Le soleil et l'acier

MISHIMA, YUKIO

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 15/06/93
LES NOTES :

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La lecture japonaise du mois de septembre, toujours dans le cadre du Challenge Écrivains Japonais d'Adalana. Ce mois-ci est consacré à Yukio Mishima. J'ai choisi de lire Le soleil et l'acier un peu par fainéantise, et aussi parce que l'idée pouvait sembler prometteuse : un livre quasi-testament pour un auteur qui se fera seppuku deux ans plus tard. J'ai hésité à chroniquer ce livre, puisque je dois avouer que je n'en ai pas compris grand chose. C'est un essai où l'auteur discute de plusieurs sujets tous plus philosophiques et abstraits les uns les autres. On suit sa démarche pour unir le monde des mots, le monde de l'esprit et le monde du corps, pour s'assurer de la réalité en se désolidarisant de tout imaginaire, tout en flirtant avec la mort.[la suite sur 233°C] Baroona - 233°Chttp://233degrescelsius.blogspot.fr/

Baroona
29/10/15
 

Je connaissais de Mishima quelques-uns de ces romans (Confessions d'un masque, Le tumulte des flots, pour ne citer que ceux-là) ; je me suis donc plongé dans ce court essai écrit à la toute fin de sa vie avec curiosité. J'ai été séduit par sa réflexion progressive et originale, quoique parfois un peu obscure, concernant le rapport conflictuel entre les mots et le corps. L'auteur japonais est, à la fin de sa vie, obsédé par la puissance physique (qui lui a manqué pour obtenir le droit de mourir en héros pendant la Seconde Guerre mondiale). Il se met alors en tête de se construire un corps athlétique et se soumet pour ce faire à un entraînement drastique. Au cours de cet entraînement, il nous transmet des réflexions sur la conscience de soi, la mort... L'épilogue, où il se met littéralement dans la peau d'un pilote peinant à choisir entre le ciel et la terre ferme, est un bijou. Bref, un essai philosophique au style épuré et magnifié, à lire absolument !

Shirayukihime
29/06/14
 

Le Soleil et l'acier est indéniablement le fruit d'un esprit torturé. Yukio Mishima invente avec ce titre ce qu'il a appelé la critique confidentielle : "J'y vois un genre crépusculaire à mi-chemin entre la nuit des confessions et le grand jour de la critique. le "je" qui va m'occuper ne sera pas le "je" qui se rapporte strictement à l'histoire de ma personne, mais autre chose, ce qui reste après que tous les autres mots que j'ai proférés ont fait retour en moi, quelque chose qui ne se rapporte ni ne fait retour à mo-même." (p.9). Qu'entend donc Mishima par ces quelques explications, lui qui considère les mots comme "un moyen de réduire la réalité en abstraction afin de la transmettre à notre raison, et leur pouvoir d'attaquer la réalité dissimule inéluctablement le danger latent que les mots soient eux aussi attaqués." (p.11) ? C'est après avoir découvert Le Soleil et l'acier que lui vient cette étrange révélation qui mêle souffrance (sado-masochisme pourrait-on dire), esthétisme et mort. Mishima prend soudain conscience de son corps. de son enfance marquée par la tyrannie des mots, il comprend désormais que la culture physique est le moyen ultime d'échapper aux mots et de nourrir l'esprit. Mais pourquoi ? Chez Mishima, tout obéit à une impulsion romantique régie par la beauté de l'art et le penchant pour la tragédie. L'auteur déroule son discours, revient en arrière, se projette de nouveau dans le courant tourbillonnant de ses pensées. S'il a conscience que ses réflexions sont difficilement compréhensibles, il ne perd pas de vue son principal objectif et travaille consciencieusement à la mise en scène finale de son suicide par seppuku (1970). Signe d'un esprit irrémédiablement tourmenté et perfectionniste, la démarche toute personnelle de Mishima a durablement marqué les esprits. La lecture du Soleil et l'acier constitue une étape déterminante dans la compréhension de cette fascinante figure de la littérature japonaise...Les concepts définis par Mishima sont difficiles à saisir : sa façon de les exprimer et de leur donner vie, dérouteront certainement le lecteur non averti. de Mishima, je n'avais lu que le recueil de nouvelles Dojoji et autres contes. J'y sentais déjà les signes d'un esprit complexe et tourmenté et cette lecture apporte un éclairage assez troublant sur la personnalité de Mishima. Malgré sa petite centaine de pages, Le Soleil et l'acier mérite une seconde lecture. Si la traduction m'a parfois paru maladroite, le texte justifie largement l'intérêt porté à l'oeuvre de Mishima. Je pense pour ma part que l'auteur n'a pas fini de m'étonner. C'est donc avec enthousiasme que je me lancerai dans une découverte plus approfondie de son travail... Alcapone13

Alcapone
25/08/13
 

Mishima peut faire partie de ces penseurs, avançant masqués, qui font toujours semblant de choisir un camp. Toujours prêchant l'art pour magnifier l'instant, glorifiant le corps pour l'amener vers les précipices propres à l'esprit, Mishima ne cesse pas d'avancer à reculons. Seule concession : l'édition de ses écrits qui consiste simplement à « faire le tri de ses déchets toujours familiers pour les jeter au public ». Dans Le soleil et l'acier, on découvre l'homme transformé en alliage éclatant non de soleil et d'acier, eux ne sont que des moyens et des paliers et presque des métaphores, mais de forme et de force, d'esprit et de chair, de mots et d'un corps. Derrière ce premier jet de sable, Mishima se cache, joue avec le lecteur et avec sa propre vie pour mimer l'explication de sa transformation ; il nous amène jusqu'à un point de réflexion pour immédiatement le faire disparaître devant nos yeux.C'est dans ces variations que le soleil et l'acier prennent toute leur importance : il s'agît pour un temps de gouverner l'esprit par le corps, de l'acclimater à sa beauté formelle que les mots corrompent et recréent en alchimistes maniaques. Ces mêmes mots qui ont fait de Mishima, comme tout homme de lettres, un être excessivement conscient de lui-même. Puis l'instant d'après, cet amour inconditionné de la musculature saillante, vivante et bourdonnante rejoint les brouillons du dédain de son style et de son idiosyncrasie. Pour un temps seulement voilà les mots qui jouent à parts égales avec l'humanité.Aux temps suivants, l'intelligence anémiée de Mishima monte toujours plus haut et tente de loger ensemble corps et esprit, de voir conscience et existence main dans la main. Cet état céleste d'union verrait la douce et rare résurrection du corps d'après l'effort se lier aux cimes quotidiennes d'un esprit puissant, vain et orgueilleux. La découverte qu'il s'offre alors en récompense c'est la pensée de la mort comme principe supérieur unissant corps et esprit, unissant les deux surfaces primordiales qui accoucheraient d'une « force physique compulsive du divin ». Derrière la sauvagerie du terme (la seule de l'ouvrage), on y lira la trajectoire d'un homme absolument omniscient qui, ayant redécouvert l'existence de son corps, finit par se le réapproprier comme son organisme – mieux comme le Moi d'un instant héroïque, celui de l'union des forces de ces deux mondes qui lui ont été donnés.

kzfkz
07/06/13
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.08 kg

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