Le proscrit

JONES, SADIE

livre le proscrit
EDITEUR : BUCHET CHASTEL
DATE DE PARUTION : 08/01/09
LES NOTES :

à partir de
23,35 €

SYNOPSIS :

1957 : le jeune Lewis Aldridge âgé de dix-neuf ans sort tout juste de prison où il vient de passer deux années pour avoir incendié l'église d'une petite ville cossue du Surrey au sud de Londres. Son père lui a fait parvenir de l'argent en quantité suffisante pour que Lewis comprenne qu'il puisse s'abstenir de rentrer à la maison. Mais il s'achète des vêtements et retourne dans sa famille sans imaginer ce qui l'attend... Quand, douze ans auparavant, en 1945, Gilbert, le père de Lewis est revenu de la guerre, c'était un étranger aux yeux de son fils qui s'était considérablement rapproché de sa mère en son absence. Gilbert était heureux de retrouver la vie civile des bourgeois étriqués de l'Angleterre
provinciale : la messe du dimanche suivie du déjeuner avec les voisins, l'apéritif du soir et le pied-â-terre à Londres quand, certains soirs, il choisissait de ne pas rentrer par le dernier train de banlieue. Mais son épouse Elizabeth et Lewis préféraient, ainsi qu'ils l'avaient souvent fait pendant les années de guerre, la liberté d'un pique nique en forêt. Un jour cependant, de l'un de ces repas champêtres, Lewis est rentré sans sa mère... Roman réaliste, psychologique et social sur fond d'années cinquante en Angleterre, Le Proscrit est traversé par les dysfonctionnements rigoristes et conformistes d'une middle class capable de conduire un enfant à l'auto mutilation puis à la délinquance.
8 personnes en parlent

Elizabeth Aldridge est une jeune femme moderne. Nous sommes à la fin des années 40. Elle aime les blagues d'un goût douteux, elle boit beaucoup, elle déteste se rendre à l'église et fréquenter les autres épouses de cette bonne société du Surrey. A la place, Elizabeth passe son temps libre avec son fils de 7 ans, Lewis, elle préfère flâner, lire ou discuter avec sa cuisinière, Jane. Avec la fin de la guerre, son mari Gilbert rentre au bercail. L'ambiance change. L'homme entend rétablir la hiérarchie dans son foyer, montrer qu'il est le centre d'intérêt et que son fils doit quitter les jupes de sa mère pour le pensionnat. Trois ans passent, Lewis a dix ans. Sa mère et lui sont toujours inséparables, mais un drame va déchirer cet amour. Lors d'un pique-nique au bord de l'eau, Elizabeth se noie sous les yeux de son fils. Rien ne va plus. Lewis s'enferme dans son chagrin, son père est inconsolable et en veut à son fils. Un climat de ressentiment règne dans la maison, accentué par la venue d'Alice, qui se marie avec Gilbert Aldridge, moins d'un an après la mort d'Elizabeth. Lewis est tombée dans l'enfer de l'automutilation, l'alcool et la délinquance. Le début du roman a montré Lewis, âgé de dix-neuf ans, en train de sortir de prison après avoir purgé une peine de deux ans pour l'incendie de l'église de Waterford. Son père lui a mandaté une forte somme d'argent, appelant ainsi à ne pas rentrer à la maison, mais Lewis choisit de revenir. Ce retour met le feu aux poudres. Dans cette petite communauté régie par les apparences et le conformisme, Lewis, par sa simple présence, met le doigt où ça dérange, débusque les secrets honteux, dénonce les drames où la violence familiale a fait son nid. C'est un personnage remarquable, attachant malgré son caractère taciturne, violent et effrayant. Car il reste le petit garçon blessé, témoin du drame qui a coûté la vie de sa maman. Ok, il s'est renfermé, il ne laisse personne l'approcher ni l'aider, il commet d'énormes erreurs. La vie aussi ne lui a fait aucun cadeau. C'est un premier roman étonnant, émotionnellement fort, mais qui ne cherche pas à vous mettre à plat. On sent le climat lourd, le drame, le manque de la maman, la douleur jamais cicatrisée, l'injustice. Il y a une pointe de nostalgie, derrière le récit, qui est poignante. L'histoire est d'ailleurs racontée en flashback, elle se déploie lentement, elle fait grimper la tension, elle répand la tragédie... or, jamais je n'ai ressenti d'oppression ni d'abattement. Le spleen est efficace, les personnages sont complexes, ce n'est pas une histoire gaie, c'est bel et bien un drame humain, mais bon sang c'est limpide, sensible et juste. J'ai beaucoup aimé.

