Le roi au-dela de la mer

RASPAIL-J

EDITEUR : ALBIN MICHEL
DATE DE PARUTION : 04/01/00
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Pour commencer, je dois dire que j’ai été très surprise en lisant ce livre. Je ne m’attendais pas du tout à cela. Je pensais avoir affaire à la suite de Sire dont je vous parlais il y a quelques temps. Au final, je crois que ce livre est effectivement indissociable de Sire, il en propose une sorte de bilan, d’analyse, puisque ce texte a été publié juste après les faits fictifs relatés dans Sire. Et il me semble d’ailleurs que ces deux livres doivent être impérativement lus dans cet ordre.On est ici bien loin du « simple » roman d’aventure. Sire n’était déjà pas que cela bien sûr ; mais dans le cas présent Jean Raspail ne tente plus de cacher son « militantisme » (Dieu, que je hais ce mot, mais je n’en trouve pas de meilleur pour l’instant) sous l’apparence d’un gentil roman. Ici, les parties romanesques viennent servir son plaidoyer. Quant à définir le genre de cet ouvrage c’est très complexe puisque récit historique, fiction, et engagement personnel se trouvent étroitement mêlés, d’ailleurs la quatrième de couverture aborde bien cette difficulté à définir ce livre.Ce n’est un secret pour personne, Jean Raspail est royaliste et il va s’interroger tout au long de cet ouvrage sur la signification de ce mot aujourd’hui. Qui sont les royalistes aujourd’hui ? Qu’est-ce que cela signifie qu’être royaliste ? Peut-on espérer un retour à la monarchie en France ?Afin de répondre à ces questions sans tomber dans le piège de l’essai long, barbant, figé, Jean Raspail fait le choix de rédiger son récit sous forme d’une lettre ouverte. Pour garder toute liberté dans les propos et les événements qu’il prêtera aux personnages, il choisit d’adresser cette lettre à un héritier imaginaire des Roys de France. Et c’est là qu’on voit dès les premières pages, le lien fort qui unit ce livre à Sire : nous retrouvons avec bonheur les mêmes personnages, ou plutôt leurs doubles. Les prénoms, les caractères sont les mêmes ; en revanche les situations sont assez différentes.En outre, dans la première partie de cet ouvrage, l’auteur revient assez longuement sur Sire, en reprenant des passages pour introduire son propos. J’ai beaucoup aimé la façon dont cela est fait, on le sent profondément attaché aux personnages qu’il a créés. Il a de la tendresse et de l’estime pour eux. Mais ces nombreux rappels accentuent également la différence entre ces deux ouvrages. Ici de vraies questions sont posées au lecteur, de vraies pistes de réflexion sont offertes. Fini le temps de la rêverie et de la fiction seules qui étaient permises par Sire, pour peu que l’on veuille s’en contenter. Avec cet ouvrage il est temps de prendre des décisions, de choisir son « camp » entre « royalisme du dimanche », comme l’auteur le définit lui-même et royalisme intensément vécu, dans chacun de ses actes. Il convient alors de rappeler que pour Jean Raspail, (comme il nous le rappelle tout au long de son ouvrage, et comme il l’avait déjà présenté dans Sire) le royalisme c’est bien plus qu’un courant politique ; c’est avant tout un idéal, une règle de vie, un état d’esprit très chevaleresque, basé sur la Foi, la fidélité, le service, le sens de l’honneur.On pourrait alors, lui reprocher d’être une espèce d’illuminé romantique, vivant dans le passé et les souvenirs, totalement inconscient de la réalité de son temps. Et c’est justement tout le contraire, Jean Raspail est profondément ancré dans le présent, il ne l’occulte à aucun moment et tous ses propos sont réfléchis par rapport à la situation actuelle. Et c’est là toute la force de cet ouvrage, ce qui le garde du ridicule. Il ne se complait à aucun moment dans le passé et les souvenirs, même si ceux-ci sont souvent évoqués avec une certaine nostalgie. De même il ne vit pas dans une sorte de rêve éveillé et reste très lucide sur l’hypothèse d’un retour à la monarchie en France.Jean Raspail à envie de mouvement, d’action, ou au moins d’engagement réel et total. Il exhorte le lecteur à faire des choix, à être fidèle aux idéaux dont il se proclame. Il rejette la « tiédeur » sans jamais agresser le lecteur ou le peuple français dans son ensemble. De ce point de vue là, il est beaucoup plus « soft » que dans Sire. Et je dois dire qu’il est très convaincant, tout comme après avoir reposé Sire, je me retrouve débordante d’énergie, l’envie d’agir, à rêver de complots…En outre Jean Raspail a un don particulier pour nous conter l’Histoire de France. Il rend cela si vivant que l’ont vit littéralement les événements décrits ; à tel point qu’en cours de lecture on ne distingue plus entre l’Histoire et les aventures qu’il prête à ses personnages. Tout cela se mêle et se répond d’une façon admirable.Il manie également d’une façon très intéressante les différents registres de langue, passant selon les circonstances, d’une langue très belle, recherchée, un peu « démodée » même par moments, à un langage très moderne, oral, actuel , courant. Et tout cela se fait naturellement, sans jamais choquer l’oreille du lecteur.Enfin, j’ai été fascinée et émue par l’anecdote rapportée par l’auteur en début d’ouvrage. Il est une fois de plus, question de Sire, mais je ne veux pas en dire plus pour ceux qui souhaiteraient découvrir ces deux ouvrages. Sachez juste qu’une certaine nuit de 1999 la réalité a rejoint la fiction grâce à l’initiative toute simple mais belle et engagée, en accord avec le ton du roman, d’une poignée de jeunes gens. Et franchement j’aurais aimé en être.

un flyer
02/05/11

Format

  • Hauteur : 22.50 cm
  • Largeur : 14.50 cm
  • Poids : 0.32 kg

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