Le pont flottant des songes

TANIZAKI, JUNICHIRO

livre le pont flottant des songes
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 07/05/09
LES NOTES :

à partir de
2,00 €

SYNOPSIS :

Tadasu a grandi, mais il reste toujours un petit enfant lorsqu'il pense à sa mère, la merveilleuse Chinu, si bien réincarnée dans la seconde femme de son père,
avec qui il entretient une relation trouble mêlant amour filial et désir... Un magnifique éloge de la maternité et une réflexion sur l'image de la Femme.
3 personnes en parlent

Jeune adulte, Tadasu se souvient avec des sentiments mêlés de son enfance à l'Ermitage des hérons, la maison familiale où il a grandi. Dans ce havre de paix, non loin de Kyoto, l'harmonie régne entre l'enfant, son père et sa mère. Mais celle-ci décède alors qu'il n'a que cinq ans. Après la période du deuil traditionnel, le père lui présente la femme qu'il souhaite épouser et qui sera sa nouvelle maman. C'est d'ailleurs ainsi qu'il est invité à l'appeler, tandis que le père la rebaptise Chinu, du nom de sa première femme. Très vite, la deuxième épouse adopte le comportement de la disparue. Elle joue du koto, trempe ses pieds dans l'étang, cite les poètes, considère Tadasu comme son fils, au point de le laisser téter ses seins le soir au coucher. Encouragée par le père, la complicité entre l'enfant et sa belle-mère est telle qu'il ne peut plus, dans ses souvenirs, différencier celle qui l'a mis au monde de celle qui l'a remplacée. Le seul écueil dans cette belle sérénité familiale a lieu lorsque Chinu tombe enceinte. Tadasu est le seul à se réjouir de cette grossesse dont ses parents évitent de parler. Et, peu après la naissance de Takeshi, celui-ci est placé à la campagne dans une famille adoptive. Même si Tadasu interprète cette décision comme la preuve de l'attachement inconditionnel de ses parents à sa seule personne, il aimerait que son frère revienne dans son vrai foyer mais n'ose s'opposer à leur volonté. D'autant que les forces de son père déclinent. L'homme va mourir mais pour partir en paix il obtient de son fils la promesse que celui-ci épouse la femme qu'il lui a choisie et que le couple s'occupe exclusivement du bien-être de Chinu. Tadasu obéit volontiers même s'il découvre qu'autour d'eux, on jase. La rumeur parle d'inceste...Dans cette nouvelle, brève mais si profonde, Junichirô TANAZAKI joue avec l'ambiguïté de situations a priori naturelles et paisibles mais qui recèlent une part latente de non-dits. Quand un père offre à son fils une nouvelle mère, quand celle-ci adopte les mots, les postures et les gestes de celle qu'elle remplace, le fils alors ne fait plus le distingo entre les deux femmes. Avec la candeur de l'enfance, il se prête au jeu initié par le père mais, sans lien du sang, l'amour maternel devient désir. Les gestes les plus innocents peuvent être tendancieux...Le sujet est délicat mais TANAZAKI ne tombe pas dans le piège de la lourdeur. Toute sa poésie est mise au service d'une histoire où ce qui n'est pas dit est tout aussi important que ce qui est décrit. Il évoque un Japon fantasmé -jardin zen, étang à carpes, bruissement de l'eau, pavillon de thé-, sait se faire sensuel, voire érotique, tait les motivations véritables de ses personnages pour faire réfléchir, deviner, supposer son lecteur. Ambiguë, équivoque, choquante peut-être, cette nouvelle est un trésor de finessse psychologique, de sérénité et de sensualité. A lire évidemment.

