Le village de l'allemand ou le journal des freres schiller

SANSAL, BOUALEM

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 03/01/08
LES NOTES :

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7,99 €
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Ebook

SYNOPSIS :

Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d'Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d'une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid... Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à
travers le regard d'un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l'extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s'y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. " A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. " Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d'une sincérité bouleversante.
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Publié en 2008, le village de l'allemand est un livre bouleversant, très fort, qui appelle à la réflexion. Il nous rappelle que le plus grand drame du vingtième siècle avait pour nom nazisme, et nous ouvre les yeux sur celui de la fin du siècle et du début du vingt et unième, qui peut être aussi dramatique, pour l'auteur, l'islamisme. Basé sur une histoire authentique, Boualem Sansal, écrivain algérien, traite de la Shoah, de la guerre des années 90 en Algérie, et de la montée de l'intégrisme dans les banlieues françaises, il n'hésite pas à faire des comparaisons entre la doctrine qui a entraîné l'extermination de millions de Juifs et celle qui provoquait des massacres dans les villages d'Algérie, et qui fait monter la haine dans les cités, qui recrute des combattants pour les conflits menés au nom d'un Islam radical. En 1994 un massacre est perpétré par les fanatiques du GIA, dans un village prés de Sétif. Les frères Schiller, de mère algérienne et de père allemand, qui vivent en France, apprennent le décès de leurs parents. L'aîné, qui a une bonne situation professionnelle et sociale, part se recueillir sur leurs tombes. Au cours de ce voyage, il fait une découverte sur le passé de son père, qui l'entraînera dans une longue quête à travers l'Europe et le conduira sa perte, pendant cette descente aux enfers, il écrira un journal. Lorsque son jeune frère, petit caïd de la cité, approché par les intégristes, découvre ce journal, il écrit le sien et ouvre les yeux sur le comportement des islamistes. Ce sont ces deux journaux que nous livre l'auteur. Il a la force littéraire d'adopter une écriture différente pour chacun, à travers laquelle on perçoit parfaitement la personnalité des deux frères. Il a la force également, en tant que Algérien, de faire le parallèle entre l'extermination des juifs et le fanatisme religieux des " barbus " qu'il n'hésite pas à nommer " führer, SS et kapos ". En utilisant le roman récit cela permet à Boualem Sansal de mettre encore plus d'émotion, de montrer une grande empathie pour les déportés, de démontrer que les extrémismes de quelques politiques où religions qu'ils soient sont à combattre sans relâche. Il entoure les deux frères de personnages très authentiques, leurs oncle et tante, ainsi que les copains du plus jeune, qui apportent une touche d'amour, d'amitiés. Il révèle (en ce qui me concerne) les organisations qui se sont mises en place à partir de 1945 pour exfiltrer les criminels de guerre, et l'influence qu'ils ont eu sur les soulèvements, les dictatures qui s'en sont suivis. Certains passages sont durs à lire mais l'auteur le dit lui-même " Notre journal aurait été trop long, trop affreux à lire, si j'avais repris l'ensemble des chroniques ". C'est une lecture que je n'oublierai pas et que je vais compléter avec un second livre du même auteur " Rue Darwin "Prix du roman arabe en 2012

JoelC17
25/07/13
 

Malrich et Rachel Schiller, deux frères nés en Algérie d’une mère algérienne et d’un père allemand, Hans.Deux frères envoyés par leurs parents chez le tonton Ali en banlieue parisienne pour un avenir meilleur.Deux frères au destin différend ; Rachel le lettré et éduqué, Malrich qui l’est moins et vit dans sa cité au milieu des islamistes, voit de près les ravages de l’islam des caves, mais refuse et dénonce de toute son âme cette dérive.Ce roman, qui se base sur une histoire vraie, est construit de manière originale. Il est la confrontation du journal des deux frères Schiller. Malrich découvre celui de Rachel au moment de sa mort. Et c’est pour lui l’occasion d’aller à la découverte du passé de son père tragiquement disparu quelques années plus tôt avec sa mère victimes des années noires en Algérie, et du profond marasme dans lequel son frère est tombé alors qu’il cherchait désespérément la vérité.Boualem Sansal confronte ici trois périodes tragiques à priori différentes mais qui au fond ont leur dénominateur commun. De la folie meurtrière nazie, à la manipulation religieuse dans les banlieues parisiennes et ses populations laissées à elles même, en passant par la vague terroriste des années 90 en Algérie, c’est pour Boualem Sansal l’occasion de dénoncer toutes les exactions humaines d’où qu’elles viennent. Il a pris le risque de rester dans son pays tout en continuant, au fil de son œuvre à s’attaquer à ce qui ronge depuis des lustres la société algérienne.L’écriture de Boualem Sansal est sensible, précise, et colle de près aux personnages qu’il met en lumière. Elle va droit au but, sait se faire percutante.Après Rue Darwin, le village de l’Allemand me conforte à poursuivre à explorer l’œuvre de cet auteur. http://leblogdemimipinson.blogspot.com/

mimipinson
05/05/13
 

Guerres communes Tiré d'une histoire vraie, ce roman fait un parallèle entre la Shoa et les activistes islamistes. Il traite du nazisme et du fanatisme avec une grande véracité qui donne à chacun des chapitres une atmosphère pesante. Un journal saisissant et obscurci par des révélations qui vous serrent la gorge. Une descente aux enfers.

