Les ames grises

CLAUDEL, PHILIPPE

EDITEUR : LGF
DATE DE PARUTION : 28/02/06
LES NOTES :

à partir de
6,60 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

A l'hiver 1917, dans un village du nord de la France tout près duquel les combats font rage, une fillette d'une dizaine d'années est retrouvée morte, assassinée sur le bord d'un petit cours doeeau. Des années plus tard, retraité, le policier qui a mené l'enquête raconte ce qui a suivi. Qui a tué Belle ? Un maraudeur de passage ? Le petit soldat breton déserteur ? La solidarité de classe n'aurait-elle pas épargné le coupable en la personne du procureur Destinat, personnage impitoyable et glacé ? Et comment expliquer le suicide de la jeune institutrice, Lysia, si pleine de vie ? A
partir d'une énigme à la Simenon, Philippe Claudel a construit un roman puissant, à la progression dramatique impressionnante, tableau saisissant d'une France provinciale plongée dans le cauchemar de la guerre. Il a aussi analysé, avec une lucidité et une finesse psychologique sans faille, les rapports troubles que le bien et le mal entretiennent en chacun de nous, faisant à jamais de nos âmes des « âmes grises ». Couronné par le prix Renaudot 2003, ce roman a revécu à l?écran dans le film d'Yves Angelo, magistralement interprété par Jean-Pierre Marielle et Jacques Villeret.
22 personnes en parlent

Philippe Claudel dans son roman décrit une vie de province qui se déroule presque tranquillement à l'ombre de la Grande guerre. L'écriture toute simple, qui va à l'essentiel, souligne bien la vie calme et sereine de cette petite ville tout en décrivant au mieux le caractère de chaque personnage. Dans ce récit à la trame vaguement policière, l'auteur se livre avant tout à une véritable d'énonciation du pouvoir, de l'hypocrisie, de la bêtise... La justice en prend un sacré coup dans cette histoire horrible, véritable cauchemar où personne n'est innocent, ce que souligne le titre très bien trouvé. L'auteur parvient à faire preuve de pudeur et parfois de poésie dans cette tragédie si terrible.Prix Renaudot en 2003.Yves Angelo a adapté le roman au cinéma avec entre autres Jacques Villeret et Jean-Pierre Marielle. Maltese

Maltese
24/02/09
 

Voici un roman bien sombre : guerre (avec tout ce que ça engendre c’est à dire la mort, les blessés, la peine des familles), assassinat d’une fillette, peines de mort… Il y aurait de quoi détester l’humain. Pourtant, Claudel arrive à nous montrer avec brio que sous les aspects très sombres de ses personnages, se cache souvent un bon côté (et inversement). Comme le montre l’extrait ci-dessus, ces “âmes grises” c’est vous, c’est moi aussi.Au fond, le décès de cette petite importe peu dans le roman. Certes, il sert de trame pour l’histoire mais ça me semble être un prétexte. Ce qui reste pour moi de ce livre, c’est ce message de compassion et de réalisme sur ce que nous sommes.Je profite de cet article pour vous conseiller de regarder le premier film de Philippe Claudel, fraîchement sorti en DVD, “Il y a longtemps que je t’aime”, petit bijou du cinéma français.La version complète de ce commentaire est disponible sur mon site

