Le maitre ou le tournoi de go

KAWABATA-Y

livre le maitre ou le tournoi de go
EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 09/06/82
LES NOTES :

à partir de
16,20 €

SYNOPSIS :

" " La plupart des professionnels du Go aiment aussi d'autres jeux, mais la passion du Maître présentait un caractère particulier : l'incapacité de jouer tranquillement, en laissant les choses suivre leur cours. Sa patience, son endurance s'avéraient
infinies. Il jouait jour et nuit, pris par une obsession qui devenait troublante. Il s'agissait peut-être moins de dissiper des idées noires ou de charmer son ennui que d'une sorte d'abandon total au démon du jeu. " Kawabata Texte intégral. "
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Ce livre retrace en détail le dernier tournoi de la légende du go, Honimbo Shusai. Je n'ai jamais rien compris au go, mais cela ne m'a pas trop gênée car il y avait des tableaux explicatifs toutes les quinze pages environ. Ici, ce sont plutôt les psychologies du Maître et de son adversaire. Le style est très agréable et les chapitres courts. Une bonne lecture.

Shirayukihime
07/04/12
 

En 1938, Shusai, le ''Maître invincible'', met son titre en jeu pour la dernière fois. Il a 65 ans, son corps le lâche mais sa capacité à s'immerger totalement dans une partie de go reste intacte. En face de lui, Otaké, 30 ans, a durement combattu contre ses concurrents pour avoir l'honneur d'affronter le Maître. La partie durera 6 mois, interrompue par les ennuis de santé du Maître. Uragami, journaliste, est envoyé par sa rédaction pour suivre ce combat historique entre celui qui incarne la tradition ancestrale du go et le représentant de la jeune garde. KAWABATA qui, pour les besoins du roman, devient Uragami, n'en demeure pas moins le témoin privilégié de ce mémorable tournoi de go. Et, comme il pratique le jeu sans être un expert, il s'est plutôt attaché à décrire la personnalité des protagonistes et les enjeux de cet affrontement. La bataille du go est aussi une bataille d'ego. La Maître, sage et discret en apparence, entend tout de même faire savoir que son grand âge et son statut lui donnent des prérogatives et se laisse parfois aller à une forme d'autorité que le jeune Otaké a souvent du mal à tolérer. Il est certes respectueux mais veut aussi que l'on suive les règles et chaque entorse dictée par son adversaire donne lieu à de longues négociations. Otaké menace d'abandonner, on négocie, on le raisonne, il cède, conscient de sa position délicate. Peut-il être celui qui aura empêché le Maître d'aller jusqu'au bout de son tournoi d'adieu ? Soumis au jugement de ses pairs, il se doit de continuer même si affronter un homme vieillissant et diminué le met dans une situation ambiguë. Qu'il perde ou qu'il gagne, on discutera sans fin sur l'issue de la partie.Rendant compte des tensions, des enjeux, le journaliste se veut impartial mais ne peut empêcher de laisser transparaître son respect et sa tendresse pour le Maître, l'homme du passé, le garant d'un go qui tient plus de l'art que du jeu, un combattant prêt à laisser ses dernières forces, sa vie même, dans cette ultime partie.Derrière le silence de la concentration, derrière le calme apparent, derrière les visages impénétrables, c'est une guerre qui est déclarée et on en connaît l'issue. Le Maître va s'éteindre et, avec lui, une page se tourne sur le Japon ancestral et traditionnel.Entre lenteur poétique et tension palpable, ce petit roman va bien au-delà du jeu proprement dit, même si les parties sont très détaillées, pour cueillir aussi bien ceux qui sont au fait de la stratégie du go, que ceux qui n'y connaissent rien.

un flyer
26/11/14

Vous ne connaissez rien au jeu de Go, ce grand jeu japonais ? Alors, lancez vous dans le Maître ou le Tournoi de Go de Kawabata. Non seulement, vous lirez un des grands classiques de la littérature japonaise, une des oeuvres du Prix Nobel Kawabata, mais vous pourrez découvrir la profondeur et la richesse de ce jeu de damiers. Constitué de courts chapitres, ce livre retrace les épisodes du vrai dernier tournoi du Maître en 1938. S'attachant à dépeindre la psychologie et les humeurs des deux participants, l'auteur vous transporte dans un Japon d'un autre temps où l'Honneur prend tout son sens, où le Go est un véritable choie de vie.Un petit livre très intéressant !

