Le Sermon Sur La Chute De Rome

FERRARI, JEROME

livre le sermon sur la chute de rome
EDITEUR : ACTES SUD
DATE DE PARUTION : 19/08/12
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Saint Augustin prêcha sur la chute de Rome en sa basilique d’Hippone. Un détail dans le roman. La chute de Rome symbolise la chute d’un monde. Le roman présente la lente dégradation de ses héros, de l’apogée à la chute. André Lagorce présent dans Où j’ai laissé mon âme se retrouve ici dans ce roman, mais pas à l’avant-plan comme Matthieu et sa sœur Aurélie ou Marcel leur grand-père. Quels personnages ! Une histoire familiale sur trois générations où amour et haine se mêlent d’un continent à l’autre, de la Corse profonde aux vestiges d’Annaba. Le fil rouge : une vie qui s’écoule, d’un bonheur éphémère à une lente délitescence. Ce roman à tiroirs peut paraître confus de prime abord de par les nombreux personnages qui s’affichent et les sauts dans le temps. Mais peu à peu, le lecteur s’attache à eux et il les suit dans leur lutte pour la vie. De belles longues phrases bien construites agrémentent la noirceur des situations décrites.
Ddh

J'avais en mémoire la force du roman de Jérôme FERRARI, " Ou j'ai laissé mon âme ", lorsque Libfly et le Furet du Nord, m'ont adressé, en avant-première, dans le cadre de l'opération " On vous lit tout " le prochain roman de cet auteur, ma curiosité de lecteur était à son comble. Avec" Le Sermon sur la chute de Rome ", Jérôme FERRARI, poursuit une quête mystique, et philosophique. Il offre aux lecteurs, une allégorie contemporaine sur l'aspect éphémère de la vie et des mondes que nous voudrions croire éternels. Grâce à une écriture, très dense, joliment ponctuée, rythmée de phrases longues de presque une page,entrecoupées d'autres, courtes, concises, d'à peine une ligne, il nous plonge dans la vie, les sentiments, les interrogations de trois personnages principaux, qui vivent dans les mondes dont ils ont hérités, qu'ils ont façonnés à leur convenance, dans l'espoir de s'y épanouir, et qu'ils voient disparaître, comme Saint Augustin a vu, en 410, la chute de Rome, pillée par les Wisigoths d'Alaric et a prononcé " le Sermon ". Nous suivons, Marcel, le grand père, qui regarde, lorsque le livre débute, une photo sur laquelle, tous ceux qu'il a aimés ont disparus. Tout au long de sa vie, il court après l'histoire de son siècle, lorsque qu'il devient gouverneur en Afrique française, il croît l'avoir rattrapée, mais c'est alors que son monde s'écroule. Puis il y a Matthieu, le petit fils, avec un ami d'enfance, ils reprennent le bar de leur village natal, avec la vocation de faire revivre une région isolée de Corse, malgré leur passion, pour ce pays et pour la vie, l'expérience commence bien, puis tourne au désastre. Aurélie, la petite fille, archéologue sur les vestiges de la Cathédrale, dans laquelle Saint Augustin prononça " le Sermon sur la chute de Rome " lutte en vain, pour construire son existence avec l'homme de sa vie. Sans avoir recours aux stéréotypes, la beauté, la piété de l'île sont décrites en profondeur, sans description onirique, mais en s'attardant sur des détails, (une chapelle, l'arrivée de l'hiver,...). On perçoit l'amour des personnages, et de l'auteur, pour cette terre. Il n'y a pas d'envolée lyrique sur la douleur, les peines, où les joies des personnages, mais les sentiments sont décortiqués en détail, au point que le lecteur se les approprie. Ils ne sont pas des héros, ni des monstres, ni des anges, mais ils sont tellement vivants, que l'on voudrait faire partie de leurs mondes, qui ne seront pas éternels, comme nous le démontre brillamment Jérôme FERRARI, dans les dernières pages de ce beau roman. Ma curiosité du départ s'est transformée en un plaisir de lecture que je souhaite faire partager, et pour lequel je remercie encore Libfly et le Furet du Nord.

JoelC17
09/08/12
 

Ecrire un roman après le succès de « Où j’ai laissé mon âme » paru en 2010, fut sans nul doute pour ce jeune auteur originaire de Corse, une forme de défi. Avec « le sermon de la chute de Rome », Jérôme Ferrari reste fidèle à son thème de prédilection : la Nature humaine, l’oubli qui nourrit les mémoires au détriment d’une nostalgie mal acceptée, le temps qui passe…. Le parallèle est osé : comparer le déclin d’un petit village corse à celui du grand empire que fut celui de Rome jusqu’en 410 ap. J-C à travers cette question intemporelle : Qu’est-ce qu’un monde ? Qu’il soit aussi grand que Rome ou si « anonyme » qu’un petit village …. Mais la prouesse s’arrête là ; même si l’écriture poétique et ample rend le roman plaisant dans sa forme, l’empreinte des personnages qui s’égarent chacun à leur manière dans l’orgueil et l’égoïsme, ne traduit pas l’intensité révélée dans les œuvres précédentes. On ne résume pas « le sermon de la chute de Rome », on l’attendait avec intérêt, on le dévore sans y retrouver la force qui caractérise l’œuvre de Ferrari.

VLVL1603909112
09/08/12
 

Dans ce récit construit en deux temps, Jérôme Ferrari navigue sans cesse entre passé et présent, entre résignation et ambition, entre aigreur et espoir.D’un côté, il y a Marcel Antonetti, né en 1919 de l’union entre deux époux fatigués, abimés par la guerre et par les drames successifs. Deux parents qui n’ont plus d’amour à donner à un enfant malingre et non désiré. La vie de Marcel sera faite de frustrations et de douleurs, faisant de lui un homme aigri et acariâtre.De l’autre côté, il y a ce petit-fils, Matthieu Antonetti, qui a décidé d’abandonner ses études pour reprendre la gestion d’un bar, seule attraction d’un petit village corse, aux côtés de son ami de toujours : Libero Pintus. Plein de fougue et d’enthousiasme, ces enfants du pays ne manquent pas d’idées pour innover et apporter un vent de fraîcheur dans ce qui représente le point de rencontre du petit village. Mais l’ambition et la réussite attirent toujours les convoitises, et les deux amis ne sont pas à l’abri d’un dérapage…Comme toujours avec Jérôme Ferrari, l’on retrouve cette fluidité de la phrase, cette beauté de la langue qui sonne à l’oreille comme une douce mélodie. Les phrases sont longues, bien rythmées et apportent à l’intrigue une tension croissante. On pressent un malheur imminent, prêt à bondir sur les deux garçons pour les punir d’avoir visé trop haut, voulant être des hommes alors même qu’ils n’étaient que des enfants. La famille et les racines sont au centre du roman, se sont-elles qui relient les personnages les uns aux autres, malgré les relations complexes et parfois douloureuses qu’ils entretiennent. Certains les cherchent pour justifier leur présence sur une terre qu’ils ont quitté, d’autres les revendiquent pour se faire respecter. Mais malgré les efforts des uns et des autres, la transmission ne fonctionne pas et l’incompréhension finit par envenimer les relations, jusqu’à tout détruire… Un roman magnifique et dramatique, rendu bouleversant par la beauté et la puissance de sa plume ! Un Goncourt bien mérité !

Mokona
13/01/13
 

Aimez-vous Proust ? Si comme moi c'est le cas, vous apprécierez le style roman. Jérôme Ferrari va jusqu'à donner le prénom de Marcel à l'un de ses personnages tellement la filiation est évidente.Des phrases parfaitement construites rendent ce roman intemporel. En le lisant, il n'est pas rare d'imaginer les scènes décrites avec une voix off décrivant lentement les sentiments des personnages qui défilent sans un dialogue.La philosophie de ce roman ? nous ne sommes rien et tout passe. Voilà ! d'un pessimisme pompeux et attendu.L'histoire de 4 personnes vont s'entremêler pour se comparer à la chute de Rome qui de magnifique a été déchue de son aura. Rome dans ce roman est un bar corse qui comme Rome attire par les bas instincts humains : l'ivrognerie et la luxure.Mon sentiment intime après la lecture de ce roman ? Plus de modestie aurait été bienvenue pour un auteur qui copie aussi bien le style d'un autre. Heureusement que nous avons échappé aux 500 pages ainsi on évite l'indigeste impression de Déjà Vu. Somme toute, le style est soigné mais ce n'est guère une surprise