beraud@archimed.fr
29/11/15
 

Un livre "Coup de poing" à lire impérativement pour réfléchir sur notre société contemporaine, un livre écrit d'après une histoire vraie par un auteur, Boualem Sansal, censuré en Algérie à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Un jeune beur des banlieues, Malrich, cherchant sa voie, passant de petits boulots en stages, quand il n'est pas au chômage, reçoit en 1997 des mains de la police un journal écrit pas son frère Rachel, qui s'est suicidé. Incompréhensible …: Rachel avait pourtant réussi sa vie, il était blond et cadre dans une grande entreprise, habitait une villa… Tout le contraire de Malrich, jeune beur "typé" vivant au 10 ème étage d'une tour de banlieue, chez son oncle…Ils sont nés tous deux en Algérie, de mère algérienne et de père allemand...ils se nomment Schiller et ont deux prénoms, un algérien et un allemand…. Prénoms qui ont été contractés en Rachel et Malrich. La remise du journal de Rachel est une révélation pour le jeune beur Malrich: il apprend que son père, égorgé avec sa mère par le GIA dans les années 1990, était en 1944 officier nazi, tranquillement caché depuis en Algérie, après avoir été exfiltré d'Allemagne et avoir apporté ses compétences aux dictateurs arabes. Il a aussi formé les résistants du FLN lors de la guerre d'indépendance.Le journal de Rachel raconte d'une part l'enquête qu'il a effectuée sur son père, sur ses activités…Il s'est rendu sur la tombe de ses parents, a rapporté la valise de son père dans laquelle se trouvait son livret militaire, ainsi que ses décorations et insignes de SS. Il était affecté en qualité d'ingénieur chimiste dans les camps, Auschwitz, Majdanek..., il a combattu en France, en Pologne. Son enquête l'a mené en Allemagne, en Pologne, en Autriche, en Turquie, en Égypte, dans les camps, sur les lieux des crimes de son père. Il s'interroge, et porte de plus en plus lourdement sur ses épaules, au fil des pages de son journal, une culpabilité que son père n'éprouvait pas. Rachel va même jusqu'à imaginer la complexité des missions de son père dans les camps, la nécessaire organisation de sa mission, avant d'imaginer le calvaire des déportés. Ne pouvant supporter cette culpabilité, qu'il semble porter sur les épaules et qui n'est pourtant pas la sienne, Rachel fit le choix du suicide. "Se découvrir le fils d'un bourreau est pire que d'avoir été soi-même un bourreau"Son frère, Malrich, jeune beur de banlieue, recevra comme un coup de poing le journal de Rachel. Malrich découvre la Shoah, à la suite de cette lecture : "C'est bête à dire, mais je ne savais rien de cette guerre, de cette affaire d'extermination. Ou vaguement, ce que l'imam en disait dans les prêches contre les Juifs...dans mon esprit c'était des légendes qui remontaient à des siècles". Il va lui aussi décider d'aller en Algérie afin de se rendre compte, et jugera son père : "Un homme phagocyté par le Mal, qui ne se suicide pas, qui ne se révolte pas, ne se livre pas pour réclamer justice au nom de ses victimes mais au contraire s'enfuit, dissimule, organise l'oubli pour les siens, n'a pas le droit à la compassion, à aucune circonstance atténuante"Et Malrich tiendra également son journal.Si Rachel regardait en permanence vers le passé, Malrich au contact de l'Algérie, des pressions de toutes sortes qu'il reçoit des imams de sa cité, va au contraire analyser sa situation, se rebeller et choisir de se confronter à l'avenir, de se confronter à l'islamisme : "Arrêter l'islamisme c'est comme vouloir attraper le vent .......savoir ne suffit pas, comprendre ne suffit pas. La volonté ne suffit pas. Il nous manque une chose que les islamistes ont en excès et que nous n'avons pas, pas un gramme : la détermination. Nous sommes comme les déportés d'antan, pris dans la machination, englués par la peur, fascinés par le Mal, nous attendons avec le secret espoir que la docilité nous sauvera."Pour lui, le nazisme et l'islamisme, c'est du pareil au même. Il faut d'abord tout faire pour changer les cités : "l'imam du 17, il faut lui couper le sifflet avant qu'il ne soit trop tard". Son regard, qui est en fait le regard d'un auteur paria dans son pays, sur le fonctionnement des cités, sur le pouvoir des imams, sur l'islamisme, ne peut nous laisser indifférents : "C'est facile il suffit de rien, nous n'avons besoin que de nous parler et de tout dire aux enfants. Le reste viendra de lui-même et la misère s'en ira à toutes pattes, n'ayant pas où s'accrocher".L'actualité nous le confirme.Et la lettre qu'il envoie au Ministre de l'intérieur est un coup de poing que nous prenons en pleine face : "Les islamistes ont colonisé notre cité et nous mènent la vie dure. Ce n'est pas un camp d'extermination mais déjà un camp de concentration, ein Konzatrazîonlager comme on disait sous le 3ème Reich. Peu à peu nous oublions que nous habitons en France, à une demi-heure de Paris, sa capitale, et nous découvrons que les valeurs qu'elle proclame à la face du monde n'ont en réalité cours que dans le discours officiel. N'empêche et malgré toutes nos tares nous y croyons plus que jamais. Tout ce que nous nous interdisons en temps qu'hommes et citoyens français, les islamistes se le permettent et nous refusent le droit de nous plaindre, car disent-ils, c'est Allah qui l'exige et Allah est au dessus de tout. A ce train et parce que nos parents sont trop pieux pour ouvrir les yeux et nos gamins trop naïfs pour voir plus loin que le bout de leur nez, la cité sera bientôt une république islamiste parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. Sachez que nous ne vous suivrons pas dans cette guerre, nous émigrerons en masse ou nous nous battrons pour notre propre indépendance" (P. 231)Je suis sorti fortement remué par la lecture croisée de ces deux journaux qui méritent des débats, des échanges. Je conseille vivement cette lecture. JPV

