Le rapport de brodeck

CLAUDEL, PHILIPPE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 01/04/09
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans un petit village frontalier d'Alsace Lorrraine, isolé par les montagnes, Brodeck établit de brèves notices sur l'état de la flore, des saisons, un travail sans importance pour son administration. Il ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal. Le maréchal-ferrant

du village lui demande de consigner les événements qui ont abouti au dénouement tragique sans ajouter de détails inutiles. Miraculé des camps de concentration, Brodeck s'est appliqué à tout oublier et surtout, il n'a jamais essayé de lever le voile sur l'éventuelle culpabilité des villageois dans les horreurs qui ont touché son entourage.

Une plongée au cœur de l'âme humaine, dans ce qu'elle a de plus terrible mais aussi de plus beau.
Un roman époustouflant, tant par la richesse et la puissance de sa narration, que par la densité de son sujet, du huis clos étouffant qui se joue,révélant, confirmant, les propos d'un Claudel bien qu'avant tout humaniste: nous avons tous des "âmes grises", écartelées entre l'ombre et la lumière par le double poids de nos choix et de nos actes.

Le roman d'une plume virtuose, dont personne ne ressortira indemne. Couronné par le prix Goncourt des Lycéens.

marie-sophie (lille)
9 personnes en parlent

A lire absolument pour reprendre une terrible leçon sur le pire de l'humanité , une réflexion sur l'altérité, l'Autre qui est en nous.Ne l'oublions plus.

lucky44
24/05/09
 

La lecture de ce roman n'est pas très facile et je pense qu'on n'en ressort pas indemne totalement. En effet le personnage de l'Anderer, "l'Etranger", très attachant et celui du narrateur paraissent les seuls humains de l'histoire face à une telle sauvagerie et barbarerie. Ce climat d'extreme violence peut mettre le lecteur mal à l'aise et nous évoque sans peine les camps d'extermination de la Seconde Guerre Mondiale, les horreurs perpétrées sous différents prétextes, ici la différence de l'autre qu'il faut absolument éliminer. En revanche un certain suspense est maintenu dans ce livre car on ne sait pas vraiment ce qui va arriver à l'Etranger, ni pourquoi et la "révélation" n'intervient qu'à la fin de l'oeuvre.

prune42
16/06/14
 

Voila un livre difficile a résumer car ce roman entremêle deux histoires. Le point commun de ces deux histoires, c'est Brodeck. Brodeck vit dans un village d'un pays de l'est où il est arrivé après la première guerre mondiale avec sa mère adoptive. Brodeck c'est un juif et quand pendant la seconde guerre mondiale les soldats allemands arrivent dans le village et qu'ils demandent aux notables de purifier leur village ceux ci le dénonce . Il part pour les camps de concentration où il découvre l'horreur. Il survit a tout les pires sévices et il retourne dans son village . La deuxième histoire commence par l'arrivée de l'Anderer (l'autre, l'étranger) qui arrive au village après la guerre . Les villageois se demandent ce que vient faire cet étranger chez eux, quel est son but. Cet homme sera rejeté et sera assassiné. On demande a Brodeck de faire un rapport qui disculpera le village. Voila un mauvais résumé pour un très bon roman. C'est un roman écrit a la première personne , c'est Brodeck qui écrit ses souvenirs en marge de son rapport. Ce n'est pas écrit de manière chronologique mais on se retrouve facilement dans les écrits de Brodeck. C'est un livre très noir qui ne donne pas beaucoup d'espérance dans la nature humaine, entre la vie de Brodeck dans le camps où il fait les taches les plus dégradantes(homme merde) où il n'est même plus un être humain (chien Brodeck). C'est un roman sur la peur, cette peur qui peut pousser des gens normaux a faire les pires exactions et a devenir meurtrier, cette peur qui nous fait regardes ailleurs quand ces crimes se produisent. C'est un livre très oppressants, très dur dont la seule lumière viendra peut-être des femmes. Voila une très mauvaise critique pour un excellent roman . Ma note sera de 8.5/10. Ce livre est prix Goncourt des lycéens et Philippe Claudel est l'auteur du très bon Les Ames Grises. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
07/11/13
 