milca
12/01/13
 

Double découverte: celle d'un auteur jamais lu jusque là (à ma grande honte maintenant), celle d'un roman dont on loue depuis des semaines la qualité littéraire.Double difficulté: celle de se forger une opinion personnelle sans tenir compte de ce qu'on a pu lire ici ou là, celle d'écrire un énième billet sur le sujet.Et pourtant....Double bonheur de lecture: celui de lire des phrases amples, envoûtantes, rythmées par de multiples virgules sans pour autant sombrer dans les "phrases à rallonge"; celui de lire la grande originalité faite dans le parallèle entre les Sermon sur la chute de Rome de Saint Augustin prononcé en décembre 410, et le destin de deux amis, Libero et Matthieu, ayant repris un bar dans un village isolé de Corse."Matthieu et Libero étaient les seuls démiurges de ce petit monde. Le démiurge n'est pas le dieu créateur. Il ne sait même pas qu'il construit un monde, il fait une œuvre d'homme, pierre après pierre, et bientôt sa création lui échappe et le dépasse et s'il ne le détruit pas, c'est elle qui le détruit."Ainsi, toute œuvre humaine, même florissante un jour, est appelée à s'effondrer du fait de l'influence de son créateur. Au départ, les deux amis, pourtant philosophes de formation, n'en ont pas conscience ou plutôt refusent de regarder les choses en face, mais peu à peu, les événements vont leur "exploser à la figure", mais trop tard...Les meilleures intentions du monde ne suffisent pas, l'alcool, le sexe, le vol viennent gangréner le bar qui est devenu le lieu de rencontres entre touristes et habitants. Ainsi, le lecteur devient le témoin impuissant d' une chute annoncée par le Sermon de Saint Augustin et dont une phrase est rappelée au début de chaque chapitre. Il y a comme un air de fatalisme à l'ensemble..Donc,sur les 647 romans de la littéraires, ce roman fait partie du top 5 sans hésitation. vivi

vivicroqueusedelivres
01/11/12
 

Tout d'abord, je survolerai l'intrigue, je me limiterai à mes impressions. J'ai été happée par les cent premières pages. Le premier chapitre m'a coupé le souffle, m'a fait frissoné, certaines phrases se lisent à haute voix, tant elles sont belles et longues. La lecture est intense et pas très evidente. Il règne dans ces lignes comme une ambiance d'apocalypse, c'est inquiétant, le roman est-il ainsi tout du long ??? Le rapprochement avec la bible est facile, et ne fuyez pas car même s'il est question d'un sermon tenu en 410 par un évèque, Saint Augustin à Hippone, le texte religieux est amené bien à propos comme un pont entre le passé et le présent, l'idée est de se dire c'était déja dans l'air du temps au moment de la Chute de Rome mais depuis 410 après JC, le commun des mortels l'a oublié. Alors, quel que soit votre état d'esprit au regard de la religion, croyant, athé, néophyte rassurez vous, Jérôme Férrari se veut juste un traducteur, un passeur de messages et non un prêcheur, il va distiller à petite dose ce sermon de Saint Augustin dans cette histoire, car il va à l'essentiel en racontant l'intrigue de cette famille Corse. Il ne perd pas de temps à dépeindre ses personnages, il prend des raccourcis pour nous présenter cette famille, Marcel le grand-père, le fils Antoine et Mathieu et Aurélie les petits enfants. Chaque génération est marquée par la vie, les drames. Là encore peu de détails, le lecteur n'est pas tiraillé par les états d'âmes des personnages, exit la psychologie des personnages, ils vivent avec le poids des drames familiaux au fil du temps, et ils se révèlent surtout en étant en opposition les uns par rapport autres. La fracture entre eux est visible, ils ne se comprennent pas, vivent les uns sans les autres et c'est finalement dans l'antre d'un bistrot de pays au fin fond de la Corse, que se joue leur drame. Là où Mathieu tente de s'approprier ses origines Corses, alors qu'il y a peu vécu. Son grand-père l'accueille, lui il n'a jamais tiré un trait sur ses racines. L'origine, les racines, la famille et les liens entre ses membres est au coeur du roman, un peu comme un rempart pour éviter la chute! Mathieur abandonne ses études de philosophie pour reprendre un bar avec son meilleur ami Libéro, sur l'île de Beauté. Situer l'intrigue en Corse à son intérêt, un ancrage fort dans cette région ou la culture régionale est fortement marquée en terme d'identité, la manière dont l'auteur l'aborde est particulièrement agréable et j'ai fortement imaginé qu'on puisse trouver la même histoire dans une cidrerie basque, un estaminet Ch'ti, ou un bui bui en campagne ... Au début de l'aventure, les deux jeunes sont "boostés" par cet esprit d'entreprendre, l'affaire marche bien. Quoiqu'il en soit, dès le début la chute est annoncée, là aussi la vision semble pessimiste, mais pas désespérée et l'écrivain montre les dommages collatéreaux à travers le regard de la soeur de Mathieu, Aurélie. Cette dernière cherche elle aussi ses racines, quelque part près d'Hippone . L'écriture évolue au cours du livre, elle n'est pas uniforme. Férrari sait doser le rythme, la longueur, adapte le language selon les personnages, le passage ou l'on évoque la perdition de ces jeunes dénote complètement avec les premières phrases du roman, dressant un portrait de la jeunesse assez âpre et peu flatteur. La crudité s'exprime ouvertement, tout est dans le contraste. La chute s'annonce lentement mais surement dans la dérive des comportements, l'indifférence, l'égoisme, la jalousie, l'exclusion, cette somme de comportements individuels, qui se transmettent à travers la nuit des temps etconduisent au drame. Finalement, j'ai été pas mal séduite par l'écriture de Jérôme Férrari, ce roman incite à la réflexion sans prise de tête, j'ai eu le sentiment de ne pas tout intégrer de ce que je lisais, il sera plaisant de relire ce petit roman. La pensée foisonne à la lecture de ce livre, qui aborde la famille, le sens de la vie, la mort. L'approche du continent africain est très discrète, elle se fait par touches. Les connexions ne sont pas toujours évidentes entre l'histoire racontée par Férrari et les textes bibliques , qu'il cite. Cependant, il n'est pas question de philosophie pure et dure, le lecteur a son libre arbitre, et l'intrigue n'est pas ambigue et lance de nombreuses pistes à explorer, chacun y trouvera la sienne. Bref, vous avez compris j'ai aimé.

nathalia1307
11/09/12
 

Dans Le sermon sur la chute de Rome, Saint-Augustin, mort à Hippone (nom antique de la ville d’Annaba en Algérie), annonçait à ses fidèles la chute de l'Empire romain.Jérôme Ferrari a repris ce titre pour son roman qui relate la lente décomposition de l'empire colonial français ainsi que la disparition de l’univers créé autour d'un bar de village corse. C’est une saga familiale basée sur deux histoires.D’une part, celle de Marcel Antonetti, né juste après la Première Guerre mondiale, parti sur le continent pour s'engager dans l'armée, et qui deviendra administrateur colonial en Afrique-Équatoriale française. Il y sera témoin de la fin de la présence française avant de revenir sur son ile natale.D’autre part, celle de son petit-fils Matthieu et de son ami d'enfance Libero qui décident d’abandonner leurs études de philosophie pour reprendre le bar de leur village familial afin de lui redonner vie. L’affaire marche quelques années avant de se terminer tragiquement.On assiste à la fin de deux mondes à 50 ans d’écart, dans ce roman un peu déroutant au départ car on se demande au début de la lecture ce que le sermon de Saint-Augustin vient faire dans l’histoire…Roman captivant bien que pas toujours facile à lire avec ses phrases souvent très longues.

Ludeca
31/10/14
 

Trois générations sont représentées, avec leurs souvenirs, leurs projets, leurs désillusions. Le récit se développe autour de Libero et Mathieu, qui abandonnent des études prometteuses en philosophie pour suivre en Corse les enseignements de Leibniz : ils souhaitent faire d’un débit de boisson perdu dans un village loin de la côte « le meilleur des mondes possibles ». Mais les fondations sont en argile : Libero a renoncé non seulement à ses études mais également à sa foi en l’homme. Mathieu, qui n’a jamais accepté ce qu’il est, se crée un monde imaginaire, où tout va pour le mieux… et « l’enfer en personne s’invite au comptoir ». En marge, les histoires des membres de la famille de Mathieu, offrent le même constat : rien ne dure. Et qui plus est, tout est éternel recommencement. En toile de fond, le sermon sur la chute de Rome, prononcé par Augustin, au Ve siècle, à Hippone : la ville « éternelle » est tombée sous les assauts d’Alaric. Toute une conception du monde est remise en cause et Augustin cherche à apaiser les âmes, en leur expliquant que rien n’est éternel ici bas (je réduis certainement son propos, désolée !).L’homme aussi est un monde, un microcosme, qui naît, évolue et chute, irrémédiablement. Il cherche, d’une manière ou d’une autre, à s’inscrire dans l’éternel. Certains alors nient cet état, d’autres refusent l’oubli. Chaque personnage gère donc – ou pas – à sa manière cette sensation de course vers le néant. Mais la vie, les projets doivent prendre le dessus, il ne peut en être autrement. A mon sens, la question du choix est également primordiale dans ce roman : certains renoncent, d’autres s’emploient à construire, même si le terrain est instable.Les titres des chapitres reprennent le sermon de Saint Augustin et donnent le ton : « Peut-être Rome n’a-t-elle pas péri si les Romains ne périssent pas », « Toi, vois ce que tu es. Car nécessairement vient le feu. », « Car Dieu n’a fait pour toi qu’un monde périssable. ». L’écriture de Jérôme Ferrari est exigeante, prenante, parfois étouffante : les pensée des personnages se bousculent et se perdent parfois dans un chaos, illustration de leur état. Des moments de respiration laissent entrevoir des instants de paix, d’équilibre.La vie de certains personnages est détruite et c’est le renoncement. D’autres ont connu la destruction et se reconstruisent. L’écriture, parfois alambiquée, illustre la complexité du sujet, qui, en somme a autant de développements possibles que de mondes existants. Et le vôtre, de quoi est-il fait ? Cliketyhttp://cliketyclique.wordpress.com/

