ennuie ferme chez ses parents qui voudraient qu'il arrête de penser aux études pour travailler à la station service de son père, mais il ne se sent pas à sa place ici. Obtenant une bourse pour l'université du Vermont, il y va sans tarder et sans se retourner. Une fois sur place, il va rentrer dans un cours très select aux élèves particuliers... Il ne sait pas encore tout ce que cette entrée va lui coûter...C'est une histoire définitivement très perchée, où les personnages prennent toutes les décisions qui pourraient les mettre dans le pétrin à coup sûr : mais ils sont riches, ils n'ont presque aucune attache et je pourrais presque avancer qu'ils se sentent au dessus de tout. Ils ont tous une personnalité tellement atypique, mais je n'en dirais pas de peur de spoiler. Tout acte, dans la plénitude du temps, sombre dans le néant.L'histoire a été écrite en 1993 (l'année de ma naissance, donc 22 ans aujourd'hui), mais elle reste intemporelle, elle pourrait avoir été écrite hier que je n'aurais pas vu la différence. Cependant, niveau vocabulaire, il faut s'attendre à quelque chose de plus complexe qu'un roman jeunesse, l'auteure ayant une sacré culture, il faut s'accrocher par moment tellement les personnages partent dans des délires philosophiques autour de la littérature grecque. Le tout est servi par une écriture fluide de l'auteure, une plume très plaisante à lire.En tout cas, j'ai beaucoup aimé Le maître des illusions et tout cela m'a donné envie de découvrir les autres livres de Donna Tartt !

bountyfrei
19/08/15
 

Alea jacta est Si je ne devais vous conseiller qu'un seul roman de Donna Tartt, ce serait bien évidemment Le Chardonneret. Bien qu'il soit moins abouti, ce premier roman de 800 pages est pourtant tout aussi addictif. Comme Théo, le jeune Richard va voir sa vie basculer en quelques minutes et désormais, plus rien ne sera comme avant...

Je réalise qu’écrire cette chronique va être plutôt ardu. J’ai beaucoup aimé ce premier roman de Donna Tartt, paru il y a maintenant une dizaine d’années. C’est en effet un texte riche, foisonnant, complexe.Dès le début, j’ai été prise par l’intrigue qui paraît simple mais diablement efficace. Donna Tartt amène son lecteur jusqu’à la conclusion de son histoire sans qu’il ait eu l’impression d’avoir tourné 700 pages! Elle nous plonge au cœur du drame de l’université de Hampden dès les premières pages pour laisser son lecteur, plus tard, K.O, groggy par le dénouement.L’histoire commence avec Richard Papen. Il grandit dans une banlieue californienne entre un père violent et une mère effacée, inexistante. Sans motivation intellectuelle, en vase clos, Richard décide de quitter la Californie pour faire ses études dans le Vermont. Il souhaite à la fois fuir sa famille léthargique mais aussi s’affranchir intellectuellement et culturellement. Sur la campus, Richard souhaite intégrer un cours bien particulier: le cours de grec ancien de Julian Morrow. Fait particulier, Julian n’accepte que cinq étudiants dans ses cours très privés. Ces cinq étudiants constituent une race, un clan à part entière, connu de tous sur le campus. Ils ne se fréquentent qu’entre eux, ne jurent que par Homère et Aristote et cultivent une certaine distance intellectuelle vis à vis de tout ce qui touche le médiocre.Richard parvient à intégrer ce clan très fermé. Toute l’intrigue du roman va reposer sur ce groupe d’étudiants, leur personnalité, leur motivation. S’ils paraissent soudés, des disputes internes éclatent peu à peu, mêlant discorde et zizanie dans le clan des esthètes. Les disputes se règlent en général à coup de scotch ou de whisky bien tassé. Richard s’intègre peu à peu à cette famille recomposée. Mais un jour, il apprend quelque chose qui va le lier à tout jamais aux autres.Donna Tartt joue sur la psychologie de chacun de ses personnages. Ils ont tous une personnalité affirmée, des caractéristiques. Elle fait jouer à ses personnages une tragédie. Le lecteur en connaît l’issue et tout l’enjeu du roman consiste à voir de quelles manières elle positionne ses personnages par rapport aux faits. Elle étudier une micro-société: comment se comportent les hommes face à un terrible secret qui les lient tous? Qui craquera le premier? Qui sera sacrifié pour sauver les autres? Donna Tartt pose les bonnes questions.Il est terrible, pour nous lecteurs, de voir cette tragédie se dérouler lentement tel un serpent sans que l’on puisse rien faire pour arrêter les choses. Le suspens est parfaitement dosé et m’a laissé fébrilement tourner les pages jusqu’au point final, terrible, presque irréel. On suit l’intrigue du point de vue de Richard, novice en la matière qui ne comprend pas tous les tenants et aboutissants. Quand les pièces du puzzle se mettent enfin en marche, il est trop tard pour reculer.Donna Tartt sait aussi créer une atmosphère bien particulière. Le Vermont en hiver est coupé de tout. La neige envahit le campus, forçant les étudiants à vivre reclus. L’université est dominée par le Mont Cataract, géant qui veille et menace les étudiants de sa terrible hauteur! On respire avec les étudiants les vapeurs d’alcool et de cigarettes, cet air épais qui s’insinue au cœur des poumons, rendant les choses plus troubles, plus floues. J’ai passé un moment hors du temps, tournant les pages rapidement pour enfin connaître le fin mot de l’intrigue. Le Maître des illusions reste un livre prenant, un chef-d’œuvre! Carolivre

