Le rapport de brodeck

CLAUDEL, PHILIPPE

EDITEUR : STOCK
DATE DE PARUTION : 22/08/07
LES NOTES :

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SYNOPSIS :

Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore. « On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports. » Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck
est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connait pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre. « A quoi cela te servirait-il Brodeck ? s'insurge le maire du village. N'as-tu pas eu ton lot de morts à la guerre ? Qu'est-ce qui ressemble plus à un mort qu'un autre mort, tu peux me le dire ? Tu dois consigner les événements, ne rien oublier, mais tu ne dois pas non plus ajouter de détails inutiles. Souviens-toi que tu seras lu par des gens qui occupent des postes très importants à la capitale. Oui, tu seras lu même si je sens que tu en doutes... » Brodeck a écouté la mise en garde du maire. Ne pas s'éloigner du chemin, ne pas chercher ce qui n'existe pas ou ce qui n'existe plus. Pourtant, Brodeck fera exactement le contraire.
Une plongée au cœur de l'âme humaine, dans ce qu'elle a de plus terrible mais aussi de plus beau. Un roman époustouflant, tant par la richesse et la puissance de sa narration, que par la densité de son sujet, du huis clos étouffant qui se joue,révélant, confirmant, les propos d'un Claudel bien qu'avant tout humaniste: nous avons tous des "âmes grises", écartelées entre l'ombre et la lumière par le double poids de nos choix et de nos actes.
Le roman d'une plume virtuose, dont personne ne ressortira indemne. Couronné par le prix Goncourt des Lycéens.

marie-sophie (lille)
Une plongée au cœur de l'âme humaine, dans ce qu'elle a de plus terrible mais aussi de plus beau. Un roman époustouflant, tant par la richesse et la puissance de sa narration, que par la densité de son sujet, du huis clos étouffant qui se joue,révélant, confirmant, les propos d'un Claudel bien qu'avant tout humaniste: nous avons tous des "âmes grises", écartelées entre l'ombre et la lumière par le double poids de nos choix et de nos actes.
Le roman d'une plume virtuose, dont personne ne ressortira indemne. Couronné par le prix Goncourt des Lycéens.
Shirley ,
Librairie
(Roubaix)
20 personnes en parlent

Oui, bon. Bon, oui, certes, une bonne lecture que voilà, mais à mon sens pas à la hauteur de sa réputation de chef d’œuvre. N’exagérons rien non plus. Le style est indéniablement agréable et puissant, l’histoire est percutante. Le récit que nous fait Brodeck sur son village, sa vie, sur les gens qui ont influé sur son destin est intéressant tout au long du livre, mais a commencé à vraiment me captiver sur le dernier tiers. L’auteur ne situe pas l’action, il ne nous donne aucun info réelle sur les lieux ou l’époque, si ce n’est des noms au consonances germaniques. L’histoire, celle d’un crime collectif, pourrait se produire n’importe où, dans n’importe quel pays, à n’importe quelle époque, même si tout ou presque évoque les camps de concentration, le nazisme, etc. Situation universellement applicable à n’importe qui, hélas. J’ai aimé cet aspect qui permet de se rendre compte (à supposer qu’on en ait encore besoin) de l’universalité de la bêtise, de la peur et de la lâcheté. La peur peut être dévastatrice si elle se conjugue à l’idiotie. Le roman est très sombre, les personnages odieux pour beaucoup, très biens vus, et malheureusement pas exagérés. Toutefois, ce qui m’a vite énervée, ce qui m’empêche de crier au chef-d’œuvre c’est clairement les incessants flashbacks. On navigue vite et souvent entre le rapport de Brodeck, l’arrivée de l’”Anderer“, le passé de Brodeck, etc. J’avoue avoir trouvé ce procédé à la limite de la confusion. Sur la fin j’ai trouvé que cela accentuait toutefois le suspens. Malgré tout l’ensemble vaut largement la lecture, pour son sujet délicat, et le style poétique et recherché de l’auteur.

