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BIZOT, FRANCOIS

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 30/01/02
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8,20 €

SYNOPSIS :

François Bizot, membre de l'École française d'Extrême-Orient, est fait prisonnier au Cambodge par les Khmers rouges, en 1971. Enchaîné, il passe trois mois dans un camp de maquisards. Chaque jour, il est interrogé par l'un des plus grands bourreaux du vingtième siècle, futur responsable de plusieurs dizaines de milliers de morts, aujourd'hui jugé pour crimes contre l'humanité : Douch. Au moment de la chute de Phnom Penh, en 1975, François Bizot est désigné par les Khmers rouges comme l'interprète du Comité de sécurité
militaire de la ville chargé des étrangers auprès des autorités françaises. Il est le témoin privilégié d'une des grandes tragédies dont certains intellectuels français ont été les complices. Pour la première fois, François Bizot raconte sa détention. Grâce à une écriture splendide et à un retour tragique sur son passé, l'auteur nous fait pénétrer au coeur du pays khmer, tout en nous dévoilant les terribles contradictions qui - dans les forêts du Cambodge comme ailleurs - habitent l'homme depuis toujours.
5 personnes en parlent
Un sujet passionnant, une écriture superbe et une vraie intelligence, une vraie subtilité, dans l'analyse des faits décrits et des personnages rencontrés. Ce livre est une claque salutaire.
Dsch67 M

Témoignage d'un survivant des khmers rouges Le français François Bizot, nous livre un témoignage unique sur le mouvement des Khmers rouges pendant les années 70. Alors que la guerre civile éclate, il est fait prisonnier sous les ordres de Douch, qui deviendra quelques années plus tard l'un des pires bourreaux du XXe s. Malgré cette expérience douloureuse, il sera une seconde fois au cœur du conflit. Il se retrouve malgré lui l’interprète des étrangers réfugiés à l’Ambassade de France lors de l’évacuation de Phnom Penh par les Khmers rouges. Il nous fait vivre ces péripéties de l’intérieur avec une plume digne d’un romancier, qui sait retranscrire les sentiments et les caractères humains tout en décrivant des souvenirs précis, à la fois sonores et visuels. Il nous aide aussi à comprendre ces évènements, grâce à sa connaissance de la langue et des coutumes khmères.

Hier matin, j’ai entendu une chronique à la radio d’un correspondant de l’AFP au Cambodge et cela a fait écho à ma lecture. Ce chroniqueur racontait qu’il allait être proposé aux touristes un circuit qui rendrait « hommage » à Pol pot dans son village de naissance et où il y a des « nostalgiques » de cette période.Le livre de François Bizot raconte les événements survenant lors de la prise du pouvoir des Klmers rouges et son emprisonnement par Douch dans un camp de travail et son rôle au sein du consulat français lors de l’occupation de Ponh Penh. Ce texte décrit les conditions de vie de cette période tragique pour le Cambodge.Ce livre fait écho aussi au livre de Rithy Pinh, qui avait rencontré Douch, directeur de la célèbre prison S21. Rithy Penh quant à lui travaille à travers ses films et ses écrits mais aussi à travers l’ouverture d’un lieu de souvenir pour que cette période soit étudiée.François BIZOT parle dans son livre en particulier de la non-compréhension de la férocité de ce régime et de la relative complaisance de certains intellectuels français de l’époque.J’ai eu la même sensation en entendant la chronique du correspondant de l’AFP. Un pays peut –t-il occulter ainsi des pages entières de son histoire.La littérature peut aussi servir à cela. Essayer de comprendre et appréhender l’Histoire avec un grand H à travers les petites histoires d’individus.Des livres dont la lecture n’est pas toujours plaisante mais qui nous font réfléchir et tenter de ne pas oublier ces pans de l’histoire et rester vigilant face aux interprétations historiques.

catherine
31/07/12
 

Retour à une époque oubliée de ma jeunesse. Triste époque!! Peu de livres à ma connaissance sur cette époque, sur ce pays, sur le mouvement des Kmers rouges. Même si les grandes persécutions se sont déroulées une fois M.BIZOT libéré. On les pressent dans la deuxième partie du livre. À lire absolument.

