Le tunnel

SABATO, ERNESTO

livre le tunnel
EDITEUR : POINTS
DATE DE PARUTION : 15/03/95
LES NOTES :

à partir de
6,00 €

SYNOPSIS :

Dans l'Argentine des années 1940, Juan Pablo Castel, un peintre, tente d'expliquer la logique insensée qui l'a conduit,
presque malgré lui, à assassiner sa maîtresse, Maria Iribarne, femme qui était devenue sa seule raison de vivre.
1 personne en parle

Un grand roman par un auteur argentin à la stature de classique.Bien que cette quatrième de couverture dise tout du récit, de la folie de cette passion amoureuse, le propos est plutôt celui de la solitude fondamentale, de l'incommunicabilité, d'une désespérance humaine et d'un dégoût de l'humanité, de l'absurde de la vie. Paru en 1948, ce roman est teinté d'existentialisme. Ce thème, cette description-démonstration presque clinique de la jalousie, employant le JE narratif qui s'adresse parfois au lecteur, en est l'illustration."Toute notre vie ne serait-elle qu'une suite de cris anonymes dans un désert d'astres indifférents ?Elle restait silencieuse. "Le narrateur vit, sur un temps extrêmement resserré, une violente passion pour une jeune femme - Maria Iribarne - croisée lors d'une exposition de ses toiles. Sur l'une d'elle, elle a regardé, longuement, intensément, une scène dans un coin d'un tableau, une petite fenêtre, le paysage au-delà, l'attente devant la mer. Pour l'artiste, cet espace, que d'autres n'avaient pas remarqué sur la toile, ouvrait sur une part intime de son être, de son mal-être. Et c'est la rencontre fantasmée. Il n'aura de cesse de (re)trouver cette jeune femme, de s'assurer de son émotion puis de ses sentiments. Ce qu'il appelle amour, à peine l'a-t-il rencontrée, est cette hystérie, ce besoin d'elle, cette rage d'elle, cette urgence de vivre pleinement sous le regard de cette femme, exclusivement sous le regard de cette femme; cette urgence de la posséder. L'âme soeur, sans la connaître - " Je ressentis ce que j'avais souvent ressenti depuis le jour de l'exposition : que c'était un être tout semblable à moi " - et cette frénésie, cette fureur, cet effroi, de ne pouvoir accéder à l'absolu de la parfaite union. Union, pas liaison." Elle sentit peut-être mon anxiété, mon besoin de communion : l'espace d'un instant, son regard s'adoucit et parut jeter un pont entre nous; mais je sentis que c'était un pont provisoire et fragile suspendu au-dessus d'un abîme. "Cet abîme est pervers, la parole est dense, la tension prenante, la lecture fluide rythmée par des chapitres courts pour un texte d'une centaine de pages. Il ne s'agit pas d'une confession, pas d'une justification, il s'agit d'une autobiographie, de l'autopsie d'un homme et d'un crime dont les motifs sont orientés vers la relation au monde. Rien n'est jamais confirmé; un malaise à la lecture de ce mal-être. Profondeur de ce texte qui sonde les profondeurs.En regardant cette fenêtre, en le voyant par cette fenêtre, Maria a donné du sens à l'artiste - qui ne se préoccupait pas de ses succès critiques -, du sens comme un écho, une réponse; un sens comme vers une destination. C'est l'image du tunnel du titre, métaphore de la solitude viscérale du narrateur et du miracle de galeries qui se touchent qu'il croit vivre. Et ce rêve fou devient cauchemar dément.Ce récit se livre à une véritable analyse des rouages et processus de la jalousie, du doute haineux, du trop et du pas assez. Maria ne sait résister à l'attraction qu'exerce sur elle cet artiste. Elle se donne à lui, entre tendresse et fuite, sans le satisfaire, Juan Pablo toujours en quête de réponses, de confirmations, tourmenté et tourmenteur, lui refusant les silences, les absences. Pour l'exclusivité de l'unique, de celle qui...

Marilire
06/01/14
 

Format

  • Hauteur : 18.00 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.10 kg

Dans la même catégorie