un flyer
06/03/09

Brodeck est chargé par les habitants de son village de rédiger un rapport sur le meurtre collectif de l’Anderer, un habitant étranger et solitaire qui s’était installé dans leur village et qu’ils ont fini par tuer. Brodeck lui, n’a rien fait, mais il sait écrire, alors c’est à lui qu’on confie cette mission. On découvrira peu à peu pourquoi les hommes se sont acharnés sur l’Anderer, tout comme l’on découvrira l’histoire de Brodeck. Claudel a une façon si particulière de dire l’indicible : dans un détachement total, Brodeck raconte l’horreur des camps de déportés dont il est revenu, la délation au village, le drame enduré par sa femme pourtant restée au bourg, la peur, la culpabilité, la médiocrité et la petitesse des âmes. C’est un livre sombre qui dit beaucoup de la nature humaine dans ce qu’elle a de plus bas, mais aussi de plus beau, dans l’amour et la confiance, l’intelligence et la bêtise, le tout porté par une écriture somptueuse, simple mais parfaitement adéquate.

Jdhelene
10/09/09
 

Prix Goncourt des Lycéens 2007. C'est pour moi un signe de qualité : j'avais lu Farrago, qui avait reçu le même prix et j'avais été éblouie. Je connais Philippe Claudel à travers La petite fille de monsieur Linh mais je n'ai pas lu ses âmes grises.Brodeck revient des camps et retrouve sa femme, la vie reprend lentement un cours bouleversé par la folie des hommes. Rien n'est oublié, le silence recouvre le village comme le manteau neigeux hivernal. Les lieux ne portent pas de nom, les noms n'existent plus, ils ne savent plus franchir les lèvres scellées. Seule demeure, imprecise, cette ligne qui sépare l'ici et l'ailleurs, ce côté de la frontière et l'autre côté. La raison et la folie, la vie et la mort, le jour et la nuit... Tout se mêle. Et puis un jour, de cet "autre côté", arrive l'Anderer, si différent de ceux du village. L'atmosphère pesante est admirablement rendue par les mots et Claudel, lentement, dessine le village, les maisons profondes, les secrets. Une porte qui s'ouvre, un regard qui chemine et alourdit la marche du passant... Et puis l'Ereigniës : "ce moment de stupeur qui est un moment de bascule et d'indécision"... d'horreur. Au fil des pages, Brodeck s'éloigne de ce dont on l'a chargé. Il devait rapporter ce qui s'était passé ce soir là, ne pas s'en éloigner, s'en tenir aux faits... c'est une autre histoire qu'il va livrer, une histoire intimement liée à la sienne... une histoire d'avant l'Ereigniës, une histoire d'avant l'humanité, une histoire où la peur engendre la violence pour former une rivière souterraine qui enfle jusqu'à la crue. D'autant que "L'idiotie est une maladie qui va bien avec la peur. L'une et l'autre s'engraissent mutuellement, créant une gangrène qui ne demande qu'à se propager." Une question, lancinante : comment vivre, comment reconstruire sur ce terrain dévasté ? Une réponse... Consultez le commentaire complet sur www.mondalire.com

un flyer
27/10/08

A lire absolument pour reprendre une terrible leçon sur le pire de l'humanité , une réflexion sur l'altérité, l'Autre qui est en nous.Ne l'oublions plus.

lucky44
24/05/09
 

J’ai eu du mal à me plonger dans ce livre, à vraiment être imprégné par l’atmosphère de l’histoire. J’ai apprécié ce livre petit à petit, un peu à la façon dont Claudel a pu le construire. Plus on avance, plus on comprend ce qui a pu se passer dans ce village et bien évidemment plus on a envie de savoir la suite.. J’ai aussi beaucoup aimé l’univers construit par Claudel, plein de secrets, de faux-semblants et sur lequel plane un grand voile noir.Cependant, je reprocherai à ce livre certains passages un peu trop longs. Souvent Brodeck s’égare dans ses pensées. J’imagine bien sûr que ceci est fait exprès et fait partie de la personnalité que Claudel a souhaité donner à son personnage mais ça m’a gêné notamment au début et j’avoue avoir dû m’accrocher pour vraiment être pris dans ce livre.Un résumé ainsi qu'un extrait de ce livre sont disponibles sur mon site.

