Le prince des marees

CONROY, PAT

livre le prince des marees
EDITEUR : BELFOND
DATE DE PARUTION : 06/06/02
LES NOTES :

à partir de
21,50 €

SYNOPSIS :

" Pour décrire notre enfance dans les basses terres de Carline du Sud, il me faudrait vous emmener dans les marais, un jour de printemps, arracher le grand héron bleu à ses occupations silencieuses, disperser les poules d'eau en pataugeant dans la boue jusqu'aux genou, vous ouvrir une huître de mon canif et vous la faire gober directement à la coquille en disant : " Tenez. Ce goût-lâ. Ce goût-lâ, c'est toute la saveur de mon enfance ". Sur l'île de Melrose, Tom, Savannah et Luke Wingo ont grandi entre un grand-père qui se prenait pour le Christ, une grand-mère féministe, un père patron de pêche,
violent et imprévisible, et une mère mythomane dévorée d'ambition. Bien des années plus tard, la belle psychiatre Susan Lowenstein demande à Tom de l'aider à sauver Savannah d'une folie suicidaire. Par amour pour sa jumelle, il va accepter de se rendre à New York pour dire les blessures d'une enfance dure et chaotique, mais illuminée par la merveilleuse complicité qui unissait frères et soeur. Tout en distillant cette histoire exceptionnelle pleine de tendresse, d'humour et de violence, Tom va faire resurgir le souvenir d'un drame inavouable qui a brisé à jamais les liens du sang...
14 personnes en parlent

Commencer le Prince des Marées, c'est d'abord être subjugué par le talent de l'auteur. Sa manière de nous amener "son" sud, ses personnages... sa vie en somme. Parfois à la limite du soutenable, je pense en particulier au passage où Savannah s'endort avec le bébé mort né et congelé... Le passé, Tom ira le traquer dans ses moindres recoins, pour sauver Savannah de ce monde qui la hante sans relâche. Et lentement, il retrouvera lui aussi son droit à l'enfance, cette enfance volée, cette enfance blessée. Tout se mêle du passé et du présent, l'un projetant sur l'autre ses ombres tenaces, peut-être pour accéder enfin à la lumière. Une longue quête qu'entame Tom, pour sa soeur, pour lui, pour Luke aussi... pour que la vie reprenne le pas sur la peur, sur la mort. L'histoire se tient souvent très près de l'autobiographie : le père militaire de carrière et violent , la mère d'une beauté fulgurante... Un bouquin bouleversant, vrai... profondément humain.Consultez le commentaire complet sur http://www.mondalire.com

un flyer
19/12/08

Un chef d'œuvre magistral.J'envie tous les gens qui n'ont pas encore eu le plaisir de le lire.Que dire? C'est un roman bouleversant, avec un héros tellement attachant et humain.La lecture de ce livre est un pur bonheur.A lire absolument.