un flyer
26/10/14

Malgré les 800 pages, je suis parvenue sans difficultés à lire ce roman. La complexité des personnages donnent le ton de cet ouvrage. Chacun a un profil différent, la pression psychologique du groupe donne de la force de ce livre. En trame de fond, un meurtre. L'histoire nous permet de comprendre ce qui s'est passé, et l'objectif sera de masquer l'auteur de ce crime commis sans véritable remords, juste parce qu'un individu devenait trop gênant à parce que trop bavard sans pouvoir réussir à garder son sang froid.Il me donne l'envie de lire "le chardonneret", dont Donna TARTT mis plus de dix ans à en terminer l'écriture.

reuilly
27/09/14
 

« Dionysos [est] le Maître des Illusions, capable de faire pousser une vigne sur la planche d’un navire, et en général de faire voir à ses fidèles le monde tel qu’il n’est pas. » E.R. Dodds – The Greek and the IrrationalRichard décroche une bourse pour s’inscrire à l’université d’Hampden dans le Vermont. Il se lance dans les classes de grecs et de latin de Julian Moore, professeur atypique qui refuse que ses rares élèves, ils ne sont au final que 6, suivent des cours avec d’autres professeurs. En plus de Richard, arrivé sur le tard, Julian dispense ses cours à Henry, aux jumeaux Charles et Camilla, à Francis et à Edmund surnommé Bunny. On sait dès le départ qu’Henry est l’instigateur du meurtre de Bunny perpétré avec l’aide de ses condisciples.L’intrigue n’est donc pas ici ce qui intéresse le plus Donna Tartt. Les ressorts psychologiques menant ses protagonistes à assassiner un des leurs sont au cœur du livre. Pourquoi et comment un petit groupe, qui paraît au départ soudé, se retrouve à tuer un de ses membres ? Le cadre universitaire est arbitraire et accessoire, cela donne un côté « Cercle des poètes disparus » à travers la figure paternelle du prof de grec et de latin mais l’histoire aurait pu se dérouler dans un tout autre contexte. Tout au plus cela permet-il à Donna Tartt d’aborder les préjugés sclérosant le milieu universitaire américain et marqués par les antinomies entre riches/pauvres, boursiers/rentiers…Le maîtres des illusions n’est autre que Dionysos dont Henry va s’inspirer pour essayer de parvenir au dépassement de soi, expérience au cours de laquelle Henry, Charles, Camilla et Francis vont commettre un meurtre, de façon totalement inconsciente, emportés par leur orgie dionysiaque mais toutefois très réel. Edmund qui devait faire partie de l’aventure est laissé sur la touche mais va finalement découvrir le pot-aux-roses. Il va petit à petit perdre les pédales et, par ses attitudes, ses éclats, menacer de provoquer la chute du groupe… poussant Henry à organiser sa mort accidentelle, en « enrôlant » Richard.Tout n’est donc qu’illusion, tout n’est que faux semblant, mensonges et cachoteries. Edmund est finalement le seul à être sincère. Il personnifie l’honnêteté pervertie par la jalousie. Il est le seul qui ne cache pas sa nature, ce qu’il pense, qui ne travestit pas la réalité contrairement à tous les autres protagonistes : Henry, en maître de cérémonie, qui nimbe son mal-être et son excentricité derrière une réelle intelligence, Charles et Camilla qui cachent leur relation incestueuse, Francis qui tait son homosexualité. Edmund doit mourir autant parce qu’il risque de dévoiler le crime de ses coreligionnaires que parce qu’il lève le voile sur leurs faces cachées.Richard le résume ainsi « Il y a des années, j’ai écrit : « une des qualités les plus séduisantes de Julian, c’est son incapacité à voir qui que ce soit, ou quoi que ce soit, sous son vrai jour. » Et dessous, d’une encre différentes : « Peut-être aussi une de mes qualités les plus séduisantes. » »Donna Tartt va encore plus loin dans la mesure où la disparition d’Edmund ne libère aucunement Henry et sa clique. Au contraire, ils devront plus que jamais jouer leurs rôles, les sublimer en quelque sorte pour mieux se perdre, pour mieux se parjurer, pour mieux tomber les masques.A noter également, avec le recul des années (ce livre a été écrit en 1992), un passage, court mais symptomatique, où un personnage douteux de pompiste tente de mettre la disparition d’Edmund sur le dos de l’OPEP, des terroristes, des arabes/musulmans, le tout dans un amalgame malsain qui, à cette date, fait figure de terrible prémonition.Ce livre est une grande réussite.Le lien vers le blog : https://garoupe.wordpress.com/2014/09/10/le-maitre-des-illusions-donna-tartt/

