Le ravissement de lol v. stein

DURAS, MARGUERITE

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 25/06/76
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SYNOPSIS :

L'histoire de Lol Valérie Stein commence au moment précis ou les dernicres venues franchissent la porte de la salle de bal du casino municipal de T. Beach. Elle se poursuit jusqu'´r l'aurore qui trouve Lol V. Stein profondément changée. Une fois le bal terminé, la nuit finie, une fois rassurés les proches de Lol V. Stein sur son état, cette histoire s'éteint, sommeille, semblerait-il durant dix ans. Lol Stein se marie, quitte sa ville natale, S. Tahla, a des enfants, paraît confiante
dans le déroulement de sa vie et se montre heureuse, gaie. Aprcs la période de dix ans la séparant maintenant de la nuit du bal, Lol V. Stein revient habiter ´r S. Tahla ou une situation est offerte ´r son mari. Elle y retrouve une amie d'enfance qu'elle avait oubliée, Tatiana Karl, celle qui tout au long de la nuit du bal de T. Beach était restée auprcs d'elle, ce qu'elle avait également oublié. L'histoire de Lol V. Stein reprend alors pour durer quelques semaines.
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Que dire mis à part que je n'ai pas du tout aimé ce roman? Jusqu'à la page 75, on ne sait même pas qui est le narrateur, tout est flou. On n'apprends rien sur Lol, on aimerait en savoir plus sur elle mais jusqu'à la fin elle restera un mystère pour le lecteur. L'histoire - une femme qui tombe dans la folie depuis que son mari l'a abandonnée lors d'un bal - m'a donné envie de le lire, mais au final je trouve que c'est lassant. Et le thème du triangle amoureux ne m'a pas forcément enthousiasmée. Je ne le relirai pas.
Tiffany Mlle

Nevermore L’histoire de Lol V. Stein est celle d’un rapt : celui d’un amoureux, un soir, lors d’un bal. Un rapt ou un ravissement, qui emporte avec lui, sans que la jeune femme puisse l’expliquer, sans qu’il ait à cela de raison, la possibilité même de l’amour. La suite de cette vie ne sera que vaine tentative de se défaire, de s’extraire de cet arrachement initial.Le Ravissement de Lol V. Stein est d’abord le parcours initiatique d’une perte, que rien ne pourra par la suite venir combler. Lol vivra sa vie dans ce déséquilibre, que son entourage pense psychologique, alors qu’il est, essentiellement et fondamentalement, métaphysique. Lol V. Stein a perdu l’amour, qui ne reviendra jamais… Sorte de variation romanesque et mélancolique du Nevermore verlainien, où le premier oui de lèvres bien-aimées, là, ne sort pas. Le ravissement se loge dans cette suspension, dans ces lèvres qui ont failli dire, mais n’ont pas dit, dans l’être aimé qui s’est retiré avant de se donner.Le Ravissement de Lol V. Stein mêle ainsi à l’amour disparu l’impossibilité même d’oublier son existence : trace de l’éphémère consistant, sitôt touché, déjà évaporé, où rien n’est retenu sinon l’abstraction première : ce sentiment qui élève au-dessus de la seule matière et qu’on ne saura de nouveau appréhender.Marguerite Duras nous offre ici le portait d’un personnage incantatoire, parabole peut-être de toute vie, qui sait chercher ce qui ne saurait se retrouver.