JPV11
13/11/11
 

« Alors j’ouvrais les yeux dans le noir et sortais m’immerger dans cette parcelle moite d’univers que le destin nous avait attribuée : le périmètre de l’ambassade, enveloppé de ténèbres. »A lire la 4ème de couverture je m’attendais à un récit choc…C’est le contraire, j’ai lu un texte d’une exquise courtoisie. Mais, ne vous y méprenez pas, François Bizot dit ce qu’il a à dire, sans complaisance ; il a le style plus lyrique, qu’il met au service d’une parfaite connaissance de la région, et de ses us et coutumes.Ce texte découpé en chapitres de longueur traditionnelle, se compose en réalité de deux parties égales non matérialisées qui représentent les deux " périodes" auxquelles il fait référence.La première, est relative à sa détention au cours de l’année 1971 dans un camp Khmer. Il y fera la connaissance de celui qui sera jugé quarante années plus tard pour crimes contre l’humanité, Douch. Quelle que soit l’époque, quel que soit les lieux, nous retrouvons la dure réalité des camps, avec ses variantes locales…ici le paludisme, et la cruauté toute particulière des Khmers rouges ; bien curieuse manière d’honorer un idéal démocratique, et d’égalité….Curieusement, c’est Douch qui se révèle le plus humain. Bizot sera relativement épargné, sans aucun doute parce que français, et parce connaissant parfaitement la culture khmère dont il parle d’ailleurs la langue. C’est dans cette partie du récit, que Bizot, met en évidence la mise en place de l’idéologie révolutionnaire et de ce qui en suivra. C’est avec beaucoup d’intelligence, en mettant à disposition toute ses connaissances de sa culture, qu’il réussit à faire parler Douch, pour ainsi mieux le sonder.« Ah !, coupa t-il (c’est Douch qui s’exprime), leur duplicité m’insupporte au plus haut point ! La seule façon est de les terroriser, de les isoler, de les affamer. »Et voilà ce qu’en dit Bizot, qui avait bien cerné la complexité du personnage :« Or, n’était-ce pas seulement l’homme en lui qui était un danger ? Car je n’avais pas devant moi un monstre abyssal, mais un être humain que la nature avait conditionné pour tuer affilant son intelligence telles les dents du requin ou du loup…quoiqu’en prenant grand soin ne pas lui ôter sa psychologie humaine. »La seconde partie fait référence à une période plus tardive, 1975, marquant si je peux dire le début de la fin. Les Khmères rouges ont investi la capitale, les réfugiés arrivent en masse vers l’ambassade où Bizot est interprète. Il lutte jusqu’aux dernières limites pour faire évacuer un maximum. Tout se joue au niveau du portail au-delà duquel l’extraterritorialité est de plus en plus bafouée. Le portail c’est la frontière. C’est une vie de reclus, dans une ville en état de siège, où bientôt commencera un génocide, dont hélas personne ne pale plus guère de nos jours…Avec habileté, Bizot travaille au service des français, qui pour beaucoup d’entre eux ont aussi des attaches très fortes au Cambodge. Il fera aussi son possible pour extraire les cambodgiens qui se retrouvent seuls. Tout son amour pour ce pays, et sa culture séculaire émane de ce livre. C’est un déchirement pour lui de partir, de ne pouvoir sauver ses travaux effectuer à l’Ecole d’extrême –orient, et d’assister impuissant à cette descente aux enfers dont le pays mettra des décennies à se relever.« Telle une âme libérée – pour la seconde fois – par le juge des morts, je sortis de l’enfer cambodgien, en passant le pont des transmigrations. » http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
01/07/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.21 kg

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