Artsouilleurs
22/01/09
 

Belle de jour...Un nom qui résonne dans le coeur des villageois de V. Chérie de tous et de toutes, la petite Belle de jour portait en elle la fragilité et la délicatesse de celle qui lui valut son surnom. La douce enfant était un joyau qui irradiait de beauté et réchauffait les âmes lourdes en cette période de première guerre mondiale.Tous aimaient à la voir s'agiter autour des tables du Rébillon, le bistrot de son père et porter, dans ses mains en coupe, ici un pichet de vin, là un plat. Et pour que sa beauté perdure, le destin, funeste, décida de la ravir à jamais. « La mort brutale prend les belles choses, mais les garde en l'état. C'est là sa vraie grandeur. On ne peut lutter contre. »La petite n'aura vécu qu'une courte décade; une fulgurance sur l'échelle du temps.En ce premier lundi de décembre de 1917, elle sera retrouvée morte. Des mains de bourreau, des mains inhumaines se sont posées sur le cou frêle de l’enfant et l'ont serré jusqu’à lui dérober son dernier souffle. Et tandis que Belle de jour s'enfonce inéluctablement dans les eaux d'un Styx grossi par les larmes des siens, d'autres déjà s'apprêtent à l'accompagner en enfer...Qui est assez cruel pour oser s'en prendre à l'innocence incarnée? Qui réclame le sang?Engourdis par un froid glacial et mortifère, les villageois se réveilleront brutalement au son du glas.Les langues vont se délier, les blessures que l'on croyait guéries, suppurer à nouveau charriant avec elles des souvenirs douloureux et amers. La rumeur grandit, les soupçons s'étayent au fur et à mesure que croît l'horreur.Philippe Claudel est un remarquable conteur et nous offre ici une œuvre extrêmement équilibrée où le visuel est de mise. La tension ne retombe jamais et dote ce roman d'un rythme soutenu et martelant. Il parvient magnifiquement à attirer le lecteur dans l'univers qu'il dépeint avec brio. On se surprend à frissonner devant ses descriptions hivernales, on pleure avec lui la mort de l'enfant et on se reconnaît aussi un peu parfois... Plus qu'une histoire poignante dans l'horreur de la guerre, plus qu'un atroce fait-divers, ce livre nous ouvre les portes de l'indicible, de tout ce qui nous étreint sans que l'on ne parvienne à le mettre en mots, de ces douleurs qui nous assaillent et que nous ne maîtrisons pas. Gecko

un flyer
17/09/13

Belle de jour, enfant à la beauté fragile et troublante est retrouvée morte un matin d'hiver 1917 dans un étang du Nord de la france. Elle a été étranglée. Dès lors tous les habitants de cette petite commune vont être suspects les uns aux yeux des autres...Philippe Claudel , installe une intrigue policière qui au bout du compte n'est pas très importante mais sert de prétexte à sonder l'ame humaine. Le style visuel de l'auteur est très maîtrisé; il nous mène avec brio vers la noirceur humaine qu'il questionne habilement et sème habilement le trouble chez son lecteur.

dvan
30/11/12
 

Belle de jour...Un nom qui résonne dans le coeur des villageois de V. Chérie de tous et de toutes, la petite Belle de jour portait en elle la fragilité et la délicatesse de celle qui lui valut son surnom. La douce enfant était un joyau qui irradiait de beauté et réchauffait les âmes lourdes en cette période de première guerre mondiale. Tous aimaient à la voir s'agiter autour des tables du Rébillon, le bistrot de son père et porter, dans ses mains en coupe, ici un pichet de vin, là un plat. Et pour que sa beauté perdure, le destin, funeste, décida de la ravir à jamais. « La mort brutale prend les belles choses, mais les garde en l'état. C'est là sa vraie grandeur. On ne peut lutter contre. » La petite n'aura vécu qu'une courte décade; une fulgurance sur l'échelle du temps. En ce premier lundi de décembre de 1917, elle sera retrouvée morte. Des mains de bourreau, des mains inhumaines se sont posées sur le cou frêle de l’enfant et l'ont serré jusqu’à lui dérober son dernier souffle. Et tandis que Belle de jour s'enfonce inéluctablement dans les eaux d'un Styx grossi par les larmes des siens, d'autres déjà s'apprêtent à l'accompagner en enfer... Qui est assez cruel pour oser s'en prendre à l'innocence incarnée? Qui réclame le sang? Engourdis par un froid glacial et mortifère, les villageois se réveilleront brutalement au son du glas. Les langues vont se délier, les blessures que l'on croyait guéries, suppurer à nouveau charriant avec elles des souvenirs douloureux et amers. La rumeur grandit, les soupçons s'étayent au fur et à mesure que croît l'horreur. Philippe Claudel est un remarquable conteur et nous offre ici une œuvre extrêmement équilibrée où le visuel est de mise. La tension ne retombe jamais et dote ce roman d'un rythme soutenu et martelant. Il parvient magnifiquement à attirer le lecteur dans l'univers qu'il dépeint avec brio. On se surprend à frissonner devant ses descriptions hivernales, on pleure avec lui la mort de l'enfant et on se reconnaît aussi un peu parfois... Plus qu'une histoire poignante dans l'horreur de la guerre, plus qu'un atroce fait-divers, ce livre nous ouvre les portes de l'indicible, de tout ce qui nous étreint sans que l'on ne parvienne à le mettre en mots, de ces douleurs qui nous assaillent et que nous ne maîtrisons pas. Rebelde