Terrible histoire… Philippe Claudel excelle dans la pratique de ce genre de récit. Le rapport de Brodeck est un témoignage de la dénonciation, de la vie dans les camps, du rejet, une peur de l’autre poussant à l’innommable. Brodeck se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, il va devoir écrire le rapport de la disparition de De Anderer, cet homme arrivé dans le village et dont on ne sait rien. L’impossibilité d’exprimer les choses avec netteté dans cet écrit est extrêmement pesant, provoquant une atmosphère lourde qui ankylose dès le début de la lecture. La lenteur du rythme est difficile à supporter mais nécessaire à la narration. L’horreur se lie à l’horreur, des pans de vie du village se mêlent à ceux de Brodeck dans une atmosphère troublante et monstrueuse. Pas moyen de tourner la tête, c’est un face à face avec les pires cruautés dont l’homme est capable, la lecture pousse à la nausée. L’imaginaire de l’auteur est supplanté par la possibilité d’une vérité d’un réalisme intolérable.

Metaphore
08/06/13
 

Dans un village germanophone non clairement situé géographiquement, les villageois convoque Brodeck -l'homme le plus instruit du village- afin qu'il fasse un rapport sur les événements qui ont conduit ces mêmes hommes à assassiner l'étranger qui séjournait parmi eux. Alors qu'il désirait oublier les horreurs dont il a été victime auparavant, Brodeck se trouve contraint d'écrire sur un autre acte de barbarie. Mais plus que l'enquête sur les événements qui ont conduit à ce meurtre collectif, ce qui le motive c'est de ne rien dissimuler de sa vie et des faits qui ont marqués le village.Car sa vie témoigne des horreurs du XXème siècle: il fut successivement un enfant abandonné recueilli par une vieille femme, un jeune homme dénoncé par ces mêmes villageois comme "Fremder" (étranger) lors de l'arrivée des "Fatergeheime"(nazis) et un survivant des camps de la mort. Son récit nous entraîne progressivement et inéluctablement vers l'insoutenable.En jouant avec la chronologie et en procédant par associations d'idées, Brodeck/Claudel dévoile la noirceur de l'âme humaine, la bêtise et la lâcheté qui entraînent les hommes à s'humilier et à s'entre-tuer.Au-delà de cette chronique Brodeck raconte la seconde guerre mondiale et ses atrocités que ce soit l'occupation, les dénonciations, les déportations ou la résistance. C'est d'ailleurs ce qui rend ce récit aussi bouleversant car derrière la beauté du texte se dissimule l'horreur. emerance (lili M)

emerance
21/05/13
 

Brodeck est un jeune homme qui rentre dans son village après un séjour dans un camp d'extermination. Quelques temps plus tard, un drame a lieu dans ce village : les villageois se sont débarrassés d'un visiteur encombrant et chargent Brodeck de rédiger un rapport sur cette affaire. Parallèlement à ce rapport, Brodeck rédige un récit sur sa vie, l'histoire du village et les évènements tragiques qui s'y sont déroulés. L'auteur déroule l’enquête dans une atmosphère pesante, distillant des menaces sourdes, oppressantes. La progression de l'intrigue est lente : la rédaction du rapport ne laisse pas le narrateur indemne, révélant toutes les cicatrices jamais refermées, nées de l'occupation et de la captivité, et ravivées par l'attitude des villageois. Du grand Philippe Claudel dont le style sobre et captivant rappelle celui des "Ames grises"

dvan
03/02/13
 

Difficile pour moi de résumer ce livre, son ambiance car même si je l'ai refermé hier, mon esprit traîne encore du côté de ce village perché de l'Est de la France. On ne sait pas bien où, ni quand se déroule cette histoire mais qu'importe, la plume de Claudel m'a une nouvelle fois transportée. Brodeck, revenu miraculeusement des camps de la mort dans le village qui l'a accueilli enfant, est chargé par le maire et quelques autres, de rédiger le Rapport du fameux soir de l'évènement, de L'Ereignïes. Mais pour Brodeck, ce rapport devient alors l'occasion de raconter, de "se" raconter. Cela semble un peu décousu mais nos pensées nous viennent-elle rectilignes et dans l'ordre? Non, bien sûr, alors on suit Brodeck, on le lit et en même temps, on l'écoute : son arrivée, avec la vieille Fédorine qui l'a recueilli loin d'ici, dans ce village; sa rencontre avec son Emelia dans la grande ville; ses brèves discussions avec l'Anderer; l'horreur des camps et surtout, partout, la lâcheté de l'Homme, cette peur de l'inconnu, de l'étranger, cette méconnaissance qui poussent les hommes au pire.Plume subtile et habile qui dévoile pas à pas les mystères de Brodeck et de ceux qui l'entourent. Les personnages évoluent à la fois dans une atmosphère sourde où rien n'est dit mais où la réalité est si brutale, si féroce. Un de mes coups de coeur 2008.