« Je ne peux pas aller plus loin dans ma lucidité. Dans les autres livres je trichais un petit peu ».M.D.1964. Duras est « sevrée » pour écrire l'histoire de Lola Valérie Stein. Sevrée et donc forcément en état de manque permanent. C'est la peur qui la tient lorsqu'elle commence l'écriture. La peur d'écrire n'importe quoi. Elle écrit, sans armure, sans anesthésie. Et elle y parvient. Elle y parvient à cette limite de lucidité, à à cette frontière où le basculement peut se produire. Au bord de sa propre falaise. Elle y mènera son écrit en suivant l'histoire de cette femme. Cette histoire dépasse l'entendement. On ne peut pas entendre l'histoire de Lol. Insupportable pour certains , incompréhensible pour d'autres. Mais éternel pour tous.Lol a vu. Elle a vu l'amour. C'est dans l' instant que tout va se jouer. Le moment où l'amour qu'elle porte à un homme la quitte parce que cette homme se met à en aimer une autre. Elle ne souffre pas de cette désaffection. Le sourire qu'elle adresse à son fiancé, dans l'instant qui précède la séparation l'indique. Lola acquiesce. Elle sait que cela ne lui appartient plus. Elle ne peut maîtriser ce qui la dépasse. Elle sourit non pas devant son renoncement mais à cet acquiescement. Elle laisse aller la valse. Elle ne combat pas. Elle sait son impuissance. Ce pourrait il qu' 'il y ait chez elle il une « région du sentiment », différente? Est elle folle, est elle lucide ? Elle n'est pas dans le désespoir de l'amour. Elle a vu cet amour la quitter et se porter en une autre,. C'est un éblouissement, une révélation, un état d'extase. Revoir, revivre donc, « ce temps pur, d'une blancheur d'os ». Voir à en rester « en cendres ». C'est l'enfer post- traumatique. L'horreur et le bonheur ont en commun la re-souvenance, l'éternité de leur bal. L'amour ne lui est pas arraché avec violence, l'amour en se transplantant la transporte hors d'elle même. Les êtres sont les vecteurs de l'amour ils n'en sont pas les géniteurs. L'amour existe, elle l'a vue, elle ne sera jamais plus Lola. « Elle n'est pas Dieu, elle est personne ». Elle est humaine. L'amour dépersonnifie, dépersonnalise ceux qu'il quitte tout autant que ceux qu'il habite. L'amour en possédant dépossède. C'est instant là que Lola a vu et veut revivre. Peu importe les êtres qu'empruntent l'amour, alors revoir ça. « Elle est née pour le voir. D'autres sont nés pour mourir. »Dix ans de silence , c'est l'espace qui sépare la révélation de la confirmation. Lola se tait. L'amour l'a désertée. Innommable, imprononçable, ce mot. « mot trou », « mot-absence ».Le temps s'écoule.Lola s'abstrait.Lola se tait.Lola mensonge au yeux du monde. Lola attend. Et puis un jour. « Puis un jour ce corps infirme remue dans le ventre de Dieu ».Lola est amoureuse de l'Amour. Elle aime sans raison. C'est la folie de Lola. Aimer l'amour. « Je voudrais vous parler une peu du bonheur que j'éprouve à vous aimer ». C'est ça le ravissement de Lol. L'amour est Un et non unique. « Je ne vous aime pas et cependant je vous aime ».C'est ça la folie de Lol : La possible universalité de l'amour. L'amour peut se passer de nous, mais nous ne pouvons nous passer de l'amour. L'amour est la plus grande des addictions humaines.L'armure anesthésiante la plus sûre. On ne se sevre pas de l'amour. Jamais, surtout lorsqu'il a été révélé. L'amour réunit, n'unit pas. C'est le sens de son partage. L'amour nous conçoit. Nous pouvons le voir mais nous le concevons pas. L'abstraction du sentiment. C'est ce qui pour Duras rend Lol désirable.Comment ne pas penser Lol sans penser se perdre et se dissoudre. C'est là le bout de la jetée. Le lieu du basculement, de la transcendance. La minute de lucidité. « La réalité de ne se laisse pas exprimer par le langage de l'abstraction. L'abstraction ne peut se rendre maîtresse de la réalité qu'en l'abolissant, mais l'abolir signifie justement la transformer en possibilité».Kierkegaard. Astrid SHRIQUI GARAIN