Clikety
01/07/14
 

Dès les premières pages, j'ai été transporté par le souffle de la narration. Et ce souffle ne m'a pas lâché.C'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce roman : des phrases longues comme le vent, créant une atmosphère épique.L'histoire de la chute m'a en revanche peu passionnée. Ainsi va la vie, rien n'est jamais acquis. Mais ça, je le savais déjà.Un roman fort différent de son précédent "Où j'ai laissé mon âme", plus dur, plus âpre, et que j'avais aimé pour son histoire, cette fois-ci.Un auteur dont je commence à devenir fan, car il sait me plaire de façon différente à chaque ouvrage.L'image que je retiendrai :Celle du personnage de Ryme qui perd en une nuit son pécule, et qui sera obligée de travailler dans une autre sorte de bar. Alex-Mot-à-Motshttp://motamots.canalblog.com

AlexMotaMots
28/11/13
 

Au début de ma lecture, j’avoue que j’ai un peu ramé, j’étais déconcertée de ne pas voir le rapport entre le livre et le titre, si ce n’est les citations des sermons sur la chute de Rome de Saint Augustin ou le fait que l’un des personnages fait un mémoire sur Saint Augustin. En plus, ne vous attendez pas à une histoire qui se passe en Italie, puisque la quasi totalité se déroule dans un petit village corse. Puis, dans la seconde moitié du livre, on commence à vraiment voir ce rapport qui au final est très intéressant.Le livre alterne entre des parties centrées sur Marcel, le grand-père, qui se remémore sa vie, donc des parties au passé, et d’autres centrées sur Matthieu, le petit fils, étudiant en philosophie qui lâche tout pour venir gérer le bar du village corse qu’il affectionne tout particulièrement. J’ai trouvé que les parties sur la vie de Marcel, bien que plus courtes, étaient un peu compliquées à lire, même si elles sont très intéressantes. Les parties sur Matthieu m’ont paru plus simples, mais j’avais envie de donner des claques à Matthieu, qui vit dans son monde, loin des tracas de la vie, cela étant, ce n’est pas ici le style que je critique, c’est le personnage, et s’il avait été plus terre à terre, le livre aurait perdu de sa saveur.Le sermon sur la chute de Rome est d’une très grande qualité littéraire qui mérite largement la récompense qu’il a eu. A lire absolument.

JuNa62
21/11/13

En terre corse, un bar agonise faute de repreneurs compétents. Contre toute attente, ce sont deux autochtones qui vont reprendre l’affaire, deux jeunes hommes qui, ce faisant, s’éloignent d’un avenir que leur promettaient leurs études de philosophie réalisées sur le continent. Peut-on refaire le monde ? Le tirer de l’agonie dans laquelle il semble s’enfoncer ? La litanie d’un passé lointain refait surface, et Saint Augustin s’invite à la chute d’un empire pour mieux prophétiser : c’est « le sermon sur la chute de Rome » qui va se redire…« Le sermon sur la chute de Rome » est une œuvre qui frappe par la rythmicité de son écriture : Jérôme Ferrari parvient à faire sourdre de ses phrases longues, interminables, un pouls régulier et lancinant, une rythmique obsédante et captivante. Mais ce rythme reste obstinément sourd et sombre, en témoignent des chapitres parfois insoutenables tant le réalisme est cru, le désespoir palpable.La rythmique d’un monde à son terme égrène les secondes, implacables, et la passion que met Saint Augustin dans son sermon semble proche, d’une modernité inattendue. C’est à travers un portrait psychologique très fin de deux jeunes hommes que Jérôme Ferrari vient décrire la fin d’un empire, dans lequel présent et passé se conjuguent sans peine, se répondent et se complètent, nouant le terme aux origines « car c’est un seul et même témoignage. » (p. 201-202) Seraphita

Seraphita
17/11/13
 

Le titre de ce livre vient du sermon que Saint Augustin prononça en 410 à Hippone avec comme message "Le monde est comme un homme: il nait, il grandit, il meurt."Le récit débute avec une photo de famille en noir et blanc prise en 1918.Marcel n'y est pas. Il est le seul survivant de cette famille de l'époque.A l'image d'un monde qui va à sa perte, on suit la vie de Marcel puis celle de son petit-fils, Mathieu.Après des études de philo à Paris, Mathieu reprend le bar d'un petit village corse avec un copain.On observe ce petit monde que constitue ce bar.Jérôme Ferrari décrit comment un rêve naît, puis s'épanouit avant de se fracasser.Ce mouvement semble inéluctable. Pourtant, même si la chute est comme un vers déjà dans le fruit, la vie, comme le monde, doit s'épanouir. De ses cendres renaîtra une autre vie, un autre monde.Après avoir lu des critiques très positives sur ce livre, j'avais hâte de le découvrir.Je ne suis pas enthousiaste. Je me demande si je suis passée à côté de quelque chose.Certes, c'est très bien écrit mais je suis restée un peu sur ma faim et décidément que cette rentrée littéraire est sombre...De peur que la morosité gagne toute ma bibliothèque, j'ai rapidement revendu ce livre à un bouquiniste.

Chris44974
27/09/13
 

Je ne saurais dire pourquoi j'ai terminé ce roman qui pourtant est en effet l'histoire d'une chute. D'habitude je n'aime pas du tout ce genre d'histoire.Ici quelque chose a dû parvenir à me plaire. Probablement l'envie d'en savoir plus sur les personnages, un peu fous, mais surtout fragiles. Médiathèques du Mélantois

Bar de village corse et sermon civilisationnel moyenâgeux pour un cocktail de très haute volée.Paru en septembre 2012, le sixième roman de Jérôme Ferrari (dont je n'avais jusqu'ici rien lu) fait partie de ces livres dont le propos apparent peut appeler d'abord une certaine incrédulité : il nous parle en effet du bar d'un village corse, contemporain, et d'un sermon de Saint-Augustin, en 411, dont j'avoue avoir été d'abord peu sensible aux côtés excitants... Il fallut une belle présentation Actes Sud aux libraires en juin 2012, et le conseil amical de Claro ("Vas-y, n'hésite pas, c'est vraiment bon") pour me convaincre de lui donner sa chance...Je ne le regrette pas : en 200 pages, à son tour, Jérôme Ferrari nous montre ce que peut la littérature. Les grands-parents, parents et enfants de ces familles corse et corse "d'adoption" dessinent une puissante fresque où les vertiges de l'ambition et du manque d'ambition, comme seuls moteurs vitaux, se disputent tour à tour la vedette, en un tourbillon serré de chances, d'occasions, de fatalités et de renoncements. Sombre certes, discrètement poignant, fréquemment très drôle, mine de rien, dans ses démonstrations de stupidité humaine et d'ironie du sort, le roman exploite à la perfection une langue impeccable aux ressources très variées, pour réussir à "poser" en conclusion le fameux sermon de l'évêque d'Hippone sur ce que veulent dire "empire" et "civilisation", comme une nécessité.De somptueux morceaux de bravoure, au fil des histoires, renforcent encore le plaisir méditatif de cette lecture : lutte contre des maladies tropicales, vertus de l'archéologie, malédictions gestionnaires d'un bar de village, ou encore glissements inévitables du commerce au banditisme, les occasions de sourire, de rire et de s'émerveiller foisonnent. L'une des belles surprises de ce mois de septembre 2012, donc.

Charybde2
02/06/13
 

Les longues périodes, sinueuses, presque sans points, truffées de virgules et de « et » qui sont la caractéristique du style de Jérôme Ferrari devraient être déclamées à haute voix comme dans l'Antiquité, où lire silencieusement ne se faisait pas.Les phrases suivent le souffle d'un narrateur invisible. Elles sont elles-mêmes « sermon », un sermon moderne sur la fin des illusions.Augustin n'est qu'un prétexte et l'évêque d'Hippone c'est probablement Ferrari lui-même ... hélas pour nous.Ce récit allégorique, maintes fois résumé ici, est intéressant comme procédé. Le début du roman où Marcel contemple une photo où tous ont disparu et où lui-même n'existait pas encore, est magnifique.Ensuite, la longue description du bar corse et de tous ceux qui gravitent autour devient vite lassante, voire sordide, et le souffle s'éteint.Impression finale de malaise. Que vient faire Augustin dans cette galère ? Anna

