

Éditeur : EDITIONS DE L'OLIVIER
Date de parution : 18/02/10
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Le quai de Ouistreham Coup de coeur pour le témoignage de la journaliste Florence Aubenas, qui a décidé d'aller voir la réalité de la crise "ni comme sociologue, ni comme économiste, mais à hauteur d'hommes". Florence Aubenas, a pris une année de congé sabbatique pour enquêter et tenter de comprendre comment vit on aujourd'hui en France avec un salaire inférieur au minimum,voire avec pas de salaire du tout. Elle garde son identité mais refait son CV, s'invente une nouvelle vie, s'installe à Caen et s'inscrit au pôle emploi. Florence Aubenas n'est plus journaliste mais une femme anonyme âgée de 48 ans, sans enfant, séparé de son compagnon, le baccalauréat comme seul diplôme, très peu d'expérience professionnelle, à la recherche d'un emploi. Première surprise: il n'y a pas de travail pour elle, deuxième surprise: la crise touche tout le monde. Le seul emploi qu'elle arrive à trouver à force de persévérance est celui de femme de ménage. Mais cet emploi est précaire, ce n'est pas un temps complet, seulement quelques heures de travail par ci par là, payé une misère. Femme de ménage sur le ferry de Ouistreham, dans un camping, ou bien dans des bureaux, Florence Aubenas est au coeur de la réalité. Ce témoignage est poignant, bouleversant, drôle et d’une réalité cruelle. |
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Le quai de Ouistreham Le quai de Ouistreham Florence Aubenas s'est fait passer pour une chômeuse et s'est inscrite à Pôle Emploi qui lui propose de devenir agent de nettoyage.Entre les stages obligatoires de Pôle Emploi, pour ne pas être radiée, les files d'attente pour avoir accès aux ordinateurs, les contrats de 2 ou 3 heures par jour dès 5 heures du matin, les temps de transport, elle court sans cesse d'autant que le temps accordé pour faire le travail est rarement suffisant, les heures supplémentaires ne sont pas payées.Elle découvre aussi la solidarité : on lui prête une voiture pour qu'elle puisse aller travailler sur les ferries à Ouistreham.Ce monde des agents de nettoyage est un monde à part à cause des horaires décalés et du peu de considération des employés qui prennent leur poste alors que ces femmes de ménage quittent les lieux.Comme Günter Wallraff dans Tête de turc, ce récit permet de découvrir un monde du travail particulièrement difficile et méconnu. |
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Le quai de Ouistreham - Livre intéressant avec toutefois quelques réserves : il apparaît peu crédible que cette journaliste n'ait pas été reconnue (une seule fois, lors du premier entretien) car malgré tout, sa transformation physique et sa manière de parler n'ont pas été totalement masqués. Elle a été pendant un moment de sa vie très médiatisée (des photos ont circulé, elle est passée à la télévision)A la lecture du livre, on prend conscience réellement de la vie de cette catégorie de travailleurs.Mme Babin |
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Le quai de Ouistreham Il est difficile d’échapper à l’ouragan Aubenas: paru le 18 février dernier, « Le quai de Ouistreham » s’avère déjà comme LE phénomène éditorial de ce début d’année 2010.Et à juste titre ! Florence Aubenas, que tant de gens connaissent depuis son « aventure » d’otage en Irak, n’arrête pas de rebondir. Un grand reporter qui se lance dans le plus petit des mondes, celui des moins-que rien, celui des « invisibles », celui des innombrables tacherons de ce monde, qui, en France, naviguent entre sans-papier et RMI( pardon, RSA) , entre CDD et Pole emploi, entre frigo vide et assistante sociale. Ils sont des millions a faire une, deux heures de route pour a peine autant de temps de travail, au SMIC. Bref, Florence est allé là ou était allé naguère Günther Wallraff, cet autre journaliste de l’indicible, Turc en Allemagne. Et elle en a ramené un récit qui ne se parcourt pas, mais qui se lit de bout en bout avec émotion, avec rage, avec consternation. Oui, c’est en France, c’est aujourd’hui, et c’est le quotidien de milliers de femmes de ménage. Pendant six mois Florence est allée en Normandie, avec un CV « sans qualification », une identité de femme larguée, chercher du travail, n’importe quel travail, du travail de quoi vivre un peu. Et elle raconte : la galère, pole emploi, les collègues, le travail, le regard des autres. Regard sur une caste invisible à défaut d’être intouchable, les prolétaires de notre temps. Florence Aubenas ne dénonce pas sur le mode revendicatif. le constat nous est laissé à faire : il est triste, réaliste, sans grand espoir. Le livre de Florence Aubenas est autre-chose qu’un reportage. C’est une oeuvre. Ne fût-ce la criante actualité, on dirait : un roman, tant la fiction parfois dépeint mieux le réel que le récit. Il y a du Zola chez cette femme-là, et ce succès de librairie est de bon aloi pour notre époque. Se pourrait-il que nous soyons capables de réveil ? Pouvons nous percevoir, au-delà de la commisération, l’enjeu fondamental que soulève l’existence, aujourd’hui comme il y a un siècle, d’un Lumpenproletariat dont se nourrit quasiment voracement la société qui se montre. De ce livre, des images fortes restent en tête. Et le moindre mérite de Florence Aubenas n’est pas d’avoir su faire oublier, dans ces six mois de vie clandestine comme dans son écriture alerte et sensible la journaliste vedette qu’elle est. On ne sent pas la parisienne, on ne sent pas la star. Et les innombrables interviews qu’on lit, entend et voit en ce moment dans la promotion du livre confirment un sentiment diffus que la lecture a semé : cette femme n’est ni une sainte ni une esbroufeuse. Elle est nous, elle a vécu , elle nous aide à voir avec les yeux et avec le cœur. Dans les semaines qui viennent parait d’ailleurs, à La Découverte, un autre ouvrage de la même veine : de Günther Wallraff, précisément, « Parmi les perdants du meilleur des mondes » , un recueil de 8 reportages dont le titre aurait bien pu faire le sous-titre de celui d’Aubenas… On est peut-être seule dans la misère, mais on n’est plus seuls pour en parler…. |
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