atos
09/06/13
 

Nevermore L’histoire de Lol V. Stein est celle d’un rapt : celui d’un amoureux, un soir, lors d’un bal. Un rapt ou un ravissement, qui emporte avec lui, sans que la jeune femme puisse l’expliquer, sans qu’il ait à cela de raison, la possibilité même de l’amour. La suite de cette vie ne sera que vaine tentative de se défaire, de s’extraire de cet arrachement initial.Le Ravissement de Lol V. Stein est d’abord le parcours initiatique d’une perte, que rien ne pourra par la suite venir combler. Lol vivra sa vie dans ce déséquilibre, que son entourage pense psychologique, alors qu’il est, essentiellement et fondamentalement, métaphysique. Lol V. Stein a perdu l’amour, qui ne reviendra jamais… Sorte de variation romanesque et mélancolique du Nevermore verlainien, où le premier oui de lèvres bien-aimées, là, ne sort pas. Le ravissement se loge dans cette suspension, dans ces lèvres qui ont failli dire, mais n’ont pas dit, dans l’être aimé qui s’est retiré avant de se donner.Le Ravissement de Lol V. Stein mêle ainsi à l’amour disparu l’impossibilité même d’oublier son existence : trace de l’éphémère consistant, sitôt touché, déjà évaporé, où rien n’est retenu sinon l’abstraction première : ce sentiment qui élève au-dessus de la seule matière et qu’on ne saura de nouveau appréhender.Marguerite Duras nous offre ici le portait d’un personnage incantatoire, parabole peut-être de toute vie, qui sait chercher ce qui ne saurait se retrouver.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Magnifique oeuvre de Marguerite Duras qui avec une nuit de bal parvient à créer une histoire originale qui dépend à chaque instant de cette fameuse nuit et du trio qui poursuivra l'aventure jusqu'à la toute fin. Cemella

Cemella
01/11/13
 

Lol V. Stein a dix-neuf ans quand elle se fiance à Michael Richardson, rencontré pendant ses vacances à T. Beach. L'histoire commence au bal du Casino, quand une femme entre dans la salle et que Michael abandonne instantanément Lol pour partir avec. S'ensuit une "crise", une "maladie" et la disparition de Lol V. Stein. Dix ans plus tard, Lol revient dans sa ville natale, mariée et mère de trois enfants. Elle y retrouve son amie d'enfance, Tatiana Karl, et rencontre l'amant de celle-ci, Jacques Hold.Je continue dans ma découverte de l'œuvre de Marguerite Duras, avec cette fois-ci un roman, très connu et publié en 1964. Je ne le connaissais que de nom et me demandais quel pouvait être le sens de ravissement dans ce roman. Enlèvement ? Extase ? Le titre joue bien évidemment sur les sens de ce mot. Dès le début du roman, c'est un "je" qui raconte l'histoire de Lol V. Stein, un "je" dont l'identité ne nous est révélée que plus tard. Ce narrateur raconte ce qu'il connaît par ouï-dire et surtout par Tatiana, celle qui était présent au bal et qui a tenu la main de Lol pendant sa crise. Il invente et imagine ce qu'il ne connaît pas, car Lol est un mystère qu'il cherche à élucider.Trois femmes : Lol V. Stein, Tatiana Karl et Anne-Marie Stretter. Quatre hommes : Jean Bedford, qui a épousé Lol ; Jacques Hold, l'amant de Tatiana ; Pierre Beugner, son mari et Michael Richardson. Ils se lient et se délient entre eux pour former des couples à des états différents : amour naissant, passion charnelle, couples sans amour... Et tout tourne autour du personnage captivant de Lol, et de cette scène du bal à T. Beach qui revient à de nombreuses reprises, sans cesse revécue par Lol et imaginée par le narrateur. Lol est-elle guérie ? Sa maison et sa vie trop ordonnées sont-elles des symptômes d'une folie (le mot est dit) encore présente ? A quoi pense-t-elle lors de ces longues promenades qui la mènent toujours à l'hôtel Des Bois où se rencontrent Tatiana et Jacques Hold ?Décidément, j'aime l'écriture de Duras. J'aime relire certains passages, parfois à voix haute pour bien en saisir l'oralité. Moins difficile d'accès que des textes plus obscurs (par exemple, Les yeux bleus, les cheveux noirs précédemment lu), il en reste pas moins que certains passages du Ravissement de Lol V. Stein ouvrent la voie à plusieurs interprétations, ce qui complique mais enrichit la lecture. C'est donc définitivement un roman que je vais relire, car il fait partie de ces romans dont les relectures nous apprennent toujours quelque chose. Bien que n'ayant lu que très peu d'œuvres de Duras, Le ravissement de Lol V. Stein fait partie de mes préférés, et m'a totalement ravie.Un extrait :Ce que je crois : Des pensées, un fourmillement, toutes également frappées de stérilité une fois la promenade terminée - aucune de ces pensées jamais n'a passé la porte de sa maison - viennent à Lol V. Stein pendant qu'elle marche. On dirait que c'est le déplacement machinal de son corps qui les fait se lever toutes ensemble dans un mouvement désordonné, confus, généreux. Lol les reçoit avec plaisir et dans un égal étonnement. De l'air s'engouffre dans sa maison, la dérange, elle en est chassée. Les pensées arrivent. Pensées naissantes et renaissantes, quotidiennes, toujours les mêmes qui viennent dans la bousculade, prennent vie et respirent dans un univers disponible aux confins vides et dont une, une seule, arrive avec le temps, à la fin, à se lire et à se voir un peu mieux que les autres, à presser Lol un peu plus que les autres de la retenir enfin.Le bal tremblait au loin, ancien, seule épave d'un océan maintenant tranquille, dans la pluie, à S. Tahla. Tatiana, plus tard, quand je le lui ai dit, a partagé mon avis. http://leschroniquesassidues.blogspot.com/