JPV11
05/02/15
 

La 4ème de couv dit tout! Depuis sa parution, ce livre est souvent évoqué dans notre Café et le 14 deux exemplaires seront offert (par tirage au sort) à des membres qui ne l'auront pas encore lus berthe

afbf
12/03/13
 

LE VILLAGE DE L’ALLEMAND OU LE JOURNAL DES FRERES SCHILLERBoualem SANSALGallimard, 2008, 264 pp.4ème de couverture« Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d’Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d’une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid…Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune arabe qui découvre avec horreur la réalité de l’extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises et en particulier la vie des algériens qui s’y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. « A ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles » J’ai repris cette présentation, je ne ferais pas de meilleure synthèse de ce livre. Après le suicide de son frère, Rachel, le jeune Malrich reçoit le journal de son frère. Sa lecture l’amène à découvrir qui fut réellement son père, cet officier allemand, chimiste de formation qui mit son talent au service de l’extermination de populations en grand nombre. Le roman alterne le journal de Rachel avec les réflexions de Malrich. Après la défaite de 1945, leur père s’était réfugié en Egypte. Ensuite, il fut envoyé par Nasser comme conseiller technique auprès de l’état-major de l’armée de libération algérienne. Lors de l’indépendance, il vécut dans un village nommé Aïn Deb dans le roman. En découvrant la réelle identité de son père, le fils se fait victime expiatoire. On est impressionné par cette réflexion sur la Shoah, on est questionné par l’origine du roman Hans Schiller a réellement existé ; Comment un officier SS a-t-il pu se reconvertir en héros du FLN, Comment ces révolutionnaires de l’Afrique du Nord ont-ils pu utiliser les « compétences » de cet officier nazi dont ils connaissaient le passé ? Les comparaisons qu’il laisse apparaître entre le nazisme et l’islamisme sont troublantes. Ce roman est beau. Le sujet est très douloureux, mais l’écriture en est très belle et elle permet que le lecteur accepté de lire ce qui est insoutenable. Je n’ai jamais autant de malaise à la lecture de ce qui se passait dans les camps d’extermination que dans ce roman. Né en 1949 à Théniet El Had, petit village algérien des monts de l’Ouarsenis, Boualem Sansal commence sa carrière comme enseignant, devient haut fonctionnaire du ministère de l’industrie algérien. Limogé en 2003 en raison des critiques émises contre le gouvernement algérien, il se tourne vers l’écriture. Le 16 octobre 2011, il a reçu le Prix de la Paix des libraires allemands, distinction internationale qui récompense une personnalité qui « par son activité littéraire, scientifique et artistique a servi de manière significative la progression des idées pacifistes.Cette remise de prix a provoqué un scandale dans le monde arabe, ce qui a valu à Boualem Sansal de recevoir insultes et menaces dans son pays. Ce livre est extrêmement intéressant à l’heure des « printemps arabes », à une époque où des pays du monde arabe se révoltent contre les dictatures qui les gouvernent.

