Le mur de verre

SCHINDEL-R

livre le mur de verre
EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 31/08/05
LES NOTES :

STOCK : Sur commande, livré sous 10 jours ouvrés
à partir de
21,30 €

SYNOPSIS :

Jusqu'à la parution du Mur de verre en 1992, Robert Schindel était surtout connu en Autriche comme un poète de talent politiquement engagé, figure emblématique de 1968. Mais ce roman a eu là-bas l'effet d'une véritable bombe. Car l'auteur y brosse le portrait de toute cette génération née après la guerre, qui avec les procès pour crimes nazis dans les années 1980 s'est retrouvée confrontée à un passage tabou de l'histoire autrichienne : le national-socialisme. Le procès à Vienne d'un ancien chef de camp nazi, le briseur de crânes, sert de toile de fond au roman. À travers une galerie de personnages complexes, Robert Schindel décrit comment
les enfants de survivants, mais aussi de nazis et d'Autrichiens attentistes, vivent avec le poids du passé dans une région où la dénazification n'a jamais vraiment eu lieu. Dans une langue dure et poétique, l'auteur met en scène la difficulté de vivre avec ce passé si présent, avec la culpabilité et la mémoire dans un pays encore en partie amnésique. Un fils de SS hanté par des souvenirs effroyables, un survivant appelé à témoigner au procès de son bourreau, un metteur en scène qui cache ses origines juives. Autant d'histoires et de secrets, mais aussi d'espoirs, qui font du Mur de verre un roman profond, perturbant et bouleversant.
1 personne en parle

Ce roman peut susciter des difficultés de lecture, disons dans les vingt premières pages : la chronologie est bousculée, les liens entre les personnages ne sont pas évidents. Puis, peu à peu, les choses se mettent en place et le lecteur saisit le rythme de la narration, menée essentiellement par Danny, Sasha étant le narrateur secondaire. Tous les personnages sont autrichiens, certains juifs, d'autres pas Et les juifs, eux, s'interrogent sur leur place en Autriche : ils ne peuvent que faire le constat, amer, que ce pays, qui fut antisémite et pro-nazi, n'a pas cessé, en fait, depuis la guerre, de laisser l'antisémitisme s'exprimer librement sur son sol...Certains des personnages reflètent donc cet état d'esprit nauséabond, d'autres comme Konrad, fils de nazi, rejettent cette part d'héritage : il est ouvertement antinazi, mais il se sent coupable des crimes de son père. D'ailleurs, tous les personnages s'interrogent, retournent en tous sens leur histoire personnelle, leurs choix, l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Le passé englue le présent et brouille les cartes de l'avenir. Dans le tourbillon de leur vie quotidienne (que la narration éclatée restitue remarquablement), ils croient occulter le terrible passé mais celui-ci les rattrape. Le roman aborde aussi la question cruciale de la part de responsabilité individuelle et de responsabilité collective dans les crimes commis, crimes et horreurs que l'auteur suggère seulement, mais avec beaucoup de force. Le personnage de Gebirtig, écrivain exilé aux Etats-Unis entretenant une relation de haine avec son pays évoque Thomas Bernhardt, dont l'oeuvre tourne autour de cette part maudite de l'Autriche. La lecture de ce roman n'est pas de tout repos mais elle est néanmoins passionnante. Un film tiré de ce roman vient d'être tourné à Vienne et cette nouvelle ne surprend pas les lecteurs , qui s'étaient fait précisément la réflexion qu'il y avait matière cinématographique dans cette histoire . - Retrouvez tous les titres du comité de décembre 2005

Format

  • Poids : 0.54 kg