Artsouilleurs
29/04/09
 

La lecture de ce roman n'est pas très facile et je pense qu'on n'en ressort pas indemne totalement. En effet le personnage de l'Anderer, "l'Etranger", très attachant et celui du narrateur paraissent les seuls humains de l'histoire face à une telle sauvagerie et barbarerie. Ce climat d'extreme violence peut mettre le lecteur mal à l'aise et nous évoque sans peine les camps d'extermination de la Seconde Guerre Mondiale, les horreurs perpétrées sous différents prétextes, ici la différence de l'autre qu'il faut absolument éliminer. En revanche un certain suspense est maintenu dans ce livre car on ne sait pas vraiment ce qui va arriver à l'Etranger, ni pourquoi et la "révélation" n'intervient qu'à la fin de l'oeuvre.

prune42
16/06/14
 

Brodeck est chargé par les hommes de son village d'écrire un rapport les disculpant du meurtre d'un étranger arrivé quelques mois plus tôt. Même si le péché ou la « banalité du mal » a entouré la vie de Brodeck et irrigué jusqu'à la dernière pierre du village, véritable cuvette au milieu de collines, j'ai été happée par la puissance des images et l'élan vital propre au narrateur (Brodeck), aussi fil conducteur du livre : si les tours et détours narratifs pourraient en décourager certains, ils ont laissé sur moi l'impression que les images se succèdent au gré d'une danse tragique et lyrique que rien ne peut arrêter. Suis-je la seule sur qui Claudel opère une telle alchimie à chaque fois ?

Voila un livre difficile a résumer car ce roman entremêle deux histoires. Le point commun de ces deux histoires, c'est Brodeck. Brodeck vit dans un village d'un pays de l'est où il est arrivé après la première guerre mondiale avec sa mère adoptive. Brodeck c'est un juif et quand pendant la seconde guerre mondiale les soldats allemands arrivent dans le village et qu'ils demandent aux notables de purifier leur village ceux ci le dénonce . Il part pour les camps de concentration où il découvre l'horreur. Il survit a tout les pires sévices et il retourne dans son village . La deuxième histoire commence par l'arrivée de l'Anderer (l'autre, l'étranger) qui arrive au village après la guerre . Les villageois se demandent ce que vient faire cet étranger chez eux, quel est son but. Cet homme sera rejeté et sera assassiné. On demande a Brodeck de faire un rapport qui disculpera le village. Voila un mauvais résumé pour un très bon roman. C'est un roman écrit a la première personne , c'est Brodeck qui écrit ses souvenirs en marge de son rapport. Ce n'est pas écrit de manière chronologique mais on se retrouve facilement dans les écrits de Brodeck. C'est un livre très noir qui ne donne pas beaucoup d'espérance dans la nature humaine, entre la vie de Brodeck dans le camps où il fait les taches les plus dégradantes(homme merde) où il n'est même plus un être humain (chien Brodeck). C'est un roman sur la peur, cette peur qui peut pousser des gens normaux a faire les pires exactions et a devenir meurtrier, cette peur qui nous fait regardes ailleurs quand ces crimes se produisent. C'est un livre très oppressants, très dur dont la seule lumière viendra peut-être des femmes. Voila une très mauvaise critique pour un excellent roman . Ma note sera de 8.5/10. Ce livre est prix Goncourt des lycéens et Philippe Claudel est l'auteur du très bon Les Ames Grises. http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/

Zembla
07/11/13
 

Une histoire poignante et douloureuse qui nous confronte à l'inacceptable. L'écriture est simple et dépouillée mais d'une force étonnante. Une vraie leçon d'humanité.

Terrible histoire… Philippe Claudel excelle dans la pratique de ce genre de récit. Le rapport de Brodeck est un témoignage de la dénonciation, de la vie dans les camps, du rejet, une peur de l’autre poussant à l’innommable. Brodeck se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, il va devoir écrire le rapport de la disparition de De Anderer, cet homme arrivé dans le village et dont on ne sait rien. L’impossibilité d’exprimer les choses avec netteté dans cet écrit est extrêmement pesant, provoquant une atmosphère lourde qui ankylose dès le début de la lecture. La lenteur du rythme est difficile à supporter mais nécessaire à la narration. L’horreur se lie à l’horreur, des pans de vie du village se mêlent à ceux de Brodeck dans une atmosphère troublante et monstrueuse. Pas moyen de tourner la tête, c’est un face à face avec les pires cruautés dont l’homme est capable, la lecture pousse à la nausée. L’imaginaire de l’auteur est supplanté par la possibilité d’une vérité d’un réalisme intolérable.