garoupe
10/09/14
 

J'ai trouvé ce roman totalement par hasard, sur un portique de livres de poche dans une librairie. Un coup d'oeil rapide sur le résumé m'a convaincue, alors je l'ai pris. Grand bien m'en a pris car c'est un véritable coup de coeur que j'ai eu pour ce premier roman de Donna Tartt. Un premier roman maîtrisé de bout en bout et sans fausse note : remarquable. “Est-ce que quelque chose comme la “fêlure fatale”, cette faille sombre et révélatrice qui traverse le milieu d'une vie, existe hors de la littérature ? Je croyais que non. Maintenant je pense que oui. Et je crois que voici la mienne : une avidité morbide du pittoresque à tout prix.” Richard Papen a vingt-huit ans lorsqu'il nous raconte son histoire. Né en Californie, il rejoint l'université de Hampden , en Nouvelle-Angleterre, à l'âge de dix-neuf ans. C'est là que sa vie va changer. On le sait dès le prologue : Richard, avec des amis, a tué l'un des membres de son groupe. On ne sait pas encore qui ils sont exactement, mais on devine que c'est l'histoire de ce meurtre que s'apprête à nous raconter le narrateur. Ce roman est une description du milieu étudiant, mais très vite le narrateur se coupe du reste de l'université de Hampden pour entrer dans le cercle très fermé du cours du professeur Julian Morrow, spécialisé dans l'Antiquité. Julian exerce une attirance très forte, ses élèves l'admirent et n'écoutent que lui. Avant l'arrivée de Richard, seuls cinq élèves suivent ses cours : Bunny, Henry, Francis et les jumeaux Charles et Camilla. Richard, dès son arrivée à Hampden, n'a qu'une envie : faire partie de cette classe, découvrir qui sont ces cinq personnes qu'il ne peut s'empêcher de suivre tout en se cachant. Suivant les pensées de Richard, nous entrons nous-même dans ce groupe, spectateurs (tout comme le narrateur) des scènes qui peu à peu mèneront à l'inéluctable. Les descriptions de Richard, que ce soit ses descriptions des personnes ou de la nature, sont profondes et souvent empreintes de mélancolie. Ces descriptions, il les fait presque dix ans après avoir vécu ces événements qui ont changé le cour de sa vie. Il se souvient de tout avec une extrême précision. Julian veut que ses élèves parlent couramment le Grec ancien, mais aussi qu'ils réfléchissent à la manière des Grecs. C'est pourquoi chaque cours est l'occasion d'une immersion dans l'Antiquité. Richard Papen nous raconte comment il est entré dans un cercle infernal, où chacun a quelque chose à cacher et où les mystères et les secrets tiennent la première place. Le maître des illusions, lui, donne l'impression (ou l'illusion, si j'ose dire) à chacun de ses six élèves qu'ils sont bons et qu'ils ont quelque chose de spécial en eux. Mais s'il se trompait ? Le maître des illusions n'est-il pas le premier à s'illusionner lui-même ? Au fond, la phrase sur la première de couverture résume bien cette lecture : “Les choses terribles et sanglantes sont parfois les plus belles...”