AnnaPotocka
18/05/13
 

Le roman : "le sermon sur la chute de Rome" de Jérôme Ferrari peut être lu, a mon avis, avec plusieurs approchesUne approche purement romanesque nous présentant la vie d'un village corse, d'une famille, de leurs projets ou des difficultés des 3 principaux membres de cette famille : 2 jeunes étudiants en philosophie abandonnent leurs études de licence et d'agrégation pour faire vivre un bistrot de campagne, la fille de la famille effectue des fouilles dans les ruines romaines de Tipaza en Algérie, où elle est amoureuse d'un jeune arabe. Cette lecture nous fera découvrir les paysages corses, la vie des corses en saison touristique et en arrière saison. Nous vivrons les succès et les échecs de cette famille et de ce village, les passions et crimes. Jérôme Ferrari, traducteur, entre autre, de la langue corse, confirme, ici, son amour pour son île et ses habitants. Mais cette lecture sera finalement assez déprimante, car chacun des personnages connaîtra un échec : échec amoureux, amours impossibles, perte du conjoint, entreprise qui connait le succès puis qui chute, entraînant querelles d'amis, crime, dévoilant à chacun les plus bas instincts, vols, prostitution, chute de l'Empire colonial français, guerres perdues, etc. Cette approche romanesque doit ainsi être rapprochée du sermon que fit Saint Augustin en 411, à Hippone un an après de la chute de Rome, afin de consoler ses fidèles, premiers chrétiens en leur démontrant la fragilité des créations terrestres : " ce que l'homme agit, l'homme le défait". Pour Saint Augustin, les créations de l'homme tombent un jour au l'autre d'elles mêmes. :- "Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles? L'homme bâtit sur du sable. Si tu veux étreindre ce qu'il a bâti, tu n'étreins que le vent. Tes mains sont vides et ton cœur affligé. Et si tu aimes le monde, tu périras avec lui." - "c'est comme s'il ne s'était rien passé. La course des astres n'est pas troublée, le nuit succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant ".Toutes ces chutes nous amèneraient elles vers un monde meilleur? Vers un nouveau monde?Le prix Goncourt 2012 a récompensé un roman philosophique, d'une lecture agréable. JPV

JPV11
17/05/13
 

L'histoire se passe dans un petit village Corse. Deux jeunes diplômés en philosophie reprennent le café du village, abandonnant leurs études. Après un démarrage réussi, l'histoire tourne au vinaigre puis franchement à la tragédie. Se mêle au récit l'histoire du grand-père de Matthieu (un des deux jeunes hommes), dont la vie est également un véritable fiasco. L'écriture est sublime, l'histoire ou plutôt les histoires se lisent aisément mais le message philosophique ne m'a pas vraiment sauté aux yeux. Voilà en substance ce que j'en ai compris : Les mondes créés par les hommes naissent, vivent et meurent à l'image de ce café, déjà mort mais que les deux jeunes ont voulu ressusciter, au lieu de se tourner vers l'avenir prometteur qui leur tendait les bras. C'est une vision assez pessimiste du monde, avec une note d'espoir tout de même. Nous sommes à la fin d'un monde mais un autre suivra... (d'où le lien avec "le Sermon sur la chute de Rome" que Saint-Augustin prononça à la fin d'un autre monde, dans un autre temps...). L'extrait suivant résume ce que j'ai compris du livre : Nous ne savons pas, en vérité, ce que sont les mondes ni de quoi dépend leur existence.Quelque part dans l’univers est peut-être inscrite la loi mystérieuse qui préside à leur genèse, à leur croissance et à leur fin. Mais nous savons ceci : pour qu’un monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meure un monde ancien. Et nous savons aussi que l’intervalle qui les sépare peut être infiniment court ou au contraire si long que les hommes doivent apprendre pendant des dizaines d’années à vivre dans la désolation pour découvrir immanquablement qu’ils n’ont pas vécu." Certaines personnes trouveront sans doute que ma synthèse de ce livre ambitieux est un peu légère mais j'ai préféré me limiter à ce qui me semblait essentiel. Jerôme Ferrari n'a pas volé ce prix Goncourt 2012 mais j'aurais préféré que ce soit pour l'un de ses précédents titres : "Où j'ai laissé mon âme" ou "un dieu un animal", pour lesquels j'ai une préférence. [http://http://sylire.over-blog.com

sylire
13/05/13
 

Si l’auteur a sans conteste du style, les phrases sont belles, le roman s’enchaine avec une certaine fluidité, il faut reconnaître que je n’ai pas été conquise.Pendant tout le roman, la narration s’alterne nous faisant découvrir la vie de Marcel, la vie de Mathieu et Libéro puis la vie d’Aurélie. Nous voyons donc plusieurs époques : celle de Marcel et l’actuelle. Tous semblent ne pas être vraiment heureux, il y a quelque chose qui les gêne, les empêchent d’être heureux.Mathieu et Libéro sont en master de philosophie et font leur master sur Leibniz et Saint-Augustin respectivement. Ils quittent finalement leurs études pour reprendre un bar de proximité dans le petit village corse d’où vient Libéro et où Mathieu a passé toutes ses vacances. La chute de Rome est alors adaptée à leur histoire, narrant la chute qui ne saurait tarder à leur époque.Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, les trouvant soit agaçants, soit fatigants, bref cela rendait compliqué ma lecture … Il semble également nécessaire d’avoir quelques connaissances sur Saint-Augustin pour apprécier correctement ce livre. Ce qui m’a le plus plu dans ce récit : les descriptions des lieux. Pourtant, je ne suis généralement pas une grande fan de ces moments, mais là je trouve que Jérôme Ferrari a su fait revivre les différents paysages.Bref, sinon ce ne fut pas une lecture qui me restera …

Loucy
15/03/13
 

Le troquet corse Tout ou presque se passe dans un petit village corse, au bar du coin. Deux jeunes hommes, Matthieu et Libero, décident de reprendre l’affaire et de la faire fructifier. Entre parties de cartes, petits arrangements entre amis, jolies filles, leur parcours les mène vers une fin que l’on sent rapidement inéluctable.Prix Goncourt 2012, bien loin des polyphonies et autre folklore corse, Le Sermon sur la chute de Rome charme peut-être davantage par son écriture que par son sujet. En effet, Jérôme Ferrari mêle à merveille les mots. On pourrait sans doute lui reprocher d’en faire un peu trop, de complexifier sa plume de métaphores …malgré tout, ce récit de générations où chacun cherche à s’inscrire dans l’histoire familiale, où le monde s’écroule et renaît, impressionne fortement.

Voilà, voilà je l'ai lu ce dernier Goncourt... Alors généralement je ne m'attaque jamais à ce genre de livre d'abord parce qu'étant du "bas peuple" je ne peux pas comprendre la magnificence des phrases à rallonge qui ne me mène nul part puisque quand j'arrive à la fin je ne me souviens plus ni du début, ni du sujet. Alors oui je le revendique moi aussi j'ai une vision très noire du monde et assez fataliste et vraiment je m'excuse auprès de mes proches si j'ai pu, comme les personnages l'ont fait avec moi, (et par dérivation l'auteur, puisque je suis bête et que je mélange tout) vous énerver avec mon immodestie et toute ma hauteur.Je ne suis pas non plus une amoureuse inconditionnelle de la culture Corse alors la comparaison entre ce petit bar de village tout miteux et l'empire Romain, ça me fait un peu m'étouffer.Mais comme dirait St Augustin : "le monde est comme un homme: il naît, il grandit, il meurt", mon avis aussi...

laeticha
20/02/13
 

Lorsque je lis ici ou là des articles consacrés à ce livre, je m'aperçois qu'il y a différents niveaux de lecture. De l'analyse en profondeur à mon niveau de simple lecteur. Le titre se réfère à un sermon d'Augustin tentant d'apaiser ses frères à la suite de la chute de Rome, prise par les Barbares. Je ne vais pas vous la faire intello qui a tout compris au parallèle fait entre les vies des deux jeunes gens et la philosophie de saint Augustin. Je suis plutôt hermétique à cette discipline malgré mes efforts pour tenter de la comprendre. C'est sans doute mon côté matérialiste. Non, je me suis attaché à l'histoire, aux personnages et surtout à la somptueuse écriture de Jérome Ferrari. Ses phrases sont longues, travaillées, permettent néanmoins de respirer de prendre des pauses. L'auteur excelle dans la tragédie, le sombre, mais la première partie de son roman est assez légère, voire même avec de vrais morceaux d'humour dedans, mais toujours avec distinction et un sens du verbe plus qu'évidentsLa seconde partie, dès lors que Libero et Matthieu sont au commande du bar devient plus sombre et l'on sent bien que la tragédie est imminente. Ces deux jeunes gens qui ont préféré arrêter leurs études de philosophie pour un travail dur et éprouvant ne s'y sentent pas si bien. Et puis, à l'instar de son grand-père Marcel, qui n'a jamais été accepté nulle part, Matthieu reste un étranger, même s'il force son accent. Il en fait des tonnes pour tenter de se faire accepter, et sans doute pour se faire croire à lui-même qu'il est ici à sa vraie place. Libero quant à lui est sarde, c'est à dire jamais à sa place, hors l'île natale, un pas grand chose, habitués que sont les Sardes à entendre toutes sortes de propos racistes et dégradants.Les personnages, qu'ils soient au premier plan ou au second sont très bien décrits, parfois dans leurs physiques et dans leurs attitudes et comportements, parfois sans le physique. Les liens entre eux sont disséqués : il se soutiennent, se détestent, s'aiment, se quittent, se retrouvent. Matthieu est l'image de celui qui ne vit que pour lui et dans le moment présentL'enfant gâté qui obtient ce qu'il veut, même aux dépens des autres. Comme un petit enfant qui croit que son jouet -ou son parent- caché est perdu ou qu'il n'existe plus.Le contexte est là aussi présent bien qu'esquissé assez rapidement : les deux guerres mondiales s'agissant de Marcel, le grand-père, la décolonisation, la Corse qui change, les moeurs qui évoluent. Le point central de ce roman étant la vanité, tant dans son sens d'orgueil que dans celui de futilité, des constructions humaines. A la fin, elles apparaissent pour ce qu'elles sont, lorsqu'elles ne sont pas détruites, des vélléités, des élaborations vides.Voilà, je suis sans doute passé à côté de la partie philosophique de ce texte, mais point à côté de sa beauté. J'avais été secoué par Un dieu un animal de Jérome Ferrari et je peux redire ici que j'adore son écriture, son art de faire de très belles et longues phrases. Yv