FaBmNrD
17/12/12

Résumé du livreCe roman est avant tout un roman de la stratégie car son intrigue repose sur la transposition d'un événement réel en littérature par Kawabata. Il relate ici à travers le récit d'un journaliste Uragami (qui n'est autre que l'auteur lui-même) qui vient assister au tournoi d'adieu du Maître de Go, Shusai. Le tournoi dont il est question et évoqué ici Kawabata Yasunari s'est déroulé en 1938. L'intrigue suit le début de l'ouverture du tournoi et la mort du Maître, un an après.Quelques mots sur l'auteurKawabata Yasunari est un géant de la la littérature japonaise du 20 ème siècle. Né en !899 à Ôsaka et orphelin dès son plus jeune âge. Frappé successivement par des deuil (son père, puis sa mère, sa soeur et enfin sa grand-mère), Kawabata connait une enfance très solitaire auprès d'un grand père aveugle et mourant. Il poursuit pourtant de brillantes études et, il sort diplômé de l'université de Tôkyô en 1924. En 1926, il publie," Izu no odoriko" (La Danseuse d'Izu). Kawabata est alors considéré comme l'un des représentants les plus doués de l'école néosensualiste. Après s'être attaché dans plusieurs romans à décrire la vie de bohème dans le quartier populaire d'Asakusa, il entreprend en 1935 la rédaction de ce qui reste sans doute son chef-d'œuvre absolu : Yukiguni (Pays de neige), qu'il n'achèvera qu'en 1947. C'est le plus grand roman du Japon moderne jamais écrit à mon avis. Elu président du Pen Club japonais en 1948, Kawabata publie par la suite certains de ses plus grands romans, parmi lesquels on peut citer Sembazuru (Nuée d'oiseaux blancs, 1949-1951), Yama no oto (Le Grondement de la montagne, 1949-1954) ou Nemureru bijo (Les Belles Endormies, 1960-1961). Vous retrouvez toutes ces informations commentées par le Maître lui-même dans sa correspondance avec Mishima. En 1968, il reçoit le prix Nobel de littérature, ce qui contribue à faire largement connaître son œuvre en Occident. Pourtant, deux ans après le suicide de son ami Mishima Yukio, il met lui-même fin à ses jours en 1972 allant ainsi jusqu'au bout de son rejet d'une certaine forme de modernité qui sévit selon lui le Japon.CritiqueLe Go comme je l'ai dit est un jeu de stratégie qui est né en Chine. Comme toute forme de stratégie (Dames chinois, Echecs, Ma-Jeong), il repose sur la notion d'encerclement et de destruction de territoires de l'adversaire. Il se joue à deux sur une sorte de damier où se croisent 19 horizontales et autant de verticales. Les pierres (=pions) sont en noir et blanc. Les blancs sont attribués au joueur le plus fort, en générale, plus haut dans le kyu ou dans le dan (même système que dans l'aïkkido ou les judoka). Les règles du jeu, en simplifiant au maximum pour que vous puissiez le comprendre consiste à constituer un territoire réputé imprenable malgré les attaques de l'adversaire pour contrer vos rangs. C'est un jeu fastidieux qui selon moi est plus dur que les échecs car les règles du jeu, la force de concentration requise est à la limite du supportable. Mon beau-frère est un joueur hors pair. Il m'a appris les échecs et le go. cependant au jeu de Go, j'avoue que je n'ai toujours pas gagné une seule partie contre lui...Une fois que ces règles sont à peu près assimilées, on peut alors suivre le roman avec passion car l'angoisse de l'attente, l'inquiétude devant le coup scellé tient en tension le lecteur. Cependant, je peux comprendre que le lecteur puisse se lasser car tout l'intrigue repose sur les coups portés de la part du Maître et de son adversaire Otaké. Dans la réalité, Otaké n'est autre qu'un autre joueur du nom de Kitani Minoru. En fait, je pense que le lecteur doit surtout dépasser l'ennui du néophyte devant le jeu et décrypter le message implicite de ce roman qui est la perte irrémédiable des valeurs de l'ancien monde. La personnalité du Maître reflète l'autocratisme féodal et son caractère autoritaire et dédaigneux le prouve. On sent au fil des pages que l'auteur est pris de nostalgie lorsqu'il évoque le visage, la personne du Maître, digne, droit, aristocratique et pratique le sushido jusqu'au bout, c'est-à-dire jusque la mort dans un monde où ces valeurs suscitent agacement, mépris. Il ne faut pas oublier que nous sommes à un tournant de l'Histoire. Le Japon avant la guerre et son désastre est à son apogée en terme de conquête militaire et en terme d'absolutisme monarchique incarné par Hiro-Hito. Kawabata est né un an avant le 20ème. De ce fait, il porte en lui l'ancien monde aussi avec une philosophie de l'honneur presque guerrier qui est incompatible avec la modernité. D'ailleurs le journaliste Uragami ne le dit il pas " (...) ce tournoi d'adieu marquait la fin d'une époque, lançait un pont vers un âge nouveau." Et parlant du vieillard, il ajoute:" Les aventures (...) du Maître relevait d'un autre monde. Ce vieillard avait porté presque tout le poids des commencements du Go moderne, au début de l'ère Meiji, jusqu'à son élévation et sa fortune actuelles". On aura compris, son temps est révolu. De toute façon, le Maître est dépeint comme un vieillard malade, presque mourant et capricieux. Il va mourir en 1940. Le Japon impérial, le Japon féodal et autocratique est en train de disparaître. Ce qui est ici subtilement esquissé par Kawabata c'est son ambivalence à accepter la perte des privilèges d'une classe supérieure non par la fortune mais par la culture, l'intellect et l'éthique morale au profit d'une démocratisation du vulgaire, du vite appris, du vite compris et du vite consommé. Personnellement, je le comprends... Dans ces pages, le maître obéit à des règles du passé reposant sur l'éthique. Otaké ne jure que par le nombres de coups portés. L'ère de l'éthique contre l'ère du comptable. Le dernier a raison sur le premier!!. La lecture m'a tout de même un peu importuné. En effet, le nationalisme de Kawabata transperce dans la glorification du Japon à faire du Go l'âme même d'un peuple et à mépriser subtilement (car tout est suggéré seulement chez cet auteur) les autres joueurs américains (qui n'a pas l'esprit ni le sérieux) et chinois ( trop laxiste, trop fainéant pour porter le Go jusqu'à son art de pureté paroxysmique.). Ce qui me gêne, ce n'est pas le sentiment nationaliste de l'auteur qui d'ailleurs a assumé jusqu'au bout en se faisant sepputu hara kiri. Non ce qui me gêne, c'est l'ambivalence que je conçois pour ces auteurs tels que Mishima, Kawabata, Nguyen Huy Thiêp ou Soljenitsyne. Intellectuellement, je ne peux cautionner leurs thèses qui m'a obligé de voir la mort et les morts en face!. Cependant, intellectuellement aussi, je ne peux que glorifier leurs oeuvres en tant écrivains non en tant hommes car ils n'ont aucune faiblesse. Ils n'obéissent à aucun compromis... Si je puis dire, rare sont des auteurs du Japon moderne à rivaliser avec de telles puissances du verbe (sauf peut -être Kenzaburô Oé).Ceci étant dit, je vous le recommande vraiment ou alors lisez "Pays de neige" qui est pour moi un chef d'oeuvre absolu. Je viens de le finir. Dans ce présent roman, il faut reconnaître le choix de l'auteur de se tenir à l'écart du tournoi en se cachant derrière la voix d'un journaliste. Il dissèque son monde qui est en train de changer et il porte à nos yeux la déchéance du Maître et donc de lui-même. C'est comme s'il nous disait "Voyez! Comment pourrais-je vivre dans un monde qui ne me reconnaît plus et que je ne reconnais plus? ". Jusqu'au bout, il est sans concession pour lui-même.A lire absolument. Victoire

tran
27/04/12
 

Format

  • Hauteur : 20.00 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.25 kg

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