EmmaBovary
08/08/14
 

Le prologue est en quelque sorte le point culminant de ce livre. En effet, il laisse apparaître le drame à venir et nous pousse à nous lancer afin de découvrir comment tout a commencé ainsi que la finalité de cet événement.Ce petit groupe étudiant le grec tient plus de la secte que d’une bande de potes. Ils ont tous quelque chose d’étrange qui les éloigne des autres jeunes gens du College, des façons de se comporter, de penser, d’être maniérés qui sont raccord avec les cours qu’ils suivent.Ces moments d’échanges de connaissances nous sont parfois délivrés. Il y a beaucoup de réflexions profondes et quasi philosophiques qui agrémentent ce livre ainsi que de nombreuses descriptions. C’est ce qui m’a perdue malheureusement car les longueurs ont pris le pas sur l’intrigue qui était pourtant fort prometteuse.Il m’a fallu une petite centaine de pages pour pénétrer dans cet univers empli de codes et de mystères. Une atmosphère très cotonneuse en fait, une association de blancs, de flous, de brouillard et de bien-être, d’appartenance à une élite.L’écriture a du panache et un petit quelque chose de méticuleux. L’auteure a la volonté de faire vivre cette histoire sous nos yeux. Les descriptions sont riches, tout est précis, trop pour moi…S’il avait fait moitié moins de pages, je l’aurais apprécié à sa juste valeur je pense.

bookworm02
07/07/14

La lecture a été longue, longue pour une intrigue qui m'a parue bien mince. A noter un intérêt pour la psychologie des personnages et pour ce microcosme universitaire. J'attendais beaucoup de ce roman si plébiscité par la critique et autant vendu dans le monde, j'ai été déçue.