chroniquesassidues
19/12/11
 

C’est le premier roman de Marguerite Duras que je lis, et je dois dire qu’il m’a plutôt intriguée. Nous découvrons l’histoire de Lol, non pas à partir de sa naissance, mais à partir de ce bal, où tout a changé. Lol y était allée, accompagnée de son fiancé, Michael. Tout allait visiblement bien, jusqu’à ce que deux femmes fassent leur entrée. Une mère et sa fille. Une femme âgée, selon le narrateur, et sa jeune fille. Dès lors, Michael délaisse sa fiancée pour rejoindre cette femme, dont on ne sait rien. Se connaissaient-ils avant ? De quoi parlaient-ils, à deux ? Quelle est la nature de leur relation ? Lol ne semble pas souffrir le moins du monde. Elle les regarde, telle une femme âgée qui regarde les jeunes danser auprès d’elle. Et lorsque sa mère vient la chercher, avertie de ce qui se déroulait pendant ce bal, Lol se débat, elle ne veut pas partir, elle veut les regarder. Lol ne se remettra jamais tout à fait de cette soirée. Elle rencontre un homme, l’épouse, quitte sa ville pendant dix ans, a des enfants. Puis elle retourne vivre dans la ville de son enfance. Et elle y retrouve Tatiana, une amie. Tatiana lui tenait la main, lors du bal. Lol l’avait oubliée. Elle revivra alors cette soirée, qui avait tout changé.C’est un roman assez étrange. Nous n’apprenons pas qui est le narrateur tout de suite, mais savons qu’il connait Lol et Tatiana dès le début. Par ailleurs, le récit est fait de souvenirs de Tatiana, et de faits inventés par le narrateur. Il est alors difficile de démêler le vrai du faux, la réalité de l’imagination. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié cette lecture, qui me donne envie de découvrir les autres romans de Marguerite Duras.

EmmaBovary
09/07/10
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.90 cm
  • Poids : 0.12 kg

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