Clarabel
20/02/09
 

Ce roman m'a totalement captivée. On y retrouve principalement le thème de la relation père-fils surtout que dans l'histoire de Lewis cette relation se noue sur le tard (le père étant à la guerre et ne revient dans son foyer qu'aux 7 ans de son fils). Ce dernier durant ses toutes premières années a une relation privilégiée voire fusionnelle avec sa mère qu'il perd dans des circonstances atroces. De là, il se construit sur une souffrance où l'absence de paroles, le silence, la distance paternelle mais aussi de la communauté du village sont omniprésents.Lewis "tourne" mal mais surtout tout ses actes sont la manifestation de sa souffrance.Difficile de résumer cet ouvrage, lisez le !! Fleurbis

fleurbis
26/03/12
 

La vie de Lewis bascule à l'âge de dix ans, quand il assiste, impuissant, à la noyade de sa mère, jeune femme fantasque et aimante.Vite remarié, ni son père ni sa jeune belle-mère ne parviendront à briser la carapace d'indifférence dans laquelle s'enferme le garçon. Cette attitude lui vaudra de se couper de la communauté bien-pensante dans laquelle sa famille évolue. Tant de violence rentrée ne peut, bien sur qu'exploser, ce qui lui vaudra deux ans de prison. En 1957, il a dix-neuf ans et sa révolte à sa sortie de prison, va faire exploser tous les faux-semblants et balayer comme un raz-de-marée toute l'hypocrisie de ce petit village du Surrey.Délinquance, automutilation, violences conjugales, autant de mots qui me rebutaient d'emblée et pourtant, à peine avais-je commencé Le Proscrit que j'étais happée par les personnages, emportée par la houle des sentiments de Lewis, qui affecte une impassibilité toute britannique face aux affronts qu'il doit subir.Sadie Jones fouille les replis des âmes et nous les montre dans toute leur crudité et leur vérité. Ainsi la tante de Lewis qui ne propose pas d'élever cet enfant avec les siens parce qu''elle sait confusément qu'elle ne pourra le supporter. On déteste avec force le hobereau, sorte de Dr Jekill et Mr Hyde, qui humilie Lewis et son père,on frémit en se disant que toute cette souffrance aurait pu si facilement ne pas exister, un peu moins de flegme, un peu plus de communication et on referme ce livre le souffle court. Un grand et beau roman. cathulu

cathulu
31/12/12
 

Le proscrit est un très beau roman, extrêmement fort et terriblement touchant, qui raconte la longue descente aux enfers d'un jeune garçon privé tout d'un coup de la lumineuse présence de sa mère et de son amour inconditionnel. Lewis a 7 ans quand son père rentre de la guerre, autant dire qu'ils sont étrangers l'un à l'autre, et ce sentiment ne disparaîtra jamais. Dans une Angleterre bourgeoise et provinciale, où les rumeurs vont bon train et où chacun espionne et critique son voisin tout en cachant soigneusement des squelettes dans ses placards, Lewis ne peut que déranger l'ordre qui semble établi. On trouvait déjà que sa mère était trop libre (elle buvait beaucoup et en public, s'habillait comme ça lui chantait, avait la langue bien pendue et l'esprit vif et semblait s'accommoder de l'absence de son mari) ; on va vite coller sur ce petit garçon désemparé et qui culpabilise de ne pas avoir su sauver sa mère quelques étiquettes aimables dont il ne pourra plus se défaire : "dérangé" diront certains, "violent" répliqueront d'autres, "meurtrier" chuchoteront les bien-pensants. L'implacable évolution psychologique de Lewis, qui court après la reconnaissance de son père, dans ces années où aller voir un psychiatre signifiait demander un internement, est parfaitement rendue, créant une tension terrible dans le roman, tant le lecteur est persuadé de s'acheminer vers une inéluctable tragédie (qui sera finalement évitée de justesse). Les personnages secondaires sont fort bien campés, prenant de l'ampleur au fur et à mesure que l'histoire se déploie, et forment une clique d'hypocrites et de médisants assez stupéfiante, ajoutant une forte dimension sociale à ce roman très dense. Un coup de coeur.