alexka
15/04/14
 

Pour Richard Papen dix-neuf ans, l'Université de Hampden, dans le Vermont est une opportunité à ne pas manquer. En effet, non seulement, il va enfin quitter la Californie et le foyer familial au sein duquel il se sentait exclu, mais en plus, il va donner un sens à sa vie, en tant qu'étudiant en lettres, et amateur éclairé de grec ancien.Fuir ses parents étaient de toute façon une priorité:"Mon père était méchant, notre maison était laide, et ma mère ne faisait pas attention à moi; mes vêtements étaient nuls, mes cheveux trop courts, et à l'école, personne ne m'aimait énormément."C'est pourquoi, arrivé à Hampden, Richard possède l'oeil neuf du "petit nouveau", presque naïf, se contentant de ce qu'on lui donne et ce que ses moyens lui permettent. Avec le recul, il doute que cet autre moi ait pu un jour existé...Richard Papen raconte cette année particulière d'études, qu'il qualifie, dix ans après de "fêlure fatale":"Est-ce que quelque chose comme la fêlure fatale, cette faille sombre et révélatrice qui traverse le milieu d'une vie, existe hors de la littérature? (...) Et je crois que voici la mienne: une avidité morbide du pittoresque à tout prix."Pour pouvoir continuer sa formation en grec ancien, Richard a posé sa candidature au cours de Julian Morrow, professeur pittoresque, à l'écart de ses confrères, qui n'accepte que peu d'étudiants triés sur le volet. Une fois accepté, Richard rejoint les cinq étudiants, qui, comme lui, vont étudier les Humanités: Edmund dit Bunny, véritable "parasite" vivant au crochet de son ami Henry, assez instable, les jumeaux Camilla et Charles, Francis, et Henry, maître à penser de tous, et de loin le plus riche."J'étais étonné de la facilité avec laquelle ils m'incorporaient à leur mode de vie cyclique, byzantin. Ils étaient tous tellement habitués l'un à l'autre que je crois qu'ils me trouvaient rafraîchissant, et ils étaient intrigués par mes habitudes les plus banales."Les nouveaux amis de Richard fonctionnent en vase clos, boivent les paroles de leur maître à penser Julian, dont les cours ressemblent davantage à une dictature bienveillante qu'à un exemple de démocratie et d'échanges. Surtout, le narrateur se rend compte très vite qu'on ne lui dit pas tout. Ses camarades sont solidaires dans le mensonge, n'hésitent pas à s'exprimer en grec devant lui lorsqu'ils ne veulent pas être compris de lui, disparaissent parfois quelques temps pour des raisons obscures..."J'accueillais avec une sorte d'aveuglement volontaire les infimes contradictions, les grincements ténus qui leur échappaient."Enfin, Henry semble être le chef tacite des autres. Rien ne se fait ni se décide sans son accord. A la fois craint et admiré, il emmène les jumeaux et Francis à la célébration d'une Bacchanale, rite Dyonisiaque tel qu'on l'exerçait dans l'Antiquité, dans l'espoir d'accéder au désir primal et échapper au mode cognitif de l'expérience. Les quatre étudiants alcoolisés et drogués se rendent compte le lendemain qu'ils ont tué un homme pendant leur "virée antique".A ce stade commence la seconde partie du roman, où la question du non-dit, du pardon, mais surtout de la faculté à porter le poids du secret, se posent. Car Bunny, absent de cette "petite fête", prend très mal les événements non pas parce qu'il y a eu mort d'homme mais parce qu'il n'était pas là. Quant à Richard, il ne devient un exemple flagrant de perte de soi au profit du groupe: il ne juge pas, garde le secret, et, avec ses amis, comprend vite que Bunny devient une menace pour tous.:"Ce que nous prenions pour un poids ordinaire, docile, était en fait une grenade sous-marine qui a explosé sans prévenir sous la surface lisse et dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui." Pourtant absent lors du meurtre, il se sent solidaire des meurtriers.La question centrale du roman est l'importance accordée aux événements en fonction de l'état d'esprit de chacun. Dans ce petit groupe élitiste, tous ne vont pas supporter de la même façon le poids du secret, ni celui de la façon dont ils ont gérée le "cas Bunny". Pour Richard, le récit que nous lisons est son exutoire, sa thérapie intime, car il est "resté tout le temps dans les ornières boueuses du Mont Cataract" depuis ce jour d'avril où le sort de son ami Edmund s'est scellé.Or, l'écriture ne suffit pas. Elle n'endort pas les pensées; seuls l'alcool et les drogues peuvent le faire. L'engrenage est infernal; Camilla et son frère se déchirent, Francis devient alcoolique, et Henry se repasse sans cesse ce moment unique de la Bacchanale où il a enfin pu agir sans penser, et ressentir des émotions inconnues jusqu'alors.Mais à ce jeu pervers, qui aura le dernier mot, ou plutôt qui n'y laissera pas son âme?Les 706 pages de cette édition poche happent le lecteur. La narration à la première personne du singulier n'entame pas l'objectivité du récit. C'est un Richard, maintenant adulte et loin de ses anciens amis, qui entreprend de raconter cette année particulière qui aura eu raison de ses certitudes. En arrière plan de cette intrigue implacable, Donna Tartt explique le fonctionnement universitaire américain en lui collant une image finalement assez négative voire nauséabonde. Hampden prend l'allure de lieu de tous les dangers, de tous les abus, une zone de non-droit où les instances extérieures n'ont finalement que peu d'influence. Si le groupe de Julian ne s'était pas isolé de leurs congénères, ils se seraient rendus vite compte que les mœurs et les habitudes du campus s'apparentaient à un rite dionysiaque...Richard est l'incarnation de celui qui a préféré "la perte de soi" pour la survie du groupe, jusqu'au point de rupture. Henry symbolise le maître des illusions étrange et charismatique, un ami "qui fait froid dans le dos" mais dont on n'arrive pas à s'éloigner; Camilla, quant à elle, seule fille du groupe, la beauté froide et lointaine à la personnalité troublante.L'auteure fournit avec ce roman une maîtrise implacable de l'intrigue, distille l'angoisse et la perversité à demi-mot, et provoque une réflexion sur la capacité de la nature humaine à obéir à d'étranges instincts. vivi

Ce n'est pas vraiment un thriller, ce n'est pas un roman sur une société secrète, c'est un roman psychologique, très troublant sur les dérives de jeunes étudiants élitistes liés par un terrifiant secret. Leur nature humaine complexe et ambiguë, les entraves qui découlent de leurs crimes, ces solitudes qui s'assemblent, ce pacte choquant sous la pression des événements m'ont laissé un puissant sentiment de mélancolie qui persiste encore aujourd'hui et qui a absorbé tout sentiment négatif que leurs actes auraient pu inspirer. Cruel, mais poignant et saisissant ! Ladybug

