Le rivage des syrtes

GRACQ, JULIEN

livre le rivage des syrtes
EDITEUR : CORTI
DATE DE PARUTION : 01/08/89
LES NOTES :

à partir de
21,00 €

SYNOPSIS :

Troisième roman de Julien Gracq, le plus célèbre, le plus "analysé". Primé au Goncourt 1951 : Julien Gracq refusera le prix. (Pour cette fameuse "affaire" - dont La littérature à l'estomac était déjà une réponse anticipée -, voir l'article de Bernhild Boie, page 1359 du premier tome de la Pléiade consacrée à Julien Gracq). Aldo, à la suite d'un chagrin d'amour, demande une affectation lointaine au gouvernement d'Orsenna. S'ensuit alors la marche à l'abîme des deux ennemis imaginaires et héréditaires. Les pays comme les civilisations sont mortels. C'est à ce fascinant spectacle que Julien Gracq nous convie ici. Cette insolite histoire de suicide collectif laisse une subtile et tenace impression de trouble. "Ce que j'ai cherché à faire, entre autres choses, dans Le Rivage cles Syrtes, plutôt qu'à raconter une histoire intemporelle, c'est à libérer par distillation un élément volatil "l'esprit-de-l'Histoire", au sens où on parle d'esprit-devin, et à le raffiner suffisamment pour qu'il pût s'enflammer au contact de l'imagination. Il y a dans l'Histoire un sortilège embusqué, un élément qui, quoique mêlé à une masse considérable d'excipient inerte,
a la vertu de griser. Il n'est pas question, bien sûr, de l'isoler de son support. Mais les tableaux et les récits du passé en recèlent une teneur extrêmement inégale, et, tout comme on concentre certains minerais, il n'est pas interdit à la fiction de parvenir à l'augmenter. Quand l'Histoire bande ses ressorts, comme elle fit, pratiquement sans un moment de répit, de 1929 à 1939, elle dispose sur l'ouïe intérieure de la même agressivité monitrice qu'a sur l'oreille, au bord de la mer, la marée montante dont je distingue si bien la nuit à Sion, du fond de mon lit, et en l'absence de toute notion d'heure, la rumeur spécifique d'alarme, pareille au léger bourdonnement de la fièvre qui s'installe. L'anglais dit qu'elle est alors on the move. C'est cette remise en route de l'Histoire, aussi imperceptible, aussi saisissante dans ses commencements que le premier tressaillement d'une coque qui glisse à la mer, qui m'occupait l'esprit quand j'ai projeté le livre. J'aurais voulu qu'il ait la majesté paresseuse du premier grondement lointain de l'orage, qui n'a aucun besoin de hausser le ton pour s'imposer, préparé qu' il est par une longue torpeur imperçue."
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J'ai eu envie de lire ce roman après avoir entendu plusieurs écrivains déclarer que c'était "Le rivage des Syrtes" qui leur avait donné envie d'écrire. Je n'ai pas été déçue !La musique des mots m’a conquise dès les premières pages. L’univers dans lequel nous convie Gracq attire comme un aimant ; les phrases à rallonge et chargées d’adjectifs dépeignent un monde dont la décrépitude fascine irrésistiblement. Je serais restée plongée des heures à découvrir les Syrtes au côté d’Aldo, à errer dans les villes figées dans le temps. Cette ambiance surannée s’insinue dans l'esprit du lecteur au point de devenir par moment plus vivante que le monde réel. D’ordinaire je n’aime pas du tout les styles tels que celui de Gracq ; l’écrivain a réussi à me convertir immédiatement ! De même, les romans « contemplatifs » qui accordent plus de place à l’immobilité qu’à l’action ne me plaisent guère. Encore une fois, Gracq m’a fait mentir… Son talent pour dépeindre une atmosphère, une lumière, toutes choses imperceptibles est immense. On roule sur du velours : un confort de lecture inestimable !L’histoire, quant à elle, est toute en subtilité et dévoile ses plans très lentement. Les recoins de l’âme sont si différents d’un être à l’autre. Pour certains ne rien faire est l’idéal, pour d’autres l’ennui finit par donner des fantasmes d’actions. C’est toute la différence entre Marino et Aldo. Et la présentation que fait Gracq du rôle d’Aldo, de sa fonction de « moteur du destin » est très bien pensée. Mais la fin nous réserve de nouveaux aspects qui donnent un éclairage supplémentaire sur les ressorts secrets de chacun. Un grand livre !

mycupoftea
10/09/12
 

A-t-on le droit de ne pas aimer Gracq quand on prétend aimer la littérature aujourd'hui ? Il y a des livres que je suis désolée de ne pas parvenir à aimer car de lecteurs que j'estime en disent le plus grand bien : "Le rivage des Syrtes" est de ceux là. C'est un livre que je voulais lire depuis longtemps et pour lequel j'avais un préjugé très positif. Peut-être est-ce la raison pour laquelle j'ai été déçue, et ce dès les premières pages. J'ai tout d'abord éprouvé quelques difficultés avec le style de Gracq : trop d'adjectifs dans la même phrase en particulier. Ensuite, je me suis ennuyée à cause de l'absence d'histoire prenante (je ne suis pourtant pas une adepte des thriller ou des livres d'aventure et la lenteur ne me pose pas de problème en littérature, ni même au cinéma). En avancant dans le roman, j'ai l'impression que le style devient plus fluide (ou est-ce moi qui m'y suis acclimatée ?). L'apparition du personnage féminin relance un peu le récit et renforce l'atmosphère mystérieuse. L'objet est beau mais quelle galère de lire un livre non massicoté en 2008 quand on ne trouve plus de coupe-papier dans le commerce !

Marianne33
21/09/10
 

Un roman foisonnant, servi par une atmosphère de mystère lourde à souhait, et porté par une écriture lyrique. On y navigue entre fantastique et tragique, dans un pays imaginaire en proie à d'étranges contorsions historiques, entre l'air du grand large et les miasmes d'une cité marécageuse.(quelques extraits sont disponibles dans l'article de blog donné en lien)

Sele
08/03/10
 

UNE MERVEILLEUSE LECTURE! Quelle voix, quel style!

autrementdit
29/01/10
 

Format

  • Hauteur : 19.00 cm
  • Largeur : 14.30 cm
  • Poids : 0.32 kg

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