Le passage de la nuit

MURAKAMI, HARUKI

EDITEUR : 10/18
DATE DE PARUTION : 05/06/08
LES NOTES :

à partir de
7,50 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Dans un bar, Mari est plongée dans un livre. Elle boit du thé, fume cigarette sur cigarette. Surgit alors un musicien qui la reconnaît. Au même moment, dans une chambre, Éri, la soeur de Mari, dort à poings fermés, sans savoir que quelqu'un l'observe. Autour des deux soeurs vont défiler des personnages insolites : une prostituée blessée, une gérante d'hôtel vengeresse, un informaticien désabusé,
une femme de chambre en fuite. Des événements bizarres vont survenir : une télévision qui se met brusquement en marche, un miroir qui garde les reflets... À mesure que l'intrigue progresse, le mystère se fait plus dense, suggérant l'existence d'un ordre des choses puissant et caché. Le temps d'une nuit, Haruki Murakami nous entraîne dans un Tokyo sombre, hypnotique, aux prémices d'un drame.
6 personnes en parlent

J'avais l'habitude de trouver les romans japonais bizarres, un peu froids et comme étrangers aux sentiments humains.Dans celui-ci, que j'ai adoré, l'univers n'en demeure pas moins inquiétant et singulier. J'y ai bien perçu cette déconnexion vis à vis de la réalité que seuls les japonais sont capables de dépeindre de cette manière, avec une touche quasi paranormale, mais j'ai trouvé qu'en faisant cela Murakami réinvente un monde où les personnages sont plein de chaleur et d'humanité si tant est que l'on va au delà des apparences. Comme s'il y avait plusieurs strates de conscience et d'éveil pour découvrir l'essence des choses et des êtres. J'ai vraiment aimé lorsque notre regard est téléguidé par le biais d'une caméra narrative et omnisciente en se posant sur le sommeil profond de la soeur de l'héroine.Le style cinématographique combiné à la finesse littéraire me donnent envie de dire qu'il s'agit un roman de haut vol !

Tokyo, 23H56. Mari, 19 ans, seule dans un restaurant Denny's, est plongée dans un livre. Elle est interrompue par un joueur de trombone, ancien ami de sa sœur Éri, qui s'installe à sa table et commence à discuter. Au fil de la nuit, alors que Mari se retrouve embarquée dans l'histoire d'une prostituée battue par un client, d'étranges événements surviennent dans la chambre d'Éri, plongée dans un profond sommeil. La télévision, débranchée, se met en route, et un homme apparaît sur l'écran pour observer la jeune femme endormie... Haruki Murakami a le don d'injecter de l'étrangeté, par petites touches, dans des événements banals de la vie quotidienne. Éri dort dans sa chambre, et avant même que sa télévision s'allume toute seule, on sait déjà qu'il y a quelque chose de bizarre : À force d'observer Éri Assaï, l’œil sent progressivement qu'il y a quelque chose d'inhabituel dans ce sommeil, d'une pureté extrême, d'un accomplissement absolu. Pas un muscle du visage, pas un cil ne frémit. Le cou fin et blanc, un objet d'art d'où émane une parfaite sérénité. Le menton, petit, présente des angles tout à fait harmonieux. Même dans un état de sommeil profond, personne ne s'aventure aussi loin. Personne ne lâche à ce point les rênes de son esprit.C'est dans sa façon d'écrire que Murakami transmet le plus cette étrangeté. Au début, j'ai été un peu déroutée, car j'avais parfois l'impression de lire des didascalies, vous savez, ces indications sur le décor, le jeu des acteurs etc. que l'on trouve dans une pièce de théâtre ou un scénario de film. Le narrateur est un œil qui observe et décrit les scènes, sans pouvoir intervenir, et qui agit comme une caméra, passant d'un plan large sur la ville à un zoom sur Éri Assai. Et on devient alors, comme le narrateur, une sorte de voyeur qui entre dans l'intimité des personnages, une présence qui plane au-dessus d'eux.Malheureusement, je n'ai pas accroché au roman. Si le début m'avait intriguée et emballée, j'ai trouvé que la suite ne tenait pas ses promesses, qu'il y avait beaucoup de questions, mais trop peu de réponses. Murakami livre plusieurs intrigues, amoureuse ou fantastique, mais elles restent irrésolues, inachevées, en suspens. Alors si j'ai aimé l'atmosphère étrange de Tokyo la nuit et l'écriture particulière de Murakami, empreinte de cinéma, je reste sur ma faim en refermant ce roman. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
26/07/14
 