awara
26/05/12
 

2 frères, Rachel et Malrich. Père allemand, mère algérienne.Echoués dans une banlieue française après avoir été confiés à un oncle. Après le suicide de Rachel, l'aîné, bien intégré, Malrich, jeune de cité de 17 ans, va découvrir dans le journal que tenait son frère ce qui l'a conduit au geste ultime... Boualem SANSAL a écrit un texte sans concessions, fort, qui nous parle de l'Algérie, du GIA, du nazisme et de l'islamisme, des banlieues mais aussi de la culpabilité. Dans le cas de Rachel, culpabilité de ne pas savoir qui était réellement son père, et désespoir. Dans le cas de Malrich, culpabilité mais surtout révolte qui va le pousser à essayer de comprendre cette histoire familiale. En alternant les voix des 2 frères dans des styles très différents, l'auteur parvient à nous entrainer dans une histoire puissante dont on ne ressort pas indemne. Un vrai roman coup de poing ! Iana

Iana
25/04/12
 

En rapprochant islamisme et nazisme, en faisant des parallèles peut-être osés entre la cité et les camps de concentration, en pointant le silence des autorités politiques quelles qu'elles soient, Boualem Sansal nous livre un roman interpellant, qui rappellera à chacun le poids de l'héritage familial et soulèvera encore une fois la nécessité de se souvenir pour ne pas reproduire... Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
21/02/12
 

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller possède à première vue  toutes les qualités d'un grand livre à mettre d'office entre toutes les mains. Pourtant, malgré la visée didactique qui semble s'y affirmer, il nécessite à mon sens de la part du lecteur un minimum de recul critique... Partant d'un fait réel, l'auteur relie, grâce à une construction romanesque ingénieuse et un parti-pris narratif habile, l'histoire de la dernière guerre mondiale marquée par l'holocauste à celle des années les plus noires du terrorisme islamiste en Algérie et à l'histoire à venir , à ce monde terrifiant qui se prépare également, à ses yeux, dans les cités des banlieues françaises. C'est un beau roman dont beaucoup de passages atteignent une simplicité bouleversante et on ne peut que regretter que l'auteur - qui aborde pourtant avec précision et finesse, sans haine ni pathos, tout ce qui a trait à l'Extermination nazie - n'ait pas su trouver les mots adéquats pour rendre compte de la complexité de "l'ordre qui prévaut" dans les cités ou en Algérie...

ECaminade
14/03/11
 

Guerres communes Tiré d'une histoire vraie, ce roman fait un parallèle entre la Shoa et les activistes islamistes. Il traite du nazisme et du fanatisme avec une grande véracité qui donne à chacun des chapitres une atmosphère pesante. Un journal saisissant et obscurci par des révélations qui vous serrent la gorge. Une descente aux enfers.

Au début j'ai été surprise et un peu choquée du parallèle fait par l'auteur entre le nazisme et l'islamisme radical dans les cités. L'auteur veut nous alerter et il le fait à travers le récit de 2 frères qui partent à la découverte de leur passé. Et les surprises sont de taille. Le récit est captivant et la plume très agréable.

cfons
22/06/10
 

Rachel (Rachid Helmut) et Malrich (Malek Ulrich) sont deux frères, nés d'une mère algérienne et d'un père allemand, qui vivent en France. Rachel a étudié, est devenu un monsieur, a un travail bien rémunéré, un pavillon de banlieue, et surtout une épouse et la vie devant lui. Malrich, plus jeune, préfère traîner avec ses copains qu'étudier. Lorsqu'en 1994, leurs parents sont assassinés par des intégristes dans le village de Aïn Deb, Rachel part se recueillir sur leur tombe et découvre ce que leur père a caché durant des années : c'était un ancien officier nazi qui a tué des milliers de Juifs et a fui après la guerre pour trouver refuge en Algérie où il a épousé leur mère. L'univers de Malrich s'écroule, il part en Allemagne, en Turquie, en Égypte sur les traces de cet homme pour lequel il ne peut pas y avoir de pardon. Mais il sombre au fur et à mesure qu'il découvre l'horreur de l'extermination (la rencontre avec une vieille dame à Birkenau est très émouvante, pages 246 à 250) et après son retour à Paris, il n'est plus le même, ne supporte plus de vivre et se suicide dans son garage avec les gaz d'échappement de sa voiture. Rachel laisse à son cadet un journal, que l'adolescent lit avec le lecteur et auquel il répond en tenant lui aussi un journal où il mêle interrogations, soif de vérité, lucidité, rejet des bonimenteurs qui sont de plus en plus présents dans la cité. Malrich compare même la cité à un camp de concentration où « il ne manque que les chambres à gaz et les fours pour passer à l'extermination de masse » (pages 256 et 257).[...] Catherine de La culture se partage

Catherine2
06/05/11
 

Format

  • Hauteur : 20.50 cm
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  • Poids : 0.30 kg