Ninie
08/11/08
 

Incontestablement, mon roman préféré entre tous.Je me suis encore laissée prendre sans aucune retenue dans les filets de Pat Conroy, m’avalant ces plus de 1000 pages sans m’en rendre compte, un passage après l’autre, l’esprit neuf quant aux péripéties pourtant sues et connues de la famille Wingo.C’est décidé, je le relirai chaque été et y trouverai sans nul doute un plaisir toujours renouvelé et pourtant différent, ce doit d’ailleurs être le livre que j’ai le plus relu dans ma vie de lectrice.Le 4 octobre 1944, (une des nombreuses coïncidences de mon histoire d’amour avec Pat Conroy, je suis née le même jour que mes héros chéris), par une nuit de tempête monstrueuse, et quelques petites années après leur frère Luke, Savannah Constance et Thomas Catlett Wingo voient le jour, jumeaux merveilleux et terribles, dans une petite île de la Caroline du Sud, par marée montante.Quelques 36 ans plus tard, Tom vient passer l’été à New-York, autant pour aider la psy de sa sœur à comprendre cette dernière - qui une fois de plus a cédé à ses psychoses et a tenté de se suicider - que pour faire le point sur sa propre vie, qu’il s’obstine à gâcher.Quand son enfance est qualifiée d’ «Hiroshima », sa vie d’adulte de « Nagasaki », et l’histoire entière d’ "Histoire d’Auschwitz", on a beau s’aimer tous très fort, il y a de nombreux points à évoquer, en intercalant le présent et les épisodes chronologiquement narrés.Le tout dans un lyrisme débridé, une ode aux marais sudistes, à la crevette, à l’élément aquatique, aux tigres du Bengale et aux marsouins blancs, aux mamans qui font se coucher le soleil dans un paysage à nul autre pareil, aux coachs qui révèlent les adolescents, au sport qui magnifie le racisme le plus primaire, j’en passe, et j’en passe.Oh on a aussi notre lot de saloperies, de parents tordus et manipulateurs qui passent leurs nerfs sur plus faibles que soi, de snobisme puant, de petites lâchetés médiocres, de viol, de meurtre, et là aussi, j’en passe, et des pires.Maintenant je veux relire Beach Music aussi, qui raconte finalement la même histoire mais différemment, puis Le Grand Santini qui me fera aimer un peu quand même ce père à l’ancienne, et Saison noire pour me gorger du jeune Pat que j’imagine sous les traits de Nick Nolte du temps de sa sobriété, je veux même trouver The Prince of Tides en VO et tenter pour la première fois l’aventure de la Vo, je veux retrouver aussi l’épisode des tortues et cette autre Caroline, ces personnages infects et merveilleux à la fois de parents, ces dialogues cyniques qui me font glousser à haute voix, cette gorge qui se sert en se tançant d’être vraiment trop sentimentale.Quand dans un dialogue je vois le nom de l’interlocuteur répété tant et plus, ça m’agace, puis je lis à haute voix, et j’y suis, oui Pat Conroy en fait des tonnes, mais ça marche, bon sang, ça marche du feu de Dieu et j’adore ça à un point que vous ne pouvez imaginer.Voilà tout mon univers littéraire.Tout. Sylvie Sagnes

