Le perroquet de flaubert

BARNES, JULIAN

livre le perroquet de flaubert
EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 26/01/00
LES NOTES :

à partir de
9,35 €

SYNOPSIS :

Médecin anglais spécialiste de Flaubert, Geoffrey Breathwaite découvre dans un recoin du musée Flaubert, à Rouen, le perroquet empaillé qui inspira à Louise, la vieille servante de Un coeur simple, une étrange passion. Mais à Croisset, la propriété de famille des Flaubert, se trouve un second perroquet avec les mêmes prétentions à l'authenticité. Où est le vrai perroquet, qui est le vrai Flaubert,
où est la vérité de l'écrivain ? Si rien n'est certain, l'inspecteur Barnes, au bour de son éblouissante enquête littéraire, démontre néanmoins, avec élégance et humour, que la seule chose importante, c'est le texte... Né à Leicester en 1946, Julian Barnes est l'auteur de plusieurs romans et essais. Le perroquet de Flaubert (Prix Médicis étranger) a été traduit dans le monde entier.
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Geoffrey Braithwaite est un médecin anglais, épris de Gustave Flaubert. Lors d’une visite en Normandie, il se rend à Rouen et Croisset, l’habitation de l’auteur de L’éducation sentimentale. Mais cette visite sème le trouble chez le visiteur. Il découvre à l’hôtel Dieu de Rouen un perroquet empaillé, qui aurait inspiré Loulou, celui d’Un cœur simple. Mais à Croisset, un second perroquet empaillé est présenté comme étant celui que Flaubert loua au muséum d’histoire naturelle pour servir de modèle. Ceci est le point de départ d’une enquête qui dévoilera des aspects méconnus de la vie de Flaubert.Avant que Philippe Doumenc n’invente une suite à Emma Bovary, Julian Barnes signe avec Le perroquet de Flaubert une bien troublante et stimulante biographie iconoclaste et fictionnelle de l’auteur. En une quinzaine de chapitres, Barnes tente de circonscrire la personnalité de cet auteur mystérieux. Il convoque par exemple plusieurs chronologies de la vie de Flaubert, qui le présentent de manière très différente selon l’angle choisi : soit très sage, soit quasiment libidineux. Ou bien il scrute les différentes références animalières qui jalonnent l’œuvre flaubertienne, pour dessiner un portrait bestial de l’écrivain qui se décrivait lui-même comme un ours.Braithwaite (ou Barnes, car c’est parfois assez compliqué de choisir) a une telle attirance pour Flaubert qu’il en arrive à pasticher son dictionnaire des idées reçues : de Achille, frère aîné de Gustave, à Zola, Emile, chaque entrée du dictionnaire permet d’appréhender un peu mieux l’auteur. Mais la parole est également donnée à Louise Colet, le grand amour de l’auteur, qui raconte sa vision des choses, ou à un professeur américain qui dit avoir brûlé les lettres de Juliet Herbet, une maîtresse présumée de l’auteur.Chaque chapitre est une approche originale, qui rend ce roman très riche. Celui que j’ai préféré est celui qu’il consacre aux yeux d’Emma Bovary, en remettant en cause une critique britannique qui a un peu vite déduit de différents extraits que Flaubert avait peu de suite dans ses idées, arguant du fait que les yeux d’Emma changent de couleur dans le roman. En reprenant les extraits dans leur globalité, Barnes montre que Flaubert ne change pas d’avis sur la couleur des yeux de son héroïne, et renvoie la critique à ses chères études..Le perroquet de Flaubert, malgré sa forme particulière est bien un roman. Cette forme biographique, si elle utilise beaucoup de textes ou de citations, que ce soit les romans ou les lettres de Flaubert, n’empêche pas Barnes d’inventer des histoires, de supposer, de supputer. Ce qui fait que le lecteur ne sait jamais trop quelle est la part de vérité du texte, d’autant que la limite entre le narrateur et l’auteur est certainement assez peu étanche.Un livre très plaisant que cette digression normande en compagnie de Gustave, qui met en avant les qualités d’écrivain de Julian Barnes. Une découverte intéressante et intrigante, et qui donne envie de se plonger dans L’éducation sentimentale ou Salammbô.

Yohan59
25/09/12
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.28 kg