Les armes secretes

CORTAZAR, JULIO

EDITEUR : GALLIMARD
DATE DE PARUTION : 26/09/73
LES NOTES :

à partir de
7,99 €
EXISTE EN
Ebook

SYNOPSIS :

"Les porteurs de torches marchaient les premiers, éclairant vaguement le passage aux murs humides et à la voûte si basse que les servants du prêtre devaient courber la tête. On l'emmenait maintenant, on l'emmenait, c'était la fin. Face contre ciel, à
un mètre du plafond taillé à même le roc, et qui s'illuminait par instants d'un reflet de torche. Quand, à la place du plafond, surgiraient les étoiles et se dresserait devant lui le grand escalier incendié de cris et de danses, ce serait la fin."
3 personnes en parlent

11 nouvelles pour plonger dans l'univers si particulier de Cortazar, toujours très ancré dans la réalité et pourtant nimbé d'un fantastique dérangeant, qui bouscule le lecteur.Seul le dernier récit, qui met en scène un musicien de jazz et laisse deviner l'amour de l'auteur pour ce genre musical, prend pleinement pied dans la réalité.La première nouvelle, "Axolotl", est une des plus connues de Cortazar.Un recueil parfait selon moi pour faire connaissance avec un auteur à part.Dans la plupart de ces nouvelles, Cortazar brouille les données spatiales et temporelles : telle époque resurgit dans le présent, tel personnage se voit habité par un autre... Et les échanges entre les êtres s'en trouvent gênés. Maltese

Maltese
28/02/09
 

Les nouvelles qui composent ce recueil sont, pour la plupart, des déclinaisons, des variations autour du thème du double. Le fantastique de Cortàzar se caractérise par l'absence de frontières entre l'inconscient, le rêve, l'imaginaire... et la réalité, par une réalité qui se transforme... en quelque chose d'autre. Il est donc très différent du fantastique dit "classique" (rupture, intrusion du surnaturel dans un cadre réaliste, connu et rassurant, et hésitation du personnage et/ou du lecteur entre une interprétation rationnelle et une interprétation irrationnelle des évènements). C'est également un fantastique économe dans ses effets. Pas de rupture, mais un glissement au fil des pages. En fait, en même temps que les personnages, le lecteur est invité à pressentir que le réel est équivoque, que la perception que nous en avons ne mérite qu'une confiance limitée - de percevoir que, derrière ou autour du cadre rassurant de la réalité, il existe un arrière-plan d'ombre, d'incertitude, d'inattendu.Un autre réel non contrôlé mais si proche, si familier, si simple qu'il n'en est que plus angoissant. laurence

laurence
07/11/10
 

C’est en France, où il a vécu en exil, et non en Argentine que se déroulent les cinq nouvelles de ce célèbre écrivain argentin, qui composent ce recueil :Dans la nouvelle psychologique Lettres de Maman **, le suspens tient en un secret qui appartient à un passé proche, et que des lettres mises sur le compte de la sélénité et la folie de la mère de Luis, demeurée seule en Argentine, mettent en exergue, leur couple étant presque illégitime puisque Luis, le narrateur, a séduit Laura, l’amie de son frère, lequel ne s’en est jamais remis et a péri…Dans Bons et loyaux services *, proche de l’absurde, Madame Francinet, d’un certain âge, est embauchée par Madame Rosay pour garder, le temps d’une grande soirée parisienne, ses six chiens. A la fin de sa mission, dans la cuisine, un certain Monsieur Bébé lui donne à boire du whisky, auquel elle goûte pour la première fois de sa vie. M. Rosay revient un jour la voir pour lui confier une délicate mission, celle de tenir le rôle de la mère de ce Monsieur Bébé lors des obsèques de ce dernier, le seul à l’avoir considérée comme un être humain ce soir-là…Les fils de la vierge : Sur la pointe de l’île de la Cité, un couple se forme sous les yeux d’un photographe, celui d’un très jeune homme avec une dame d’âge mur. Le narrateur saisit alors leur expression sur le vif, geste aussitôt surpris, si bien qu’il provoque malgré lui la séparation du couple et le courroux de cette dame bientôt rejointe par son mari aux aguets, tandis que le jeune homme en profite pour fuir. Plus tard, chez lui, devant l’agrandissement de cette photographie où tout se jouait encore, une autre issue de l’histoire se dessine…L’homme à l’affût , dans la nouvelle la plus longue, est à l’affût d’une réalité qui se dérobe, qu’il perçoit parfois, dilatée dans le temps, comme élastique. L’histoire de ce saxophoniste de jazz est racontée par son biographe.Enfin, Les armes secrètes : un couple se voit au café. Tous deux vont dans sa villa, ses parents absents. Pierre a des rêves, des visions de l’intérieur de cette villa, surtout de la rampe d’escalier, du corps de Michele dans sa chambre là-hait qu’il malmène. Mais cette dernière ne s’est toujours pas offerte à lui. Même elle se fâche. Il part alors sur sa moto, traverse un bois jonché de feuilles mortes. Mystère ?! Réincarnation de cet homme qui bégayait, qui l’a violée avant d’être assassiné par ses amis en plein bois, sur un lit de feuilles mortes ?… Le lecteur peut facilement être dérouté par ce recueil de nouvelles à l’univers décalé, aux frontières du fantastique. Ainsi, l’arme secrète qui fait basculer le réel vers le fantastique contemporain, cela peut être un nom réapparaissant dans une lettre, une photographie dans Les Fils de la vierge, la musique dans L’homme à l’affût. La plupart des nouvelles ne glissent pas vers le surnaturel, elles le laissent seulement affleurer, en filigrane, sans rupture, sans glissement, juste en surimpression de la réalité. Excepté Les Fils de la vierge (dont s’est inspiré Antonioni dans son film Blow up), où un objet, la photographie, permet ce glissement vers un fantastique plus classique. Mais à chaque fois, le fantastique est intériorisé par les personnages.A travers ces nouvelles au fantastique très psychologique, Julio Cortazar aborde des thèmes bien réels, et souvent graves : la culpabilité, la maladie mentale, la lutte des classes, le dédoublement de la personnalité, le souvenir traumatisant, l’impossibilité de vivre selon ses désirs, la dépossession de soi, la mort.Il est dommage que ce recueil ne regroupe que cinq nouvelles sur les onze comprises sous ce titre, d’ordinaire. Impossible en effet de ne pas poursuivre notre découverte progressive de cet auteur, à lire absolument.

CarnetsdeSeL
04/09/11
 

Format

  • Hauteur : 17.80 cm
  • Largeur : 10.80 cm
  • Poids : 0.15 kg

Mes garanties furet.com

5% sur tous les livres, Paiement Sécurisé, Réservation gratuite, Satisfait ou remboursé, Débit carte bancaire à l'expédition