SagnesSy
03/07/12
 

LE sud rural, la Caroline du sud plus exactement le comté de Colleton. Les Wingo sont une famille à part. Et c’est peut-être pour cela que Savannah a une fois de plus tenté de se suicider. Son frère jumeau Tom « monte » à New York pour aider sa psychiatre à comprendre ce qui torture celle qui est devenue une poétesse reconnue. « Dans les hôpitaux psychiatriques, aussi éclairés et humanistes soient-ils, les clés sont les insignes manifestes du pouvoir, les astérisques métalliques accréditent la liberté et la mobilité. La marche des filles de salle et des infirmières est accompagnée par l’aliénante cacophonie du tintement d’un trousseau de clés contre une cuisse, ponctuation du passage de ceux qui sont libres. Quand on se trouve en situation d’écouter ces clés sans en posséder une, on approche au plus près la compréhension de cette terreur blanche qui scelle le bannissement de tout commerce avec l’humanité. J’ai appris le secret des clés de l’un des poèmes de ma sœur, écrit d’une traite après sont premier internement. […]La catatonie m’est toujours apparue comme la version sublime de la psychose. Le vœu de silence procède d’une certaine intégrité et le renoncement au mouvement à quelque chose de sacré. C’est la forme la plus paisible du drame humain de l’âme brisée, une répétition solennelle et en costume de la mort. J’avais déjà vu ma sœur ne pas bouger et j’affrontai cette fois la situation en vétéran de son incurable silence.»Tom va ainsi conter l’histoire d’une famille de crevettiers vivant sur une île dans les marais. Les enfants, Luke l’aîné, puis Savannah et Tom les jumeaux devront apprendre à naviguer dans les méandres des secrets, des colères et des coups face à deux parents qui sont mal assortis (c’est le moins que l’on puisse dire). Tom alterne narration du présent, et souvenirs du passé. L’on suit donc ces enfants grandir entre un père maltraitant, violent, et une mère manipulatrice qui s’invente un passé riche et veut absolument être intégrée au cercle fermé de la bonne société de Colleton. « Il est clair que mon père adorait ma mère, mais pour moi, les raisons pour lesquelles un homme se faisait une obligation de maltraiter ce qu’il aimait le plus au monde restaient opaques. Souvent, ma mère semblait n’avoir que du mépris pour tout ce que représentait mon père, mais ils avaient aussi des instants d’étrange complicité et je surprenais alors un regards tellement chargés de passion et de compréhension mutuelle que je rougissais de l’avoir involontairement partagé avec eux. Je me demandais comment j’en arriverai un jour à aimer une femme et, dans un mélange de plaisir et de terreur, je me disais que quelque part dans ce monde riait et chantait une fillette qui plus tard deviendrait ma femme. »Ce n’est pourtant pas un roman pleurnichard, vengeur (on dit qu’il est largement autobiographique). Non. C’est un roman écrit d’une plume tout simplement magique, lyrique, admirable. J’en fais trop ? Conroy aussi par moments, mais que c’est beau, que c’est bon ! On se croirait vivre la terreur de ces gosses, cette fratrie quasi fusionnelle qui lutte pour survivre entre ces parents inadaptés, eux-mêmes en souffrance probablement. Il y a aussi la beauté des marais, la grâce meurtrière d’un tigre du Bengale, ou la magie d’un marsouin blanc sillonnant la baie. Il est parfois difficile de comprendre comment il peut rester de l’amour chez ces enfants pour leurs parents. Des parents qui font et leur font des choses abominables. Et pourtant, il y a des nuances, rien n’est tout blanc ou tout noir. Sauf peut-être pour Tom. Le narrateur. Le seul qui n’a jamais de moments de grâce c’est lui. Il ne se laisse rien passer. Même son père et un peu sa mère ont droit à des moments plus positifs. Une nuance dans la noirceur et la haine parfois. Cet homme, que l’on sent bon, (et bourré d’auto-dérision et d’humour) se flagelle, se déteste. Il manie la blague comme d’autres manieraient l’épée ou le bouclier. Pour abattre ou se défendre. « Je ne pouvais pas entendre l’histoire du père de Susan sans frémir de honte à la pensée du mal que j’avais fait aux femmes de ma propre famille. Aux jours heureux, je dégoulinais d’amour comme une ruche volée suinte de bon miel. Mais dans les moments de douleur et de désarroi, je me retranchais dans une prison d’impénétrable solitude, et les femmes qui tentaient de m’atteindre là – toutes – battaient en retraite, horrifiées, tandis que je leur infligeais blessure sur blessure pour avoir osé m’aimer alors que je savais que mon amour à moi n’était que corruption. J’étais de ces hommes qui tuent leurs femmes avec lenteur. Mon amour était une forme de gangrène qui attaquait les tendres tissus de l’âme. J’avais une sœur qui avait tenté de se tuer et ne voulait pas me voir, une femme qui s’était trouvé un homme amoureux d’elle, des filles qui ne savaient rien de moi, et une mère qui en savait beaucoup trop. » Entre moments de grâce pure et épisodes terribles, Pat Conroy nous emmène dans un autre temps, d’autres paysages, et nous plonge dans une saga familiale foisonnante et bouleversante.« Le viol est un crime contre le sommeil et contre la mémoire ; I'image qui en reste s'imprime en négatif irréversible dans la chambre noire de nos rêves. Tout au long de notre vie, ces trois hommes morts, massacrés, nous enseigneraient encore et toujours la permanence, la terrifiante persistance qui accompagne une blessure à 1'anie. Nos corps guériraient, mais nos âmes avaient subi un dommage au-delà de toute réparation. La violence s'enracine profondément dans les coeurs; elle ignore les saisons ; elle est toujours à maturité, toujours prête. »Dans ces quelques 1000 pages (en voilà un bon pavé pour le défi de Brize !), Conroy aborde une foultitude de thèmes…tout simplement en racontant des vies balafrées, torturées : folie, maltraitance, amour filial (des passages merveilleux à ce sujet !), courage, pauvreté, racisme et j’en passe. On croise des hommes saints et des femmes libres en avance sur leur temps. C’est un roman que l’on ne veut pas finir. Et de fait, les cent dernières pages ont été lues au ralenti. Je crois que ces personnages resteront longtemps en moi, certains épisodes aussi. Avec le souvenir d’une écriture sublime. (et après un tel billet si vous n’avez pas envie de lire ce bouquin… je sais plus quoi dire !!)

