Le pavillon d'or

MISHIMA, YUKIO

livre le pavillon d'or
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 06/02/75
LES NOTES :

à partir de
8,20 €

SYNOPSIS :

« Sans rien changer à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait presque le crissement de la soie frottée par l'envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l'une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu'elle se mettait à la pétrir. L'officier, toujours agenouillé devant sa compagne,
tendit la tasse d'un noir profond. Sans prétendre l'avoir, à la lettre, vu, j'eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l'écume verdâtre emplissait la tasse sombre - s'y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites taches -, de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse. »
6 personnes en parlent

Mishima s'inspire de l'incendie criminel et incompris d'une merveille du Japon, le pavillon d'or, (Kinkaku-ji) à Kyoto, temple hindouiste qui date du 14ème siècle, survenu en juillet 1950. Il se met dans la peau du coupable, pour nous offrir l'histoire intérieure d'un homme, un jeune bonze, qui finit par brûler l'objet de son amour absolument délirant, dont la beauté le conduira à son anéantissement. Un texte parfait (la traduction est à la hauteur), étonnant. laurence

laurence
18/11/13
 

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,Est fait pour inspirer au poète un amourÉternel et muet ainsi que la matière.Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;J'unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;Je hais le mouvement qui déplace les lignes,Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.Les poètes, devant mes grandes attitudes,Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,Consumeront leurs jours en d'austères études ;Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !Charles Baudelaire – la beauté.Qui mieux que Baudelaire pour faire raisonner la souffrance que symbolise le pavillon d'or aux yeux de Mizoguchi , le jeune prêtre bouddhiste ?Parloir ostentatoire du miroir. L'image le dévore et le repousse. Comment en serait il autrement pour ce mal en être, ce bègue, cet infirme du langage qui n'est pourtant pas informe de tout langage. Cette beauté , cette architecture merveilleuse, est un rappel à l'ordre constant à son propre désordre.Lui qui s'obstine a se voir en égale distance n'entend qu'une réponse d'injures et de reproches.Sa laideur n'existe que dans l'éblouissement retentissant de la Beauté. Comme la nuit face au jour. Comme la cendre face au feu. Voilà peut être la plus frappante illustration de l'intelligence du mal. Détruire, anéantir, pour espérer renaître. Et sous la plume flamboyante de Mishima cela devient terrifiant. Sublimement simple et véritablement terrifiant. Voilà la folie destructrice d'un fanatisme narcissique. Tant que la beauté se dressera, la laideur rampera. Tant que la beauté éclatera, la laideur bafouillera. La laideur reste impuissante, quoiqu'elle tente elle restera insuffisante. Et c'est avec une incroyable délicatesse que Mishima tresse et détresse cette ode poétique qui s'enroule et se resserre autour de l'âme du jeune prête. Volupté, perversité, lèchent les portes du pavillon d'or jusqu'à son embrasement. Entre les mains de Mishima douleur, plaisir et destruction s'entremêlent et brûlent comme du souffre.Une écriture étincelante comme la lame d'un sabre.Astrid Shriqui Garain Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
07/07/15
 