Lyvres
25/01/13
 

« Le sermon sur la chute de Rome » m’a de prime abord laissé perplexe. Non qu’aux premières pages, j’ai vu quelque-chose à redire à cet excellent roman, mais, même si le Ferrari nouveau se classe dans les grands crus classés de cette rentrée littéraire, on peut dire qu’il n’exhale pas toutes ses parfums si facilement. C’est un roman qu’il faut apprendre à mériter, amadouer au sens le plus littéral du terme, sous peine de passer totalement à côté. Ce qui vous accroche en premier, c’est la langue du récit, cette langue magnifique, puissante et ouvragée, à la fois extrêmement drôle, et qui sur certains passages, parvient à confiner au sublime. Cela faisait bien longtemps que ça ne m’était pas arrivé : juste reprendre la lecture d’un chapitre, comme ça, à haute voix, et s’imprégner de cette musicalité. C’est un travail d’orfèvre, redoutable de précision. Puis, nous comprenons à quel festin cherche à nous convier Jérôme Ferrari : ce roman est une profonde méditation sur l’impermanence. Et quoi de mieux, pour illustrer l’impermanence, que de nous plonger... La suite sur www.livredelire.com

Livredelire
24/01/13
 

Critique disponible sur mon blog http://www.marcbordier.com Le roman de Jérôme Ferrari mêle subtilement trois récits familiaux. Le premier et le principal est celui de Matthieu et Libero, deux étudiants en philosophie qui reviennent dans le village corse de leur enfance pour y reprendre un bar tombé à l'abandon. En s'entourant d'un musicien et d'une cohorte de jeunes serveuses peu farouches, ils vont redonner vie à ce lieu et le transformer en "meilleur des mondes possibles" (selon la formule de Leibniz), sorte de paradis terrestre ou les chasseurs locaux et les touristes de passage communient gaiement dans une ambiance festive et alcoolisée, jusqu'au jour où ce beau rêve s'abîme dans le ferment corrompu des jalousies, des vanités et des rivalités, avant de s'achever brutalement par un drame. En écho à ce rêve brisé répond le récit de la vie de Marcel Antonetti, le grand-père de Matthieu. Né en 1919, il rejoint l'armée française en mars 1940 avec l'espoir de devenir officier, mais l'armistice signé avec l'Allemagne trois mois plus tard met un terme précoce à ses ambitions, et il passe le reste de la guerre à errer entre Marseille, la Corse et l'Algérie. A la Libération, il s'engage dans l'aventure coloniale dans l'espoir de s'élever, mais ses désirs d'héroïsme et de grandeur se noient dans la langueur poisseuse de l'Afrique équatoriale avant de se dissoudre complètement avec la chute de l'empire français. Amer et désoeuvré, il revient dans son village natal en Corse pour y passer le reste de ses jours, l'esprit hanté par le sentiment d'avoir été dupé par la vie. La dernière histoire est celle d'Aurélie, petite-fille de Marcel et sœur de Matthieu, dont les espoirs de vie heureuse seront eux aussi déçus. Partie en Algérie sur les traces de Saint-Augustin faire des fouilles dans les ruines de la ville d'Hippone, elle vivra durant quelques mois un amour heureux avec un algérien docteur en archéologie avant qu'un fossé d'incompréhensions et de différences ne les sépare. Ces trois histoires sont bien entendu liées par leurs personnages, qui partagent entre eux des liens familiaux et géographiques. Mais elles illustrent surtout les idées exprimées par Saint-Augustin, le fondateur de la philosophie chrétienne, dont l'ombre plane tout au long du roman. En 410 après Jésus-Christ, à l'annonce du sac de Rome par les Wisigoths d'Alaric, l'évêque d'Hippone avait été interpellé par des fidèles qui accusaient le christianisme d'être à l'origine du déclin de l'empire romain. Dans un sermon resté célèbre, Saint-Augustin leur avait répondu que la chute de Rome n'était qu'une épreuve destinée à leur rappeler le peu de valeur des biens terrestres et périssables : les civilisations humaines naissent, grandissent et meurent, mais seule la cité de Dieu est éternelle et donc digne d'être adorée et glorifiée. C'est bien là ce que montrent les trois récits qui composent la trame du roman de Ferrari. Comme toutes les constructions humaines, l'empire colonial français ou le bar de Matthieu et Libero dans un village corse sont voués à s'écrouler dans leur vanité et leur finitude. J'ai bien aimé ce roman philosophique. Dans une narration à la fois sophistiquée et limpide servie par des phrases longues et à la mélodie travaillée, il captive en douceur ses lecteurs du début à la fin, jusqu'à un dénouement tragique et pessimiste que je me garderais bien de vous dévoiler. http:// Marc Bordier

marcbordier
07/01/13
 

Il est plus que temps que j’écrive une petite bafouille sur ce livre lu au mois d’août puisqu’il vient d’obtenir le prix Goncourt. Je n’avais jamais lu d’ouvrages de Jérôme Ferrari et j’y allais un peu à reculons à cause du titre. Un peu austère, non ? et assez brumeux. Ceci dit la quatrième de couv’ me plaisait beaucoup mis à part l’allusion à Saint Augustin. Saint Augustin, pour moi, était une référence un peu floue dont j’avais sans doute déjà vaguement entendu parler mais rien de plus. C’est dont avec appréhension que je me suis lancée dans cette lecture. Et dès les premiers mots j’ai découvert une vraie plume d’une grande force qui m’a tout de suite accrochée, une sublime écriture travaillée et fluide en même temps, un vrai régal. J’ai beaucoup aimé le fil générationnel de l’histoire ; Marcel, le grand-père m’a beaucoup touchée et c’est finalement son histoire qui m’a le plus plu alors qu’elle reste en toile de fond. J’ai eu moins de passion pour l’histoire de ces deux jeunes hommes qui se lancent dans la gérance d’un petit bar Corse et je me rends compte que plus que l’histoire de base, ce sont tous les à-côté que j’ai aimés, les petits détails de la vie des uns et des autres et surtout, surtout, cette écriture qui porte, à mon sens, vraiment le récit.Le fond du propos est plutôt déprimant puisque Jérôme Ferrari s’appuie sur ce message de Saint Augustin au moment de la chute de l’empire romain en l’an 410 : « un monde est comme un homme : il naît, il grandit et il meurt » et on sait d’avance que la chute sera rude. Les quelques passages sur le sermon m’ont plutôt ennuyée mais finalement je conseille ce roman rien que pour cette plume de conteur magnifique, intimiste et touchante et puis pourquoi pas pour faire la connaissance de Saint Augustin, comme moi.http://lesmotsdemelo.com/2012/11/le-sermon-sur-la-chute-de-rome-jerome-ferrari/ Amélie(Mélo).

MamzelleMelo
20/11/12
 

L'émotion m'étreint en refermant ce très beau roman, la gravité soudain saisit le lecteur lorsque le drame, pourtant annoncé à de nombreuses reprises, dormant sous chacune des pages tournées, se joue, expliqué en détails incontournables et logiques - et par là-même, insupportables.J'ai aimé Libero (la description de son épuisement moral est si parfaite) et Aurélie (le moment où elle sent avec tellement d'exactitude que sa considération pour son frère va se tarir), j'ai aimé l'alternance entre Marcel à partir de 1918 (avant Marcel donc) et la jeune génération dans le récit, j'ai aimé par-dessus tout les ruptures de style et la façon dont la plume de Jérôme Ferrari nous plonge dans le concret des endroits qu'il évoque, on est en Corse, en Algérie, en Afrique, on les voit ces vers qui sortent brusquement des yeux du médecin et ces bêtes qui grouillent, on entend l'accent des noms corses et on salive devant les charcuteries de Virgile.Il était une fois une famille Antonetti, qui allait vivre dans plusieurs mondes...

SagnesSy
17/11/12
 

D'accord avec Patricia, le parallèle est osé! ce livre m'a plu, sans plus...je préférais là où j'ai laissé mon âme; l'image de la Corse n'est pas tellement différente de celle que nous donnent en ce moment les médias, j'attendais autre chose., probablement une analyse philosophique plus profonde berthe

afbf
15/11/12
 

Le titre est dû au choix de Libero qui se penche sur les sermons sur la chute de Rome de Saint Augustin lors de ses études, ce qu'il pense être un acte de résistance, comme sans doute le sera cet acte d'abandonner les études pour se tourner vers un commerce. Malgré ce titre bien sérieux et bien pompeux, à mon avis, il m'est arrivé de sourire devant certaines scènes cocasses, comme celle de l'employée qui a pour coutume de caresser les parties intimes des hommes, ce qui "fidélise" les clients. Mais ce fut rare et même si j'ai aimé des phrases, je ne peux pas dire que j'ai aimé le roman ou alors, de manière inégale. Les passages rapportant les souvenirs du grand-père m'ont davantage intéressée mais ceux portant sur Aurélie et ses hésitations amoureuses (Aurélie en tant que fille m'a, par contre, plu) et sur l'insupportable Mathieu qui symbolise la lâcheté masculine culminant dans son incapacité à s'occuper de son père mourant m'ont agacée. Et j'ai trouvé que Jérôme Ferrari poussait trop son thème: entre la fin de la relation amoureuse, celle de la vie du père de Mathieu et celle d'un commerce, il y a trop de fins, pour moi, dans ce roman. http://vallit.canalblog.com/archives/2012/07/25/24675519.html#comments

cocalight
08/11/12
 

Un mélange très savant entre une vision philosophique voire métaphysique de l’homme et de son existence et une approche très moderne de ses gestes et ses aspirations avec des descriptions réalistes et même parfois crues et des dialogues assez percutants. L’histoire est vraiment bonne et la flopée de personnage très attachante. Quant à l’écriture, elle ne nous a jamais encore déçue.