floaimelesmots
01/02/13
 

Ce roman, qui pour moi semble le témoignage vrai d'un homme vrai, est un livre difficile à lire, bouleversant et, qui nous remet en question, qui remet en question l'humanité. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, car ceci reviendrait à dire que j'ai aimé l'horreur, la souffrance, l'inhumanité qui hantent ces pages. Pour autant, ce récit est magnifique, intense et malheureusement nécessaire.Nécessaire car je n'arriverai jamais, malgré mes nombreuses lectures (romans, essais, témoignages) à comprendre la folie humaine, le besoin pour un être humain (homme ou femme) de faire souffrir, d'humilier, d'anéantir un de ses semblables. Car entendons-nous bien, tous les êtres humains, quel qu'ils soient sont identiques... Je suis peut-être trop naïve, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi tant de personnes en détestent d'autres au point d'en commettre des actes innommables. Chaque page de l'ouvrage de Philippe Claudel dépeint toute cette monstruosité qui pourrie le monde, à m'en faire venir la nausée. Chaque page montre les faiblesses humaines, ne cherchant pas à les excuser, mais plutôt d'essayer vainement, de comprendre ce qui pousse un individu à agir ainsi... Et comment un seul homme, avec une idéologie infâme, peut-il ainsi entraîner des millions d'hommes à la mort ?J'ai toujours, depuis mes années collèges et l'étude de ces périodes sombres de l'histoire, été horrifiée (le mot n'est certainement pas assez fort) de voir jusqu'à quel point l'humain peut tomber. J'imagine la douleur, le courage qu'il a fallu à Philippe Claudel pour essayer de raconter tout cela. Tout au long du livre, Brodeck nous raconte l'atrocité qu'il a vécu, qu'il vit et les poisons que lui-même a pu infliger à d'autres. Mais Brodeck, à travers ces pages, semble tellement différent de ces bourreaux, car il a conscience de l'horreur, de la rage, des ténèbres berçant ce monde et il en a honte ; cette honte le ronge. Il m'a été très sympathique, j'ai eu parfois envie de le prendre dans mes bras, comme le ferait une mère, et de le rassurer, de le protéger...Souvent à cette lecture j'ai pleuré au point de devoir fermer le livre et le mettre de côté un moment, mais le talent de l'auteur et la voix de Brodeck m'obsédait tellement, jusqu'à n'en plus pouvoir dormir. Ce récit m'habitera sûrement encore fort longtemps. L'auteur signe-là une oeuvre majestueuse, émouvante, intense et horrible à la fois. Mais ce livre est nécessaire et, il me plaît à croire que grâce à de tels ouvrages, lu par des millions, des milliards d'êtres humains, permettront que de telles monstruosités ne se répètent plus jamais... mais ce n'est qu'un rêve qui chaque jour, lorsque je lis les journaux, se retrouve réduit à néant. Merci Brodeck, merci Philippe Claudel.

malorie
19/07/12
 

Comme souvent avec Philippe Claudel, le rythme de ce roman est lent. Il m'a fallu 200 pages pour commencer à m'y intéresser. Alors, bien sûr, certains passages sont très émouvants puisque Brodeck est un survivant des camps. Le mot juif n'est jamais prononcé mais il est important puisqu'il stigmatise Brodeck dès qu'il faut un bouc-émissaire. C'est cependant sans doute la manière dont Claudel nous révèle ce qui est arrivé à sa femme qui m'a le plus émue. Il n'empêche que j'ai trouvé ce roman trop lent, trop noir aussi sans doute. J'y ai d'ailleurs retrouvé la même atmosphère que dans les Ames Grises que j'avais peu aimé. Si j'aime l'écriture de Claudel, sa manière de nous donner au compte-goutte des informations très importantes, je ne parviens pas toujours à rentrer dans ces histoires. Je garderai donc ma préférence pour La Petite-Fille de M.Linh.

cocalight
07/06/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.20 kg