un flyer
30/03/15

Avec un titre pareil, je ne pouvais que craquer pour ce court roman dans le rayon littérature japonaise de la Fnac !Otokuni Tadasu, le narrateur, revient sur sa vie et sur sa relation à ses mères. Oui, mères au pluriel. Sa mère biologique, la merveilleuse Chinu, meurt pendant sa seconde grossesse alors que Tadasu a tout juste quatre ans. Il en conserve néanmoins de tendres souvenirs. Il aime surtout à se remémorer les soirs où, incapable de trouver le sommeil dans sa chambre auprès de sa nourrice, il allait se blottir dans le lit de sa mère et lui tétait le sein pendant qu’elle lui chantait une berceuse pour l’endormir bien qu’il ne soit plus en âge de le faire.Deux ans après la mort de sa mère biologique, son père se remarie avec une femme qu’il appellera Chinu devant son fils bien que ce ne soit pas son nom. Dès lors, la nouvelle épouse se substitue pour Tadasu à sa mère défunte qui se trouve quasiment réincarnée. Son père met tout en oeuvre d’ailleurs pour que les deux femmes se confondent au point que Tadasu devient vite incapable de se rappeler avec laquelle il a vécu tel ou tel événement. L’enfant grandit donc auprès de cette seconde Chinu, d’à peine quinze an son aînée, avec laquelle il va entretenir une relation trouble mêlant amour filial et désir.Ce court roman très poétique plonge le lecteur dans une atmosphère japonisante délicate notamment par le biais du vocabulaire mais aussi par les multiples citations de grands textes japonais (le Dit du Genji en particulier) . Ecrit à la première personne, on est tout de suite happé dans l’ambiance de l’Ermitage aux Hérons (nom de la propriété dans laquelle se déroule ce huis-clôt familial). Une petite pépite par l’un des grands maîtres de la littérature nippone du XXème siècle !

Naurile
07/01/14
 

Tadasu a deux mères : celle qui l'a mis au monde et qui meurt quelques années plus tard, et sa belle-mère avec qui se remarie son père. Avec elle, il entretient une relation ambiguë, entre amour filial et désir. Ses deux mamans s'appellent Chinu et leurs images se confondent dans les souvenirs de Tadasu. À partir d'un poème écrit par l'une ou l'autre de ses mères, il retrace l'histoire de son enfance et l'arrivée de sa deuxième mère à l'Ermitage aux Hérons, belle propriété typiquement japonaise.Si Le pont flottant des songes a été publié en 1959, l'intrigue se déroule au début du 20e siècle et offre au lecteur l'image d'un Japon assez traditionnel : longuement décrit, l'Ermitage aux Hérons est une magnifique demeure entouré d'un jardin paysager, qui contient un étang où les carpes et les gardons se réfugient volontiers, et où la vie est rythmée par le bruit du sôzu ("On avait installé sur son parcours un de ces dispositifs en bambou que l'on connaît sous le nom de sôzu, où l'eau, s'étant accumulée dans un tube, le fait soudain basculer pour s'écouler de l'autre côté, dans le claquement sonore du tube qui reprend sa place") et le son du koto joué par les deux mères de Tadasu. À l'intérieur, fusuma et tatami viennent compléter la description.C'est donc un véritable paradis terrestre que décrit Junichirô Tanizaki, paradis au sein duquel va grandir Tadasu, enfant unique et chéri par ses deux mères, et surtout sa belle-mère, qui en plus de se faire appeler Chinu, comme la première maman, se comporte à l'identique, à tel point que Tadasu ne parviendra plus à les distinguer dans ses tout premiers souvenirs. Mais, en grandissant, l'amour filial s'accompagne également d'un désir plus sensuel pour sa belle-mère et, à l'éloge de la mère, s'ajoute l'éloge de la femme. Petit à petit, on découvre avec Tadasu, le passé de Chinu, ancienne maiko (apprentie geisha) et l'on comprend les choix, parfois difficiles, qui ont été faits par son père et Chinu.Je ne connaissais pas du tout Junichirô Tanizaki et j'ai été ravie de cette découverte et de la très belle, mais traditionnelle, image du Japon. Les relations mère/fils sont ambiguës, et je pense notamment à la scène dans laquelle Tadasu, jeune homme, tête les seins de sa belle-mère. Mais cela n'apparaît pas glauque, ou répréhensible, mais j'y ai plutôt vu l'éloge de la féminité que fait l'auteur. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
08/06/12
 

Format

  • Hauteur : 17.90 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.07 kg

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