Rebelde
06/01/16
 

Une couverture dans les tons de bruns, un peu sépia. Une petite fille, des branchages ou plutôt des broussailles. Les Âmes grises, on sent que la gaité ne sera pas de mise.On entre à peine dans l’histoire et déjà, elle nous happe. Qui est le narrateur ? Comment sait-il ? Où se situe-t-il au milieu de tous ces événements et de ces différents personnages ?Très vite, vient l’Affaire, la majuscule est d’importance, le terrible assassinat de cette petite fille, la bien nommée Belle de jour, d’autres meurtres suivront. Un suspect se dessine rapidement et parallèlement, notre envie de savoir et d’enfin comprendre nous emporte.L’opposition entre les petites gens et les notables tout-puissants, le pot de terre contre le pot de fer, donne toute sa force et contribue à donner corps à cette histoire qui fleure bon la province française de cette époque troublée par la première guerre.Plus encore que pour l’histoire, particulièrement poignante, j’ai eu un véritable coup de cœur pour l’écriture de Philippe Claudel que j’ai découvert avec ce livre. Une écriture parfaitement calibrée, toute en nuances, en évocations, en émotions et en parfums, déjà, qui amplifie la véracité et l’authenticité du récit.Le monde et les hommes ni tout noirs, ni tout blancs et les âmes grises...

manUB
10/08/14
 

Imaginez un jour d'hiver froid et pluvieux à la brume persistante . En fonds sonore , la voix éraillée d'un p'tit Miossec , Saez ou autre Raphael , chanteur euphorisant déversant une joie communicative entrecoupée des croassements de rares corbeaux au diapason . Voilà pour le ressenti final des Ames Grises qui m'aura laissé pantois , gavé de tristesse et la gorge sérrée en guise d'adieu...A noter que si les symptomes persistent , Idées Noires de Franquin devrait rapidement y remédier . La bonne nouvelle , c'est que ce médicament est en vente libre et n'a absolument aucun lien de parenté avec les gentils laboratoires Servier ! La mauvaise , remboursement de la sécu proche du QI cumulé de tous ces participants "télé-pas-réalité" en mal de notoriété...Néant...Dommaaaaaage...A mon humble avis , le meilleur Claudel lu à ce jour ! En meme temps , c'est le premier ;)La premiere guerre mondiale change la donne familiale faisant des veuves et des orphelins les nouvelles normes . V , petite ville du Nord de la France ( à ne pas confondre avec la série du meme nom magistralement filmée par Spielberg , Raoul Spielberg , réalisateur au style aussi inimitable que ses décors en carton devenus désormais la référence en matiere d'effets spéciaux...) semble en etre le témoin privilégié . L'atmosphere est à l'image de ces canons qui tonnent et rythment désormais le quotidien de ces villageois . Une véritable chappe de plomb s'est abattue sur la ville . Les corps et les ames souffrent , tout comme ces soldats défilant dans la rue principale , qui estropié , qui aveuglé , qui défiguré , qui sauraaaa, qui sauraaa mais je m'égare ! Et pour ajouter à l'horreur désormais quotidienne , le corps sans vie de Belle de Jour , fillette de 10 ans , est retrouvé aux abords d'un petit cours d'eau . Le meurtre est avéré . L'enquete peut débuter . Le narrateur anonyme , alors policier à l'époque des faits , puise dans ses souvenirs les plus douloureux afin de ressusciter tous ces ( ses ) fantomes qui le hantent depuis pres de 20 ans . Forme d'éxutoire au chagrin qui le tenaille , au tourment qui l'étreint et qui sera sien à perpétuité . Peine incompressible ! Un contexte historique tumultueux et une galerie de portraits hétéroclites font de ce récit une véritable étude de moeurs aussi jubilatoire que désespérante . J'avoue avoir batailler ferme pour m'impregner de ce roman qui ne se livre pas si facilement . Cette histoire se mérite et l'effort consenti n'est rien au regard du plaisir ressenti en la terminant . Claudel instaure magistralement un climat oppressant et malsain . Les protagonistes sont peu nombreux mais présentent tous un dénominateur commun : une terrible affliction . Tristesse d'avoir perdu sa femme , son enfant , son amour , sa foi en l'etre humain . Une galerie de portraits intimiste merveilleusement contée sans jamais faire preuve de voyeurisme . La plume de Claudel est simple , précise , poetique et entrainante comme une ritournelle malgré la teneur du propos . Que l'on soit magistrat , institutrice , policier , aubergiste ou simple soldat , nul ne peut se targuer d'etre à l'abri du malheur . Pas d'antidote au désespoir , pas de remède à l'accablement . L'infortune frappe aveuglément sans se soucier des titres...Nous sommes tous des ames grises . Certaines tirent plus vers le clair , d'autres vers le foncé . Fort heureusement , peu d'entre elles s'épanouissent dans l'obscurité à l'instar de ce triste sire qu'est le juge Mierck , plus enclin à imposer sa vérité qu'à découvrir la vérité , plus prompt à arreter le coupable idéal que le véritable assassin et ceci afin d'asseoir sa nouvelle réputation , fut-elle cultivée sur le terreau de la malversation , du mensonge et de la torture . Les Ames Grises , un moment de lecture aussi beau que douloureux .