Choupchoup
27/09/15
 

Il y a une parenté indéniable entre Pat Conroy et John Irving: familles déglinguées, rapports difficiles avec la mère, cette manière de mêler le burlesque et le tragique et un profond ancrage dans un état américain, même si ici, La Caroline du Sud remplace le New Hampshire. Tom a un point commun avec mon mari, c'est lui qui cuisine mais heureusement, mes enfants à moi ne me le reprochent pas, comme le fait la fille de Sallie et Tom:"All the other mommies I know cook for their family", Jennifer said boldly, considering the bitter look that had entered Sallie's gray eyes. "Except you. "Mais Pat Conroy sait aussi écrire sur des sujets délicats, comme la façon dont les américains (mais aussi nous, européens) traitont les personnes âgées, en les abandonnant à leur solitude. Et l'on sent bien toute la culpabilité présente dans sa relation avec cette grand-mère qui fut si importante pour lui:Because I'm an American, I let her die by degress, isolated ans abnadoned by her family. She often asks me to murder her as an act of kindness. I barely have the courage to visit her. Il y dénonce aussi les sororités et fraternités des universités américaines: ne pas appartenir à l'une d'entre elles, comme c'est le cas pour Sallie et Tom, est synomyme d'échec et de solitude. L'humour de Pat Conroy n'épargne pas ceux qu'il admire:Philip Roth despises both Jews ans women and you don't have to be either Jewish or female to see that. Vous reconnaîtrez-vous dans ces lignes?You get a little moody sometimes but I think that's because you like to read. People that like to read are always a little fucked up. Si j'ai aimé ce roman, je l'ai parfois trouvé un peu longuet et je n'ai jamais ressenti de véritable empathie avec les personnages. J'ai tout de même aimé le grain de folie de Pat Conroy. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
17/09/12
 

Flamboyant et noir, mais surtout, sublime et inoubliable.L’écriture prend aux tripes dès les premières lignes pour emmener le lecteur en Caroline du Sud, sur l’île marine Melrose. D’une poésie rare, le style de Conroy est éblouissant et tout à fait adapté à l’histoire et aux personnages hauts en couleur. Une histoire d’une noirceur insondable, que seule la poésie permet de dépasser. Des personnages marquants, meurtris dans leurs corps et leurs âmes ; l’auteur leur donne vie au point qu’ils semblent réels. Une famille qui se déchire se retrouve, pour le pire, unit autour d’un secret effroyable. S’il veut sauver sa sœur jumelle, candidate au suicide récidiviste, Tom devra briser le pacte de silence décidé par sa mère. Il devra aller au-delà des ses peurs enfouies au tréfonds de son être. Il devra remonter le fil de leur enfance commune en renonçant à la censure et au mensonge.Un livre à la puissance évocatrice d’une beauté incroyable, non dénué d’humour ; un roman qui ne s’essouffle jamais. On en ressort bouleversé.

mycupoftea
11/09/12
 

Le prince des marées est un roman fabuleux, qui est exactement tout ce que j'aime dans la littérature, et que je trouve finalement assez souvent dans la littérature américaine : une ample et dense histoire de famille qui se déploie de manière sinueuse et inexorable, comme les méandres du fleuve au bord duquel les trois enfants Wingo, Luke, Savannah et Tom ont grandi. Cette famille s'est constituée autour de secrets, imposés par Lila, leur mère, sublime, manipulatrice et abusive, qui interdit à ses enfants de révéler la violence dont fait preuve à leur égard leur père, Henry, le pêcheur de crevettes à la main leste et lourde, mère qui, au nom de la sacro-sainte loyauté familiale, prendra une décision lourde de conséquences pour l'avenir de ses enfants. Face à ces parents terribles, complexes et finalement fascinants chacun à leur manière, les enfants survivent tant bien que mal, chacun réagissant comme il le peut à l'omerta familiale. Mais les souvenirs égrenés par Tom ne sont pas seulement atroces, ils sont aussi éblouissants de chaleur, d'amour pour son frère et sa soeur, pour ses grands-parents, et surtout pour le fleuve et le comté de Colleton, ce pays de marais et d'eau magnifiquement dépeint et ils sont traversés de figures hautes en couleur et d'anecdotes tour à tour poignantes et drôles. On passe du rire aux larmes en lisant ce roman, qui voit, en huit semaines, la renaissance de Tom, débarrassé du poids du fardeau de ce qu'il gardait enfoui au fond de lui, par la grâce de la parole libératrice, de l'amour et du pardon. Une sublime et flamboyante fresque familiale, servie par un style éblouissant, d'une incroyable poésie, qui a le pouvoir, comme Lila, de faire lever la lune.

fashiongeronimo
11/08/12
 

C'est formidablement écrit, c'est prenant, c'est fort, on sent l'odeur de la mer et des marais, les personnages sont profonds, touchants... Un livre précieux, un accès garanti au rêve et aux émotions...

