Le roi soleil se leve aussi

BEAUSSANT, PHILIPPE

livre le roi soleil se leve aussi
EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 22/11/00
LES NOTES :

à partir de
13,42 €

SYNOPSIS :

Le xviie siècle n'est pas ce que l'on croit et la jeunesse de louis xiv non plus. Il n'est pas une page de ce livre où l'on ne soit amené à se poser des questions qui se ramèneront toujours à cette unique interrogation : quel est, chez un homme du xviie siècle, le rapport entre sa personne et sa fonction ? qu'est-ce qu'un roi ? comment est-on roi ? Qui êtes-vous quand votre père vous demande " comment vous nommez-vous ? ", et que vous répondez
à l'âge de quatre ans : " je m'appelle louis quatorze " ? et qu'en outre le père répond : " pas encore mon fils, pas encore " ? Essayons de suivre instant après instant ce que pouvait être une journée du roi-soleil. Nous le prenons à son réveil, et nous l'accompagnons jusqu'à son entrée dans les songes de sa nuit, puisqu'il rêve comme tout homme et que nous savons même par le journal de ses médecins qu'il a des cauchemars.
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« Qui êtes-vous quand votre père vous demande : "Comment vous nommez-vous ?" et que vous répondez à l'âge de quatre ans : "Je m'appelle Louis Quatorze" ? Et qu'en outre le père réplique : "Pas encore, mon fils, pas encore." »Le propos de ce livre est donc de déceler l'homme sous la couronne. Vaste entreprise si l'on songe qu'en ce Grand Siècle (le XVIIe) l'individu est indissociable de sa fonction et de son rang social ! Alors, pour comprendre la vie du plus grand des rois, Philippe Beaussant nous invite à le suivre heure par heure sur une journée. On voit sa nourrice pénétrer, toujours la première, avant le Lever, dans sa chambre d'apparat : « Elle allait le baiser dans son lit » (dixit Saint Simon). Pendant la journée, on se régale des mille détails du cérémonial protocolaire, le Roi s'offrant en permanence, à table, à cheval, sur sa chaise percée, à l'admiration de ses sujets. La représentation théâtrale est son quotidien et se joue sans relâche, et le défilé des figurants, où chacun connaît son rôle à la perfection, est continu.Tout, dans cette analyse de l'air du temps royal, dans l'étude du caractère du monarque, passionne, instruit et distrait. Car non seulement Philippe Beaussant apporte un soin évident à l'exactitude des faits rapportés, mais il le fait avec humour et élégance. Tout est expliqué, remis en contexte, disséqué, exploré, chaque micro-événement de la journée du roi étant prétexte à d'autres rappels sur le roi et son règne. Et le moindre détail nous dévoile la réalité d'un monde dont on ignore finalement beaucoup.A la fois micro-biographie ramenée à l'échelle d'une seule journée, précis d'histoire et roman, ce livre se lit avec délectation : la plume est légère et fine, le discours limpide et le sujet, passionnant !

Kara
13/12/10
 

La longue journée d'un roi Philippe Beaussant, suivant pas à pas l'horaire d'une journée ordinaire du roi, s'attache ici à décoder pour nous tant les rituels eux-mêmes et la signification qu'ils revêtaient au XVIIe que les projections faussées, figées que nous avons de l'histoire en général et de Louis Dieudonné en particuliers.Avec une écriture d'une grande élégance, à la fois simple, précise et imagée, Philippe Beaussant nous entraine dans les profondeurs des mentalités de la cour.