Il m’est souvent arrivé de me demander dans quel monde je vivais…On a en effet souvent entendu parler de la fin de monde . Depuis Nostradamus à nos jours, cela s’est profondément accentué. Au millénariste se sont ajoutés les Cassandre. En effet, où que l’on aille l’irréversible fin de notre écosystème décriée par tant de chercheurs s’entend partout, jusque dans notre intimité. De plus en plus de consommateurs l’incluent maintenant dans leurs lignes de conduite : les gens se mettent à trier leurs déchets, on achète bio, équitable… Attention à celui qui ne suit pas ces nouveaux modes de vie. Si une personne ne respecte pas ce nouveau code de conduite, il est de suite mis à l’écart, comme un paria. L’homme se sent mal. De plus en plus mal. A cela s’ajoute une crise mondiale qui terrasse de plus en plus de foyers. L’homme perd son travail. Il n’a plus d’argent. Il n’a plus de toit. Et l’homme est encore désigné comme le fautif. Le monde en perdition serait en effet la création de l’être humain. Où qu’il aille et quoi qu’il fasse, l’homme construit et détruit ce qu’il fait. C’est en tout cas ce que nous entendons très souvent. Des mondes se créent, se détruisent, se recréent sur des cendres ou avec de nouvelles fondations, toujours et encore. L’homme se sent mal car il se cherche, encore et toujours.Suis-je le fruit de mes parents, de mon pays, du monde en gestation, du passé révolu ou d’un avenir incertain mais tout à fait réel ? Tant de questions taraudent l’être humain. Et si je meurs demain ou le 21 décembre 2012 comme tant le croient, qu’en sera-t-il de moi, de toi, de nous tous ? Y-a-t-il un après ?Si j’ai porté mon attention sur ce roman, c’est parce que l’auteur s’intéresse ici à ces questions. Humoristique, sérieux, à prendre au second degré, caricatural, peu m’importait…Le titre m’avait déjà saisie violemment.Résumé de la quatrième de couverture :Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. A la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibniz, transformer un modeste débit de boisson en « meilleur des mondes possibles ». Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d’irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l’âme humaine à se corrompre.Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d’une écriture somptueuse d’exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s’effondrer les mondes qu’ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d’échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.Mon avis :Je m’attendais à tout, surtout après avoir lu le résumé. J’étais curieuse. Comment l’auteur allait décrire ce monde dans lequel on vit, cet autre monde attendu, créé par nos mains et sur lequel on meurt ? J’étais là, sur le canapé, le livre entre les mains, sur le point de tourner ma première page. Un cœur mort ravivé par ces pages. Un cœur mort sur le point de revivre puis de mourir, à nouveau. Par sa faute. Son livre m’a dévorée. Cependant est-ce vraiment la faute de quelqu’un? D’autant que je suis toujours là, malgré tout.Dans ce roman, les lettres ont remplacé mon cœur battant. Et, depuis elles, je vis encore, ou plutôt je survis. Ce roman m’a changée. Depuis lui, je survis. Je suis en apnée. J’ai encore mal de ma lecture. Il est des thrillers qui ne font pas peur et des œuvres inconnues qui nous déchirent les tripes. Depuis ce livre, je me sens neuve. La mort m’a apporté la survivance. La survivance est en effet le thème de ce roman bien étonnant, caustique, drôle et malheureux.Quand on lit ce livre, on a envie d’en finir rapidement. Tout est noir dedans. Même l’humour, ai-je envie d’ajouter. J’ai parfois ri en m’en voulant de rire et en riant de cette réaction. Néanmoins j’ai continué, affamée. Dès la première page, j’ai été hantée par ce roman qui nous dit que rien n’est acquis dans la vie. Nos certitudes s’évanouissent. Notre vision se diminue. On devient aveugle. On crie. La vue nous revient. Mais ce n’est plus la nôtre. Nous devons apprendre à la faire nôtre. S’approcher d’elle, la comprendre et devenir elle. Et on fait tout cela en souffrant dans une franche rigolade ! Ce livre m’a presque rendue malade. J’avais hâte d’en finir. Toutefois je devais prendre mon temps. Chaque mot semblait bien placé. Pas un mot de trop. Une écriture puissante. Des phrases extrêmement longues qui donnent souvent le tournis et qui nous font relever la tête, comme pour respirer enfin. Et on continue, entrainé par une spirale de détresse. Je me suis crue maso à un moment. Je ne cessais de me demander pourquoi je poursuivais. On sait en effet dès le départ que cela va mal se terminer. Le champ lexical est pétri de termes apocalyptiques et cela va crescendo. Mais je ne pouvais m’arrêter. J’étais hypnotisée par l’écriture qui promet quelque chose de précieux. C’est là, sous-jacent.C’est l’histoire d’une famille corse. Cela pourrait commencer par une blague. Ce livre en est peut être une, du reste quand on y repense. Contrairement à ce qu’évoque le titre, nous ne sommes pas à Rome. Nous avons déjà le ton du livre ici. Ce livre nous invite en effet à nous méfier des apparences, constamment. Nous sommes donc en Corse. Nous sommes avec un dénommé Marcel, né après la première guerre mondiale. On le voit traverser le siècle. Il se marie, a des enfants et un travail. Il vieillit. A des petits-enfants. Toujours, il essaiera de trouver sa place dans ce monde où il n’a jamais su vivre. Lorsqu’il meurt, son monde meurt avec lui. Pendant ce temps, arrivent deux jeunes hommes, Matthieu et Libéro, tous deux fraichement débarqués de Paris où ils poursuivaient leurs études de philosophie. Ils sont tous les deux corses, l’un est le petit-fils de Marcel. Ils se sentent bien en Corse. Ils se sentent chez eux. Eux sont issus d’un autre monde fait de jeunesse, de philosophie et d’illusions aussi, peut être. Mais tous deux sont issus aussi du monde de Marcel. Lorsqu’ils apprennent que le bar local cherche preneur, ils décident de tout abandonner pour redonner vie à ce petit village. Ils redonneront vie à ce village en effet, un temps. L’auteur semble nous dire que tout a une fin. La vie se meurt, toujours. La jeunesse vieillit. Les illusions disparaissent. Les hommes meurent. C’est normal, ne vous en faites pas. Ceci a toujours été, nous dit l’auteur.Saint Augustin n’a-t-il pas fait un discours à Hippone en 410 après Jésus Christ dans lequel il proclamait que « les mondes sont comme les hommes, ils naissent et ils meurent » ?« C’est la vie, il n’y avait pas grand-chose à faire, et encore moins à dire ». « Le démiurge n’est pas Dieu ».Aurélie, sœur de Mathieu, aimerait quant à elle, vivre sa relation sentimentale normalement et partir avec son compagnon algérien librement mais au consulat français situé en Algérie, personne ne veut délivrer de visa à son ami. Triste, elle sait qu’il n’y a qu’un endroit où elle peut vivre sa relation et ce n’est ni en France, ni en Algérie. Ce petit endroit se situe dans « les limites du monde. C’était un morceau du Vème siècle, qui subsistait dans les pierres effondrées d’Hippone où l’ombre d’Augustin célébrait encore les noces secrètes de ceux qui lui étaient chers et ne pouvaient s’unir nulle part ailleurs ».Cependant qu’est-ce que Saint Augustin, évêque à Hippone et que la plupart ne connaissent pas, fait ici allez-vous me demander ? Le rapprochement avec la Bible est facile dites-vous ? Et vous voulez fuir. Ne fuyez pas, même si ce roman fait mal à en mourir, on survit. Même si l’auteur compare la déchéance qu’a amenée la gérance d’un bar corse à la religion, ne fuyez pas. Le rapprochement est bien fait. Il accentue ses propos avec cette comparaison. Ce « sermon », pour reprendre le mot de l’auteur, est un magnifique pont entre le passé et le présent pour nous délivrer un message, non pour prêcher quoi que ce soit. En conséquence, peu importe que vous soyez chrétiens, protestants, ou autre. L’essentiel pour l’auteur est de décrire la déchéance de cette famille dont la chute est inévitable mais pas désespérée.Dépassez les apparences de ce livre au titre pompeux et entrez dans un merveilleux roman atypique et profond qui nous amène à réfléchir sur le monde dans lequel on vit. Je ne connais pas l’auteur mais il semble très impliqué dans ce qu’il écrit. De là peut être aussi sa force qui nous accule un peu plus contre le mur et nous fait nous délecter de son histoire. Vous partirez avec lui à la frontière des mondes, ceux des possibles et ceux des impossibles, vous sourirez, vous souffrirez, mais vous sortirez de là changé, que vous ayez ou non tiré un enseignement de son « sermon ».Lutter contre l’oubli en témoignant de notre passé, vouloir se libérer de notre condition humaine nous amène au dépassement de nous-mêmes car le monde dans lequel on vit nous dépasse. Et peut être que pour vous, le mot fin sera maintenant synonyme de début?