Arfirith
28/07/12
 

Le Prince des Marées a véritablement été une révélation pour moi et un grand coup de coeur. J'en avais beaucoup entendu parler avant de l'acheter, mais je n'aurais jamais cru que ce récit allait me transporter comme ça. C'est une saga passionnante, lumineuse, dédiée à l'amitié, à la fraternité et à l'amour pour une terre sauvage et éclatante. Le style de l'auteur est poétique, entraînant, on ne s'ennuie pas une seule seconde au gré de ces 1000 pages qui, au final, se dévorent comme de rien, et je dois dire que j'en aurais bien repris un peu !L'histoire est celle de la famille Wingo dont les aléas, les drames et les bonheurs nous sont rapportés par leur fils Tom. Dans le cabinet d'une psychiatre de New-York qu'il est venu rencontrer afin de comprendre la tentative de suicide de sa soeur jumelle Savannah, Tom se pose des questions, tente de dédramatiser, use d'humour (je l'adore, il est hilarant !) et oscille parfois à la limite de l'effondrement moral, jusqu'à ce que de confessions en révélations il lève peu à peu le voile sur les tragédies de son passé entre un père brutal, une mère magnifique et insatisfaite, et un frère et une soeur dont l'amour et la loyauté à toute épreuve sont célébrés à chaque page. Au coeur de la Caroline du Sud, sur une île minuscule cernée par le fleuve et une nature exubérante, les trois enfants s'élèvent aux rudes lois de la vie, se protègent mutuellement et apprennent à survivre, à rêver et à se construire. Grâce aux histoire de leurs grand-parents, à leur présence généreuse - l'un pieu à l'extrême, l'autre joyeuse et excentrique (un couple étonnant auquel je me suis particulièrement attachée !) la rudesse de leur enfance va s'accompagner d'une certaine forme de douceur, de joie de vivre et de fantastiques moments de complicité.Le chemin est rude - je vous épargne les détails, à vous de découvrir cette histoire - et malgré l'aspect sordide de certains épisodes du passé, c'est la joie de vivre que je retiendrai avec le plus de force. Le bonheur tranquille sur une île presque paradisiaque, la communion avec le fleuve, ses odeurs, ses couleurs, et la poésie du style de Pat Conroy qui parvient à mettre tout cela en lumière, à sublimer ce petit coin de terre avec énormément de talent.Le thème central, c'est avant tout la folie - celle de Savannah (artiste et poète qui part s'expatrier à New York pour fuir ce sud qui l'écoeur) mais aussi celle qui pousse les parents Wingo à se comporter de façon cruelle avec leurs enfants, avec toutes les conséquences que cela engendre. Et ce sujet dramatique est courageusement exploité par l'auteur et nous plonge dans l'esprit des Wingo sans que la succession de tragédies qui ponctuent leur existence nous fasse un seul instant tomber dans le ridicule ou le mélodramatique. Leur vie va se construire sur les ruines de leur enfance, et malgré cela, leur apporter le succès et l'accomplissement. Et puis l'humour reste omniprésent, aussi bien dans les dialogues que dans certaines situations (je pense notamment à l'épisode de la tortue qui m'a fait mourir de rire), il s'élève comme un rempart contre la folie et la violence, et il adoucit les souvenirs les plus cruels...La suite ici :