Ladybug
05/01/14
 

Voilà un roman d’une cruauté et d’une perversité incroyables ! L’auteur peint avec une simplicité raffinée des personnages froids, égoïstes, imbus d’eux-mêmes, bref terrifiants. Dans cet extrait, Henry révèle froidement à Richard que lui et ses trois amis ont tué un homme : ""Alors, quand Charles est revenu avec Camilla, nous sommes partis, c’est tout. Ce qui, après coup, était ce qu’il y avait de mieux à faire. Ce n’est pas comme si des équipes de détectives experts allaient grouiller au nord du Vermont. C’est un endroit primitif. Des gens y meurent sans cesse de mort violente et naturelle. nous ne savions même pas qui c’était, et rien ne nous reliait à lui. Notre seul problème était de retrouver la voiture et de rentrer chez nous sans que personne nous voie." Il s’est penché pour se servir un peu de whisky. "Ce qui est exactement ce que nous avons fait." "Le suspens est intense. Alors qu’on croit avoir abouti au plus profond d’un abîme de trahison et de cruauté, l’auteur parvient à faire tomber ses personnages plus bas encore. Elle croque le cynisme de cette "bonne société" américaine à merveille. L’exploit est d’autant plus à saluer que Donna Tart a commencé à rédiger ce livre alors qu’elle avait à peine 19 ans. Elle ne terminera son manuscrit que 8 ans plus tard, en 1991. Le livre, qui a enthousiasmé Bret Easton Ellis, a connu un succès international à sa parution. Un roman glaçant, à ne pas manquer ! Un vrai coup de coeur !

Naurile
28/09/13

Le Maître des illusions est un livre qui trainait depuis longtemps dans ma PAL. C'est peut-être son épaisseur qui m'a bloqué pendant tout ce temps.Au début du roman, j'ai trouvé original de mettre en avant les lettres classiques dont le grec. Ça permettait de donner aux camarades de Richard un côté inquiétant exigeant ds intellectuels qui ne vivent et pensent qu'entre eux et font preuve de condescendance envers ceux qui n'ont pas leur niveau intellectuel ou qui tout simplement ne s'intéressent pas aux mêmes choses qu'eux.Lorsqu'arrive la révélation du secret, résultat de l'opposition entre l'apollinien et le dionysiaque chers à Nietzsche, le roman devient plus ennuyeux. On rentre dans le schéma classique de chantages, de pressions et on y ajoute la consommation plus qu'excessive d'alcool. Passer une moitié du roman à voir les personnages se prendre la tête tout en s'enivrant n'est pas du plus intéressant. Donc la deuxième partie du roman tire en longueur et il faut s'accrocher pour finir le roman. En plus de cela il faut ajouter une traduction qui est des fois hasardeuse : le Menu Bonheur de McDo en est l'archétype.Un peu comme d'autres lecteurs, je m'attendais à mieux de ce roman.

Chiwi
29/01/13
 

Ce livre est captivant à plus d'un titre : Le héros nous racontant dès le prologue le fin mot de l'histoire, on pourrait se dire que le suspens policier est relégué au second plan or il n'en est rien. L'auteure nous égare au fur et à mesure dans l'anticipation d'évènements qui ne se produisent pas, ou de façon inattendue. Chaque personnage se révèle à la fois plus profond et plus superficiel qu'annoncé. Les études universitaires de haut niveau forment la trame et ponctuent çà et là de petits intermèdes érudits. On aurait presque envie de se mettre à l'étude du Grec ancien Tous les personnages sont attachants, on assiste impuissants au bourbier dans lequel ils s'enfoncent et on aimerait pouvoir leur faire prendre un peu de recul...Un sacré tour de force, de réussir ainsi à augmenter l'envie de lire la suite à chaque page... Et pourtant l'ambiance globale n'est guère plaisante, à la base. Sylvie Sagnes