Que dire des romans de Murakami, si ce n'est qu'ils se situent entre rêve et réalité.Celui-ci ne déroge pas à la règle, quinous fait vivre un moment dans le Tokyo de la nuit, celui des love-hotel et des chaînes de restaurants.La narration emprunte le point de vue de l'oeil de la caméra, tout en suggérant sensations et sentiments, un plus par rapport au cinéma.Moins de jazz dans cet opus, plus d emusique classique et de tubes pop.Un roman qui me laissera le souvenir d'un rêve, un roman onirique...L'image que je retiendrai :Celle de la casquette des Boston Red Sox de Mari, symbole d'un Japon s'occidentalisant. Alex-Mot-à-Mots

AlexMotaMots
22/09/12
 

Ce court roman de Murakami est original à plus d'un titre. En effet, les chapitres passent comme les heures de la nuit, d'où la pendule qui avance. le narrateur est omniscient et propose au lecteur de devenir "un point de vue": ce point de vue peut-être général par une vue globale de la vie nocturne, comme il peut-être particulier lorsque le lecteur devient voyeur malgré lui d'une femme en train de dormir. Jusque là rien de bien intéressant me direz-vous, mais l'intérêt est ailleurs: il réside dans l'étrangeté qui absorbe petit à petit la réalité: une jeune fille dort et ne se réveille pas, la télé s'allume et devient le reflet d'une réalité biaisée... Murakami fait errer le lecteur à travers une ville la nuit et démontre que finalement rien ne dort et ne s'arrête complétement. De plus, il entretient le fantasme que tout est possible la nuit, que le surnaturel trouve sa place y compris dans ce qu'il y a de plus basique (acheter du lait par exemple). Même l'héroïne au bout de son errance nocturne se pose la question "suis-je encore moi-même". Et finalement, le lecteur reste-t-il encore lui-même après une aussi belle lecture? vivi

vivicroqueusedelivres
12/02/12
 

Le passage de la nuit ou plutôt le passage d'une seule nuit...Une horloge marque le temps à chaque début de chapitre. On suit différent personnages et plus la nuit avance plus les personnages se révèlent et se découvrent. Toujours à mi-chemin entre rêve et réalité, plus je progressais dans la lecture et moins je cherchais à classer les événements. J' ai pris chaque avancée comme elle se présentait et je me suis régalée!C'est une histoire courte, à l'écriture fluide et rythmée. Grâce aux nombreuses incursions de la musique, on baigne dans des ambiances allant du jazz à la musique classique. Une bande son pour un livre qui emprunte aux codes du roman, du théâtre et des scénarios de film. Nous observons les personnages comme si la caméra utilisé par l'auteur était finalement tenu et dirigé par le lecteur. Et même si je n'arrive pas à imaginer qu'elle forme cela pourraitprendre, j'aimerai en voir une adaptation. Je me suis attachée à chacun des personnages voyant le matin arrivé avec regret. Une impression étrange pour un livre dont l'univers ne l'est pas à moins...

Lacazavent
03/08/11
 

La nuit s'étire, tout au long du livre. Elle permet des rencontres qui semblent impossibles pendant le jour. Les personnages agissent comme ils ne le feraient jamais, à moins que l'on ne découvre seulement leur côté caché, parfois violent, parfois noir. La nuit permet les confidences, entre de parfaits inconnus. L'écriture de l'auteur est tout à la fois empreinte de cette langueur de la nuit, et de l'imprévu qu'elle peut susciter. L'auteur est voyeur, décrit de façon très minutieuse l'espace d'une chambre et son occupante. Mais il accompagne aussi ses personnages qui se cherchent, ou se fuient.

heleneco
09/03/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.14 kg
  • Langage original : JAPONAIS
  • Traducteur : HELENE MORITA