Soune
19/10/12
 

J'ai été un peu désappointée avec cette lecture. Après le dernier Laurent Gaudé, je serai bien restée un peu plus longtemps dans l'époque riche, mais trouble de l'Antiquité. Ne faîtes donc pas comme moi, ne faîtes pas confiance aux titres des ouvrages ! GrrrrrrrrrRome ne s'est pas bâtie en un jour, mais sa chute, longue elle-aussi, inspire parfois des comparaisons curieuses (mais expliquée).Marcel et Matthieu, son petit fils, sont des protagonistes qui ne peuvent que nous toucher. Leur histoire de famille, cela pourrait être la nôtre. On tient en main comme deux fils d'Ariane et on les suit. Peut importe les années écoulées. Ce qui m'a en revanche ennuyé, c'est que d'autres pistes sont apparues, mais on les a mise de côté, voir complètement oubliées. Dommage, je me suis sentie quelque peu frustrée par ces possibles non explorés. J'ai apprécié le style d'écriture même si parfois, il faut être attentif à ce que l'on lit, sous peine de se perdre. Les descriptions sont belles, pas ennuyeuses et détaillées pour nous sembler toujours plus vivaces. La Corse, cette ile de beauté, le mérite. Voilà une lecture qui fait réfléchir, qui pose des questions assez simples, mais dont les réponses sont au contraire complexes, embrouillées, emmêlées. Vit-on notre existence ou passons-nous notre temps à la rêver ?Chronique d'une fin annoncée, c'est un bel ouvrage qui mérite l'attention de lecteurs venus d'horizons divers pour une problématique universelle. Heureusement que la littérature est là pour nous sauver… http://espace-temps-libre.blogspot.com/

emeralda
17/10/12
 

[...]Ah, la pile des Actes Sud de la rentrée… Chaque année, je suis surexcitée lorsque je les vois arriver parce que je sais que je vais lire de beaux textes bien écrits et bien édités. Pour Le Sermon sur la chute de Rome, j’avais en plus le souvenir assez vivace d’Où j’ai laissé mon âme, que je n’avais pas lu l’an dernier mais dont on m’avait dit beaucoup de bien. Du coup je l’ai pris sans trop hésiter, certaine d’aimer ce que je lirais.[...]

Readingintherain
17/10/12
 

J’ai été tellement touchée par « Un dieu, un animal » et « Où j’ai laissé mon âme » que je m’attendais au même emportement. L’écriture est belle, toujours compacte et dense, mais l’histoire m’a beaucoup moins émue : sur les 200 pages, presque les trois quarts avant d’arriver au basculement des mondes. L’amitié entre Matthieu et Libero me parait très fabriquée et presque superficielle en tout cas sur l’échelle temps, la complexité des personnages est plus forte sur les seconds rôles.Chacun rêve sa vie, son monde et le fil conducteur « les mondes sont comme les gens, ils naissent, grandissent et meurent » est bien décortiqué, mais encore une fois, j’aurai préféré le chaos un peu plus tôt dans le livre, n’empêche que Jérôme Ferrari a définitivement du talent et qu’il est très fort. Cocotcha

cocotcha
02/10/12

Mathieu et Libero, deux amis corses exilés à Paris pour suivre des études de philosophie à l’université, décident de tout plaquer et rentrent sur l’île de beauté pour reprendre le bar du village de leur enfance. L’endroit ne désemplit pas et devient un lieu festif où l’insouciance et la joie de vivre semblent régner en maître. Malheureusement, même dans ce « meilleur des mondes possibles », la bassesse de l’âme humaine va reprendre ses droits et tout engloutir… Au-delà des mésaventures de jeunes écervelés emportés par leur triomphe commercial, Jérôme Ferrari relate la saga en accéléré d’une famille corse sur trois générations. De Marcel le grand-père à Mathieu son petit-fils, c’est une histoire placée sous le signe de la destruction qui est offerte au lecteur.Sans forfanterie, l’auteur du sublime Où j’ai laissé mon âme entend élever la littérature face à la bêtise. Cette dernière est ici représentée par le troquet des deux amis. Pour eux, il importe de protéger leur paradis de tout contact avec l’esprit, d’ériger un monde dans lequel la pensée n’a plus sa place : « Mathieu et Libero étaient les seuls démiurges de ce petit monde. Le démiurge n’est pas le Dieu créateur. Il ne sait même pas qu’il construit un monde, il fait une œuvre d’homme, pierre après pierre, et bientôt, sa création lui échappe et le dépasse et s’il ne la détruit pas, c’est elle qui le détruit. » Le sermon sur la chute de Rome montre l’effondrement des rêves les plus fous et des faux espoirs, cet effondrement qui sonne le glas des désirs insatisfaits, des croyances creuses et décevantes. En filigrane, le message est clair : point de salut dans le cynisme commercial qui ne pourra, à terme, qu’entraîner ceux qui le glorifient vers le pourrissement. Comme toujours chez Ferrari, la langue est superbe, à la fois poétique et abrupte, et l’écriture, oscillant sans cesse entre un lyrisme maîtrisé et un vocabulaire des plus crus, reste d’une incroyable fluidité. Cette réflexion sur la disparition d’un monde n’a rien d’une lamentation et encore moins d’une quelconque leçon de morale. Ce texte magnifique est surtout empreint de pessimisme et d’une bonne dose d’humour noir. Assurément pour moi le roman français de l’année.

jerome60
30/09/12
 

Dans le bar d’un petit village Corse, on voit différents repreneurs tenter leur chance, essayer de construire quelque chose qui, inéluctablement, s’écroule. Deux jeunes étudiants en philo décident de tout lâcher pour le remettre à flot. Un livre magistral qui pointe la faiblesse des hommes qui ont oublié leur propre finitude, aveuglés par leurs rêves et leurs désirs, et convaincus de l’immuabilité du monde qui les entoure. Et en fond résonne le sermon de Saint Augustin : « Depuis quand crois-tu que les hommes ont le pouvoir de bâtir des choses éternelles ? … Rome est tombée, mais n’est-ce pas, en vérité, comme s’il ne s’était rien passé ? »

Lou88
29/09/12
 

J'ai découvert la superbe plume de Jérôme Ferrari avec son roman "Où j'ai laissé mon âme" qui traite de façon majestueuse des tortures en Algérie. C'est donc tout naturellement que j'ai lu "Le Sermon sur la chute de Rome". L'écriture est toute aussi magnifique. Cependant, l'histoire m'a beaucoup moins intéressée. C'est l'histoire de Mathieu petit fils de Marcel dont on suit sa vie au travers de quelques moments clés de son existence à travers le siècle passé. Il est question également de l'histoire de ce petit bar corse qui sera repris par Mathieu et son ami Libero. Des rapports entre ces deux jeunes gens amis depuis le très jeune âge. Mais il est aussi question de moeurs, de rapports entre l'Algérie, chère à l'auteur, et la France et de violence...En conclusion : histoire peu prenante servie par une superbe écriture. Vepughttp://coffresalivres.canalblog.com

Vepug
26/09/12
 

Quand j’ai commencé ce roman, j’étais contente de lire un livre où il y avait une histoire (et même deux), où il se passait quelque chose.Deux histoires sont effectivement mêlées et remontent ensemble pour se rejoindre.Il y a d’abord Marcel, le grand-père de Matthieu, dont on suit le cheminement de vie.Il y a ensuite Matthieu qui n’est pas très a l’aise dans sa vie et se cherche.Ces deux récits ne sont pas tout à fait écrits de la même façon et celui de Marcel est plus poétique, plus onirique aussi.Il remonte à une époque où la Corse était plus sauvage, moins envahie par les touristes.Le jeune Marcel aspirait alors à découvrir le monde, à devenir quelqu’un.Ce retour dans le passé se fait au fil des souvenirs, des chagrins de Marcel.Face à cette histoire, on découvre celle d’un enfant gâté, Matthieu, qui ne se sent pas à l’aise à Paris où ses parents habitent et préfèrerait vivre en Corse où sont ses racines.Mais cet enfant n’est pas corse et n’est pas tout à fait chez lui où qu’il soit.L’un comme l’autre sont des individus malheureux, qui se cherchent sans se trouver, mais qui choisissent des chemins où ils ne peuvent que s’égarer.