TurnThePage
07/11/13
 

Le titre est révélateur de l’ambiance générale du livre. Tout est gris, embrumé et les gens peuplant ses pages sont des âmes en peine, présentées sous différentes coutures.On débute en compagnie du narrateur dont le nom nous est inconnu, il va nous conter l’Affaire, événement qui a bouleversé sa vie et celles de tous les habitants du village. S’ajoute au crime dont il est question un fond de première guerre mondiale qui sublime s’il l’on peut dire l’atmosphère pesante. On a la sensation de lire un journal intime dont l’auteur ne maîtrise pas bien l’écriture de par le fait qu’il se laisse porter par les connections qui se font dans son esprit. Il va et vient de souvenirs en flash back sans y mettre les formes. Je l’ai trouvé attachant, sa vie ne tient plus qu’à un fil, celui de ce meurtre dont bien des éléments ont été ignorés ou cachés.Le dénouement correspond au reste du livre, mystérieux, flou.C’est profondément gris, humainement parlant et la plume pour nous narrer ce récit lui va comme un gant, c’est en totale adéquation. Des détours un peu lourds et sans but réel (croit-on) pèsent sur notre moment lecture mais débouche sur une réelle morale concernant le bien fondé d’avoir connaissance du dernier mot de l’histoire.Une oeuvre particulière et intense qui nous laisse un arrière goût étrange. A ne pas lire si vous êtes d’humeur grise…

bookworm02
09/10/13
 

Est-il utile de redire le talent d'écrivain de cet auteur qui sait pénétrer les coeurs et les âmes ? Cette histoire met à nu des personnages, derrière des vies en apparence anodines. C'est sombre mais bon. A lire !

Lisons
30/05/13
 

Ce roman, je l’avais reçu lors d’un swap il y a bien longtemps. Je l’avais vu, à l’époque, sur beaucoup de blogs et à chaque fois ou presque c’était un coup de cœur pour la bloggeuse. Alors je me suis lancée, ayant déjà lu de cet auteur La Petite fille de Mr Linh que j’avais beaucoup aimé ! Je savais par le résumé que l’histoire n’allait pas être gaie. Et ce ne fut pas un véritable coup de cœur pour moi mais une très belle découverte. Nous suivons le narrateur qui est gendarme mais dont on ne connait pas le nom. L’histoire se déroule durant la guerre 14-18 et les premières phrases concernent l’Affaire : une petite fille retrouvée dans un fossé, assassinée. Et dès le début, l’histoire nous prend aux tripes. Ce roman mélange intrigue policière, événements historiques, drames, histoires d’amours, histoires de village. C’est très varié et c’est plaisant. Le narrateur raconte sa propre histoire à travers celles des autres. Puisque lui aussi a son secret (comme c’est dit dans le résumé).L’histoire en générale est triste et l’écriture de Philippe Claudel y contribue. Elle semble simple et fluide mais il n’en est rien. Ca se lit très bien mais en faite, pleins de petits détails s’y cachent que le lecteur ne doit pas louper. Je ne saurais pas énoncer les points négatifs puisque je n’en ai pas véritablement trouvé. Si ce n’est la chronologie des événements que j’ai trouvée floue. Ceci dit, encore aujourd’hui, je pense aux faits contés dans ce roman. Les points positifs sont nombreux : écriture relativement simple, personnages attachants, troublants et on ne peut plus humains, etc.Bref, un roman très humain, aux genres différents. Pas un coup de cœur comme ça l’a été pour beaucoup mais un véritable plaisir de me plonger dans ce roman à chaque fois. La fin semble toujours plus proche et les questions affluent.