fashiongeronimo
12/08/12
 

Les années cinquante dans une petite ville d'Angleterre. Le père est à la guerre, une tendre relation se développe entre fiston (Lewis) et sa mère, faite de complicité et de beaucoup d'attentions. Elizabeth est une vraie anticonformiste, pas si courant à cette époque. Lorsque le père rentre au foyer, cela devient une autre histoire, ses sentiments sont immédiatement assez ambivalents face au couple formé par son épouse et son fils. On envoie ce dernier en pension. Et puis le drame : Elizabeth se noie sous les yeux impuissants de Lewis. Profondément traumatisé, il ne parvient pas à extérioriser ne serait-ce que le récit de ce qui s'est réellement passé. La relation entre le père et le fils devient alors de plus en plus problématique, et Lewis en pâtit fortement. De scarifications en actes violents qu'il ne s'explique pas, il se met au ban de leur petite société. Récit d'une descente aux enfers...Un roman lancinant et émouvant, qui se paye le luxe d'une fin porteuse d'un immense espoir. L'atmosphère est très réussie à mon goût, oscillant entre le languide et l'étrange, il y a une mise à distance permanente qui permet de ne pas se laisser atteindre, tout en maintenant un suspens qui possède quelque chose de chic.C'est ce que je ressens le plus, finalement, en refermant ces 377 pages, une forme d'élégance à laquelle j'ai été sensible. Sylvie Sagnes

SagnesSy
06/07/12
 

Dans ce roman, nous suivons la jeunesse de Lewis dans l’Angleterre de l’après-guerre. Dans une société aisée où l’on va à l’église chaque dimanche, où tout le monde se connaît, où le regard des autres à une importance considérable, Lewis ne se sent pas à l’aise. A l’âge de dix ans il assiste, impuissant, à la noyade de sa mère. Il est alors élevé par son père, très distant. Mais Lewis souffre d’un certain mal être et est incompris de tous, sauf de Kit, petite fille ayant 5 ans de moins que lui. Le comportement des autres envers lui va le condamné à la déchéance.Roman troublant et hypnotique.

Vepug
29/06/11
 

Ce roman me laisse assez perplexe... Il y a des choses que j'y ai adorées, et d'autres qui font que ce livre m'a vraiment déplu...Dès le départ, j'ai pris le jeune héros en sympathie, et ce malgré le prologue qui nous raconte sa sortie de prison à 19 ans. Le héros, c'est Lewis...On fait la connaissance de ce jeune garçon quand il est âgé de 7 ans, et que son père est revient de la guerre. Le jeune garçon semble relativement oppressé, écrasé par ce père stricte et autoritaire, tant avec lui qu'avec sa mère. Il est surtout très à cheval sur ses principes et bien décidé à reprendre en main la vie de la maison.Un point très positif du livre: des descriptions extrêmement bien réalisées, l'Angleterre d'antan est bien décrite et représentée... la période d'après-guerre et sa mentalité, ses lieux, ses habitudes et ses conséquences... On s'y croirait... Hylyirio

hylyirio
14/11/10
 

Que d'émotions dans ce roman. Un personnage principal incroyable qui souffre, qui se révolte, qui aime. Une pépite toute en couleurs, parfois sombres, parfois lumineuses avec un final ETINCELANT. Une très belle découverte.

Asiled
14/10/10
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.37 kg
  • Langage original : ANGLAIS

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