En 1950,à Kyoto, un jeune novice met le feu au Pavilllon d'or, le temple le plus célèbre de la ville. C'est de ce drame, qui a bouleversé le Japon, qu'est parti Yukio MISHIMA pour raconter l'histoire romancée de Mizogushi, le jeune moine incendiaire. Mais au-delà du fait divers, l'écrivain relate le parcours psychologique d'un garçon torturé, complexé par sa laideur et son bégaiement, obsédé par la Beauté dont le Pavillon d'or est, à ses yeux, la forme la plus pure. De son enfance pauvre dans un Japon dévasté et humilié par la deuxième guerre mondiale, aux côtés d'une mère adultère et d'un père bonze qui lui a transmis son amour immodéré pour le temple sacré, à son arrivée au Pavillon pour y être novice, recueilli par le prieur à la mort de son père, on découvre un jeune homme qui peu à peu sombre dans la folie, jusqu'à commettre l'irréparable.Les mots sont trop faibles pour parler de toute la beauté et la poésie de ce texte magistral. Yukio MISHIMA, sans juger, sans prendre parti, décrit le parcours initiatique d'un jeune homme qui fut son contemporain. Laid et bègue, Mizogushi aurait pu composer avec ses handicaps, s'épanouir dans l'ombre de l'objet de son amour et pourquoi pas un jour devenir le prieur de ce lieu sacré. Son amitié avec le lumineux Tsurukawa, novice comme lui, l'encourage dans ce sens. Mais c'est le sombre Kashiwagi, élève dans le même lycée que lui, qui va dévoiler sa noirceur et sa perversité. Poussé par ce mauvais génie, Mizogushi s'éloigne du prieur et s'enlise dans la dépravation. Symbole du Beau, donc de ce qu'il n'est pas et se sera jamais, le Pavillon d'or devient l'objet d'un amour/haine jusqu'à ce que ses réflexions le conduisent à l'idée selon laquelle c'est ce Beau absolu qu l'empêche de vivre. A-t-il déjà été plus laid, physiquement et dans son coeur, ailleurs que près de ce temple prodigieux? Non, et c'est pourquoi il lui faudra le détruire pour enfin pouvoir s'intégrer à la vie, dans un monde débarrassé de ce rappel constant de la beauté.Un roman au ton juste qui appelle maintes réflexions sur le le beau, le bien, le mal et la folie. A lire évidemment, pour la fine analyse psychologique de l'incendiaire et les très sensuelles descriptions de ce lieu hors du commun posé dans un superbe écrin naturel.

un flyer
16/10/13

Voici un grand texte classique de la llittérature mondiale, excusé du peu.Outre le fait que l'on découvre la psychologie du personnage, l'auteur nous livre sa vision de la Beauté, réflexion qui hante tout le roman.Le personnage principal m'a fait pensé aux frères Karamazov. Jeune étudiant dont le père est mort et dont la mère est coupable, à ses yeux, d'infamie, il se retrouve seul dans la vie.Si son premier ami est bienveillant, le second, en revanche, est prompt à la débauche et entraîne notre héros sur cette mauvaise pente. Même le regard amical de son supérieur dans le Temple ne réussira pas à le faire changer de projet.N'oublions pas que l'écriture de Mishima est pleine de poésie, décrivant un paysage japonais ou plantes et animaux se répondent.L'image que je retiendrai :Celle de notre héros découvrant pour la première fois le Pavillon d'Or, image qui reviendra sans cesse, comme une obsession. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
19/03/13
 

Le Pavillon d'Or est un chef d'oeuvre à la beauté stylistique saisissante et à l'histoire passionnante et peu banale. Il raconte la vie d'un jeune novice bègue qui accomplit son éducation religieuse au Pavillon d'Or, temple dont la beauté le plonge dans une admiration sans bornes. Mais sa rencontre avec un autre novice le fait basculer de l'autre côté et le protagoniste est dévoré par l'envie d'incendier le Pavillon d'Or (il pense, en accomplissant cet acte, dévoiler la véritable beauté du temple). Son parcours est très intéressant et remarquablement écrit ; la description du Japon au sortir de la Seconde guerre mondiale est également bien rendue. Yukio Mishima est un monstre sacré de la littérature japonaise, et ce roman est à ne rater sous aucun prétexte !! http://blue-imaginarium.eklablog.com/

Shirayukihime
11/12/12
 

Les thèmes chers à l'auteur sont présents en filigrane : suicide, impossibilité d'aimer les femmes, esthétisme... L'ensemble est assez lent, cruel, répétitif pour ce qui est du bâtiment, personnage principal de ce livre. Une déception parce que ce livre ne m'a pas emballée, il m'a plu mais sans plus. Petit conseil aux novices de Mishima : commencez par son théâtre ou par La mer de la fertilité !

Praline
22/01/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.18 kg

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