searchxme
28/05/13
 

Quelle étrange histoire, au fur et à mesure de ma lecture j’ai compris que j’avais dû voir le film il y a quelques temps. Mais je n’ai pas été déçue pour autant, je n’avais aucun souvenir de la fin.Sur fond de première guerre mondiale, le récit débute par le meurtre d’une jeune enfant: Belle de jour. L’enquête va nous conduire à rencontrer des personnages bien campés. L’auteur nous pousse à nous tromper. Il nous mène par le bout du nez dans une sorte de fascination morbide. La perversion des uns, la candeur des autres, peuvent nous conduire tout droit à l’erreur. D’illusions en illusions, de pertes en deuils, Philippe Claudel décrit l’âme humaine dans une réalité crue, faisant de son texte une jolie prouesse.Il malmène la pensée passant de la pureté à la cruauté, aucun personnage n’est tout blanc ou tout noir, toutes les teintes y passent, toutes sortes d’âmes grises…

Metaphore
25/05/13
 

Attention, ce n'est pas un policier. A l'arrière plan les tranchées et les bombardements de la 1ere guerre mondiale et dans ce petit village les hommes sont à l'usine et la vie continue dans une sorte de bulle où le temps s'est arrêté. C'est une chronique de la vie ordinaire, des rapports humains, des jalousies, la noirceur des âmes ou de la grisaille des âmes comme le suggère le titre, personnes n'est ni tout blanc, ni tout gris, pas de manichéisme, des hommes et des faiblesses...

toutatys
19/03/13
 

Dès les premières pages, Philippe Claudel nous plonge dans l’atmosphère lourde d’un village à la lisière du Front, celui de 14-18. Un paysage morne du aux fumées de l’Usine, symbole de la toute récente révolution industrielle, mais aussi la brume lointaine des combats et les journées rythmées par les détonations résonnant des lignes d’affrontements. Les hommes tombent dans la boue sous les bombes, attendant la mort, agonisant sur les barbelés comme de jeunes garçonnets apeurés.Cependant, c’est sur le corps sans vie d’une fillette, la petite « Belle de jour », que le narrateur s’attarde. L’enfant sera le fil conducteur de l’histoire.Le narrateur a une place tout particulière, il est là, présent au cœur de l’histoire, acteur de ce drame qu’est la vie, mais on ne sait qui il est réellement, quel personnage est-il vis à vis des autres dans ce tableau si sombre. Ce mystérieux protagoniste, nous mène d’un bout à l’autre de cette enquête qui s’avère être, évidement de découvrir l’assassin de la fillette mais aussi le sens des Choses et en particulier la mort des êtres chers.Avant d’arriver au dénouement final, et de comprendre que le conteur ne s’adresse pas au lecteur mais à une toute autre personne, on apprend la fin de chacun des intervenants, aucune destinée n’est laissée en suspend. Une vraie fin est offerte à tous.Contrairement à ce que l’on peut penser aux premières pages, ce n’est pas un roman noir, mais gris, comme les âmes qu’il dépeint.

Elabulle
19/11/12
 

Ce livre dégouline de tristesse, sa fin m'a achevée, et l'auteur donne le sentiment de tourner indéfiniment autour du pot. Rien de nouveau sous le soleil (la fin se devine aisément).Affreusement mortel...

mycupoftea
13/11/12
 

Une description d'un village français aux abords des combats de la première guerre mondiale. Nous sommes en 1917. Et tout ne tourne pas autour des tranchés. Le mal rôde aussi dans les campagnes. j'ai bien aimé l'écriture de Philippe Claudel. Plus qu'une enquête c'est la quête d'un homme que nous suivons.

ramettes
02/03/12
 

Je croyais, avant de lire ce roman de Philippe Claudel, que j’allais avoir affaire à un roman policier… La couverture m’avait menée sur cette piste : il y est en effet question du corps d’une fillette retrouvée morte dans les serres glacées d’un lac. Une sordide histoire de meurtre, en somme. En réalité, ce sont deux histoires qui s’entremêlent. Les âmes grises, c’est tout d’abord l’histoire d’une enquête qui piétine et qui finira par être bâclée, sur fond de seconde guerre mondiale, dans un village du Nord de la France. La guerre, le cadre hivernal, le caractère insaisissable des personnages sont autant d’éléments qui participent à la création d’une atmosphère qui oppresse le lecteur et le retient, le mettant face à la noirceur de l’âme humaine. Mais ce roman est aussi (et surtout ?) l’histoire d’une vie, l’histoire d’un homme, celle du narrateur, dont l’identité ne nous est révélée que tardivement. Autour de lui gravite un flot d’âmes humaines : Destinat, Mierck, Lysia Verhareine, Clémence, Belle de jour... Entre eux, des liens, que nous essayons petit à petit de reconstituer. Après des années de souffrance et après avoir vécu comme un fantôme, le narrateur prend la plume pour nous raconter son histoire, mais aussi leur histoire, celle de ces âmes grises qui ne sont ni tout à fait blanches, ni tout à fait noires… Un très beau roman que j’ai eu bien du mal à lâcher.