SagnesSy
26/07/12
 

Le maitre des illusions ne sera pas mon livre de l'année mais j'ai bien aimé quand même. C'est un gros pavé de 700 pages, ce n'est pas ce qui me rebute, mais je pense qu'il aurait eu matière à faire plus simple et moins lourd.Étonnamment ce livre sur internet est souvent classé dans les drames et ma bibliothèque dans les policiers. Pour le coup, je suis plus d'accord avec internet : les meurtres ne sont pas vraiment le centre de l'histoire, plus un point de départ pour les émotions et les actions. Richard ne m'a pas particulièrement émue : il se pose trop de questions, à une tendance à baratiner les faits, il fait toute une montagne de pas grand chose... Un peu comme une fille de 14 ans qui s'intéresse à un garçon ("Il m'a demandé une feuille, tu crois que ça veut dire quelque chose ?"). Il n'a pas gâché ma lecture, mais bon, je ne le porte pas dans mon cœur.Les autres élèves de Julian sont tous aussi bizarres et étonnants voir même un peu glauques. On ne sait pas trop que penser d'eux, ils sont vraiment étranges. Jouent-ils un rôle ? Que cachent-ils ? Pendant toute la lecture, on se pose beaucoup de question à leur propos.Julian est peut-être, finalement, le personnage le plus "normal" de l'histoire, pourtant au début c'est celui qui semble venir tout droit de mars. Mais, il me semble qu'il a les réactions les plus normal face aux découvertes. Le maître des illusions reste tout de même un lecture sympa', mais je n'ai pas été convaincue : Donna Tartt n'a pas vraiment une écriture des plus simples, elle fait de nombreux détours, donne beaucoup (trop) de détails. Je ne me suis pas ennuyée, mais par moment je n'en étais pas loin... J'ai trouvé son écriture franchement prétentieuse, comme si elle voulait nous démontrer à chaque phrase qu'elle écrit mieux que la moyenne : ce n'est sans aucun doute le cas, mais moi ça m'a dégoutée. (Ce qui explique la note : des mois après cette lecture, je ne me souviens que de ce point).Par contre, quitte à me répéter encore une fois, l'histoire m'a bien plu : elle est assez tordue, mais ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit probable.

MademoiselleLuna
06/06/12
 

Que dire ? Tout d'abord, c'est le premier roman de Donna Tartt que je lis et j'ai bien envie de découvrir d'autres de ces oeuvres, j'ai notamment entendu parler de son roman Le Petit copain. Mais ce sera pour plus tard. Ensuite, je voudrais saluer la performance de l'auteure qui a écrit pas moins de 700 pages et il y a quand même deux choses qu'il faut reconnaître : Donna Tartt écrit très bien et à ce don pour l'écriture, s'ajoute une capacité assez incroyable à embarquer le lecteur dans son histoire. Car oui, j'ai bel et bien été embarquée dans la vie de ces jeunes étudiants en lettres classiques et je voyais leur histoire se dérouler sous mes yeux. A ce propos, y a-t-il eu une adaptation cinématographique de ce roman ? Je n'en ai pas entendu parler et je n'ai pas fait non plus de recherches sur le sujet...Pour faire simple : j'ai beaucoup aimé ce roman. Je savais d'avance qu'il allait me plaire et je vous explique pourquoi : la quatrième de couverture est très alléchante et nous annonce des événements se déroulant au sein d'une université (j'aime cet univers) et évoque notamment un meurtre lié à des pratiques sataniques (là encore, j'aime ce genre de choses). Donna Tartt a fait un gros travail pour caractériser ses personnages qui ont chacun une existence propre et une psychologie parfaitement fouillée si bien que chacun d'entre eux est intéressant. Par ailleurs, je n'avais jamais lu un roman qui traite si bien du thème du remords et de la culpabilité et c'est bien ce que j'ai préféré dans l'oeuvre.Pour autant, j'ai été très surprise qu'il n'y ait qu'un meurtre : je ne m'attendais pas tout à fait à cela en lisant la quatrième de couverture qui, je trouve, nous égare un peu. En effet, il ne s'agit pas vraiment de pratiques sataniques, du moins pas telles que je les avais imaginées. Enfin, juste un petit bémol : même si j'ai été complètement embarquée par l'histoire, je n'ai pu m'empêcher de ressentir quelques longueurs. Le passage où Henry, Richard, Francis, Charles et Camilla se rendent chez la famille Corcoran pour assister aux funérailles de Bunny m'a semblé très très long, j'aurais souhaité qu'il soit un peu plus court (j'ai senti alors que l'histoire s'essoufflait).

Calypso85
22/01/12

Une atmosphère pesante et un suspense qui tient la route. Lu en Slovaquie en mai 2008 !

Pitchoubinou
29/11/09
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.40 kg
  • Langage original : ANGLAIS
  • Traducteur : PIERRE ALIEN

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