Le pont sur la drina

ANDRIC, IVO

livre le pont sur la drina
EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 05/07/99
LES NOTES :

à partir de
6,60 €

SYNOPSIS :

A Visegrad, c'est sur le pont reliant les deux rives de la Drina - mais aussi la Serbie et la Bosnie, l'Orient et l'Occident - que se concentre depuis le XVIe siècle la vie des habitants, chrétiens, juifs, musulmans de Turquie ou " islamisés ". C'est là que l'on palabre, s'affronte, joue aux cartes, écoute les proclamations des maîtres successifs du pays, Ottomans puis Austro-Hongrois. C'est la chronique de ces quatre siècles que le grand romancier yougoslave Ivo Andriécï, prix Nobel de littérature en 1961, nous rapporte ici, mêlant la légende à l'histoire, la drôlerie à
l'horreur, faisant revivre mille et un personnages : de Radisav le Serbe empalé par le gouverneur turc, à Fata qui se jette du pont pour éviter un mariage forcé, et au vieil Ali Hodja, le Turc traditionaliste, qui voit avec consternation surgir les troupes de l'empereur François-Joseph. En 1914, le pont endommagé dans une explosion demeure debout. Sinistre présage, cependant, grâce auquel ce roman paru en 1945, oeuvre d'un écrivain bosniaque par sa naissance, croate par son origine et serbe par ses engagements d'alors, nous paraît aujourd'hui mystérieusement prophétique.
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La Drina, sous-affluent du Danube, constitue une frontière naturelle entre la Serbie et la Bosnie. En 1571, alors que ces deux pays appartenaient à l'Empire ottoman, un pont reliant les deux rives a été érigé sur l'ordre du célèbre vizir Mehmed Pacha à Višegrad, petite ville bosniaque dont il était originaire. A cette époque, en effet, les autorités turques avaient coutume de prélever "l'impôt du sang", c'est-à-dire un certain nombre de garçons choisis parmi les familles chrétiennes vivant en Bosnie. Ces jeunes garçons, rebaptisés et convertis à l'islam, grossissaient les rangs des janissaires (soldats) et pouvaient être appelés à exercer des fonctions plus hautes. Et c'est l'histoire de ce pont, de la ville de Višegrad et de ses habitants sur plus de trois siècles (jusqu'à la destruction partielle du pont en 1914 suite aux bombardements) qui constitue la trame de ce grand roman d'Ivo Andrić. Entremêlant l'Histoire et la légende, l'auteur compose un portrait vivant de cette société multiculturelle et de ses différentes ethnies - Juifs séfarades, Bosniaques musulmans, Serbes orthodoxes et Croates catholiques - d'abord soumise à la domination ottomane, avant d'être annexée, à la fin du XIXème siècle, par l'empire austro-hongrois. Toutes ces populations, qui coexistaient paisiblement la plupart du temps, en dépit des tensions, s'embrasaient cependant périodiquement lorsque des troubles éclataient dans le pays. Il est assez frappant de constater que la domination austro-hongroise, pour colonialiste et arbitraire qu'elle nous paraisse, a plutôt eu pour effet de pacifier cette contrée et de favoriser son développement...Le récit s'attache aux hauts faits et aux grands événements historiques, mais aussi aux destinées individuelles liées à l'histoire de ce pont : Radisav, ce Serbe rebelle empalé pour sabotage lors de la construction, la belle Fata qui se jeta dans les eaux de la Drina plutôt que de renier sa parole et de consommer son mariage, Ali Hodja qui, pour avoir refusé de se rebeller inutilement contre l'Autriche-Hongrie, fut cloué par l'oreille au pont par les plus excités de ses coréligionnaires...L'auteur, Ivo Andrić, publia cet ouvrage visionnaire en 1945. Croate né en Bosnie, il choisit cependant de se déclarer Serbe, du sait de ses engagements durant la Seconde Guerre Mondiale, où il combattit le nazisme. Partisan de la Yougoslavie, il a obtenu le prix Nobel en 1961. Ce roman, considéré comme l'un des plus grands chefs-d'oeuvres du XXème siècle, mérite d'être lu et relu.

Schlabaya
07/01/11

Un très beau roman qui a figuré très très longtemps sur ma table de chevet. C' est rare que mes lectures durent autant de temps. Un roman d'atmosphère et surtout de découverte, au travers de l' histoire ce Pont sur la Drina on revisite également l'histoire de la ville de Visegrad, de la région, de ses habitants. Construits autour d' une figure centrale, ce roman est une succession de petites histoires, une succession de personnages. Si de l'histoire ce pays on connait surtout les dernières guerres, j'ai beaucoup aimé découvrir son passé, plus lointain.Un livre qui m'aura vraiment marqué !

Lacazavent
15/12/11
 

La traduction est vraiment très agréable à lire, le style très plaisant. C’est l’histoire d’un pont. Simplement. Situé entre l’Orient et l’Occident. Mais ce pont est plein de richesses et de poésie, ce pont devient de plus en plus vivant au fil des pages, il est un personnage à part entière tout en ne restant que le lieu de l’action. Cela parait étrange mais à la fin du livre, nous ne sommes pas tristes de quitter les personnages mais plutôt le pont. Un auteur modeste et assez méconnu nous raconte toutes les histoires du pont, là-bas sur la Drina, entre la Bosnie et la Serbie.Les habitants nous sont proches, les paysages et la petite ville nous deviennent familiers. Tout au long du livre se succèdent de magnifiques descriptions qui nous transportent là bas, de longs portraits, derrière lesquels on perçoit un sens aiguisé de l’analyse. Je le conseille vivement.

marinou92
10/09/14
 

Guerre et paix dans les Balkans. Le personnage central du texte d’Ivo Andric est le grand pont de pierre de Visegrad qui relie la Serbie et la Bosnie, où l’auteur a passé une partie de son enfance. Ce pont du XVIe siècle est le symbole des Balkans, le lieu où toutes les nationalités et religions se côtoient et où se joue le destin des habitants, qu’ils soient serbes orthodoxes, croates catholiques, bosniaques musulmans ou de communauté juive séfarade ou ashkénaze. Il permet de tisser des liens culturels, sociaux, historiques, économiques entre les différentes communautés malgré les nationalismes ou les sectarismes religieux. Au milieu des tourbillons et du tumulte ambiant le pont demeure là, immuable, et semble aux yeux des habitants, être garant de la pérennité d’une destinée commune. Ivo Andric développe une vision du passé, à la fois historique et universelle, dotée d’une grande richesse psychologique et d’une grande sobriété. En restant spectateur lucide, parfois ironique, d’une plume agile il nous fait traverser 400 ans d’histoire avec l’exactitude de l’historien et la grâce du poète. Cette chronique lui valu le prix Nobel de littérature en 1961. Sa lecture est indispensable pour mieux comprendre les racines du déchainement de haine qui a déchiré cette région, il y a une vingtaine d’années.

  • Auteur : ANDRIC, IVO
  • Collection : BIBLIO / ROMANS
  • Éditeur : LGF
  • ISBN : 9782253933212
  • Date de parution : 05/07/99
  • Nombre de pages : 384

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.20 kg
  • Langage original : SERBO-CROATE
  • Traducteur : PASCALE DELPECH

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