Metaphore
08/06/13
 

Dans un village germanophone non clairement situé géographiquement, les villageois convoque Brodeck -l'homme le plus instruit du village- afin qu'il fasse un rapport sur les événements qui ont conduit ces mêmes hommes à assassiner l'étranger qui séjournait parmi eux. Alors qu'il désirait oublier les horreurs dont il a été victime auparavant, Brodeck se trouve contraint d'écrire sur un autre acte de barbarie. Mais plus que l'enquête sur les événements qui ont conduit à ce meurtre collectif, ce qui le motive c'est de ne rien dissimuler de sa vie et des faits qui ont marqués le village.Car sa vie témoigne des horreurs du XXème siècle: il fut successivement un enfant abandonné recueilli par une vieille femme, un jeune homme dénoncé par ces mêmes villageois comme "Fremder" (étranger) lors de l'arrivée des "Fatergeheime"(nazis) et un survivant des camps de la mort. Son récit nous entraîne progressivement et inéluctablement vers l'insoutenable.En jouant avec la chronologie et en procédant par associations d'idées, Brodeck/Claudel dévoile la noirceur de l'âme humaine, la bêtise et la lâcheté qui entraînent les hommes à s'humilier et à s'entre-tuer.Au-delà de cette chronique Brodeck raconte la seconde guerre mondiale et ses atrocités que ce soit l'occupation, les dénonciations, les déportations ou la résistance. C'est d'ailleurs ce qui rend ce récit aussi bouleversant car derrière la beauté du texte se dissimule l'horreur. emerance (lili M)

emerance
21/05/13
 

Brodeck est un jeune homme qui rentre dans son village après un séjour dans un camp d'extermination. Quelques temps plus tard, un drame a lieu dans ce village : les villageois se sont débarrassés d'un visiteur encombrant et chargent Brodeck de rédiger un rapport sur cette affaire. Parallèlement à ce rapport, Brodeck rédige un récit sur sa vie, l'histoire du village et les évènements tragiques qui s'y sont déroulés. L'auteur déroule l’enquête dans une atmosphère pesante, distillant des menaces sourdes, oppressantes. La progression de l'intrigue est lente : la rédaction du rapport ne laisse pas le narrateur indemne, révélant toutes les cicatrices jamais refermées, nées de l'occupation et de la captivité, et ravivées par l'attitude des villageois. Du grand Philippe Claudel dont le style sobre et captivant rappelle celui des "Ames grises"

dvan
03/02/13
 

Difficile pour moi de résumer ce livre, son ambiance car même si je l'ai refermé hier, mon esprit traîne encore du côté de ce village perché de l'Est de la France. On ne sait pas bien où, ni quand se déroule cette histoire mais qu'importe, la plume de Claudel m'a une nouvelle fois transportée. Brodeck, revenu miraculeusement des camps de la mort dans le village qui l'a accueilli enfant, est chargé par le maire et quelques autres, de rédiger le Rapport du fameux soir de l'évènement, de L'Ereignïes. Mais pour Brodeck, ce rapport devient alors l'occasion de raconter, de "se" raconter. Cela semble un peu décousu mais nos pensées nous viennent-elle rectilignes et dans l'ordre? Non, bien sûr, alors on suit Brodeck, on le lit et en même temps, on l'écoute : son arrivée, avec la vieille Fédorine qui l'a recueilli loin d'ici, dans ce village; sa rencontre avec son Emelia dans la grande ville; ses brèves discussions avec l'Anderer; l'horreur des camps et surtout, partout, la lâcheté de l'Homme, cette peur de l'inconnu, de l'étranger, cette méconnaissance qui poussent les hommes au pire.Plume subtile et habile qui dévoile pas à pas les mystères de Brodeck et de ceux qui l'entourent. Les personnages évoluent à la fois dans une atmosphère sourde où rien n'est dit mais où la réalité est si brutale, si féroce. Un de mes coups de coeur 2008.