Calypso85
05/02/12

Les âmes grises est mon livre préféré et de loin. La claque qu'on se prend en lisant ce livre est tout simplement monumental. Je le conseille à quiconque aime lire.

alison29
05/12/11
 

E récit que nous fait cet homme banal, ayant échappé au front de part sa fonction, est un récit difficile, qui le pousse dans ses retranchements, qui l'oblige à écrire des choses qu'il n'aura jamais dit, et cette difficulté qu'il peut ressentir s'exprime à travers une narration à détours. Nous parlant d'un fait, l'homme n'hésitera pas à dévier et à en profiter pour nous parler de telle ou telle figure du village, brossant par la même occasion le portrait d'un village français en temps de guerre, avec ceux qui sauront profiter de chaque moment, mais sans un seul jugement de sa part.Encore une fois, Philippe Claudel a su percevoir la complexité de l'âme humaine et je terminerai en citant Joséphine, l'un des personnages de ce roman qui résume assez bien l'idée que je retiens de cette histoire : "Les salauds, les saints, j'en ai jamais vu. Rien n'est ni tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous..." Miss Alfie, croqueuse de livres

MissAlfie
01/11/11
 

Un roman qui ne vous laisse aucun répit, ne vous laisse entrevoir aucune lueur d'espoir : tout est noir, tout est désespéré, tout est triste. Le meurtre sordide d'une petite fille sans défense à quelques kms d'un autre massacre, celui des tranchées, des notables au mieux mystérieux, au pire abjects, des coupables qui ne le sont peut être pas... et le malheur partout, collant, poisseux, qui englue les êtres et les choses et les condamne à l'errance.Un très bon livre de Philippe Claudel, mais à ne pas lire un jour de grande déprime...

Valsette
29/03/10
 

Au cours de l'hiver 1917, alors que derrière la colline la guerre fait rage, une fillette de 10 ans est retrouvée morte, assassinée sur le bord d’un petit cours d’eau, aux abords du village de V. dans le Nord de la France. Cet évènement a marqué le village, ainsi que peu de temps auparavant la mort de la jeune et jolie institutrice, pleine de vie et aimée de tous, Lysia.Des années plus tard, à la fin de sa vie, un vieil homme, dont on ne comprend le rôle dans l'histoire que presque à la fin (mais je ne vous dirai rien !), raconte l'enquête qui est devenue la quête obsessionnelle de toute sa vie. Qui a tué Belle ? Est-ce bien le petit soldat breton déserteur, qui a avoué le crime ? Ou peut-être seulement un maraudeur ? Ou encore le procureur Destinat, personnage impitoyable et glacé, énigmatique et effrayant, représentant la classe supérieure, le savoir et le pouvoir ? Pourquoi l'affaire aurait-elle été étouffée ? Les habitants du village et de la ville voisine sont observés, leurs faits et gestes disséqués par le narrateur dans ses cahiers pour tenter de trouver enfin la vérité. Avec lui, nous sommes plongés dans les souvenirs du cauchemar de la guerre. Nous vivons les petites lâchetés des uns et des autres, les bassesses, les rapports troubles que nous entretenons avec le bien ou le mal, faisant à jamais de nos âmes des « âmes grises ». Nous plongeons dans ses souvenirs, dans son passé à lui, lié à l'affaire, nous revivons sa douleur, nous comprenons un peu son chemin de vie. Nous le suivons dans cette quête d'une vérité impossible à trouver vraiment, si longtemps après, et puis, est-ce bien utile finalement ?Suite sur Les lectures de Lili Liliba

liliba
22/12/09
 

Superbe récit à la fois amoureux et policier, à la lisière des tourments de la guerre, dans le gris indistinct de chacune des âmes.A conseiller

lucky44
04/02/09
 

Commentaire Une petite fille, appelée Belle de jour, retrouvée étranglée dans la neige, entre le canal et la demeure du procureur, en 1917, non loin du front de l'Est. Des personnalités locales hautaines et intouchables, une atmosphère de suspicion, de violence, entre le froid de l'âme et le froid du gel : un roman fort, qui m'a marquée.

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 11.00 cm
  • Poids : 0.15 kg

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