Estellecalim
22/09/12
 

Livre de plus de 200 pages dans un style littéraire assez précieux mais d'une grande richesse lexicale, partagé en 7 chapîtres dont les titres, à l'image de l'histoire rapportée, se répondent en écho et sont tirés du "serment de Saint Augustin à Hippone pour consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres", ce sont ici les membres de la famille Antonetti et Pintus comme la petite communauté des habitués du bar de ce petit village corse où se déroule l'essentiel des événements qui verront leur petit monde grandir et exploser. Ce sont plus particulièrement Marcel Antonetti, Matthieu Antonetti, Aurélie Antonetti et Libero Pintus auxquels s'attache Jérome Ferrari et son lecteur. Les moments de leur vie les plus cruciaux sont ici visités de l'intérieur avec pour scène principale le bar que Matthieu et Libero reprennent en main et re développent.. Le cadre choisi est la Corse, son histoire et sa culture sont merveilleusement rendus dans son immuable destin. Outre les multiples rebondissements dans la gestion du bar de Marie Angèle, où se succèdent les gérants plus ou moins heureux ce sont les destins contrariés de Marcel qui voyait dans une carrière militaire la quête d'un destin glorieux mais qui ne le connut jamais, c'est aussi Matthieu né continental qui cherche à travers des études de philosophie (Leibniz) une raison d'être, mais qui finalement se perd en chemin avec la gérance de ce bar, celui de sa soeur Aurélie, archéologue sur les traces de Saint Augustin en Algérie se heurtant à la culture machiste, anti colionaliste de ce pays et enfin de Libero, ami sarde mais profondément insulaire, abandonnant ses certitudes après un master de philosophie dur saint Augustin pour bousculer et diriger Matthieu à travers la reprise du bar, peut-être celui le plus proche de la culture et de ses racines corses. Récit très poétique parfois long dans la recherche d'uen écriture quasi précieuse, c'est le récit de vie de cette communauté autour d'un bar, tout d'abord intimiste puis à la limite du bar à hôtesses dans ses bouleversements, ses amours et ses jalousies puis finalement ses déviances pour finir en drame, intimement lié aux rapports entre Matthieu et Libero, leurs hésitations et leurs attentes les plus profondes. J'avoue m'être parfois accroché pour poursuivre cette lecture mais ne le regrette nullement.

Achille49
21/09/12
 

Chronique familiale sur plusieurs générations ? Oui, mais pas seulement. Chronique sur l’impossibilité de vivre sa vie rêvée ou de rêver sa vraie vie ? Également. Chronique sur l’inéluctable fin des mondes ? Aussi. Il y a tout ceci dans « le sermon sur la chute de Rome » avec en plus et non des moindres, le style de l’auteur. Certaines descriptions sont superbes. « Mais nous savons ceci : pour qu’une monde nouveau surgisse, il faut d’abord que meure un monde ancien. Et nous savons aussi que l’intervalle qui le sépare peut être infiniment cours ou au contraire si long que les hommes doivent apprendre pendant des dizaines d’années à vivre dans la désolation pou découvrir immanquablement qu’ils en sont incapables et qu’au bout du compte, ils n’ont pas vécu. »Cette phrase résume la vie des protagonistes de cette histoire.Nous sommes en Corse. Marcel, vieil homme aigri, égrène ses souvenirs lui qui n’a jamais pu réaliser son rêve de s’élever dans la société, ni fonder une famille. Il y eut toujours un obstacle insurmontable et il restera définitivement en marge de sa vie. Son retour au Pays n’est pas ce qu’il aurait voulu et il passe son temps à contempler une vieille photo sur laquelle il ne figure même pas. Le vide est sa vie, lui qui n’a pas su retenir sa jeune femme morte après avoir donné naissance à un fils qu’il a lâchement, mais non sans bon sens, abandonné à sa sœur Jeanne-Marie. Le souvenir de la scène avec la ****, crue et pleine de désespoir suivra Marcel comme une trace honteuse. C’est presque un résumé de sa vie, toujours cette honte qu’il traînera. Par contre, il sera le coup de pouce et permettra à son petit-fils de revenir s’établir dans la Corse que ses parents, cousins germains, ont fui. Matthieu et Libero prennent un bar dans leur village. A partir de cet instant, à eux la belle vie avec des serveuses accortes, l’alcool coulant à flots….. Puis le livre s’enflamme et tout va crescendo jusqu’au coup de pistolet final.Voici ce qu’ils étaient devenus, alcooliques, fêtards, je-m’en-foutismes, égoïstes, cyniques…la nuit de veillée du jeudi saint les dépeint très bien: « Ils étaient restés debout toute la nuit, au bar, pour ne pas avoir à se réveiller, ils s’étaient lavés les dents dans l’évier du comptoir, mâchaient maintenant des chewing-gums à la menthe fraîche pour que leurs haleines alcoolisées ne troublent pas la piété de cette nuit de deuil »Matthieu croyait servir son rêve alors que, comme le dit sa sœur Aurélie « il demeurerait pour toujours la petite merde en laquelle il s’était métamorphosé en un temps record, avec un talent qui forçait l’admiration, elle était prête à le reconnaître et personne ne pourrait plus l’aider car il serait trop tard, et les jérémiades lui seraient interdites, comme le confort des regrets… »Pour clore ce livre le sermon de Saint Augustin que Jérôme Ferrari nous rend si facile et agréable à lire. Il permet une focalisation sur la fin des mondes, la faillite des vies de Matthieu et Marcel, entres autres. Ce sermon garde toute sa modernité alors que, soi-disant, nous serions à la fin d’un monde.Un livre fort, un style différent et peu banal avec, à certains moments, des phrases très longues, mais faciles à lire. Je n’avais pas de résumé, ne suis pas allée à sa recherche et ce fut, de bout en bout, une bonne découverte.

zazy
03/09/12
 

Je suis assez perplexe après la lecture de ce roman. Nul doute que l'auteur a un grand talent d'écrivain, même si je n'apprécie pas forcément les phrases très longues qui appesantissent le style. Toutefois, je n'ai pas vraiment compris l'objectif du livre.L'auteur semble vouloir montrer que le monde est mauvais et que nos deux personnages, Libero et Matthieu ont eu tort d'abandonner des études de philosophie pour renouer avec leur village. Matthieu prépare une thèse sur Leibniz et Libero sur Saint Augsutin, quand ils abandonnent Paris et le monde intellectuel pour tenir un bar en déshérence dans leur Corse natale. Ici, les hommes sont beaucoup plus "terre à terre" et il faut se méfier de tout.Libero semble vouloir montrer que lui, enfant de paysan sarde peut être une personne respectée en Corse et Matthieu ne parvient pas à s'affirmer, tout comme son grand-père, Marcel qui fut sans cesse tenu à l'écart des grands évènements (famille, réformé pour les guerres, administrateur de seconde zone en Afrique).L'auteur alterne des paragraphes sur la vie du bar, celle de Marcel et des épisodes sur la vie d'Aurélie, la sœur de Matthieu.J'ai parfaitement perçu un malaise chez les personnages. Ils sont tous un peu désenchantés, ils bâtissent leur avenir sur de bonnes intentions mais la construction est chancelante. Pourtant, je n'ai pas réussi à cerner les origines de leur malaise.Il me manque une réelle compréhension des personnages et un lien entre les différents personnages pour donner une cohésion à cette histoire intéressante de survie d'un petit bar de village.

jostein
03/09/12
 

Un sermon consolateur sur le monde Le sermon sur la chute de Rome fait écho aux sermons que Saint Augustin prononça suite au sac de Rome - prélude à la chute de l'Empire romain - pour apaiser le profond désarroi de ses frères en leur faisant miroiter la cité de Dieu, car les mondes terrestres ne sont pas plus éternels que les hommes. Comment affronter la fin des mondes humains sans désespérer de la vie ? Peut-être en écoutant ce sermon compassionnel romanesque d'une cruelle lucidité que Jérôme Ferrari adresse à ses lecteurs.L'auteur explore le «cycle immuable de la naissance et de la mort» au travers de mondes terrestres multiples, individuels et collectifs, qui se côtoient, s'emboîtent et se succèdent à l'infini, ranimant le temps d'un livre les vestiges des mondes morts et faisant revivre leurs fantômes tout en exhumant, tel un archéologue du présent, des mondes enfouis dans le secret des vivants. Et il s'intéresse particulièrement aux passages entre ces différents univers, à ces mondes qui soudain s'écroulent sans qu'on ait rien vu venir ou ces seuils jamais franchis qui jalonnent le réel, au difficile abandon de l'enfance pour entrer dans le monde adulte et surtout au mystère de la mort.Le livre a pour «centre de gravité» un village corse auquel Jérôme Ferrari s'amuse à rattacher la belle-famille du héros d'Où j'ai laissé mon âme dont nous suivons deux générations, celle du grand-père et celle des petits- enfants. Et il nous ramène dans le bar de Marie-Angèle Susini huit ans après le fait divers sanglant sur lequel s'ouvrait Balco Atlantico dont il semble prolonger la thématique principale de la mémoire. Le sermon sur la chute de Rome est un roman à l'humanité apaisante dont les préoccupations mystiques ne sont pas absentes. Car si le monde fictif de Jérôme Ferrari reste ancré dans la cité des hommes, l'auteur sait y porter un regard perçant capable de dépasser la matérialité des mondes terrestres. Tantôt drôle ou touchant, poignant et douloureux, lucide et caustique, nostalgique ou inquiet, ce sixième roman de Jérôme Ferrari revêt des tonalités très variées, prenant dans certains passages une dimension épique confinant au mythe. Et le retour de la dérision, totalement absente dans ses deux derniers livres, sera sans doute une découverte pour certains.

ECaminade
01/09/12
 
  • Auteur : FERRARI, JEROME
  • Éditeur : ACTES SUD
  • Distributeur : UNION DISTRIBUTION
  • ISBN : 9782330012595
  • Date de parution : 19/08/12
  • Nombre de pages : 208

Format

  • Hauteur : 21.70 cm
  • Largeur : 11.50 cm
  • Poids : 0.20 kg

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