floaimelesmots
01/02/13
 

Ce roman, qui pour moi semble le témoignage vrai d'un homme vrai, est un livre difficile à lire, bouleversant et, qui nous remet en question, qui remet en question l'humanité. Je ne peux pas dire que j'ai aimé ce livre, car ceci reviendrait à dire que j'ai aimé l'horreur, la souffrance, l'inhumanité qui hantent ces pages. Pour autant, ce récit est magnifique, intense et malheureusement nécessaire.Nécessaire car je n'arriverai jamais, malgré mes nombreuses lectures (romans, essais, témoignages) à comprendre la folie humaine, le besoin pour un être humain (homme ou femme) de faire souffrir, d'humilier, d'anéantir un de ses semblables. Car entendons-nous bien, tous les êtres humains, quel qu'ils soient sont identiques... Je suis peut-être trop naïve, mais je n'arrive pas à comprendre pourquoi tant de personnes en détestent d'autres au point d'en commettre des actes innommables. Chaque page de l'ouvrage de Philippe Claudel dépeint toute cette monstruosité qui pourrie le monde, à m'en faire venir la nausée. Chaque page montre les faiblesses humaines, ne cherchant pas à les excuser, mais plutôt d'essayer vainement, de comprendre ce qui pousse un individu à agir ainsi... Et comment un seul homme, avec une idéologie infâme, peut-il ainsi entraîner des millions d'hommes à la mort ?J'ai toujours, depuis mes années collèges et l'étude de ces périodes sombres de l'histoire, été horrifiée (le mot n'est certainement pas assez fort) de voir jusqu'à quel point l'humain peut tomber. J'imagine la douleur, le courage qu'il a fallu à Philippe Claudel pour essayer de raconter tout cela. Tout au long du livre, Brodeck nous raconte l'atrocité qu'il a vécu, qu'il vit et les poisons que lui-même a pu infliger à d'autres. Mais Brodeck, à travers ces pages, semble tellement différent de ces bourreaux, car il a conscience de l'horreur, de la rage, des ténèbres berçant ce monde et il en a honte ; cette honte le ronge. Il m'a été très sympathique, j'ai eu parfois envie de le prendre dans mes bras, comme le ferait une mère, et de le rassurer, de le protéger...Souvent à cette lecture j'ai pleuré au point de devoir fermer le livre et le mettre de côté un moment, mais le talent de l'auteur et la voix de Brodeck m'obsédait tellement, jusqu'à n'en plus pouvoir dormir. Ce récit m'habitera sûrement encore fort longtemps. L'auteur signe-là une oeuvre majestueuse, émouvante, intense et horrible à la fois. Mais ce livre est nécessaire et, il me plaît à croire que grâce à de tels ouvrages, lu par des millions, des milliards d'êtres humains, permettront que de telles monstruosités ne se répètent plus jamais... mais ce n'est qu'un rêve qui chaque jour, lorsque je lis les journaux, se retrouve réduit à néant. Merci Brodeck, merci Philippe Claudel.

malorie
19/07/12
 

Cela faisait très longtemps que j'avais envie de lire ce livre. C'est un livre dont l' intrigue progresse relativement lentement, on oscille entre les souvenirs du narrateur et le présent, et malgré les qualités indéniable de l' écriture et le style véritable, je n'ai pu m' empêcher de trouver que le propos manquait quelque peu d' organisation. Je conçois tout a fait que cela puisse être fait exprès mais certaines répétitions m' ont gêné. Pourtant, j'ai lu ce livre quasiment d' une traite, j'en garderai un bon souvenir mais personnellement ce ne sera pas l' un des meilleurs livres que j'aurais lu sur ce sujet.

