Renard etait deja le chasseur (le)

MULLER, HERTA

livre renard etait deja le chasseur (le)
EDITEUR : SEUIL
DATE DE PARUTION : 17/12/96
LES NOTES :

à partir de
19,30 €

SYNOPSIS :

POUR INFO :Fiche de promotion rédigée en sept 1996 pour publication de janvier 1997Herta Muller n'est plus une inconnue. Son parcours, de la Roumanie germanophone à Berlin, est bien connu. L'œuvre qui l'a faite connaitre (L'Homme est un grand faisan sur terre) a été publiée en France, elle est même ressortie en livre de poche.Si le premier roman était celui de la campagne (le Banat), celui-ci prend pour cadre la ville (Timisoara probablement), plus précisément cette zone intermédiaire qui n'est plus tout à fait la ville et pas encore la campagne, la banlieue où l'on peut à la fois jouer du regard avec les peupliers, observer des pêcheurs, suivre certains animaux et respirer les fumées d'usine. C'est par des images chargées de ce qu'il faut bien appeler, par cliché, réalisme poétique (on pense à Chagall, aux photos de Doisneau), par flashes parfois très brefs, des instants de vie volés au temps, que Herta Muller recrée l'atmosphère (encore un cliché, mais il est nécessaire) de son pays à la veille de l'effondrement du régime. Le mot de communisme n'est jamais prononcé, celui de socialisme une seule fois, celui de Ceausescu deux ou trois fois. Celui de dictateur l'est en revanche fréquemment. La mèche qui orne son front fait la une des journaux tous les jours. Même le vent a peur lorsqu'il s'engouffre dans les rues silencieuses du pouvoir .... Herta Muller semble nous dire que ce n'est pas l'idéologie qui compte, mais le résultat.Une trame romanesque relie l'ensemble, centrée sur quelques jeunes gens que l'on suit d'un chapitre à l'autre, en alternance : deux amies, Adina, institutrice, et Clara qui travaille à l'usine ; Paul, médecin, qui a été l'ami d'Adina, Abi, musicien, Liviu, instituteur dans le Sud. Survient Pavel, conquérant, costume, cravate à pois rouges et bleus. Il se dit avocat, séduit Clara. On s'aperçoit qu'il est bien autre chose dans le régime. Adina rompt avec Clara. Un matin, celle-ci prévient son amie que des arrestations sont imminentes. Paul et Adina vont se cacher chez Liviu. C'est

à la télévision qu'ils découvrent les premières grandes manifestations qui entraïneront la chute de Ceausescu. A leur retour, à l'usine comme à l'école, on a joué aux chaises musicales, certains sont montés en grade, d'autres sont redescendus d'un échelon, mais globalement, ce sont les mêmes qui dirigent (ce qui explique le titre).Il faudrait encore citer une foule de personnages secondaires dessinés en quelques traits d'une assurance remarquable. Ce qu'il faut surtout dire, c'est la caractéristique essentielle de l'art de Herta Muller, c'est qu'il n'y a pas de scène qui ne soit située dans son cadre naturel. Et tous ces éléments concourent au même titre à l'élaboration du récit. Résultat : une étrange et envâtante poésie qui se dégage de la prose de Herta Muller.On a dit de Kafka que la force de son style provenait du fait que, dans le contexte tchèque, la langue allemande s'était appauvrie, mais que chaque mot prenait d'autant plus de poids. S'est-il passé la même chose pour les germanophones de Roumanie ? On serait tenté de le croire, tant la prose de Herta Muller, avec les moyens les plus simples, atteint d'expressivité.Le tragique de la situation peut rester discret, il ne fait souvent qu'affleurer. Si, malgré la dictature et le modernisme effréné des technocrates du parti, les Roumains survivent, c'est qu'ils ne sont pas coupés de leur environnement et vivent en symbiose avec tout ce qui les entoure. C'est ce qu'exprime magnifiquement le roman de Herta Muller. Herta Muller, née en 1953, originaire de la minorité germanophone du Banat en Roumanie, s'est réfugiée en Allemagne en 1988. Son oeuvre romanesque qui décrit la vie sous le régime totalitaire de Ceausescu compte trois ouvrages traduits en français, L'Homme est un grand faisan sur terre, 1988, Le renard était déjà le chasseur, 1997, et La convocation, 2001. L'Académie suédoise l'a récompensée en 2009 du prix Nobel pour avoir «avec la densité de la poésie et l'objectivité de la prose, dessiné les paysages de l'abandon. »

1 personne en parle

Cette lecture là, c’est bien plus que le récit présenté par cette quatrième de couverture; cette lecture là, c’est un saisissant paradoxe littéraire. Herta Müller parvient à dire le cauchemar de la dictature, d’angoisse latente, de délabrement social et humain par une prose à la poétique perçante, par la description des lieux, des images qu’ils font naître, par l’expression d’un sentiment d’irréalité qui rend celui de la réalité si prégnante; cette réalité dans laquelle tous regards, toutes attitudes, toutes émotions, spontanés, naturels, sont bannis. Une autre dimension qui rend toute la dimension de ce qu’ont vécu les Roumains. Le ciel est plombé, fuyant, l’air vicié. Densité des mots palpable, sur la page, sur la peau, effrayante; des mots crus sur les visions, des mots de silence, de malaise, de dégoût, d’échos d’égouts… Des sensations physiques, sensations à la fois de poids et de vide, l’oppressant, le métallique – images filées de l’usine « de fer et de rouille » -, de la ville aux angles tranchants, des trous des fenêtres, des chemins perdus, la tension des tempes et des ventres qui cognent, les bruits qui claquent » comme une branche qui casse, mais autrement » sur la rive du Danube … » le monde a de la chance qu’il y ait le Danube « .

Marilire
13/03/13
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.27 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition