Le peintre au couteau

POURRIOL-O

livre le peintre au couteau
EDITEUR : GRASSET ET FASQUELLE
DATE DE PARUTION : 12/01/05
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18,80 €

SYNOPSIS :

« Zao Wou-Ki confesse dans son Autoportrait que s'il n'avait pas été peintre, il aurait certainement été chirurgien. Sans la confiance de son père, dit-il, « peut-être serais-je devenu chirurgien, comme je l'avais imaginé. Métier de vocation, aussi, exercé très souvent parmi mes plus proches amitiés et mes fidèles collectionneurs, comme s'il y avait entre l'exercice de la médecine, notamment de la chirurgie, et ma peinture, des affinités particulières que je n'ai jamais cherché à comprendre. » Un peintre et un chirurgien, qu'ont-ils en commun, à part le couteau ? Nietzsche voulait philosopher à coups de marteau, mais précisait-il aussitôt, il s'agissait du marteau des médecins, qui tapote avec précaution sur les cavités. Le scalpel peut-il échapper à la tentation de la frappe chirurgicale, si mal nommée, au fond si bien nommée ? La chirurgie est un acte de violence consentie, ce qui n'enlève rien à sa violence, et lui ajoute même, à vrai dire, une inquiétante étrangeté. Un chirurgien fait le portrait d'un peintre « au couteau ». Mais qui porte le couteau ? Le peintre, 85 ans, hospitalisé et opéré, ne peut plus guère exercer. « Docteur, est-ce qu'il pourra repeindre ? » demande sa femme, angoissée. C'est donc le chirurgien qui est armé. Subir le pouvoir des médecins -dont on dit qu'il va déclinant, mais c'est là une appréciation d'abord économique- est une expérience
qui nous guette tous, ou que nous avons déjà traversée. Quel espoir nous reste-t-il entre leurs mains ? La manière dont le peintre va nous quitter ne laissera pas notre chirurgien indifférent. Elle le laissera exactement différent, comme s'il avait subi non pas un échec médical, mais une initiation, un apprentissage, le temps de quelques conversations avec ce vieil homme cultivé fourmillant d'anecdotes, évoquant un monde disparu, où l'on croise Dubuffet, Camus, Simone de Beauvoir, Nicolas de Staël correspondant avec René Char, Braque, Music, Gischia. Sur son lit de mort, le peintre convoque ses amis, ses fantômes, qu'il va bientôt rejoindre, ses femmes, dont la dernière veille dans la salle d'attente. Après une vie consacrée à la couleur, il prend la vieillesse et la dégradation de son corps comme l'occasion, enfin, de voir, comme disait Rousseau, intus et in cute, à l'intérieur et sous la peau. D'où les couleurs viennent. Les couleurs de la vie. Quel couteau permet d'aller au plus profond ? Celui qui tranche ou celui qui étale ? La question est ouverte, par cette amitié singulière entre un grand peintre sur le point de mourir et son chirurgien. Et même si se lier, dit Edmond Jabès, « c'est passer la corde autour d'une lame », c'est un chirurgien au regard métamorphosé qui nous raconte la dernière victoire du peintre. Ou comment finir en beauté. » Ollivier Pourriol
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Quatre ans après son très estimable "Mephisto valse", Ollivier Pourriol revient avec un roman plutôt philosophique intitulé "Le peintre au couteau". Plusieurs sens peuvent se cacher derrière cette appelation, car le roman est d'abord une rencontre entre un chirurgien philosophe et un peintre de 85 ans, atteint d'une appendicite aigüe. Les deux hommes vont se parler, s'échanger des points de vue, se raconter, s'écouter. Le peintre vit ses derniers jours, on le sait par ce qu'en rapporte son médecin aujourd'hui. L'analyse d'un peintre contemporain, en somme. Car durant son hospitalisation, ce peintre, cloué au lit, va tout dévoiler de sa vision du monde, de son regard sur la peinture, son travail et sur l'action de peindre en général. Il se souviendra des femmes qu'il a croisées, surtout celle qu'il a perdue et qui n'est plus. Il tentera vainement de retrouver le bleu des yeux de cette femme qui l'a trahi. Il essaiera de définir la peinture figurative à laquelle il s'adonne depuis toujours, d'un traumatisme lié à l'enfance, de son père, etc. Pourquoi semble-t-il avoir trouvé en son médecin un parfait interlocuteur ?.. Parce qu'insidieusement il avait compris le rapport analogique entre la peinture et la chirurgie, le couteau pour l'un, le scalpel pour l'autre. Quelle différence ?.. Et puis, il y a la blouse, les couleurs - le rouge, notamment. Et l'importance de l'oeil - clinique ou artistique. La vieillesse, la beauté, etc."Le peintre au couteau" est une analyse fine (ou du moins une tentative) de la sphère dans laquelle s'enferment ces hommes de pouvoir, selon leur façon de faire tourner le monde, d'en faire apprécier le figuratif ou le concret. C'est un roman qui s'apprécie à sa plus juste valeur, où l'on y croise René Char, Nicolas de Staël, Zoran Music ou Jean Lescure. Un univers à part, pensez-vous ?... pas tant que ça. L'histoire est très touchante, le dialogue des deux hommes devient très instructif et enrichissant. Un bon petit roman, à apprécier.

Clarabel
23/02/09

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 13.00 cm
  • Poids : 0.27 kg

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