Lacazavent
06/05/12
 

Comme souvent avec Philippe Claudel, le rythme de ce roman est lent. Il m'a fallu 200 pages pour commencer à m'y intéresser. Alors, bien sûr, certains passages sont très émouvants puisque Brodeck est un survivant des camps. Le mot juif n'est jamais prononcé mais il est important puisqu'il stigmatise Brodeck dès qu'il faut un bouc-émissaire. C'est cependant sans doute la manière dont Claudel nous révèle ce qui est arrivé à sa femme qui m'a le plus émue. Il n'empêche que j'ai trouvé ce roman trop lent, trop noir aussi sans doute. J'y ai d'ailleurs retrouvé la même atmosphère que dans les Ames Grises que j'avais peu aimé. Si j'aime l'écriture de Claudel, sa manière de nous donner au compte-goutte des informations très importantes, je ne parviens pas toujours à rentrer dans ces histoires.

cocalight
19/07/11
 

Dans un village, qui a été occupé par les allemands, un étranger « l’Anderer » est lynché par les habitants. Brodeck est chargé d’établir un rapport dans le but de soulager la mémoire collective.N’ayant pas participé à cet événement, il remonte le cours du temps jusqu’au jour de l’arrivée de l’Anderer dans le village.Le récit de son enquête est entrecoupé de souvenirs : souvenirs d’enfance, souvenirs des camps…Mélangeant deux récits, l’un propre à Brodeck, l’autre concernant l’Anderer, avec brio, Philippe Claudel nous raconte la cruauté engendrée par l’occupation allemande et ses effets dévastateurs sur le comportement psychologique des hommes et les évènements qui peuvent en découler. Tragique et beau à la fois.

Vepug
29/06/11
 

Plus qu'un roman, Le rapport de Brodeck se veut être un conte philosophique si l'on relit les interviews de Philippe Claudel. Le flou qui règne autour de l'époque et du lieu où se situe l'histoire démontre cette envie d'universaliser les évènements, même si les mots à consonance germanique et les faits relatés font immanquablement penser à l'après seconde guerre mondiale.Les faits relatés sont d'une violence extrême, humiliants, dégradants, inhumains. Et pourtant, Brodeck les relate avec ce qui me semble être un détachement. Il exprime des faits, raconte, mais le tout avec distance. Comme si toutes ces épreuves, tous ces coups physiques et psychologiques qu'il a reçu lui ont enlevés toute once de peur, de dégoût, de tristesse. Brodeck semble être un automate, mais un automate doué de raison à côté de ses concitoyens, brutes irréfléchies asservies à la décision collective. Finalement, tout au long de son récit, Brodeck adopte la posture qu'il a habituellement, quand il décrit les paysages qui l'entourent, les fleurs qu'il rencontre : une objectivité sans faille qui fait de ce livre à la fois une ode poétique et un récit d'horreur.

MissAlfie
22/02/11
 

Brodeck écrit des rapports pour l'Administration : état des forêts, des routes, de la faune ou la flore, qu'il envoie régulièrement, en ne sachant plus s'ils sont bien lus, ni même reçus.Un soir, tous les hommes du village demandent (forcent) Brodeck à écrire un rapport sur la disparition de l'Anderer (l'autre, le différent, celui qui fait peur, car il n'a pas peur, celui qui dérange les consciences et remue les souvenirs par sa seule présence silencieuse et mystérieuse), l'étranger qui s'était installé parmi eux quelques mois auparavant."On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports."Brodeck se met à la tâche, il rencontre les habitants, plonge dans les mystères des uns et des autres, révèle les secrets enfouis, mais écrit également en parallèle et en grand secret son histoire : il nous rapporte sa propre vie, revit son arrivée dans le village, encore enfant, la rencontre avec sa femme à la capitale, sa déportation pendant la guerre, et son retour plus mort que vif dans le village, auprès de son épouse et de sa mère adoptive.Tout est en finesse, pudeurs, non dits. Le style superbe de Philippe Claudel concours à une étude des coeurs et des caractères plus vraie que nature, un vrai bonheur de lecture, même si le sujet est grave et triste.Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
23/12/09
 

Bonjour , est ce que quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait je dois raconter le résumer du livre "le rapport de brodeck" Met j'ai du mal a le faire car je ne les pas lu , j'ai du lire 2 livre en l'espace de 15 jour , et je doit raconter le résumer de ce livre pour le jeudi 22 octobre 2009 !! vite pouvez vous m'aider sa serait très gentil !!ps: Si vous pouvait me raconter le résumer par e-mail sa serait gentil ( mno e-mail c'est soso59172@hotmail.fr ) envoyer moi directement un message !! Merci beaucoup .

sophiane59
20/10/09
 

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