un flyer
20/08/11

Le titre à lui seul pousse à investir le paysage de rêve choisi pour la couverture. Seule l’épaisseur de ce roman pourrait faire reculer. C’est l’été, les vacances ne sont plus très loin ; soyons fou, relevons le défi !!! Je ne l’ai pas regretté, j’ai été très vite emporté par cette histoire, pour ne me consacrer qu’à elle. J’ai lu ce livre très vite, tournant les pages sans m’en rendre compte.Le Prince des marées nous transporte en Caroline du sud sur les traces d’une famille de pêcheurs à la découverte de ses drames et de ses secrets.Pour éviter au maximum lassitude et linéarité qu’un grand nombre de page aurait pu engendrer, l’auteur a choisi une narration unique, mais alternée dans l’espace, et inversée dans le temps.Le roman en lui-même est précédé d’un prologue relativement court, dans le quel Tom Wimgo (le narrateur) se présente au lecteur tant sur le plan familial que sur le plan géographique, et d’une certaine manière de manière assez claire plante le décor et la problématique.« Elle (sa mère) règne en souveraine dans l’exquise imagerie d’un fils béat de dévotion, pourtant je ne peux lui pardonner de n’avoir rien dit du rêve qui la nourrissait du temps de mon enfance, ce rêve qui allait provoquer la ruine de ma famille et la mort de l’un d’entre nous. »« Je vous raconterai mon histoire. Il n’y manquera rien. Je vous le jure. » Il suivra un épilogue relativement court aussi, s’ouvre sur une note positive, lumineuse, et achève ainsi une belle et passionnante lecture.Nous démarrons donc notre histoire au présent avec un drame, puis tout ne sera que chassé-croisé, entre ce présent et un passé qu’il va falloir aller déterre pour sauver Savannah, la sœur jumelle de Tom auquel Susan Lowenstein, sa psychiatre new-yorkaise demande son concours pour tenter de comprendre le drame de Savannah.Nous suivrons donc Tom, Savannah, et Luke, leurs parents Lila et Henry à la personnalité si différentes, les grands parents qui eux aussi ont leur part d’ombre. Il y a dans cette famille une conception assez particulière de ce qu’est la vérité.« Nos parents n’étaient pas partisan d’en dire trop à leurs enfants ; ils n’allaient pas au-delà de ce qu’ils estimaient indispensable de porter à notre connaissance. »Il se passera des choses, graves, qui auront des répercutions sur chacun, mais surtout, garder la tête haute, ne rien dire, faire comme s’il ne s’était rien passé.Au fur et à mesure de la narration de Tom, de l’évocation de ses propres problèmes personnels, et de sa relation avec Susa, tout s’éclaire, tout s’explique.Ici ou là, malgré les tensions, glisse ici ou là un humour sudiste caustique qui me donnera souvent le sourire aux lèvres. J’ai apprécié le mode narratif alterné ; même si les différentes situations ne sont pas franchement posées, cela n’empêche absolument pas le lecteur de s’y retrouver.Le climat familial est bien décrit. Le sud est bien évoqué, et bien différencié de la frivolité newyorkaise du Dr Lowenstein.« Ma mère ne serait pas un cas facile à expédier. Nous étions nés dans une maison de souffrance, de drames et de complications. Nous étions des Sudistes typiques. En chaque Sudiste, sous le vernis du cliché se trouve un autre cliché beaucoup plus profondément enfoui. »J’ai beaucoup aimé la manière avec l’auteur a retransmis l’amour inconditionnel entre les jumeaux.Enfin, pour être entièrement objective, ce roman, comme la majorité des gros volumes, n’échappent pas à un certain nombre de longueurs. Certains passages auraient gagné à être abrégés. La fluidité de l’écriture aura, cependant rendu l’écueil largement surmontable.En outre, la révélation se fait dans des termes qui peuvent heurter certains ou certaines. Il est court, et unique, ce qui la rend elle aussi surmontable. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
19/08/11
 

Une vraie découverte. Pourtant ce n'était pas gagné d'avance car j'avais en tête le film avec Barbra Streisand, une pure guimauve hollywoodienne sans intérêt, mièvre et sans consistance... et j'ai attaqué le livre à reculons ! Et je ne l'ai plus lâché... J'ai découvert un grand écrivain, des personnages attachants, une histoire qui prend aux tripes et qui vous bouleverse. Surement l'un des grands romanciers sudistes actuels et l'un de mes grands coups de coeurs en littérature de ces dernières années.