Quel plaisir que cette lecture enrichissante, foisonnante de détails qui éclairent à la fois le personnage que fut Louis XIV mais aussi quelques aspects de notre présent! L'auteur prend le parti de nous faire vivre une journée du plus célèbre des rois français. Et ce faisant, il digresse et nous apprend une foultitude de détails absolument passionnants sur l'époque, ses us et coutumes, ses grands personnages, l'évolution de la monarchie etc. Mais il nous parle aussi, et en tant que musicologue cela se comprend, de la place de la musique mais aussi de la danse dans la vie du roi, et par extension obligatoire dans la vie de la cour. Les ballets, les représentations sont autant de spectacle dans le spectacle. Spectacle de la cour et de la monarchie bien sûr, où tout est codifié, chronométré, chorégraphié selon le bon plaisir du roi. Ainsi de l'évolution du ballet : de spectacle de la cour à elle-même, à représentation par des professionnels d'où la noblesse est écartée, au même titre qu'elle est écartée des affaires de l'Etat.L'auteur ne manque jamais de faire le lien entre présent et passé. "Les termes essentiels de ce qui est encore l'organisation de la justice nous le rappelle: chambre, siège, parquet et même le lit, comme on l'a dit jusqu'à Louis XVI. Le lieu de la justice, c'est la chambre du roi..." Beaussant nous raconte ainsi l'évolution de notre vocabulaire, où valet, avant de devenir le terme péjoratif que nous connaissons aujourd'hui, était le titre que l'on donnait au Moyen Âge aux jeunes seigneurs qui faisaient leur service noble, avant d'être armés chevaliers. Et l'auteur de citer "le valet de Constantinople", qui n'est rien d'autre que le fils de l'empereur du moment. Alors, quand Molière est le valet de chambre du roi, chargé de lisser la couverture de son lit, c'est bien une marque de distinction, une sorte d’anoblissement.Un aspect que j'ai trouvé extrêmement intéressant lors de cette lecture, c'est la volonté de Beaussant de confronter notre conception (nos préjugés?) sur le temps de Louis XIV. à la réalité de l'époque. Ainsi, reste cette image presque grotesque pour nous du roi faisant tout, y compris ses besoins, devant témoins. Mais l'auteur nous rappelle que c'était une pratique "normale" du temps. Il cite ainsi Saint-Simon racontant dans ses Mémoires: "Un soir, qu'allant se mettre au lit où M. le duc de Bourgogne l'attendait, et qu'elle causait sur sa chaise percée avec Mmes de Nogaret et du Châtelet, qui me le contèrent le lendemain..." Etonnant, n'est-ce pas? Et Beaussant de nous amener à nous questionner sur nos idées préconçues, relayées par la littérature ou le cinéma, ou même à l'école parfois!Mais au-delà d'un essai sur une époque, c'est surtout une reflexion sur un "simple" homme, fut-il le plus grand des rois de France. Comment se concevait-il en tant que roi et homme, quelle part avait l'homme dans les décisions, quelle part avait le roi? A travers les ballets, la musique, les femmes qu'il "aima" et les palais qu'il fit construire, Beaussant dresse un portrait moins monolithique de Louis XIV que l'on aurait pu croire.

Choupchoup
09/04/13
 

Le XVII° siècle est peut-être l'un des plus passionnants, et sous la plume de Philippe Beaussant ça tient du plaisir absolu à découvrir. On est loin du "cours magistral" que j'ai pu voir évoquer ici ou là, on est dans l'univers d'un conteur qui prend plaisir à démystifier quelques poncifs.Louis XIV, donc, du Lever au Coucher, avec tous les cérémonials et pas mal de digressions on ne peut plus bienvenues, voici ce qui constitue ce récit."Ainsi va l'Histoire. C'est une bâtisse édifiée à l'aide de blocs d'images toutes faites que nous nous transmettons, souvent (mais pas toujours) sans penser à mal, mais sans davantage nous demander si elles sont vraies ou si ce sont, elles aussi, des postiches. Et quand bien même nous le saurions, l'image que nous savons inexacte reste parfois plus forte que la vérité que nous n'ignorons pas. "L'Etat, c'est moi", il ne l'a pas dit. "Après moi le déluge", Louis XV non plus. "La Garde meurt mais ne se rend pas", même pas Cambronne. Mais c'est plus fort que si c'était vrai. L'Histoire est toujours à la ressemblance de ce que nous voulons qu'elle soit."Mon exemplaire est hérissé de cornes, j'ai mille choses à évoquer, je ne le ferai pas, je vous laisse découvrir par vous-mêmes, si vous êtes intéressés. Mais citons par exemple le long passage sur Molière, avec cet éclairage : ""Valet", au XVII° siècle, c'est encore un titre de noblesse, et c'est déjà en train de devenir une injure. C'est encore, comme ici, un privilège (que Jean-Baptiste Poquelin a tenu à conserver pour son fils), et c'est déjà la plus basse condition domestique."Molière, valet de chambre du roi... Je l'ignorais totalement ! Plusieurs anecdotes en découlent, savoureuses...Ou encore ces lumineuses explications sur le salut (on salue la fonction et jamais l'homme. Ainsi on se lève et se découvre pour un messager, s'il est celui d'un "important") ou la danse (enseignée comme une manière d'envisager l'homme, indispensable à l"'honnête," absolument rien d'un loisir !). Le vocabulaire, aussi, en général, a fortement besoin d'être remis en perspective, les mêmes mots n'ayant souvent plus du tout le même sens aujourd'hui. Ainsi des "potages" (tout ce qui est cuit dans un "pot", rien à voir avec de la soupe !) en opposition au "rôt" (ce qui est cuit à la broche), etc.Bref, c'est vraiment captivant, ça se dévore, c'est érudit mais jamais pesant, c'est excellent, tout simplement. Sylvie Sagnes

SagnesSy
04/07/12
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
  • Largeur : 14.00 cm
  • Poids : 0.27 kg

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