Ikebukuro
25/04/11
 

Coup de coeur pour ce roman à lire absolument : "le prince des marées" de Pat Conroy. D'accord il fait 1070 pages mais on ne les voit pas passer !!! Un grand coup de chapeau à la traductrice de cet auteur américain : Françoise Cartano qui a su nous rendre la richesse du texte. Savannah a encore une fois tenté de se suicider et sa psychiatre a appelé Tom, son frère jumeau, à la rescousse pour reconstituer l'histoire familiale et pouvoir ainsi comprendre les hallucinations auditives et visuelles de sa soeur.Tom débarque donc à New York, ville qu'il abhore, pour aider sa soeur à chasser les fantômes du passé qui la hantent depuis toujours.L'auteur alterne flash back (l'enfance sur l'ile de Melrose en Caroline du Sud) et conversations entre la psy et Tom.A travers le récit de Tom, on fait la connaissance de son père, pêcheur, ayant mille idées à la seconde censées le rendre riche et jouant des poings avec sa petite famille, sa mère qui lui a appris à voir la beauté de la nature, son frère Luke, le costaud de la fratrie, son grand père barbier et vendeur de bibles à crédits et sa grand mère, fantasque, partie parcourir le monde. Les épisodes de leurs vies nous font tantôt frémir, rire ou pleurer.Tom est sarcastique, cynique ce qui rend les dialogues savoureux.On découvre au fil des pages le pacte secret qui lie Tom et sa famille.Cette famille a une mémoire sélective et devient amnésique lorsqu'il s'agit de se souvenir des évènements tragiques.Mais on ne peut pas toujours faire comme si les choses n'avaient pas eu lieu et on doit sortir les squelettes du placard si on veut pouvoir avancer malgré tout. Extraits :"le rire est la seule stratégie qui ait jamais marché pour moi quand mon univers se casse en morceaux" page 310"la vérité n'est jamais que ce dont on a décidé de se souvenir".page 1007une citation spécialement pour aBeille : "Pour Sharon, l'abeille était la perfection incarnée. Non seulement elle savait voler, mais en plus elle avait cette tâche merveilleuse qui consistait à passer la journée à visiter fleurs et jardins avant de rentrer, le soir, bavarder avec ses amies et fabriquer du miel"Un très bon roman ! Un grand merci à aBeille qui me l'a offert et qui a le don de me glisser entre les mains au bon moment le roman qu'il me faut !!!Allez lire l'excellentissime billet de Karine Fougeray,c'est aussi un coup de coeur pour Karine,pour Amanda c'est une "superbe histoire où l’humour soulage les brûlures, où la douceur de l’amour fraternel atténue l’horreur",pour fashion c'est Une sublime et flamboyante fresque familiale, servie par un style éblouissant, d'une incroyable poésie,pour Cuné c'est incontestablement son roman préféré entre tous !!!Ce roman est une bonne brique dont on ne se lasse pas pour Jules se livre, et Conjuration des livres vénère, carrément.

lucie38
23/04/11
 

Quelle histoire ! La quatrième de couverture résume bien le contenu de ce livre. J'ai bien aimé ce roman même si j'ai trouvé certains passages un peu longs. Tom, le narrateur, a beaucoup d'humour, il est très souvent drôle et ironique. J'ai adoré le passage où sa grand-mère va choisir son cercueil, elle l'essaie et se fait prendre en photo pour montrer l'expression qu'elle voudra avoir sur son visage après sa mort. C'est raconté de telle façon que j'ai vraiment ri ! Des parents destructeurs, des mémoires qui ne veulent pas se souvenir, des blessures profondes, c'est un livre fort. Sandrine(SD49)

SD49
17/08/10
 

Grande histoire d'amour chaotique dans une famille de Caroline du Sud. L'enfance douloureuse de 2 frères et 1 soeur et leur difficulté à s'épanouir une fois adulte.Ce livre nous emmène dans le monde de l'enfance et de son interprétation. Mais malgré toutes les épreuves, reste un grand sentiment d'amour. Ce livre est un pavé à lire mais se lit très facilement car le rythme de lecture est très cadensé.

Doubitchou
05/07/10
 

Format

  • Hauteur : 24.10 cm
  • Largeur : 15.50 cm
  • Poids : 0.74 kg
  • Langage original : ANGLAIS (ETATS-UNIS)

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